16
Guerre de l'info : la France est la deuxième cible de la Russie après l'Ukraine, explique le porte-parole du Quai d’Orsay, Pascal Confavreux
David Abiker reçoit Pascal Confavreux, porte-parole du Quai d'Orsay, pour nous plonger au cœur de la riposte française face à la désinformation et aux attaques de la France sur la scène internationale.
Alors que les images des émeutes du samedi soir font le tour du monde, Pascal Confavreux nous explique comment le ministère des Affaires étrangères a mis en place une véritable cellule de réponse sur les réseaux sociaux, baptisée French Response, pour contrer les fausses informations distillées par les ennemis de la France. Il revient sur les origines de cette initiative, née après l'assassinat de Samuel Paty, lorsque la France a fait l'objet d'attaques coordonnées de la part de groupes aussi variés que la Turquie, le Pakistan ou même certains démocrates américains.
Désormais, le Quai d'Orsay dispose d'outils puissants et d'un réseau diplomatique mobilisé pour détecter les fausses informations, les caractériser et y répondre rapidement. Pascal Confavreux nous donne des exemples concrets de cette riposte, qu'il s'agisse de s'attaquer à la sphère MAGA aux États-Unis, à des locuteurs russes ou à l'AES en Afrique. Car pour le porte-parole, la guerre d'aujourd'hui ne se joue plus seulement sur le terrain physique, mais aussi sur le terrain informationnel.
Avec franchise, Pascal Confavreux aborde également les limites éthiques de cette guerre de l'information, assurant que le Quai d'Orsay ne s'autorise pas le mensonge ou la calomnie, contrairement à certains de ses adversaires. Il souligne néanmoins l'importance de cette bataille des récits, où la France doit être capable de déployer son propre narratif de manière offensive, sans pour autant tomber dans la négativité.
Enfin, Pascal Confavreux évoque le soutien dont bénéficie cette cellule de riposte, qu'il s'agisse des ambassadeurs, des militaires ou même d'une forme de réserve citoyenne qui se mobilise pour défendre l'image de la France. Un appel aux auditeurs à relayer et partager les contenus corrigés publiés par le Quai d'Orsay, car la victoire dans cette guerre de l'information passe aussi par la mobilisation du plus grand nombre.
Un épisode passionnant qui lève le voile sur les coulisses de la diplomatie française à l'ère du numérique, où la maîtrise de la narration est devenue un enjeu stratégique majeur.
17
40 ans du rapport Cyclope : Philippe Chalmin dévoile les coulisses des marchés mondiaux
David Abiker reçoit Philippe Chalmin, le fondateur du célèbre rapport Cyclope qui fête ses 40 ans cette année. Philippe Chalmin, véritable référence dans le domaine des matières premières et de l'économie mondiale, lève le voile sur les coulisses des marchés internationaux.
Alors que le rapport Cyclope est introduit chaque année par un poème, Philippe Chalmin explique le choix du texte de Rabindranath Tagore pour cette édition anniversaire, une "part de rêve" dans un monde marqué par de nombreux conflits. Il retrace ensuite les "Trente Glorieuses de la mondialisation" qui ont pris fin avec des événements comme la crise du Covid-19 et la guerre en Ukraine, plongeant le système commercial mondial dans une phase de rupture.
L'expert décrypte également la stratégie industrielle de la Chine, qui a su saisir les opportunités laissées vacantes par l'Occident, notamment dans des secteurs clés comme les terres rares ou les batteries électriques. Il met en garde contre le "piège de Thucydide" évoqué par le président chinois Xi Jinping lors de sa rencontre avec Donald Trump, une référence à la guerre du Péloponnèse qui illustre les tensions entre les grandes puissances.
Au fil de l'entretien, Philippe Chalmin partage son analyse avisée des enjeux géopolitiques liés aux matières premières, un sujet qu'il a approfondi dans l'ouvrage "Fragments de matière" publié pour les 40 ans du rapport Cyclope. Un épisode incontournable pour comprendre les soubresauts de l'économie mondiale à travers le prisme des matières premières.
18
Face à la "mauvaise surprise" d'un PIB en recul, la Banque de France va revoir à la baisse ses prévisions de croissance pour 2026, annonce François Villeroy de Galhau
Les nouvelles estimations, attendues mi-juin, seront inférieures à la prévision de 0,9% publiée en mars. La Banque de France va abaisser mi-juin ses prévisions de croissance pour 2026, après que l’Insee a indiqué vendredi que le produit intérieur brut (PIB) français avait reculé de 0,1% au premier trimestre, a annoncé lundi son gouverneur François Villeroy de Galhau. «Il y aura plusieurs scénarios mais les prévisions de croissance 2026 seront, compte tenu de cette mauvaise surprise du premier trimestre, révisées en baisse par rapport à celle que nous avions publiée en mars», qui était de 0,9%, a déclaré sur Radio Classique François Villeroy de Galhau.
19
L’hyperconnexion pousse-t-elle à surestimer les dangers ? Le chercheur Sébastien Bohler décrit ce que le numérique fait à notre cerveau
Sébastien Bohler, chercheur en neurosciences et rédacteur en chef de la revue Cerveau & Psycho était l'invité de la matinale Radio Classique ce vendredi 29 mai. Il constate une inquiétude liée à l'avenir face à des menaces planétaires que l'individu ne maîtrise pas : réchauffement climatique, montée de l'IA, le retour des guerres...
20
«Peut-on rendre utile socialement l'immigration ?», interroge le directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration
Dans cet épisode, David Abiker reçoit Didier Leschi, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, pour aborder les enjeux de la politique migratoire en France.
Alors que le débat sur l'immigration reste un sujet brûlant à l'approche de l'élection présidentielle, Didier Leschi apporte un éclairage nuancé et pragmatique sur cette question complexe. Il explique notamment que l'immigration ne doit pas être dissociée d'autres enjeux sociaux comme le logement ou le pouvoir d'achat, et que l'intégration des immigrés déjà présents sur le territoire doit être une priorité avant d'envisager de nouveaux flux migratoires.
L'invité souligne également que la France fait face à des défis spécifiques, comme un taux d'emploi des immigrés plus faible que dans d'autres pays européens. Il plaide ainsi pour une meilleure adéquation entre les besoins de l'économie et les profils des personnes accueillies.
Autre point abordé, le sentiment de « boîte noire » ressenti par de nombreux Français sur la question de l'immigration. Didier Leschi reconnaît que le débat public manque souvent de lien entre les différentes dimensions du sujet - chiffres, enjeux sociaux, aspects culturels. Il estime qu'une consultation des citoyens, par exemple sous forme de référendum, pourrait permettre d'éclairer davantage ce débat sensible.
Enfin, l'invité revient sur les critiques formulées à l'encontre de la France, accusée de ne pas appliquer aussi rapidement que ses voisins européens les mesures de régulation de l'immigration illégale. Il explique les difficultés techniques et juridiques auxquelles le pays est confronté, notamment concernant le renvoi des personnes en situation irrégulière.
Cet épisode offre ainsi un éclairage nuancé et informé sur les enjeux de l'immigration en France, au-delà des discours politiques clivants. Didier Leschi livre un point de vue d'expert qui permettra aux auditeurs de mieux comprendre les défis à relever dans ce domaine.
21
Périscolaire : « on prend n’importe qui pour garder les enfants et pas pour les éduquer, il faut faire une réforme de la petite enfance », estime Boris Cyrulnik
Dans cet épisode captivant de « L'invité de la matinale », le célèbre neuropsychiatre Boris Cyrulnik se penche sur les récentes affaires de violences dans les structures périscolaires parisiennes. Avec son regard avisé, il analyse les causes profondes de ces problèmes et appelle à une réforme en profondeur du système éducatif, en mettant l'accent sur l'importance des « mille premiers jours » dans le développement des enfants, en particulier des garçons.
Boris Cyrulnik explique que les garçons, plus que les filles, sont soumis à des pulsions biologiques qui, sans une éducation précoce adéquate, peuvent les mener à des actes transgressifs. Il souligne que la prévention passe par une approche à la fois biologique, éducative et non idéologique, afin de mieux comprendre et encadrer ces dynamiques.
L'expert met également en lumière les problèmes de recrutement et de formation dans les métiers de la petite enfance, qui conduisent parfois à confier les enfants à des personnes peu qualifiées ou ayant des antécédents judiciaires. Selon lui, il est crucial de sécuriser ces structures et d'y mettre en place une véritable culture éducative, dès la crèche, avec des comptines et autres outils favorisant le développement de la civilité.
Au-delà de ces questions éducatives, Boris Cyrulnik aborde également le phénomène plus large de la « décivilisation », qu'il analyse en détail dans son ouvrage « Au saccage des petits bonheurs ». Il explique comment les progrès techniques, de l'imprimerie à l'intelligence artificielle, ont toujours engendré des effets secondaires néfastes sur les relations humaines et la vie en société. Selon lui, il faudra donc savoir réinventer ces « petits bonheurs » du quotidien, comme le plaisir de se retrouver autour d'un repas ou d'un pique-nique, afin de contrebalancer les dangers de la déshumanisation.
Cet entretien passionnant avec Boris Cyrulnik offre un éclairage unique sur les enjeux éducatifs et sociétaux auxquels notre société est confrontée, invitant les auditeurs à réfléchir sur les moyens de préserver notre humanité face aux défis du monde moderne.
22
« Un Himalaya de la dette » ? L’économiste Anton Brender rétablit la vérité qui se cache derrière cette formule choc
David Abiker reçoit l'économiste Anton Brender économiste, professeur associé honoraire à l’université Paris-Dauphine, auteur du livre Géopolitique de la dette – Où va l’épargne du monde ? paru le 20 mai aux éditions Odile Jacob
Ensemble, ils explorent un sujet d'actualité brûlant : la dette publique.
Alors que certains ont évoqué un « Himalaya de la dette », Anton Brender apporte un éclairage nuancé sur cette problématique. Il explique que la dette publique n'est pas un phénomène isolé, mais le reflet d'un « Himalaya de l'épargne » qui s'accumule à l'échelle mondiale. Cette épargne, déposée dans les banques et les assurances-vie, se traduit nécessairement par l'émission de dettes publiques et privées.
L'expert souligne que la France, bien qu'endettée, n'est pas pour autant en faillite. La charge de la dette, mesurée en pourcentage du PIB, est aujourd'hui plus faible qu'en 2000. Cependant, il met en garde contre les turbulences à venir, notamment à cause de la politique économique menée par les États-Unis sous la présidence de Donald Trump.
En effet, le président américain souhaite réduire le déficit extérieur de son pays, qu'il considère comme une « grande arnaque ». Mais ses mesures protectionnistes, comme la hausse des droits de douane, risquent d'avoir l'effet inverse et de déséquilibrer l'économie mondiale. Cela pourrait se traduire par une hausse des taux d'intérêt, pénalisant ainsi les emprunteurs, au premier rang desquels les États.
Face à ces défis, Anton Brender appelle la France et l'Europe à se préparer à ces turbulences. Selon lui, il ne s'agit pas de réduire coûte que coûte la dette publique, mais de mieux dépenser l'argent public, en investissant dans des infrastructures matérielles et sociales qui renforcent la compétitivité et la cohésion de la société. Un message de raison dans un débat souvent trop alarmiste sur la dette.
23
Violences dans le périscolaire : « Il faut que la justice agisse vite et forte, mais il faut surtout se donner les moyens que ça ne se reproduise plus jamais » selon Jean-Emmanuel Rodocanachi, fondateur du réseau de crèches Grandir
Dans cet épisode de "L'invité de la matinale", David Abiker reçoit Jean-Emmanuel Rodocanachi, entrepreneur et fondateur du réseau de crèches Grandir. Alors que le scandale des violences dans le secteur périscolaire à Paris secoue l'opinion publique, l'invité apporte son éclairage d'expert sur cette situation préoccupante.
Tout d'abord, Jean-Emmanuel Rodocanachi souligne l'ampleur du problème, qui ne se limite pas à Paris mais touche plusieurs villes de France. Il exprime son indignation face à la rupture du pacte de confiance envers les enfants, mais aussi envers les parents et les professionnels du secteur, dont l'image a été ternie par les agissements d'une minorité. Il insiste sur la nécessité d'une réaction rapide et ferme de la justice, mais surtout sur la mise en place de mesures pérennes pour que de tels faits ne se reproduisent plus.
Le débat s'oriente ensuite vers les différences entre les secteurs de la petite enfance (crèches) et du périscolaire. L'invité explique que les crèches bénéficient de meilleures conditions d'encadrement et de recrutement, avec des taux d'encadrement plus élevés, des diplômes d'État et des contrats à durée indéterminée. À l'inverse, le périscolaire souffre souvent de CDD, de diplômes moindres comme le BAFA, et de taux d'encadrement plus faibles. Il préconise donc de s'inspirer des bonnes pratiques des crèches, comme le fait qu'un adulte ne soit jamais seul avec un enfant, ou encore le signalement systématique en cas de doute.
Concernant le recrutement, il salue la mise en place d'une attestation d'honorabilité dans les crèches, qui permet de vérifier non seulement le casier judiciaire mais aussi le fichier des auteurs d'infractions sexuelles et violentes. Il recommande que cette mesure soit étendue au plus vite au secteur du périscolaire.
Au-delà de ces aspects réglementaires, il aborde également la question de la démographie et du « réarmement démographique », un sujet qu'il développe dans son ouvrage « Mieux grandir, la petite enfance comme projet de société ». Il estime que la baisse de la natalité peut être une opportunité pour améliorer la qualité de l'accueil de la petite enfance, avec davantage de personnel qualifié par enfant. Pour redonner envie aux jeunes couples d'avoir des enfants, il préconise trois mesures prioritaires : faciliter l'accès au logement, remettre les allocations familiales dès le premier enfant, et indexer les rémunérations des métiers du secteur sur l'inflation.
24
Guy Savoy, premier chef à l’Académie des beaux-arts : « ce n’est pas une revanche, c’est une justice »
Bienvenue dans un épisode passionnant de L'invité de la matinale, où David Abiker reçoit Guy Savoy, le premier chef cuisinier à avoir été élu à l'Académie des Beaux-Arts. Cette nomination historique marque une étape importante dans la reconnaissance des arts culinaires au sein des plus hautes institutions culturelles françaises.
Lors de cet entretien, Guy Savoy fait part de ses émotions en franchissant les portes de la prestigieuse Académie. Il évoque avec émotion la pensée de ses parents et de ses proches, qui n'ont malheureusement pas pu partager ce moment avec lui. Mais il se sent également investi d'une mission : celle de représenter tous les artisans et professionnels de la gastronomie française, des paysans aux boulangers, en passant par les charcutiers et les cuisiniers.
