podcast L’esprit critique

Podcast L’esprit critique

Mediapart

Cinéma, littérature, spectacles, expos : chaque semaine, L’esprit critique, c’est le nouveau podcast proposé par Mediapart pour inciser l’actualité culturelle, renouveler les voix qui débattent des œuvres et rendre compte des débats esthétiques et politiques qui traversent ce qu’on nous donne à lire ou à voir. Hébergé par Audiomeans. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

140 épisodes disponibles en MP3 et replay

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PARTIE 3 -EP 175, autour de la nouvelle saison du Palais de Tokyo, "Normes Corps"
Durée : 14m00s12.83 MB
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La nouvelle saison du Palais de Tokyo, pour citer son directeur Guillaume Désanges « interroge positivement les notions de vulnérabilité, de fragilité, de handicap et d’écarts par rapport aux normes pour proposer