Car pour Guy Savoy, la cuisine et la gastronomie sont des arts à part entière, au même titre que la peinture, la sculpture ou la musique. Il regrette que ces savoir-faire aient mis si longtemps à être reconnus, alors que de nombreux écrivains célèbres ont pourtant fait l'éloge de la cuisine française à travers les siècles. Une injustice que cette élection à l'Académie des Beaux-Arts vient réparer.
Mais au-delà de cette reconnaissance institutionnelle, Guy Savoy souhaite aussi mettre en lumière les difficultés que traversent actuellement de nombreux restaurateurs, confrontés à la crise économique et à l'augmentation des coûts. Il appelle à ne rien lâcher, à préserver la motivation des équipes et à savoir savourer chaque instant passé autour d'une table, car le restaurant reste, selon lui, "le dernier lieu civilisé de la planète".
Cet épisode est l'occasion de découvrir le parcours inspirant de Guy Savoy, qui a dû surmonter les doutes de son entourage pour suivre sa vocation de cuisinier. Aujourd'hui, fier de son statut d'académicien, il entend bien utiliser cette tribune pour défendre la richesse et la diversité de la gastronomie française, véritable patrimoine culturel à part entière.
25
Mères de présidents : ces femmes de caractère qui ont façonné la France, avec Béatrix de L'Aulnoit
Dans cet épisode passionnant, la journaliste Béatrix de L'Aulnoit nous entraîne dans une exploration fascinante des mères des présidents de la Ve République. Elle publie "Ils les ont tant aimées - Les présidents et leurs mères" aux éditions Plon. Loin des figures publiques, elle nous dévoile des femmes de caractère, souvent issues de milieux modestes, qui ont joué un rôle majeur dans la formation et l'éducation de leurs fils, futurs dirigeants du pays.
Béatrix de L'Aulnoit nous fait découvrir des histoires familiales captivantes, où la fibre maternelle s'entremêle avec la construction de l'imaginaire national. De Gaulle, Pompidou, Chirac, Sarkozy, Hollande... Tous ont été marqués par l'empreinte indélébile de leurs mères, qu'ils ont chéries et vénérées, comme si renier leur mère aurait été renier la France elle-même.
Avec une plume élégante et une sensibilité aiguisée, l'auteure nous fait pénétrer dans l'intimité de ces familles présidentielles. Nous découvrons ainsi les leçons d'honnêteté, de droiture et de travail transmises par ces mères, souvent issues de lignées d'instituteurs, qui ont contribué à forger le roman national français.
Mais l'épisode ne se contente pas de dresser des portraits idylliques. Béatrix de L'Aulnoit n'hésite pas à évoquer les gifles, les punitions et les humiliations subies par certains de ces futurs présidents, montrant ainsi la complexité des relations mère-fils.
Le cas de François Mitterrand est particulièrement saisissant. Issu d'une éducation catholique rigoureuse, le président socialiste a gardé toute sa vie l'empreinte de sa mère, Yvonne, une femme de foi et de charité qui a profondément marqué son fils.
Enfin, l'auteure s'attarde sur le cas d'Emmanuel Macron, dont la relation avec sa grand-mère semble avoir été plus forte que celle avec sa mère, Françoise Noguès Macron. Cette dynamique familiale singulière a sans doute contribué à façonner la personnalité du jeune président.
À travers ces récits captivants, Béatrix de L'Aulnoit nous offre un éclairage unique sur les présidents de la Ve République, en nous révélant le rôle essentiel joué par ces mères dans la construction de l'identité et de l'ambition de leurs fils. Un épisode à ne pas manquer pour tous les passionnés d'histoire et de psychologie politique.
26
« Les astéroïdes sont des objets qui défient notre intuition », se réjouit Patrick Michel, docteur en astrophysique
Dans cet épisode captivant, David Abiker s'entretient avec Patrick Michel, astrophysicien au CNRS Observatoire de la Côte d'Azur, qui nous plonge au cœur des défis passionnants de la défense planétaire contre les astéroïdes.
Spécialiste reconnu dans ce domaine, Patrick Michel partage son expertise et ses dernières découvertes, révélant que la réalité dépasse souvent la fiction. Loin des scénarios hollywoodiens, il explique comment les scientifiques mettent en place des moyens concrets pour détecter et dévier la trajectoire de ces cailloux célestes, potentiellement menaçants pour notre planète.
L'auditeur découvre ainsi les dernières avancées dans l'observation et la surveillance des astéroïdes, avec notamment le lancement prochain d'un télescope spatial par la NASA qui permettra de recenser la quasi-totalité de ces objets. Patrick Michel évoque également les missions audacieuses menées par les agences spatiales européenne et japonaise, qui envoient des sondes pour étudier de près le comportement des astéroïdes lors de leur passage à proximité de la Terre.
Mais au-delà des aspects techniques, c'est surtout la fascination de Patrick Michel pour ces objets célestes qui transparaît. Il partage son émerveillement devant la complexité et l'imprévisibilité de ces corps célestes, qui défient constamment nos intuitions. Et il n'hésite pas à souligner le rôle potentiellement bénéfique des astéroïdes, qui auraient pu apporter les éléments à l'origine de la vie sur Terre.
Avec humour et pédagogie, Patrick Michel nous invite à explorer ce domaine passionnant de l'astrophysique, où les scientifiques rivalisent d'ingéniosité pour assurer la sécurité de notre planète. Un épisode captivant qui montre que la réalité de la défense planétaire est bien plus fascinante que les scénarios de films de science-fiction.
27
Détroit d'Ormuz: « On n'ira pas se battre contre les Iraniens, la position de la France est claire », déclare l’amiral Richard Wilmot-Roussel
Dans cet épisode passionnant de "L'invité de la matinale", David Abiker reçoit l'amiral Richard Wilmot-Roussel, ancien commandant du porte-avions français Charles de Gaulle. Ensemble, ils explorent le rôle stratégique de ce mastodonte des mers dans les crises internationales, en se concentrant sur la situation tendue au détroit d'Ormuz.
L'amiral Wilmot-Roussel commence par expliquer l'importance du positionnement du Charles de Gaulle à proximité de cette zone de crise. Il souligne que la France, en tant que deuxième puissance maritime mondiale, a la responsabilité de protéger son patrimoine maritime partout dans le monde. Le porte-avions, véritable plateforme mobile, permet de combiner les effets maritime et aérien, faisant de lui un outil de choix pour intervenir sur les théâtres d'opération lointains.
Mais quel sera précisément le rôle du Charles de Gaulle dans le détroit d'Ormuz ? L'amiral écarte l'hypothèse d'un affrontement direct avec l'Iran, soulignant que la priorité est plutôt d'organiser la sortie sécurisée des nombreux navires bloqués dans le détroit. Le porte-avions pourrait ainsi servir de "guichet flottant", coordonnant les convois et donnant le feu vert aux bateaux pour traverser, une fois que la navigation aura été sécurisée.
Un autre défi majeur serait de s'assurer que le détroit n'a pas été miné, ce qui nécessiterait l'intervention de chasseurs de mines français. L'amiral explique avec précision les dommages qu'une mine pourrait causer à la coque du Charles de Gaulle, tout en rassurant sur la capacité du navire à évoluer dans de telles zones à risque.
Au-delà de ces aspects opérationnels, l'entretien offre un éclairage fascinant sur la vie à bord du porte-avions. L'amiral Wilmot-Roussel évoque la gestion d'un équipage de 2 000 hommes, la solidarité qui règne sur le navire, ainsi que la présence des femmes, qui représentent environ 10% de l'effectif. Il partage également ses souvenirs émus de son premier ordre donné à la passerelle, soulignant que le véritable mérite revient à l'ensemble de l'équipage.
Enfin, l'amiral brosse les contours du futur porte-avions français, baptisé "la France libre", qui devrait être encore plus puissant et polyvalent que son prédécesseur. Un épisode captivant qui plonge les auditeurs au cœur des enjeux stratégiques et humains entourant ces navires emblématiques de la puissance navale française.
28
« On sous estime la puissance économique de l’Union européenne, la Chine a besoin de l'UE », déclare Emmanuel Lincot, directeur de recherche à l'IRIS
Invité de Radio Classique ce lundi 18 mai, Emmanuel Lincot, directeur de recherche à IRIS et codirecteur du programme Asie-Pacifique, a souligné l’importance stratégique de l’Union européenne pour Pékin. Selon lui, l’Europe demeure l'un des plus grands marchés de consommation au monde, soit un partenaire économique incontournable pour la Chine.
29
« Les enquêtes révèlent qu’on regarde de plus en plus les séries en solo » selon le chercheur Hervé Glévarec
David Abiker reçoit Hervé Glévarec, sociologue et co-auteur de l'ouvrage "Des séries qui comptent", pour explorer l'incroyable phénomène des séries télévisées. Bien plus qu'un simple divertissement, ces récits sériels se révèlent être de véritables miroirs de notre société, reflétant avec une acuité saisissante les enjeux et les évolutions de notre époque.
Hervé Glévarec explique comment l'avènement d'internet et des plateformes de streaming a profondément transformé notre rapport aux séries, passant d'une consommation collective à une appropriation plus individuelle et subjective. Les séries sont désormais choisies comme on choisirait un livre ou de la musique, en fonction de nos humeurs et de nos envies du moment.
Mais au-delà de cette évolution des pratiques, ce qui fascine les chercheurs, c'est la capacité des séries à anticiper et à refléter les réalités de notre monde. À l'instar de "24 Heures Chrono" qui a préfiguré l'élection d'un président noir aux États-Unis, ou de "Téhéran" qui a dépeint des événements géopolitiques avant même qu'ils ne se produisent, les séries semblent parfois détenir un pouvoir divinatoire saisissant.
Hervé Glévarec explore cette dimension presque prophétique des séries, qui n'hésitent pas à s'emparer des enjeux politiques, sociaux ou moraux les plus brûlants. Loin d'être de simples divertissements, ces récits sériels deviennent des fenêtres ouvertes sur notre monde, nous invitant à réfléchir sur nous-mêmes et sur la société dans laquelle nous évoluons.
Au fil de cet entretien passionnant, David Abiker et Hervé Hervé Glévarec nous plongent dans l'univers fascinant des séries, révélant leur capacité à nous éclairer sur notre époque et à façonner notre compréhension du réel. Un épisode incontournable pour tous les amateurs de séries et de réflexion sur notre société.
30
Le piano, un compagnon d'enfance pour Alexandre Tharaud, qui publie "Touché"
Dans cet épisode de L'invité de la matinale, David Abiker reçoit le pianiste Alexandre Tharaud, auteur du livre Touché, paru aux éditions Grasset. Il revient sur ses débuts au piano et la façon dont son environnement familial musical a façonné sa vocation.
Issu d'une famille de musiciens, Alexandre Tharaud a baigné dans la musique dès son plus jeune âge. Il évoque ses premiers souvenirs du piano, ce « gros piano, très vieux piano en chêne, avec les pédales en laiton », qui lui paraissait « gigantesque » lorsqu'il n'était qu'un enfant de 3-4 ans. Très tôt, il a commencé à explorer cet instrument, attiré par le « son magique » qu'il pouvait produire.
Le pianiste se remémore avec émotion sa première professeure, Carmen Tacón de Vena, qui a su l'accompagner dans ses débuts et lui faire découvrir les subtilités du jeu pianistique. Il souligne l'importance du premier professeur dans la vie d'un musicien, celui qui apprend à l'élève « à faire un beau son, à parler avec le piano, à chanter » et à développer une véritable intimité avec l'instrument.
Alexandre Tharaud raconte également comment il a appris à faire « chanter le piano » avec le petit doigt, grâce aux conseils de sa professeure et à l'étude de la première étude opus 25 de Chopin. Il évoque avec enthousiasme cette découverte, qui lui a permis de comprendre que « un petit peut avoir beaucoup plus d'envergure qu'un grand ».
Cependant, la vocation d'Alexandre Tharaud n'a pas été un chemin tout tracé. Bien qu'issu d'un environnement familial favorable à la musique, il se décrit comme un enfant « paresseux » et « rêveur », peu enclin à travailler sérieusement le piano. Son professeur s'interrogeait alors sur ses réelles capacités à devenir pianiste.
Mais c'est aussi dans cet environnement familial et de voisinage que se sont forgés les souvenirs les plus marquants d'Alexandre Tharaud . Il raconte ainsi comment, pendant des années, les leçons de piano ont été parasitées par les bruits incessants d'un disque de Plastic Bertrand, diffusé en boucle par une voisine « complètement folle et dangereuse ». Une expérience qui a laissé des traces, mais qui n'a pas empêché le jeune pianiste de poursuivre sa formation et de s'épanouir dans sa carrière.
Aujourd'hui, Alexandre Tharaud a su conserver une part de cet esprit enfantin, en s'amusant à déposer de petites figurines sur les touches de son piano et à partager ces instants ludiques sur les réseaux sociaux. Un témoignage touchant sur la façon dont la musique peut devenir un compagnon de vie dès l'enfance.
31
L'assassinat de Samuel Paty "est un séisme dont on ressent encore les secousses" estime l'écrivaine Emilie Frèche
Alors que le film L'Abandon, consacré aux 11 derniers jours de Samuel Paty, assassiné en 2020, sort aujourd'hui en salles, David Abiker reçoit l'écrivaine Émilie Frèche. Autrice de trois livres sur le sujet, dont le dernier s'intitule "Un séisme", elle a suivi le procès des complices de l'attentat.
Bien plus qu'un simple attentat, l'assassinat de Samuel Paty a, selon elle, provoqué un véritable séisme dans la société française, remettant en cause les fondements mêmes de la laïcité et de la liberté d'expression. L'écrivaine décrit comment le crime a entraîné un recul de l'enseignement de ces valeurs républicaines, au profit d'une forme de censure et d'autocensure.
Elle revient ensuite en détail sur le déroulé du cours de Samuel Paty, qui n'avait rien de provocateur mais s'inscrivait simplement dans le programme scolaire, et sans discriminer les élèves musulmans, comme certains l'ont prétendu.
Émilie Frèche dénonce les responsabilités de l'institution, qui n'a pas su protéger Samuel Paty malgré les menaces répétées dont il faisait l'objet. Elle pointe du doigt le rôle trouble joué par certains acteurs, comme ce prédicateur islamiste qui a lancé une "fatwa numérique" contre l'enseignant. Au final, l'écrivaine estime que la communauté éducative dans son ensemble a été victime de cette tragédie, qui illustre la fragilité de la laïcité face à l'avancée du fanatisme.
Alors que la panthéonisation de Samuel Paty est évoquée, Émilie Frèche considère que son meurtre doit être un électrochoc pour la société française. Selon elle, il est urgent de "réarmer idéologiquement" les citoyens afin de défendre avec force les valeurs républicaines, seul rempart contre l'entrisme d'un "fascisme et d'un fanatisme" qui gagne du terrain.
32
Guerre au Moyen-Orient : « Les Libanais se sentent prisonniers d’une ingérence étrangère », dénonce l’autrice Manal Salamé
David Abiker s'entretient avec Manal Salamé, autrice du roman Habibi Beyrouth. Cette écrivaine d'origine libanaise partage un regard intime et nuancé sur son pays meurtri par les crises successives.
Manal Salamé, photographe de formation, a choisi de raconter la réalité libanaise à travers une fiction autobiographique. Son personnage principal, Amal, est une femme de la diaspora qui retourne au Liban pour refaire sa carte d'identité, mais qui se retrouve finalement happée par la quête de ses propres racines. À travers ce prétexte administratif, l'autrice explore les questions d'identité et de réconciliation dans un pays marqué par la diversité de ses communautés.
Loin des clichés qui réduisent souvent le Liban à la guerre ou à la résilience, Manal Salamé dépeint avec finesse la complexité de son pays natal. Elle déconstruit notamment l'idée reçue selon laquelle appartenir à une communauté religieuse ou politique équivaut automatiquement à soutenir telle ou telle faction. Ses témoignages sur le quotidien de ses proches vivant à Beyrouth saisissent l'angoisse et la colère face à une situation géopolitique instable.
Malgré ce contexte difficile, l'autrice affirme cependant sa foi en la réconciliation des communautés libanaises. Elle s'appuie sur son expérience de la vie en communauté pour montrer que les divisions sont davantage le fait de manœuvres politiques que d'une incompatibilité entre les différents groupes. Avec Habibi Beyrouth, Manal Salamé offre ainsi un regard nuancé et optimiste sur un Liban qu'elle chérit profondément.
Cet épisode de L'invité de la matinale est une invitation à découvrir une vision intime et engagée du Liban, loin des représentations stéréotypées. À travers le parcours d'Amal, Manal Salamé nous fait voyager au cœur des questionnements identitaires d'un pays tiraillé entre ses multiples appartenances.
33
Guerre en Ukraine : « Poutine est nerveux car ça ne va pas très bien pour la Russie » observe l’experte en défense Ulrike Franke
On dit parfois que si la Russie n'a pas gagné la Guerre en Ukraine, au bout de 4 ans et demi, l'Ukraine n'a pas non plus perdu. Pour Ulrike Franke, chercheuse au Conseil européen pour les relations internationales (ECFR) et experte en question de sécurité et de défense, le pays de Volodymyr Zelensky tient bon. Et non seulement il tient bon, mais selon elle, « l'armée ukrainienne est la seule au monde capable de mener une guerre de drones». Elle était l'invitée de la matinale de Radio Classique ce lundi.
34
Gilles Jacob, la correspondance intime des grands noms du cinéma mondial
Dans cet épisode, David Abiker reçoit Gilles Jacob, ancien président du Festival de Cannes, pour parler de son ouvrage "En fidèle amitié", une fascinante compilation de lettres échangées avec les plus grandes personnalités du 7e art au cours de ses 75 années de passion pour le cinéma.
Gilles Jacob, figure emblématique du Festival de Cannes, nous ouvre les portes de sa riche correspondance, véritable trésor de confidences et d'anecdotes sur la vie intime des stars et des réalisateurs qui ont marqué l'histoire du cinéma mondial. De Juliette Binoche à Isabelle Huppert, en passant par Kurosawa, Truffaut ou encore Sergio Leone, ce livre dévoile une facette méconnue de ces artistes, loin des projecteurs.
L'invité de David Abiker raconte comment, dès son adolescence, il a commencé à conserver précieusement ces lettres, témoignages d'une époque où la communication était encore manuscrite. Il évoque les défis qu'il a dû relever pour apprivoiser les plus grands noms du cinéma et les convaincre de venir présenter leurs films à Cannes, tout en préservant leur intimité.
Un moment fort de l'entretien est lorsque Gilles Jacob revient sur sa relation privilégiée avec certains acteurs, comme Juliette Binoche, qui n'hésitaient pas à se confier à lui sur leurs doutes et leurs joies personnelles. Ces confidences, jamais destinées à être publiées, offrent un regard unique sur la vie de ces artistes hors normes.
Au-delà des coulisses du Festival de Cannes, c'est toute l'histoire du cinéma mondial qui se dévoile à travers cette correspondance. Des anecdotes savoureuses, comme lorsque Gilles Jacob évoque ses échanges musclés avec le producteur Harvey Weinstein, viennent ponctuer ce passionnant entretien.
Loin d'être un simple ouvrage de cinéphile, "En fidèle amitié" se révèle être un témoignage intime sur l'âme des plus grands artistes du 7e art, une fenêtre ouverte sur leur humanité. Un épisode captivant à ne pas manquer pour tous les amateurs de cinéma et de belles histoires.
35
Georges Pompidou se savait malade avant de gouverner, les révélations du journaliste Patrice Duhamel
David Abiker reçoit Patrice Duhamel, auteur du livre « Le crépuscule des dieux », qui lève le voile sur les derniers mois de la vie de Georges Pompidou, alors président de la République.
Patrice Duhamel a eu accès à des documents inédits, notamment le journal intime du professeur Jean Bernard, médecin personnel de Georges Pompidou, qui révèle des informations inédites sur la maladie du président. Dès 1968, le professeur Bernard diagnostique une leucémie lymphoïde chronique chez Pompidou, mais ce dernier choisit de se taire et de se présenter à l'élection présidentielle de 1969, malgré sa santé défaillante.
L'invité explique comment l'entourage de Pompidou et l'ORTF, le média d'État de l'époque, ont alors mis en place un véritable mensonge d'État pour dissimuler la gravité de la maladie du président aux Français. Patrice Duhamel, qui était lui-même journaliste à l'ORTF, raconte avec émotion comment il a dû se plier aux consignes de ne pas filmer de gros plans du président, afin de cacher son état de santé.
Au fil du témoignage poignant de Patrice Duhamel, on découvre le courage et la souffrance de Georges Pompidou, qui a continué à exercer ses fonctions jusqu'à la fin, malgré une santé défaillante. Le journaliste soulève également des questions éthiques et démocratiques sur le secret qui entoure la santé des présidents de la République.
Cet épisode captivant offre un éclairage inédit sur une page sombre de l'histoire politique française, et interroge sur la transparence nécessaire dans la gestion de la santé des plus hauts responsables de l'État.
36
Crise de l’eau : « Il y a des polluants éternels, on paie le prix de notre développement industriel » analyse l’essayiste Simon Porcher
David Abiker reçoit Simon Porcher, professeur à l'Université Paris-Dauphine et auteur de Nous sommes faits d’eau, l’avenir d’une ressource vitale aux éditions Les Corps Conducteurs. Ensemble, ils explorent les multiples facettes de la crise de l'eau qui frappe la France et le monde, et proposent des pistes ambitieuses pour y faire face.
Dès le début, Simon Porcher dresse un constat alarmant : la France fait face à une véritable érosion de ses ressources en eau, avec des crises de quantité, de qualité et des inondations de plus en plus fréquentes. Il met en garde contre le risque d'une rupture brutale, avec des coupures d'eau de plus en plus régulières et des pollutions qui perdurent pendant des décennies.
L'invité souligne que le prix dérisoire de l'eau en France, à seulement 4 euros le mètre cube, est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. D'un côté, cela permet un accès universel à une eau de qualité, mais de l'autre, cela freine les investissements nécessaires pour rénover un réseau vieillissant et fuyard. Simon Porcher plaide ainsi pour une tarification saisonnière, plus élevée en été quand les ressources sont rares, afin d'inciter les usagers à la sobriété.
Un autre sujet central abordé est le faible taux de recyclage des eaux usées en France, qui n'atteint que 1% contre 90% en Israël. Porcher explique que cette différence s'explique par des réglementations plus strictes en France, où l'eau potable est considérée comme irréprochable, contrairement à d'autres pays où l'on n'hésite pas à réutiliser des eaux traitées pour l'irrigation ou le nettoyage des rues.
L'invité revient également sur les conflits d'usage autour de l'eau, comme les récentes tensions à Sainte-Soline autour de la construction de méga-bassins de rétention. Il souligne la nécessité d'une vision à long terme et d'une meilleure coordination entre les différents ministères impliqués.
Porcher salue l'exemple de Singapour, qui s'est fixé l'objectif ambitieux d'atteindre l'autonomie en eau d'ici 2060, en misant sur le recyclage, le dessalement et la capture des eaux de pluie. Il estime qu'une telle stratégie, assortie d'une implication forte des citoyens, serait bénéfique pour la France.
Cet épisode passionnant offre un éclairage de premier plan sur les enjeux cruciaux liés à l'eau, invitant les auditeurs à prendre conscience de l'urgence d'agir pour préserver cette ressource vitale.
37
Terrorisme : « on constate un rajeunissement des individus, l’immense majorité a moins de 21 ans » déclare Céline Berthon, DG de la DGSI
Dans cet épisode de L'invité de la matinale, David Abiker reçoit Céline Berthon, DG de la Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI), pour aborder les enjeux de sécurité et de lutte antiterroriste auxquels la France est confrontée.
Céline Berthon commence par dresser un constat alarmant de la menace terroriste en France, qui serait à un niveau élevé depuis la fin de l'année 2023, sous l'effet de crises internationales comme les tensions dans le détroit d'Ormuz ou la situation au Proche-Orient. Elle révèle que les services antiterroristes ont déjoué neuf projets d'attentats en 2024 et sept en 2025, et que plusieurs autres ont été empêchés ces dernières semaines.
La patronne du Contre-Espionnage explique que la typologie des menaces a évolué, avec un rajeunissement notable des individus interpellés, qui se radicalisent souvent en ligne. Elle souligne également la résurgence de fragilités psychologiques et psychiatriques chez certains d'entre eux, ce qui complexifie l'analyse des actes préparatoires.
Au-delà du djihadisme, Céline Berthon met en lumière d'autres sources d'inspiration idéologique, comme l'ultra-droite ou l'ultra-gauche, qui peuvent également conduire à des projets d'action violente. Elle cite notamment l'exemple d'un jeune homme inspiré par l'idéologie Incel, qui voulait commettre un attentat dans un milieu scolaire.
La responsable de la DGSI insiste sur le rôle central joué par la consommation de contenus violents en ligne, qui peut désensibiliser les jeunes et les entraîner dans un processus d'endoctrinement, quelle que soit l'idéologie concernée.
Au-delà du terrorisme, Céline Berthon aborde également la question de l'ingérence et de l'espionnage, domaines dans lesquels la DGSI est également compétente. Elle souligne l'importance de protéger les secteurs stratégiques de l'économie et de la recherche contre les tentatives de déstabilisation et de vol d'informations confidentielles, y compris de la part d'États alliés comme les États-Unis.
Dans ce contexte, la patronne du Contre-Espionnage explique que la DGSI entretient des relations de confiance avec les grandes entreprises françaises, auxquelles elle prodigue des conseils pratiques et pragmatiques pour les aider à renforcer leur sécurité, sans pour autant se substituer à leur liberté d'action.
Malgré la gravité des menaces, Céline Berthon se veut rassurante, soulignant que la DGSI n'est pas seule dans cette mission, mais qu'elle s'appuie sur des milliers d'agents extrêmement professionnels et mobilisés, qui permettent d'obtenir des résultats concrets sur le terrain.
38
Mélenchon candidat pour 2027 : « Avec son programme économique, le déficit va flamber » alerte le prix Nobel Philippe Aghion
Le prix Nobel d’économie 2025 Philippe Aghion était l’invité de la matinale de Radio Classique. Au lendemain de l’annonce de la candidature pour la présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, il a réagi au programme économique du leader de La France Insoumise. Il pointe des dépenses publiques massives, qui ne seront pas accompagnées de recettes fiscales adéquates. « C’est l’anti-Draghi », résume-t-il.
39
La musique de Bach, une passion intime et universelle, avec la pianiste Claire-Marie Le Guay
David Abiker reçoit la pianiste Claire-Marie Le Guay, passionnée par l'œuvre de Jean-Sébastien Bach. Ensemble, ils explorent les multiples facettes de cette musique qui a marqué la vie et la carrière de Claire-Marie, depuis ses débuts précoces jusqu'à aujourd'hui.
Dès les premières minutes, on est saisi par la ferveur avec laquelle Claire-Marie Le Guay évoque son amour pour la musique de Bach. Elle explique comment cette musique l'a aidée à se tenir plus droite, à se réparer et à s'élever spirituellement. Son récit révèle une véritable connexion intime avec l'œuvre du compositeur, qui l'a accompagnée depuis son plus jeune âge.
L'invitée confie également une hésitation initiale entre la voie du piano et une autre vocation, avant de se consacrer pleinement à sa carrière de pianiste. Cette confidence donne un éclairage fascinant sur les défis et les renoncements que peut impliquer le choix d'une telle carrière.
Au-delà de la passion musicale, Claire-Marie Le Guay partage sa fascinante découverte de la vie de Bach, de son parcours d'autodidacte, de sa famille nombreuse et de son travail acharné. Elle montre comment la connaissance de la biographie du compositeur a nourri sa compréhension et son interprétation de son œuvre.
Un moment fort de l'entretien est lorsque l'artiste évoque l'ambivalence de la musique de Bach, qui mêle le deuil et la consolation, les larmes et la lumière. Cette description poétique laisse entrevoir la profondeur émotionnelle que Claire-Marie Le Guay parvient à transmettre lorsqu'elle interprète les Variations Goldberg.
Tout au long de l'entretien, on sent l'immense respect et l'admiration de l'invitée pour le génie de Bach, mais aussi son humilité face à l'œuvre du compositeur. Elle partage ses réflexions sur la façon de se réapproprier une telle musique sans pour autant trahir l'esprit du créateur.
40
« La France et l’Europe disposent de bien plus d’atouts qu’elles ne le pensent », estime le géopolitologue François Heisbourg
Dans cet épisode, l'expert en géopolitique François Heisbourg analyse les enjeux géopolitiques majeurs du moment, notamment la réduction annoncée des troupes américaines en Allemagne et les tensions autour du détroit d'Ormuz. Il explique comment les marchés financiers peuvent devenir un contre-pouvoir face aux décisions politiques, et comment l'Europe peut gagner en autonomie stratégique face aux grands prédateurs. Il revient également sur la défaite d'Orban en Hongrie et sur l'importance d'avoir des dirigeants expérimentés en politique étrangère pour relever ces défis.
41
Bruno Le Maire : « La dette n’est pas une question de personne, mais de modèle »
L'ancien ministre des Finances publie un livre sur son expérience au cœur du pouvoir, "Le Temps d'une décision". Accusé d'avoir contribué à l'augmentation de la dette, il estime en prendre "sa part de responsabilité", mais souligne que depuis qu'il est parti, elle a augmenté de 250 milliards d'euros. "Plutôt que d'accabler les personnes, mieux vaut régler le problème de fond".
42
« L'IA vous protège de ce que vous n'avez pas envie de savoir, et vous isole », affirme Bruno Patino
David Abiker s'entretient avec Bruno Patino, président d'Arte France, autour de son essai "Le temps de l'obsolescence humaine". Ensemble, ils explorent les enjeux fascinants de l'intelligence artificielle et son impact grandissant sur nos vies.
Tout au long de la discussion, Bruno Patino partage ses réflexions profondes sur la façon dont les technologies numériques transforment notre rapport au monde et aux autres. Il revient notamment sur la notion d'"obsolescence humaine", en référence aux écrits visionnaires de Günther Anders, et explique comment l'omniprésence des agents d'intelligence artificielle dans notre quotidien est en train de modifier nos comportements et notre perception de la réalité.
Un moment fort de l'entretien est lorsque Bruno Patino décrit ce qu'il appelle "l'ère de l'imbrication entre l'homme et la machine". Il met en lumière les paradoxes de cette révolution numérique, qui devait à l'origine nous rassembler, mais qui finit par nous isoler les uns des autres, nous enfermant dans des "bulles de filtre" où nous dialoguons en réalité avec des versions de nous-mêmes.
Le président d'Arte France soulève également des questions essentielles sur la gouvernance et la responsabilité de ces intelligences artificielles, qui doivent être encadrées pour préserver un "univers numérique humaniste". Il plaide pour que l'audiovisuel public joue un rôle central dans cette mission, en tant que garant d'un espace d'information et de culture commun, affranchi des logiques marchandes.
Cet épisode passionnant vous invite à réfléchir sur les enjeux sociétaux majeurs que soulève l'essor de l'intelligence artificielle, et sur le rôle crucial que peuvent jouer les médias pour nous aider à naviguer dans cette nouvelle ère technologique.
43
«La critique anti-occidentale est d'abord née en Occident», souligne le sociologue Frédéric Martel
Le sociologue et journaliste Frédéric Martel, spécialiste des États-Unis, est l'auteur de « Occidents, Enquête sur nos ennemis » (Plon).
Il partage les résultats de son enquête approfondie menée pendant huit ans dans 52 pays, à la rencontre des principaux idéologues qui s'opposent à l'Occident.
Le dialogue s'ouvre sur la figure emblématique de Steve Bannon, théoricien de la droite alternative américaine et artisan de l'élection de Donald Trump. Martel explique comment, bien que Bannon soit un personnage sérieux et influent, ses discours reposent sur des idées erronées et fantasmées sur l'Occident. Il en va de même pour d'autres figures comme Alexandre Douguine, idéologue russe proche de Poutine, qui prônent un retour à un passé médiéval fantasmé.
L'auteur révèle ensuite ses entretiens avec des responsables du Hezbollah et du Hamas, offrant un éclairage saisissant sur la nature de leur opposition à l'Occident. Loin d'être seulement une critique politique, cette hostilité s'enracine dans une volonté de maintenir leur pouvoir dictatorial et de s'opposer à la démocratie.
Martel souligne que ces discours anti-occidentaux ne sont pas l'apanage des régimes autoritaires, mais trouvent également leur source au sein même de l'Occident, chez des intellectuels comme Edward Saïd ou Frantz Fanon. Il montre comment ces critiques, nourries d'un héritage marxiste et anticolonialiste, sont ensuite récupérées et déformées par les régimes en place pour servir leurs propres intérêts.
L'auteur évoque également le cas de la Hongrie d'Viktor Orbán, qu'il considère comme un cheval de Troie au sein de l'Europe, reprenant les codes de l'extrême droite tout en se positionnant encore dans le champ de la droite conservatrice. Un exemple parmi tant d'autres de la complexité des lignes de fracture idéologiques qui traversent aujourd'hui l'Occident.
44
« Une société a besoin de bons citoyens, mais il faut rester un outsider, ne pas rentrer dans la pensée commune » assure Fanny Ardant
45
Déjeuner entre Jordan Bardella et le Medef : « nous traitons tous nos interlocuteurs, tous les chefs de partis, sur un pied d'égalité » affirme Patrick Martin
46
Loi fin de vie : « ce texte est d’une grande violence pour les personnes malades » selon Claire Fourcade, médecin en soins palliatifs
Marc Bourreau reçoit Claire Fourcade, médecin en soins palliatifs à Narbonne et responsable du plaidoyer de la Société Française d'accompagnement et de soins palliatifs.
Claire Fourcade vient présenter son nouveau livre, 'Fin de vie, manuel de résistance', qui paraît aux éditions Fayard. Ce livre est publié alors que le débat sur le droit à l'aide à mourir fait rage au Parlement . La médecin partage son point de vue critique sur ce projet de loi, qu'elle juge 'd'une grande violence' envers les personnes malades et les soignants.
Au cœur de cette discussion, Claire Fourcade explique pourquoi il est selon elle impossible de définir des critères stricts pour encadrer l'euthanasie. Elle souligne les risques d'injustice et de désignation arbitraire de patients éligibles, alors que la plupart d'entre eux demandent simplement à être accompagnés jusqu'au bout.
L'invitée revient également sur le quotidien des services de soins palliatifs, qui sont souvent sous-dotés et méconnus du grand public. Elle déplore que seule la moitié des personnes ayant besoin de ces soins y aient réellement accès, faute de moyens et de volonté politique. Un véritable 'scandale' selon elle.
Malgré ce sombre constat, Mme Fourcade se veut optimiste et appelle à la 'résistance'. Elle met en avant la 'créativité' et l''inventivité' des équipes soignantes qui, au quotidien, s'efforcent d'accompagner chaque patient de manière singulière, en prenant en compte toutes les dimensions de leur souffrance.
47
L'ingénieur Franck Lirzin alerte sur «une succession de catastrophe» d'ici 2050, si l'Europe ne s'adapte pas au réchauffement climatique
Franck Lirzin, ingénieur expert de l'adaptation aux risques climatiques est l'invité de la matinale de Radio Classique. Auteur du livre "Habiter un monde qui brûle", Franck Lirzin partage son expérience et ses réflexions sur les défis que pose le changement climatique pour nos sociétés.
L'entretien commence par un scénario de fiction saisissant, où l'Europe est frappée de plein fouet par des canicules et des sécheresses en 2050. Ce tableau alarmant permet d'introduire les enjeux de l'adaptation, que Franck Lirzin décrit avec précision. Il explique que si la prise de conscience est réelle, les mesures concrètes sont encore loin d'être à la hauteur, avec seulement 2 milliards d'euros investis l'an dernier, alors qu'il en faudrait quatre fois plus.
L'ingénieur détaille alors les différentes solutions techniques envisageables, du court terme comme l'installation de climatiseurs ou de brasseurs d'air, au long terme avec la construction d'infrastructures comme des digues ou la plantation d'arbres en ville. Mais il insiste sur l'importance de la dimension humaine et politique de l'adaptation, soulignant que ce défi nécessite une véritable impulsion des décideurs.
À travers des exemples concrets comme la ville de Valence en Espagne ou le village du Prêcheur en Martinique, Franck Lirzin montre que les solutions techniques existent, mais que leur mise en œuvre se heurte souvent à des obstacles financiers et à la difficulté d'acceptabilité par les populations concernées. Il évoque ainsi le dilemme auquel fait face Venise, entre le coût astronomique de la construction de digues et l'éventualité d'un déménagement de la cité des Doges.
Au-delà des aspects techniques, l'invité met en lumière les enjeux humains et sociaux de l'adaptation, comme l'accompagnement des habitants confrontés à des bouleversements de leur cadre de vie. Il souligne également le rôle crucial des politiques, qui peinent encore à s'emparer pleinement de ces questions.
Malgré ce constat alarmant, Franck Lirzin conclut sur une note d'espoir, en évoquant une "utopie" où l'Europe aurait réussi à s'adapter de manière résiliente et désirable. Un message qui invite les auditeurs à se projeter dans un avenir où l'adaptation au changement climatique serait une réalité.
48
Guerre au Moyen-Orient : « On a l'impression que le régime iranien est à bout de souffle», constate le politologue Gilles Kepel
Le politologue Gilles Kepel, spécialiste de l'islam et du monde arabe contemporain, analyse en détail la situation géopolitique tendue entre l'Iran et les États-Unis.
Alors que les États-Unis s'apprêtent à envoyer une délégation au Pakistan pour de nouvelles négociations de paix, l'Iran a décidé de boycotter ces pourparlers. Selon Gilles Kepel, cette décision iranienne fait suite à l'arraisonnement d'un pétrolier iranien par les États-Unis, qui ont tiré dans la salle des machines. Cette action a fourni un prétexte aux factions les plus dures du régime iranien pour refuser de négocier.
Cependant, l'analyste estime que les États-Unis ont repris l'initiative face à l'Iran. En construisant un contre-blocus dans la mer d'Arabie, Washington a réussi à empêcher les navires iraniens de traverser le détroit d'Ormuz, privant ainsi le régime de ses principales ressources financières issues de la vente de pétrole et de gaz. Gilles Kepel considère que le système iranien est à bout de souffle, fragilisé par les sanctions économiques et les divisions internes.
Le politologue souligne également les tensions au sein du régime iranien, entre les factions ouvertes aux négociations et les conservateurs intransigeants. Il note que le guide suprême, Mojtaba Khamenei, semble être désormais l'otage de la clique des Gardiens de la Révolution, sans avoir la même autorité que son père, l'ancien guide suprême Khamenei.
Concernant le Liban, Gilles Kepel évoque la situation précaire de la trêve entre Israël et le Hezbollah, après la mort d'un soldat français de la FINUL lors d'une embuscade attribuée au Hezbollah. L'analyste souligne que cet incident révèle des failles dans le contrôle du Hezbollah sur ses agents au sud du Liban, et pose des questions sur la fiabilité du régime syrien de Bachar al-Assad, qui aurait permis le maintien de tunnels reliant la Syrie au Liban, utilisés autrefois pour faire passer des armes.
Enfin, Gilles Kepel s'interroge sur la marge de manœuvre du gouvernement libanais dans ces négociations, alors qu'Israël a créé une «ligne jaune» à l'intérieur du territoire libanais, dans laquelle il s'arroge le droit de tout détruire, y compris des biens appartenant à la communauté chrétienne. Une situation qui risque d'affaiblir considérablement le pouvoir libanais.
49
L'étonnante géométrie des lettres, avec le mathématicien Etienne Ghys
Dans cet épisode passionnant de L'invité de la matinale, David Abiker reçoit Étienne Ghys, éminent mathématicien et directeur de recherche au CNRS. Étienne Ghys, fils d'imprimeur, nous entraîne dans un fascinant voyage à travers l'histoire et la géométrie des lettres.
Les lettres que nous utilisons quotidiennement sont porteuses d'une riche histoire, d'une géométrie subtile, et influencent même notre manière de penser.
Le mathématicien-géomètre nous fait découvrir comment les humanistes de la Renaissance se sont inspirés de l'Antiquité pour dessiner de nouvelles lettres, adaptées au corps humain. Il nous fait revivre les travaux passionnants de Luca Pacioli, qui a décrit dans ses moindres détails la construction géométrique de chaque lettre. Étienne Ghys nous montre que derrière l'apparente simplicité des lettres se cache une véritable œuvre d'art.
Mais l'invité ne s'arrête pas là. Il nous alerte sur l'influence politique des lettres, citant l'exemple des choix typographiques de l'administration Trump, jugés trop "woke". Il s'interroge également sur l'impact de l'écriture inclusive, qui transforme fondamentalement notre lecture.
L'un des moments forts de l'entretien est lorsqu'Étienne Ghys nous fait part de son expérience dans une classe d'école primaire, où il a fait découvrir aux enfants les magnifiques alphabets du XIXe siècle. Il nous fait partager son émerveillement face à la difficulté des enfants à reproduire avec leur corps les formes des lettres, nous rappelant que la lecture est un processus complexe qui s'apprend.
Enfin, Étienne Ghys nous éclaire sur l'évolution de notre rapport aux lettres, du crayon à la machine à écrire jusqu'au smartphone. Il nous invite à ne pas craindre la disparition des lettres, mais à nous ouvrir aux nouvelles formes qu'elles peuvent prendre dans notre monde numérique.
Cet épisode de L'invité de la matinale est une véritable invitation à redécouvrir les lettres sous un jour nouveau, à travers le prisme passionnant des mathématiques et de la géométrie. Un entretien captivant qui ravira tous les amateurs de belles lettres et d'histoire des sciences.
50
« On perd de vue l’idée qu’on peut confier des décisions à l’IA parce qu’on peut faire des choses plus intéressantes » souligne Olivier Sibony
Dans cet épisode de L'invité de la matinale, David Abiker reçoit Olivier Sibony, professeur à HEC Paris et à l'Université d'Oxford, spécialiste de la décision stratégique. Ensemble, ils explorent les enjeux passionnants de la prise de décision à l'ère de l'intelligence artificielle.
Olivier Sibony commence par expliquer l'émergence relativement récente des sciences de la décision, qui étudient de manière transversale les processus décisionnels, s'appuyant sur des disciplines comme l'économie, les mathématiques et la psychologie cognitive. Il souligne notamment l'importance cruciale de la notion de probabilité, qui a permis de passer d'une évaluation des décisions sur leurs seuls résultats à une analyse ex ante des risques.
Le professeur partage ensuite son regard avisé sur la communication et la mise en scène des décisions politiques, illustrant son propos par l'exemple des interventions médiatiques de Donald Trump. Il explique comment le simple fait d'affirmer une décision peut parfois en produire des résultats, même involontaires.
Le cœur de l'entretien porte sur les usages de l'intelligence artificielle dans la prise de décision. Olivier Sibony et son co-auteur Éric Hazan ont cartographié dans leur ouvrage les différentes situations où l'IA peut s'avérer supérieure à l'humain, comme en radiologie ou pour l'optimisation des ressources économiques. Mais ils soulignent également les domaines où la décision humaine doit être préservée, comme la justice ou la politique, en raison de considérations éthiques et de la valeur intrinsèque du jugement humain.
51
Guerre au Moyen-Orient : « On dit que le régime iranien tient bon, ce n’est pas vrai. Economiquement c’est catastrophique » selon le chercheur Farid Vahid
Farid Vahid est co-directeur de l’Observatoire de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient à la fondation Jean Jaurès, spécialiste de l'Iran. Il explique que si les négociations ont eu lieu, c'est que la guerre ne peut pas durer, ni pour l'Iran, ni pour les Etats-Unis.
Farid Vahid commence par analyser la dernière décision de Donald Trump, à savoir le blocus américain sur les pétroliers et les bateaux iraniens. Il explique que cette mesure, bien que rationnelle d'un point de vue géopolitique et économique, a des conséquences désastreuses pour l'Iran, dont la situation économique est au bord du gouffre avec une inflation dépassant les 50%. Cependant, il souligne que les États-Unis ne peuvent pas non plus se permettre de prolonger cette guerre trop longtemps, notamment en raison des prochaines élections de mi-mandat.
L'invité met en lumière le paradoxe de la situation, où les Iraniens ont eux-mêmes donné l'idée du blocus en bloquant le détroit d'Ormuz, démontrant ainsi leur capacité à perturber l'économie mondiale. Farid Vahid explique que cette guerre est une véritable guerre de résilience, où chaque camp tente de faire craquer l'autre en premier. Il souligne que le régime iranien, composé d'anciens commandants de la guerre Iran-Irak, est prêt à sacrifier des vies civiles pour rester au pouvoir, contrairement aux États-Unis qui doivent tenir compte de l'opinion publique.
L'invité aborde ensuite la question des négociations entre l'Iran et les États-Unis. Il estime qu'un accord sur le nucléaire est envisageable, avec un renoncement provisoire à l'enrichissement de l'uranium. Cependant, il souligne que les sujets épineux comme les missiles balistiques et le soutien aux milices pro-iraniennes dans la région seront beaucoup plus difficiles à résoudre.
Farid Vahid souligne également que le régime iranien actuel, qu'il qualifie de "militaro-oligarchique", n'a plus grand-chose à voir avec le régime des mollahs. Il met l'accent sur le rôle prépondérant des Gardiens de la Révolution et des oligarques, plutôt que sur celui du clergé.
Enfin, l'invité aborde la situation de la population iranienne, qui espérait une intervention militaire étrangère après les massacres de manifestants en janvier 2020, mais qui se sent aujourd'hui désemparée et déprimée face à l'impasse dans laquelle se trouve le pays. Il estime que sans une lutte armée intérieure ou un effondrement du régime sous les coups de boutoir israélo-américains, il sera difficile pour les Iraniens de prendre leur destin en main et de faire tomber ce régime sanguinaire.
52
« Le pape tient bon car il ne se laisse pas impressionner par Donald Trump, son attitude est magnifique » salue l’écrivain Pierre Assouline
Dans cet épisode, l'académicien Pierre Assouline partage son inquiétude face au déclin de la lecture, notamment chez les jeunes. Cependant, il reste optimiste et explique comment la littérature peut nous aider à traverser les moments difficiles et à préserver nos valeurs fondamentales. À travers des extraits de ses écrits et des œuvres d'auteurs comme Alphonse Daudet ou le Livre de Job, il nous invite à résister aux tentations de la résignation et à tenir bon face à l'incertitude de notre époque.
53
Guerre au Moyen-Orient : « Depuis plusieurs décennies, on a des administrations américaines qui s'engagent dans une guerre au Moyent-Orient et qui se retrouvent piégées » selon Laurence Nardon
Aujourd'hui dans l'invité de la matinale, David Abiker reçoit Laurence Nardon, experte reconnue des relations internationales et directrice du programme Amérique de l'IFRI.
Leur discussion se concentre sur la crise actuelle dans le détroit d'Ormuz, où les tensions entre les États-Unis et l'Iran semblent s'intensifier. Elle offre un éclairage sur les motivations et les stratégies du président américain Donald Trump, qui a annoncé que les États-Unis allaient à leur tour bloquer le détroit.
Selon l'experte, Donald Trump chercherait à « reprendre la main » dans une situation qui lui échappe, après l'échec des récentes négociations avec l'Iran, médiées par le Pakistan. Laurence Nardon explique que le président américain veut éviter d'être perçu comme un « perdant » et tente de mobiliser des « armes annexes », comme le contrôle du détroit d'Ormuz, pour peser sur l'économie mondiale.
Mais ce faisant, Trump s'approprie une arme traditionnellement détenue par l'Iran, ce qui soulève des questions sur la cohérence de sa stratégie. L'invitée souligne également les paradoxes de la politique étrangère américaine au Moyen-Orient, où les présidents successifs se sont fait « piéger » dans des guerres coûteuses et sans issue.
Au-delà de la crise iranienne, l'entretien aborde également les récentes élections en Hongrie, où le soutien du camp MAGA de Donald Trump au Premier ministre Viktor Orbán n'a pas porté ses fruits. Elle y voit un signe que l'alliance transatlantique des extrêmes droites ne fonctionne pas nécessairement.
Enfin, l'experte livre un éclairage sur l'ambiance politique actuelle à Washington, où les démocrates semblent regagner du terrain face à l'administration Trump, notamment avec la mission Artémis de la Nasa.
54
Hongrie : « Même si Magyar l'emporte, ce n'est pas pour autant qu'il pourra démanteler le système de Orbán » selon Jacques Rupnik
Dans cet épisode de "L'invité de la matinale", David Abiker reçoit Jacques Rupnik, directeur de recherche et mérite à la Fondation Nationale des Sciences Politiques, pour analyser les enjeux de l'élection en Hongrie.
Ancien conseiller du président tchèque Václav Havel, l'invité offre un éclairage unique sur le parcours politique hors norme de Viktor Orbán, le Premier ministre hongrois en place depuis 16 ans. Passé du libéralisme au national-conservatisme, Orban a fait de la Hongrie une "démocratie illibérale", selon ses propres termes, remettant en cause l'état de droit et les contre-pouvoirs.
Face à lui, le challenger Péter Magyar, un conservateur plus européen, semble avoir ses chances d'après les sondages. Mais Jacques Rupnik met en garde contre un possible resserrement dans la dernière ligne droite, le Premier ministre hongrois ayant l'habitude de retourner les situations à son avantage.
L'expert analyse finement les atouts de Péter Magyar, un homme neuf et peu exposé, qui connaît bien de l'intérieur le parti de Viktor Orbán et ses "turpitudes". Il souligne également son talent pour la campagne, qui lui a permis de surfer sur la vague de l'attente du changement chez les jeunes Hongrois.
Cependant, il nuance les chances de Péter Magyar, rappelant que la Hongrie est un pays vieillissant, traditionnellement enclin à voter pour des partis conservateurs voire ultra-conservateurs. Le Premier ministre hongrois peut ainsi compter sur son électorat historique, notamment dans les petites villes de province.
Jacques Rupnik décrypte également les soutiens dont bénéficie Viktor Orbán, à la fois de la part de Donald Trump et de Poutine, ce qui brouille son image de "candidat de la paix". Un soutien qui peut s'avérer être un boulet pour le Premier ministre hongrois.
55
"L'économie française est résiliente parce qu'on a amorti les chocs en augmentant le déficit" analyse l'économiste Antonin Bergeaud
David Abiker reçoit Antonin Bergeaud, Prix du meilleur jeune économiste 2025 et auteur de "La prospérité retrouvée, les leviers de la croissance au XXIe siècle".
Antonin Bergeaud commence par souligner la résilience remarquable de l'économie française, qui a su absorber les conséquences de crises majeures comme les Gilets jaunes, la pandémie de Covid-19 ou encore la guerre en Ukraine. Cependant, cette résilience a un coût : un déficit public abyssal, qui met en péril la soutenabilité de la dette française. L'économiste met en garde contre les dangers de cette stratégie à court terme, qui hypothèque l'avenir des générations futures.
Au-delà de ce constat, Antonin Bergeaud livre une analyse approfondie des causes du décrochage économique de l'Europe par rapport aux États-Unis. Selon lui, le problème réside dans un manque de productivité, lié à l'incapacité de l'Europe à trouver un modèle économique fonctionnel et à financer efficacement l'innovation. Contrairement aux États-Unis, l'Europe n'a pas su tirer parti de la révolution numérique pour booster sa croissance.
Pour remédier à cette situation, l'économiste plaide pour une profonde refonte du modèle économique européen. Il appelle à une politique industrielle commune, qui miserait sur les valeurs européennes en matière d'environnement et de protection des données, plutôt que de s'aligner sur le modèle américain, jugé trop destructeur. Cet arbitrage, s'il est mené à bien, pourrait permettre à l'Europe de retrouver une prospérité durable, en accord avec ses aspirations.
Cet épisode offre un éclairage passionnant sur les enjeux économiques auxquels la France et l'Europe sont confrontées, avec la voix d'un expert reconnu. Une écoute indispensable pour comprendre les défis à relever pour assurer la résilience et la prospérité de nos économies.
56
« Le choc pétrolier de 73 était plus important que ce que nous vivons aujourd’hui » observe l’historien Philippe Chalmin
« Nous sommes au cœur d’un choc énergétique », estime l’historien de l’économie Philippe Chalmin. Même s’il est moins important que la crise pétrolière de 73, l’épisode que nous vivons est particulièrement inquiétant.
Philippe Chalmin explique que le véritable enjeu réside dans l'état de santé fragile des économies actuelles, avec des niveaux d'endettement public sans précédent. Contrairement aux années 70, les États n'ont plus les moyens de soutenir efficacement leurs citoyens face à la flambée des prix de l'énergie.
Le cœur de l'entretien se concentre ensuite sur le rôle crucial du détroit d'Ormuz, véritable cordon ombilical de l'économie pétrolière et gazière mondiale. Philippe Chalmin souligne que la géopolitique a rattrapé la puissance militaire américaine, rendant le contrôle de ce passage stratégique extrêmement complexe. Il invite même les auditeurs à se plonger dans la bande dessinée "Le Secret de l'Espadon" d'Edgar P. Jacobs pour mieux comprendre les enjeux de ce lieu !
L'économiste estime que le statut du détroit d'Ormuz sera désormais différent, avec de fortes chances de voir émerger un système de péage, à l'instar de celui qui a existé pendant deux siècles sur le détroit du Sund, entre la Suède et le Danemark. Cette évolution aura des conséquences majeures pour les pays du Golfe, qui avaient fait de Dubaï un hub financier et monétaire mondial, mais dont le rôle pourrait être remis en cause.
Philippe Chalmin prévient que les répercussions économiques de cette crise énergétique seront lourdes, avec des tensions inflationnistes et des impacts sur les taux d'intérêt. Il estime que la croissance mondiale pourrait perdre jusqu'à 0,5 point de pourcentage, un coup dur pour des économies déjà fragilisées.
57
Cyberdjihad : «les acteurs ont conscience du savoir-faire et faire savoir pour terroriser les populations et recruter», selon la chercheuse Héloïse Heuls
Héloïse Heuls est diplômée de l’École normale supérieure, autrice d’une thèse de doctorat sur l’utilisation des technologies numériques par les groupes armés djihadistes. Elle publie "Cyberdjihad - le grand recrutement " aux éditions du Cerf.
Pendant dix ans, Héloïse Heuls a mené une enquête approfondie sur les pratiques des groupes djihadistes en ligne, révélant un phénomène complexe qui dépasse largement la simple préparation d'attentats. Elle explique comment ces groupes ont su s'emparer des outils numériques pour recruter, communiquer et diffuser leur idéologie, créant une véritable "Silicon Valley du djihad".
Au-delà des actes de violence, Héloïse Heuls met en lumière la dimension politique et identitaire de ce cyber-djihad, où la conquête des esprits passe par la maîtrise des technologies de l'information. Elle décrit ces "recruteurs", "prédicateurs" et autres "partisans" qui, loin d'être de simples "combattants assoiffés de sang", cherchent à façonner une vision alternative du monde.
Mais la menace n'est pas que virtuelle. L'invitée détaille les récentes attaques perpétrées par ces groupes en Europe, soulignant leur capacité à brouiller les pistes et à s'adapter aux évolutions technologiques. Face à cette nébuleuse mouvante, elle interroge la réponse de l'État, partagé entre impératifs de sécurité et liberté académique.
58
"La musique est innée, le cerveau est pré-câblé pour y répondre" explique la chercheuse Isabelle Peretz
David Abiker reçoit Isabelle Peretz, titulaire de la chaire de recherche Neurocognition de la musique à l'Université de Montréal. C'est une sommité mondiale dans le domaine de la recherche sur le lien entre le cerveau et la musique, et elle partage avec les auditeurs les découvertes fascinantes de ses travaux. Elle publie “Soigner avec la musique - nouvelles des neurosciences” aux Éditions Odile Jacob
Tout d'abord, Isabelle Peretz explique ce qu'est le « cerveau musical », cet ensemble de modules et de systèmes dans le cerveau qui permettent d'apprécier et de produire de la musique. Elle souligne que ces capacités musicales semblent innées chez l'être humain, avec des études montrant que les nouveau-nés réagissent déjà à la musique classique.
Mais le cœur de cet entretien porte sur l'utilisation de la musique comme outil thérapeutique, notamment pour les patients atteints de la maladie d'Alzheimer. Isabelle Peretz décrit avec passion comment la musique, et en particulier les chansons de leur jeunesse, peuvent permettre à ces patients de recouvrer temporairement leur identité et leurs souvenirs autobiographiques. La musique emprunte en effet des voies privilégiées dans le cerveau pour atteindre ces mémoires enfouies, passant par le système limbique des émotions.
L'auditeur est fasciné d'apprendre que la simple écoute ou le fait de chanter en groupe peuvent améliorer significativement le bien-être des patients Alzheimer sur plusieurs mois. Isabelle Peretz explique que la musique a un effet rassembleur et de fusion avec les autres, permettant de transcender les frontières individuelles.
Mais les bienfaits de la musique ne s'arrêtent pas là. L'invitée de David Abiker évoque également son utilisation prometteuse pour les patients atteints de la maladie de Parkinson. Là encore, le lien entre le rythme musical et l'activation des zones motrices du cerveau semble offrir de nouvelles pistes thérapeutiques.
59
« Vladimir Poutine dispose de 7 ou 8 palais et a une fascination pour les yachts » selon le grand reporter Vincent Jauvert
David Abiker reçoit Vincent Jauvert, journaliste et auteur du livre "Kremlin confidentiel" aux éditions Albin Michel.
Le grand reporter suit de près l'ascension de Poutine depuis 25 ans, et partage des révélations étonnantes sur les manœuvres du président russe. Il explique notamment comment celui-ci a tenté, sans succès, de déstabiliser politiquement l'Ukraine en 2020 en organisant des manifestations d'extrême-droite pour ensuite intervenir en "ami protecteur". Cette opération ratée contraste avec les actions plus efficaces d'Israël contre le régime iranien, soulignant les limites des services secrets russes.
Mais le cœur de cet entretien réside dans l'obsession de Poutine pour le pouvoir et l'argent. Jauvert décrit en détail comment le président russe a mis en place un système de détournement de fonds à son profit, notamment dans le secteur médical, enrichissant ainsi sa vaste famille. Cette famille, longtemps tenue secrète, est l'un des éléments les plus fascinants du livre de Jauvert, révélant un Poutine bien loin de l'image d'austérité qu'il souhaite donner.
Au-delà de cette quête effrénée de richesses, Poutine est également hanté par la peur d'être renversé, comme en témoigne l'épisode de la rébellion avortée de Evgueni Prigojine. Jauvert explique comment le président russe a été raisonné par le président biélorusse, craignant que ce conflit n'entraîne une révolution en Russie.
Cet épisode captivant offre un éclairage unique sur les rouages du pouvoir en Russie, dévoilant les obsessions d'un homme qui semble prêt à tout pour conserver son emprise sur le pays.
60
« Le niveau de vie ne cesse de progresser en France depuis des générations », souligne l’économiste Hippolyte d'Albis
Hippolyte d'Albis est professeur à l’ESSEC Business School, vice-président du Cercle des économistes. Il publie “Économie des Âges de la Vie” aux éditions Odile Jacob, dans lequel il met fin à certaines idées reçues. S'agissant du niveau de vie, il l'assure, il continue de progresser, mais son accélération s'est ralentie ces dernières années. Parmi les critères qu'il retient, l'accès aux études supérieures et la situation des femmes sur le marché du travail.
Il explique que les sociétés mettent en place des transferts considérables, représentant jusqu'à 30% du PIB, pour permettre aux jeunes et aux personnes âgées de consommer, alors que seuls 40% de la population sont en emploi. Cette réalité remet en question de nombreuses idées reçues sur les générations.
L'économiste déconstruit ainsi le cliché selon lequel les générations passées s'en sont mieux sorties que celles d'aujourd'hui. Grâce à des données objectives, il démontre que le niveau de vie ne cesse de progresser, même si le rythme de cette progression ralentit. Il remet également en cause le discours sur la « jeunesse sacrifiée », expliquant que ce sont souvent les actifs d'âge moyen qui se plaignent le plus.
Un moment fort de l'épisode est lorsque David Abiker interroge Hippolyte D'Albis sur la situation des seniors et des retraités. Ce dernier souligne que, malgré les débats sur leur contribution, les personnes âgées reçoivent en réalité de moins en moins de transferts de la part de l'État. Il met en lumière l'importance des transferts informels, comme le soutien familial, qui ne sont pas pris en compte dans les statistiques.
Enfin, Hippolyte D'Albis aborde la question du vieillissement de la population, qu'il considère comme une excellente nouvelle plutôt qu'un problème. Il explique que les sociétés s'adaptent à ces changements démographiques, notamment en favorisant l'emploi des seniors et des femmes. Pour lui, le défi est de construire un modèle de solidarité plus inclusif, en accueillant tous les talents et en permettant à chacun de contribuer.
61
« Dans ce monde qui va de chaos en chaos, la cuisine est la seule chose qui nous réunit encore » selon Bruno Verjus, chef doublement étoilé
Bruno Verjus, chef du restaurant 2 étoiles “La Table Bruno Verjus” était l'invité de la matinale. Il publie le roman “La Recette” aux éditions Albin Michel, qui met en scène une jeune Cantonaise passionnée par l'histoire gastronomique française. C'est une rencontre entre l'Orient et l'Occident autour de la quête d'une recette oubliée, la célèbre tarte aux pralines roses de Lyon. Bruno Verjus a vécu 18 ans en Chine. Selon lui "dans ce monde qui va de chaos en chaos, la cuisine est la seule chose qui nous réunit encore".
Bruno Verjus explique comment cette immersion l'a profondément marqué et a influencé sa vision de la cuisine. Fasciné par les liens étroits qui unissent les Chinois et les Français autour de la nourriture, il nous fait découvrir les subtilités de la cuisine cantonaise et son approche holistique du vivant.
Au-delà des frontières culinaires, le chef partage ses réflexions sur la capacité de la cuisine à rassembler les cultures et à nous réconcilier avec le monde. Ses mots résonnent comme un appel à la découverte et au dialogue interculturel, une invitation à explorer la diversité qui fait la richesse de notre humanité.
Mais l'épisode ne se limite pas à ces considérations philosophiques. Bruno Verjus nous fait également l'honneur de nous dévoiler une recette printanière et originale, mêlant seiche, poire et rhubarbe, qui promet de ravir les papilles des auditeurs les plus gourmands.
Que vous soyez amateur de cuisine, passionné de culture ou simplement curieux de découvrir de nouveaux horizons, cet épisode de L'invité de la matinale vous réserve de belles surprises. Laissez-vous emporter par ce voyage culinaire et culturel captivant en compagnie de Bruno Verjus.
62
« Un néoconservateur accepte la démocratie, le néoréactionnaire veut rétablir un ordre ancien » analyse Arnaud Miranda
Arnaud Miranda était l'invité de la matinale Radio Classique - Le Figaro ce mardi 31 mars. Le docteur en théorie politique et auteur de «Les Lumières sombres. Comprendre la pensée néoréactionnaire» a souligné la différence entre «conservateur» et «réactionnaire».
63
Guerre au Moyen-Orient : « Le régime iranien n’a pas peur de l’arrivée de soldats américains » assure Bruno Tertrais
La guerre en Iran a pris un nouveau tournant, puisque Donald Trump évoque désormais un véritable « changement de régime » et un accord permettant le passage de 20 pétroliers dans le Détroit d’Ormuz. Des déclarations qui n’empêchent pas le président américain d’agiter la menace d’une invasion par l’armée américaine. Une stratégie qui n’a rien d’absurde, selon Bruno Tertrais, invité de la matinale de Radio Classique ce lundi.
Bruno Tertrais est directeur Adjoint de la Fondation pour la Recherche Stratégique, auteur de La Question Israélienne aux Éditions de l’Observatoire. Il estime qu’avec Donald Trump, « tout est crédible, il peut parler de négociation et évoquer une escalade ». L’arrivée de troupes américaines en Iran constituerait selon lui « un tournant symbolique important, mais pas forcément acceptable pour les Républicains ».
64
Guerre au Moyen-Orient : « N’écoutez pas Trump si vous voulez comprendre ce qu’il se passe » explique le diplomate Éric Danon
Éric Danon est ancien ambassadeur de France en Israël. Invité de la matinale ce vendredi, il a souligné la manière dont le président américain brouille les cartes de ses ennemis "en disant une chose et son contraire", mais en le faisant, "il brouille aussi la compréhension des occidentaux". Pour bien comprendre la situation, explique le diplomate, "il faut séparer la réalité sur le terrain des déclarations du président américain".
65
Armement : « On a multiplié par deux l’ensemble de notre production de missiles entre 2023 et 2025 » révèle le PDG du géant MBDA
Éric Béranger, PDG du leader européen des missiles, était l’invité exceptionnel de David Abiker dans la matinale de Radio Classique ce jeudi. Dans un contexte de multiplication des conflits, il a décrit le basculement d’un « monde du droit international au monde de la force brutale », avec une conséquence pour le groupe français : l’augmentation considérable de la production de missiles et de drones. « L’anticipation est un gros enjeu. Depuis plusieurs années nous n’attendons pas les commandes pour fabriquer », a-t-il révélé.
66
Guerre au Moyen-Orient : « Aujourd’hui l’Iran a les meilleures cartes, et Trump ne l’a pas compris » analyse Dominique Moïsi
Le géopolitologue Dominique Moïsi était l'invité de la matinale ce mercredi. Il décrit un président américain qui ne sait pas lui-même quelle est sa stratégie au Moyen-Orient, parlant d'une erreur majeure sur l'organisation du pouvoir en Iran : "ce n'est pas une pyramide verticale, mais des réseaux horizontaux". Aujourd'hui, Donald Trump cherche à sortir de ce guêpier. Pour le régime des mollahs, à l'inverse, "survivre à cette infériorité militaire, c'est quasiment une victoire", juge-t-il.
67
« La santé de nos océans n’est pas bonne et se dégrade en accélérant » alerte l’océanographe Marina Lévy
On le sait peu, mais l’océan est un régulateur du climat, qui absorbe une partie des excédents de chaleur et de CO2. Aujourd’hui, il nous protège encore, mais jusqu’à quand ? L’océanographe Marina Lévy était l’invitée de la matinale de Radio Classique ce mardi. Elle souligne que les entreprises « sont les acteurs premiers pour réduire les pollutions ».
Marina Lévy est océanographe, directrice de recherche de classe exceptionnelle au CNRS, directrice de l’Institut de l’océan de l’Alliance Sorbonne université. Elle vient de publier avec Olivier Poivre d’Arvor Quand l’océan s’éveillera – Enquête au cœur de la planète bleue aux éditions Stock
68
Municipales 2026 : « C'est effarant : du RN à LFI, tout le monde s’est réjoui des résultats » note le politologue Pascal Perrineau
Pascal Perrineau, professeur des universités à Sciences Po et auteur de Le Goût de la politique aux éditions Odile Jacob, est l'invité de la matinale. Le politologue revient sur les résultats du second tour des municipales rendus hier, avec les enseignements qu'il convient d'en tirer.
69
2027 : « Les municipales ne sont pas l’antichambre de la présidentielle » tranche le politologue Martial Foucault
Contrairement à ce qu’on entend ici ou là, jamais un scrutin municipal n’indique le rapport de force politique pour la présidentielle, assure Martial Foucault, avant le second tour des élections ce dimanche. Ce politologue spécialiste des élections locales a rétabli un certain nombre de vérités dans la matinale de Radio Classique.
70
Guerre au Moyen-Orient : « Elle arrange Poutine car la pression des Etats-Unis disparaît » selon l’ex-ambassadrice Sylvie Bermann
Cette nouvelle guerre au Moyen-Orient a-t-elle déjà un impact sur la guerre en Ukraine ? Pour la spécialiste de la Russie Sylvie Bermann, invitée de la matinale de Radio Classique, elle permet à Vladimir Poutine non seulement de bénéficier d’une accalmie diplomatique, mais aussi de légitimer l’invasion de l’Ukraine – puisque la guerre menée par les Etats-Unis et Israël a été lancée en dehors du droit international.
Sylvie Bermann est ancienne ambassadrice de France en Russie (2017-2019), autrice de L’Ours et le dragon, Chine-Russie, histoire d’une amitiés sans limite aux Editions Taillandier.
71
Iran : "On est à un tournant, le monde réalise qu'on ne peut pas négocier avec ce régime" estime la spécialiste Maneli Mirkhan
Maneli Mirkhan est franco-iranienne, experte des relations internationales et de l’Iran. Elle est également fondatrice de DORNA, organisation non partisane pour une transition démocratique en Iran. Elle décrit un régime des mollah "habile pour contourner les sanctions", ce qui entraîne selon elle une "limite" dans les actions possibles.
72
Dette : « On cache aux Français qu’elle est composée à 50% d’insuffisance de financement des prestations sociales trop généreuses » souligne Jean-Pascal Beaufret
L’ancien haut fonctionnaire de Bercy Jean-Pascal Beaufret dénonce une présentation des comptes publics « biaisée, faussée », avec des déficits sociaux en réalité 4 fois supérieurs à ce qui est annoncé. Invité de la matinale de Radio Classique, il a détaillé ces chiffres.
Jean-Pascal Beaufret est un ancien inspecteur des Finances, associé au fonds de capital développement Ring Capital. Il est l’auteur du dossier « Les comptes de la Sécurité Sociale et le redressement des finances publiques » paru dans la revue Commentaire du 12 mars.
73
Municipales 2026 : « On a dû déboucher le champagne chez Mélenchon », selon le politologue Benjamin Morel
La percée de LFI au premier tour des municipales est un des principaux enseignements de ce scrutin, selon le constitutionnaliste et politologue Benjamin Morel, invité de la matinale de Radio Classique. Une poussée « intéressante » lorsqu’on considère que l’électorat de LFI est « plutôt abstentionniste aux élections locales ». L’autre leçon majeure de ces élections selon lui, est que désormais « le champ politique local n’échappe pas à la crise politique qui touche le pays ».
74
Guérir tous les cancers en 2050 ? « Une nouvelle ère s’ouvre en cancérologie » annonce le Pr. Alain Puisieux
Un monde dans lequel presque tous les cancers pourraient être soignés est désormais à portée de main. Le professeur Alain Puisieux, président du directoire de l’Institut Curie a souligné sur Radio Classique les progrès considérables de la médecine, surtout ces 20 dernières années. « Aujourd’hui, plus de 65% des cancers sont guéris, contre 30% en 1960 », a-t-il souligné, assurant que les dernières avancées étaient particulièrement prometteuses.
75
Détroit d'Ormuz : « C'est la première fois que le blocage s'opère réellement et avec une telle incertitude sur la suite » souligne Patrice Geoffron
Patrice Geoffron, professeur d'économie à Dauphine et directeur du CGEMP, était l'invité de la matinale du jour. Il est revenu sur le conflit actuel au Moyen-Orient, qui a engendré le blocage du détroit d'Ormuz, et a analysé la possibilité de se diriger vers un nouveau choc pétrolier.
76
Trump suscite « l’insatisfaction des Américains car les résultats ne viennent pas » selon le diplomate Jean-Claude Beaujour
Jean-Claude Beaujour était l’invité de la matinale Radio Classique. L’avocat et spécialiste du droit international et des Etats-Unis, a livré son analyse de la « méthode Trump » qui atteint ses limites outre-Atlantique.
77
Fabrice Luchini : "Malgré son appétit pour les femmes, Victor Hugo a toujours été exemplaire avec elles"
Fabrice Luchini est à l'affiche du film "Victor comme tout le monde", qui sort demain au cinéma. Une mise en abyme dans laquelle il interprète un comédien, Robert Zucchini, qui, inspiré par Victor Hugo renoue avec sa fille. Invité de la matinale de Radio Classique, il s'est livré sur sa vision du grand écrivain.
78
Guerre au Moyen-Orient : « L’Iran est un adversaire de taille qui a été sous-estimé » selon Jean-Paul Paloméros
Ancien chef d'État-major de l'armée de l'air française, Jean-Paul Paloméros revient sur le conflit en Iran qui dure depuis maintenant 10 jours. Selon l'ancien commandeur suprême de l'OTAN, l'Iran, bien qu'il soit frappé violemment, tient bon.
79
Guerre au Moyen-Orient : « Ma famille est en Israël et est chaque jour sous les tirs des missiles iraniens » s’inquiète l’ambassadeur d’Israël en France
Au septième jour de la guerre en Asie de l’Ouest, Israël dit entrer dans « une phase suivante » de ses opérations, tandis que les tensions débordent aussi sur le front libanais. Invité de la matinale de Radio Classique, Joshua Zarka, ambassadeur d’Israël en France, évoque la stratégie israélienne contre Téhéran, la distinction qu’il martèle entre le Liban et le Hezbollah, ainsi que la menace sécuritaire accrue visant les intérêts israéliens en France, sur fond d’inquiétude personnelle pour sa famille restée en Israël.
80
« Xi Jinping découvre que Donald Trump est peut-être beaucoup plus "chinois" qu'on ne l'a pensé » indique Emmanuel Lincot
Alors que l’escalade militaire autour de l’Iran rebat les cartes en Asie de l’Ouest, la Chine se contente d’un appel au calme et d’un silence prudent. Pour Emmanuel Lincot, invité de la matinale, directeur de recherche à l’IRIS, et co-directeur du programme Asie-Pacifique. Spécialiste des dynamiques politiques et stratégiques en Asie, il analyse les rapports de force régionaux, les enjeux de puissance et leurs répercussions sur les équilibres internationaux. Cette retenue dit moins une stratégie qu’une contrainte : Pékin est économiquement exposé, politiquement fragilisé et potentiellement ciblé par une séquence américaine qui pourrait viser, au fond, la puissance chinoise.
81
Dissuasion nucléaire : « On est capable d’avoir un arsenal qui puisse dissuader l’ensemble de nos ennemis sur l’Europe » déclare Emmanuelle Galichet
Emmanuelle Galichet, enseignante-chercheuse en sciences et technologies nucléaires au Cnam, est l'invitée de la matinale du jour. Elle revient sur la dissuasion nucléaire, incarnation de la souveraineté française, et sur la capacité de notre arsenal à défendre l'Europe. La présidente de Women In Nuclear France analyse également l'origine de cette évocation de notre capacité de défense : l'embrasement actuel au Moyen-Orient.
82
Guerre en Iran : pour appréhender la menace terroriste, il faudra « savoir dans quelle mesure une radicalisation du propos peut ouvrir la voie à une radicalisation des attitudes » selon Gilles Kepel
Gilles Kepel, politologue, spécialiste de l'islam et du monde arabe contemporain, est l’invité du jour de la matinale de Radio Classique. Il revient sur les conséquences de la guerre en Iran, de la menace terroriste sur le territoire français à l’impact sur les différents pays du Moyen-Orient.
83
Guerre en Iran : « Si le régime tombe, il y aura une longue période d’anarchie avant que la situation se décante » selon François Heisbourg
François Heisbourg, conseiller principal pour l'Europe à l'IISS, était l’invité de la matinale du jour. Il revient sur la situation actuelle de l’Iran et sur l’évolution à venir dans les prochains mois suite à l’attaque menée par les États-Unis et Israël ces derniers jours. Le diplomate décrypte également les conséquences de ces attaques sur les différents pays du Moyen-Orient.
84
Eric-Emmanuel Schmitt : « Mozart a idéalisé son père avant de le tuer symboliquement en l’éloignant »
« Sans Léopold, pas de Wolfgang Amadeus Mozart ». Eric-Emmanuel Schmitt ne parle pas d’un point de vue biologique, mais bien musical, saluant la capacité du père à encourager les talents du fils et à oser passer la main en constatant sa propre médiocrité. Invité de la matinale, et devenu père récemment, il a parlé de son dernier livre, dédié à la relation entre les Mozart, père et fils.
Eric-Emmanuel Schmitt est dramaturge, romancier, nouvelliste, essayiste, cinéaste. Traduit en 45 langues et joué dans plus de 50 pays, il publie Juste après Dieu, il y a Papa aux éditions Albin Michel.
85
« Laissez faire les acteurs privés, ça marche toujours mieux » : le plaidoyer d’Alexandre Bompard, PDG de Carrefour
Alors que les négociations dans la grande distribution se terminent ce week-end, le PDG de Carrefour Alexandre Bompard était l’invité de la matinale. Il s’interroge sur « l’opprobre » jetée sur le secteur et estime que la grande distribution est « le bouc émissaire parfait » des politiques. Il dénonce le poids législatif (20 lois en 30 ans) et les tentatives d’intervention politique dans un domaine qui selon lui se porte mieux lorsqu’il a les mains libres.
86
« La Russie n’a pas gagné, l’Ukraine n’a pas perdu » selon le général Pellistrandi
Le général Jérôme Pellistrandi était l'invité de la matinale de David Abiker. Il est revenu sur le "fiasco militaire" que représente la guerre en Ukraine pour la Russie, quatre ans après le début de l'invasion. Il a également pointé l'attitude des Européens sur le sujet, "plus unis que le souhaiterait Vladimir Poutine". Il a également averti que l'Union européenne devait "se réveiller" après avoir compté sur les dividendes de la paix, laissant aux Etats-Unis la charge d'assurer la sécurité du monde.
87
Mathématiques : « Avant de faire des dessins figuratifs, les hommes en ont fait des géométriques dans la pierre » déclare Stanislas Dehaene
Stanislas Dehaene était l'invité de la matinale du jour. À l’occasion de la publication de son livre « Le Rectangle de Lascaux » aux Éditions Odile Jacob, le neuroscientifique met en lumière la façon dont notre réseau cérébral s'active lorsque l'on pratique les mathématiques.
88
Mort de Quentin Deranque : « Les anti fascistes proclamés se comportent comme d'authentiques fascistes » estime Aquilino Morelle
« Ce qui s’est passé à Lyon est un tournant ». Aquilino Morelle, ancien conseiller politique de François Hollande a réagi ce lundi à la mort de Quentin Deranque le 14 février, après un affrontement avec l’extrême gauche. L’essayiste décrit deux gauches désormais irréconciliables.
Aquilino Morelle est l’auteur de l’ouvrage La France au miroir de l’Amérique. Quand les progressistes font triompher le populisme, paru aux éditions Grasset. Il pointe le déni de réalité des Démocrates américains, qui ne se sont pas interrogés sur les raisons de la première élection de Donald Trump, comptant aveuglément sur un vote des minorités, supposées être de leur côté.
89
10% des Français pensent que la violence peut être légitime pour faire avancer des causes, selon Jérôme Fourquet
La mort de Quentin Deranque à Lyon, « va peut-être rendre plus difficile la mécanique du front républicain dans les rangs de l’électorat modéré » avant le premier tour des municipales. C’est l’hypothèse de Jérôme Fourquet. Analyste politique, expert en géographie électorale, directeur du département Opinion à l’IFOP, il était l’invité de la matinale.
90
Mort de Quentin : « Où est passée la réflexion de la gauche sur la violence ? » lance la philosophe Hélène L’Heuillet
Hélène L’Heuillet est philosophe et psychanalyste. Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages, dont Tu haïras ton prochain comme toi-même et Le vide qui est en nous, parus aux éditions Albin Michel. Au sujet de la mort de Quentin Deranque, militant d’extrême droite lynché au cours d'une bagarre avec des jeunes d’extrême gauche, elle l’assure : « Un homme à terre n’est plus un militant, on a passé un cap terrifiant »
91
« La criminalité en France est très importante, mais ce n’est pas un système mafieux » estime la magistrate Vanessa Perrée
Vanessa Perrée est procureure nationale du Parquet national anticriminalité organisée (PNACO). Cette toute nouvelle juridiction, entrée en fonction le 5 janvier dernier, vise à mieux lutter contre la criminalité organisée, alors que le narcotrafic concerne désormais des villes de taille réduite, épargnées jusque-là. Elle rejette les termes de «mexicanisation» ou «narco-État» pour parler de l’évolution du crime organisé en France.
92
Agroalimentaire : La France « surtranspose » les normes européennes et en souffre, assure Nicolas Bouzou
Nicolas Bouzou est économiste. Il publie L’Eternel Sursaut - une histoire confiante de la France aux éditions XO. A rebours du défaitisme ambiant, l'économiste Nicolas Bouzou explique qu'en France, le meilleur succède toujours au pire, exemples à l'appui.
93
Loi sur l'aide à mourir : "Ce serait bien plus intéressant de faire valoir les valeurs du soin et les décliner tout au long de la vie " lance le médecin Alexis Burnod
Alexis Burnod est chef du service de soins palliatifs à l’Institut Curie de Paris. Invité de la matinale de Radio Classique, il réagit à la proposition de loi sur l'aide à mourir, qui après le rejet du Sénat, revient aujourd'hui à l'Assemblée nationale. Le médecin urgentiste plaide pour un recours à l'aide à mourir qui reste applicable au cas par cas, mettant d'abord en valeur le soin du patient.
94
« À la Comédie-Française, depuis Molière, il y a une égalité salariale entre hommes et femmes ! » souligne Clément Hervieu-Léger
C’est une plongée dans un joyau de l’art théâtral français que nous a proposé ce vendredi David Abiker. Il recevait Clément Hervieu-Léger, administrateur général de la Comédie-Française, acteur et metteur en scène, membre de la troupe depuis une vingtaine d’années. Il a évoqué les dernières actualités de l’institution créée par Molière : travaux dans la salle Richelieu, pièces hors les murs, et les 10 ans du partenariat avec Pathé.
95
« C’est ma décision personnelle » : François Villeroy de Galhau dément les rumeurs d’agenda politique
François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, était l’invité de la matinale. À la tête de l’institution depuis 2015, il vient d'annoncer qu'il quittait son mandat avant terme. Un calendrier qui a donné lieu à des rumeurs, liées à une supposée volonté d'Emmanuel Macron de placer quelqu'un d'autre à ce poste. Des bruits qu'il a fermement écartés. Il a justifié cette décision "personnelle" par le projet qui lui tient à cœur : prendre la présidence de la fondation des Apprentis d'Auteuil dès le mois de juin.
96
« La démocratie ne peut fonctionner qu’avec la confiance des citoyens envers les détenteurs du pouvoir », assure Marcel Gauchet
La démocratie va mal : c’est le constat dressé par l’historien et philosophe Marcel Gauchet. Invité de la matinale de Radio Classique, il a décrit le « déphasage profond » du personnel politique avec la vie des citoyens et brosse un portrait sévère de l’Europe, « qui n’a pas pris la mesure de sa petitesse à l’échelle du monde ». Pire, elle apparaît même marginale et n’est plus un lieu d’invention politique, technologique, ou culturelle.
97
Jean-Dominique Senard sur son refus d'être Premier ministre : « Je n’avais ni le temps ni la capacité d’agir »
Jean-Dominique Senard est président de Renault et de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, vice-Président de l’Institut Montaigne. Il a co-présidé avec Jean-Louis Boulanger l’étude de l’institut Montaigne "Responsabilité : plaidoyer pour l'action"
98
24% des Français ont peur du diable, révèle Anne Muxel, co-autrice du livre "Inventaire des peurs françaises"
Anne Muxel est directrice de recherche émérite au CNRS, membre du bureau du Département de science Politique de Sciences Po, membre élue du Conseil de gestion du CEVIPOF. Elle publie avec Pascal Perrineau le livre “Inventaire des Peurs Françaises aux éditions Odile Jacob. Elle revient sur les peurs parfois surprenantes qui habitent l'esprit des Français.
99
« De Gaulle avait conscience de l’importance de la table, c’est la France qui reçoit » raconte l’essayiste Jonathan Siksou
Jonathan Siksou est écrivain et essayiste, spécialisé en gastronomie. Il est l’auteur de l’ouvrage Triompher en Festins – Une histoire de France en vingt repas, publié aux Éditions Perrin, où il explore les grands moments de l’histoire française par le prisme des tables et des festins qui les ont accompagnés. Au micro de David Abiker, il a raconté notamment le célèbre dîner à La Boisserie du général de Gaulle et de Konrad Adenauer.
100
Iran : "Je ne crois pas que Trump puisse aller jusqu'à l'engagement dans un changement de régime" affirme Hubert Védrine
Faute d'accord avec l'Iran sur l'arrêt du programme nucléaire, les Etats-Unis seraient-ils prêts à frapper ? Ce n'est pas impossible, mais extrêmement risqué, selon l'ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine, invité de la matinale de Radio Classique ce jeudi. Quant à l'idée de provoquer un changement de régime, il n'y croit pas, et invoque la perspective d'une "gigantesque guerre civile".
101
« CDI jeunes » : « la proposition du Medef a-t-elle déjà marché à l’étranger ?» lance l’économiste Gilbert Cette
L’idée a déjà mis le feu aux poudres et a été écartée par le gouvernement. Le Medef propose la création d’un dispositif pour lutter contre le chômage des jeunes, pouvant être rompu sans motif lors des premières années. Invité de la matinale de Radio Classique ce mercredi, l’économiste Gilbert Cette a émis des doutes sur l’efficacité d’une telle mesure, s’interrogeant sur l’existence d’études ayant démontré son impact à l’étranger. Il appelle à prendre la proposition de l’organisation patronale « avec prudence ».
102
« Face à la Chine, on a été naïf : il faut travailler plus dans un monde compétitif » assure Matthieu Stefani, entrepreneur, créateur de podcast et documentariste
Matthieu Stefani est multi-entrepreneur, créateur des podcasts Génération Do It Yourself & La Martingale. Il vient de mettre en ligne sur YouTube un documentaire intitulé "Comment la Chine est devenue imbattable".
103
« Les Midterms aux États-Unis seront un test pour la démocratie américaine » selon Laurence Nardon
Donald Trump multiplie les boutades au sujet de l'annulation des Midterms, ces élections de mi-mandat aux Etats-Unis. En novembre, le rapport de force entre Républicains et Démocrates pourrait changer, et pas forcément en faveur du président américain. La chercheuse Laurence Nardon, spécialiste des Etats-Unis, décrit un locataire de la Maison Blanche fatigué, en bout de course, contesté sur sa politique étrangère, mais toujours plus charismatique que ses potentiels successeurs.
104
Marie-Claude Pietragalla incarne Barbara : « C'est l’artiste absolue, elle a théâtralisé ses chansons, presque comme une danseuse »
Leur ressemblance physique - et même vocale - est troublante : la danseuse et chorégraphe Marie-Claude Pietragalla joue, danse, et chante Barbara sur scène. Ni une imitation, ni un hommage, c’est une façon pour elle de refaire vivre la chanteuse, avec laquelle elle partage beaucoup de points communs. Elle en parlait ce matin au micro de David Abiker.
105
« Il n’est pas impossible qu’on se trompe sur les Etats-Unis comme on s’est trompé sur la Russie depuis l’invasion de la Crimée » selon Thomas Gomart
106
« L’Europe, malheureusement, est une colonie numérique et militaire des États-Unis » déplore Christian Saint-Étienne
50 années de dérive de l’Union Européenne ont entraîné une situation dramatique : nos pays sont devenus une « colonie numérique et militaire » américaine. L’économiste Christian Saint-Étienne nous ouvre les yeux sur la place de l’IUE dans le monde, et l’état économique de la France, entre budget « nécessaire mais qui n’est pas un bon budget » et les efforts à fournir pour réduire le déficit.
107
Pour Donald Trump, les états européens sont des « pays faibles qu'il faut racketter », affirme l'ancien colonel Michel Goya
Michel Goya, ancien colonel des troupes de marine et spécialiste de l'histoire militaire et l'analyse des conflits était l'invité de la matinale de David Abiker. Il est l'auteur de Théorie du combattant aux Éditions Perrin. Il explique que l'OTAN reste aujourd'hui un instrument de contrôle des Européens.
108
Iran : « J’attends de la France qu’elle aille au-delà du soutien verbal en renvoyant les diplomates iraniens » lance Mitra Hejazipour
109
Jean-Claude Casadesus : « La musique, c’est une conquête permanente, il faut être digne de la servir »
Jean-Claude Casadesus fête ses 90 ans lors d’un concert au Théâtre des Champs Elysées dimanche 25 janvier. L’occasion pour le chef d’orchestre à la carrière flamboyante de revenir sur son parcours exemplaire.
110
Alain Duhamel : « Il y a une division entre les Français que je n’ai pas vue depuis 1981 »
Alain Duhamel, éditorialiste et essayiste, auteur du livre Les Politiques – Portraits et Croquis aux Éditions de l’Observatoire, est l’invité de la matinale. Il a réagi au discours de Donald Trump, qualifiant le président américain de « grenade dégoupillée » et assure que le dernier champ d’action d’Emmanuel Macron est l’international. Il observe aussi une profonde division dans la population française, inédite depuis 45 ans.
111
« Faillite mondiale » de l’eau : « C’est une ressource locale, s’il ne pleut plus, on n’a plus d’eau à boire » avertit Gaspard Koenig
Le philosophe et écrivain, qui publie un nouveau roman, « Aqua » (ed. de L’Observatoire) réagit à cette déclaration choc de l’ONU : l’eau manque partout et c’est une « faillite mondiale ». Ce n’est pas une surprise pour les scientifiques, souligne l’invité de la matinale, qui rappelle à quel point cette ressource est fragile, y compris dans des régions françaises qu’on pense protégées.
112
Droits de douane : « une arme un peu fragile » brandie par Trump, selon le diplomate Philippe Étienne
C’est le retour de la menace des droits de douane. Donald Trump compte désormais surtaxer de 200% les vins et les champagnes français, après le refus de la France d’intégrer son « Conseil de paix ». Quelle réponse peuvent apporter les Européens ? Le diplomate Philippe Étienne était l’invité de la matinale de Radio Classique pour nous aider à comprendre cette nouvelle séquence.
113
Crise du Groenland : « L’idée d’une menace russe ou chinoise, comme l’affirme Trump, n’a aucun sens » déplore le chercheur Thierry Garcin
Thierry Garcin est chercheur associé à l’Université de Paris, docteur en Sciences Politiques, maître de conférence à HEC et auteur de Géopolitique de l’Arctique aux éditions Economica. Au micro de David Abiker, il a livré son analyse au sujet de la pression exercée par le président américain pour racheter le Groenland, territoire qu'il estime stratégique, non seulement pour les terres rares, dont le sous-sol regorge, mais aussi d'un point de vue géopolitique. Pour le chercheur, l'argument géopolitique est un mensonge de Donald Trump
114
« Paul Bocuse se rêvait en personnage de roman » affirme le journaliste gastronomique Gautier Battistella
Gautier Battistella, expert du monde de la gastronomie et des chefs est l'invité de la matinale à l’occasion de la sortie de son roman « Bocuse » aux éditions Grasset. Il revient sur la vie du célèbre cuisinier français, Paul Bocuse.
115
« Trump et Poutine adhèrent à la même vision du monde » analyse l'anthropologue Wiktor Stoczkowski
L'auteur de «Penser comme Poutine - Une menace pour nos démocraties» décrypte les liens de pensée entre Donald Trump et Vladimir Poutine. Wiktor Stoczkowski, anthropologue, directeur d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales, et auteur de Penser comme Poutine, Une menace pour nos démocraties (Editions du Cerf) était l'invité de la matinale de Radio Classique.
116
Iran : « Je ne sais pas si Trump lui-même sait ce qu'il a en tête » en menaçant d'intervenir, selon Gilles Kepel
Le politologue et spécialiste de l'islam pense que l'attaque américaine éventuelle en Iran, si elle a lieu, pourrait être un remake de la guerre des 12 jours.
117
« Aux yeux des Français, jamais la capacité du RN à exercer le pouvoir n'a été aussi grande » estime le politologue Pascal Perrineau
Le Rassemblement national domine désormais l'échiquier politique de cette Vème République fragilisée, assure Pascal Perrineau. Mais s'agissant de la présidentielle, qui reste une élection de personnalité, le choix du candidat n'est pas neutre et soulève des questionnements, indique le politologue, invité de Radio Classique ce mardi.
118
Même en démocratie, c'est « la tyrannie du flux permanent, un récit en chasse un autre, nous n’avons plus de repères » selon Asma Mhalla
La démocratie n'empêche pas l'infiltration des systèmes totalitaires, avertit la politologue Asma Mhalla. Invitée de la matinale de Radio Classique ce lundi, elle décrypte pour nous ce phénomène d'afflux permanent des images d'actualité, et explique comment retrouver des repère face à ce qu'elle qualifie de "fluxocratie".
119
« La drogue, d'argument, est devenue prétexte » affirme l'ancien ambassadeur du Venezuela
Jean-Marc Laforêt, ancien ambassadeur français au Venezuela nous apporte son regard sur l’intervention américaine pour capturer Nicolás Maduro. Selon lui, la réelle motivation de cette opération n’est pas la lutte contre le narcotrafic, mais bel et bien le pétrole.
120
« Emmanuel Macron est le seul à avoir une proximité avec Donald Trump et avec Xi Jinping » selon Jean-Pierre Raffarin
L'ancien Premier ministre français, invité de la matinale, décrypte les relations internationales actuelles dans lesquelles le droit recule et le rapport de force domine. Une situation préoccupante marquée par le manque de puissance de l'Europe, face auquel seul l'arrêt du conflit en Ukraine pourra lui donner un regain. Dans ce contexte européen délicat, le président français s'avère être le seul à négocier à la fois avec les États-Unis et la Chine.
121
Spatial : « En termes d'excellence scientifique et technique, la France reste au premier rang international » affirme le président du CNES
François Jacq, président du CNES, était l’invité de la matinale. Il revient sur la prochaine mission de l’astronaute Sophie Adenot et sur l’excellence de la formation française. Selon lui, même si l’Allemagne dépense plus que la France dans le spatial, la France est dotée de compétences techniques et scientifiques qui en font le leader européen du secteur.
122
« L'Europe n'a plus le choix, elle doit rétablir sa souveraineté là où elle est menacée » prévient Bruno Tertrais
Face à Donald Trump, Vladimir Poutine et Xi Jinping, qui veulent chacun redonner de la « grandeur » à leur pays, et expriment militairement leur puissance, comment l’Europe doit-elle se positionner ? Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique, était l’invité de la matinale de Radio Classique pour nous aider à comprendre les grands mouvements géopolitiques et lancer un avertissement : l’Union européenne doit s’unir davantage pour affronter ces néo-empires.
123
Venezuela : « On voit la projection de la puissance américaine d'une façon atypique dans l'histoire moderne » selon Amy Greene
Le président déchu du Venezuela, Nicolas Maduro doit comparaître ce lundi devant la justice de New York, seulement deux jours après son enlèvement par les Etats-Unis pour « narcotrafic ». Amy Greene, experte associée à l’Institut Montaigne, spécialiste de la politique américaine, enseignante à Sciences Po à Paris, à la Boston University et à l’université de Californie, était l’invitée de la matinale de Radio Classique pour analyser cette opération américaine d’une ampleur inédite, selon elle.
124
Dénatalité : « En France on vit de plus en plus longtemps mais on fait deux fois moins d'enfants » assure Antoine Foucher de Quintet Conseil
C’est un grand retournement que le pays a connu l’an dernier : il y a eu en 2025 plus de décès que de naissances. Une preuve que la France fait face à un autre obstacle que celui de la dette, le mur de la démographie. Antoine Foucher, président de Quintet Conseil et auteur de « Sortir du travail qui ne paie plus » aux éditions de l’Aube, analyse les différentes raisons et conséquences de cette chute de la natalité.
125
Gelosia ! Italian Cantatas : « Une balance entre modernisation et fidélité au style de l'époque » déclare le contre-ténor Philippe Jaroussky
Le premier invité de l’année de Radio Classique, Philippe Jaroussky, revient sur les inspirations et la construction de son nouvel album « Gelosia ! », célébrant ses vingt-cinq ans de carrière.
126
« Les restaurateurs ont leur rôle à jouer en soutenant les agriculteurs et en achetant les bons produits » déclare Anne-Sophie Pic
La cheffe la plus étoilée au monde avec ses dix étoiles, Anne-Sophie Pic était l’invitée de la matinale sur Radio Classique. Au menu du jour, les liens entre la cuisine française et asiatique, la place des femmes dans le monde culinaire ou encore l’importance du soutien des restaurateurs aux agriculteurs.
127
Taïwan : « Une invasion provoquerait pour l’économie mondiale un trou équivalent à celui de la 2nde Guerre mondiale » alerte F. Heisbourg
François Heisbourg, conseiller principal pour l’Europe à l’IISS, analyse le retour en fanfare de Donald Trump sur la scène internationale notamment au sujet de Taïwan et de l’Ukraine, à l’heure où les États-Unis sont plus que jamais incontournables. Une omniprésence qui, toutefois, s’apparente à un éléphant malade dans la pièce.
128
IA : « Les médias de masse auront demain un rôle majeur pour aider à distinguer les fausses informations des vraies » pour J-G Ganascia
Le professeur à la faculté des sciences de la Sorbonne Université et chercheur au sein de son laboratoire revient sur l’ascension fulgurante de l’IA en cette année 2025. Cela étant, même si elle nous a particulièrement marqués ces dernières années avec la démocratisation de l’outil ChatGPT, le spécialiste nous rappelle que cette discipline ne date pas d’hier.
129
« Aujourd'hui l’aide sociale à l’enfance est un naufrage » déclare Céline Greco
Céline Greco, présidente de l’association IM’PACTES, dénonce les graves défaillances de l’aide sociale à l’enfance, qui ne protège plus suffisamment les mineurs. Début décembre, dans un foyer de Paris, des éducateurs ont rasé un enfant de 8 ans en guise de sanction, avant de diffuser les images sur WhatsApp. Céline Greco regrette que la société se montre parfois plus vigilante envers ses biens matériels qu’envers la protection des enfants.
130
« La chanson populaire inonde l’histoire de la musique classique » constate le pianiste Alexandre Tharaud
131
« L’IA va vous amener à découvrir des artistes, des talents et des œuvres parfois très abordables » selon Maurice Lévy
Maurice Lévy, ancien directeur général de Publicis Groupe et fondateur d’ArtMajeur, perçoit l’intelligence artificielle comme un allié précieux pour le monde de l’art. Il envisage l’IA capable de générer des œuvres « à la manière de », ouvrant de nouvelles voies créatives. De plus, l’IA pourrait révolutionner la découverte artistique en proposant des expériences personnalisées comme sur les plateformes musicales… Un levier d’innovation et d’accès inédit à l’art.
132
Général Pierre de Villiers : « Dans un monde de plus en plus instable, le réarmement devrait être massif »
L’ancien chef d’État-Major des Armées était l’invité de la matinale. Il estime que « nous n’avons pas pris à ce stade les mesures nécessaires, notamment la fameuse économie de guerre, pour simplifier la bureaucratie et accélérer la production des équipements militaires ».
133
Budget 2026 : La suspension de la réforme des retraites, "un immense gâchis" selon l'économiste Bertrand Martinot
Dans un pays où la population active risque de stagner et va probablement décroître à partir des années 2030, Bertrand Martinot explique qu’on a besoin de mobiliser la force de travail existante. « La réforme des retraites, ce n’est pas qu’un sujet financier, ce n’est pas qu’un sujet comptable, c’est aussi une façon d’augmenter la taille du gâteau ».
134
Budget 2026 : « On ne résoudra ce problème des finances publiques que sous la contrainte extérieure » assure François Ecalle
Alors que la commission mixte paritaire a jusqu’à demain pour mettre d’accord l’Assemblée et le Sénat sur ce que pourrait être le projet de loi de finances 2026, le conseiller maître honoraire de la Cour des comptes nous détaille les grandes masses du budget français. Des chiffres à connaître dont on a fait abstraction dans ce marasme budgétaire.
135
Budget 2026 : « On était déjà sur le qui-vive, désormais on est très inquiets » lance Patrick Martin, président du Medef
Patrick Martin déplore qu’aucune mesure d’économie n’ait été prise dans le cadre du PLFSS. Il redoute que cela ne soit compensé par le projet de loi de finances.
136
«Les réseaux sociaux n'apportent rien, ni à la culture, ni au comportement des jeunes» selon le linguiste Alain Bentolila
Le rétrécissement des écrits et l’immédiateté des choses n’encourage pas à l’écriture distanciée ou à une lecture un peu longue, analyse le linguiste, qui parle d’une « addiction à dénoncer ».
137
Dermatose nodulaire : « Ce sont les déplacements illicites qui sont à l'origine de l'extension de la maladie » selon Jeanne Brugère-Picoux
La dermatose nodulaire contagieuse est au cœur d’une réunion ce mardi matin à Matignon, alors que la gestion de cette nouvelle crise agricole par le gouvernement est sous le feu des critiques. Faut-il abattre tout un troupeau de vaches pour un individu malade ? Jeanne Brugère-Picoux, professeure honoraire de l’Académie Vétérinaire de France et spécialiste de la pathologie du bétail, nous éclaire sur l’enjeu majeur de ce « dépeuplement massif » : rester en zone indemne et garantir nos exportations de viande bovine.
138
Zhang Zhang : « Discriminer les artistes selon leur origine, leur nationalité ou leur croyance, c'est du racisme »
La violoniste et auteure de « La Voie de L’Archet » aux éditions Fayard était l’invitée de David Abiker ce 12 décembre. Elle a réagi notamment à l’intrusion de militants pro-palestiniens à la Philharmonie de Paris pour perturber un concert de l’Orchestre Philharmonique d’Israël. La musicienne se dit choquée que dans le monde libre, « on puisse attaquer, censurer, canceler des artistes selon leur origine ».
139
Budget : « On avait le choix entre la peste et le choléra », fustige Thierry Martel, DG de Groupama
Thierry Martel, directeur général de Groupama, était l’invité de la matinale Radio Classique ce jeudi 11 décembre. Il fallait à tout prix s’accorder sur un budget, reconnaît-il, même s’il fustige un PLFSS catastrophique, pointant l’abandon de la réforme des retraites.
140
Avec l'uniforme à l'école, «les enfants ne sont plus l'individu-roi, mais l'écolier» assure le sociologue Jean-Claude Kaufmann
Jean Claude Kaufmann, sociologue et auteur d’un ouvrage sur l’uniforme à l’école, « L’Uniforme scolaire, Vêtement archaïque ou instrument de la modernité ? » aux éditions Armand Colin, était l’invité de la matinale Radio Classique ce mercredi 10 décembre. Selon lui, une tenue unique est un outil efficace pour éduquer des enfants qui aujourd’hui sont sollicités pour tout : « L’enfant est-il une personne absolue et peut-il décider de tout ?»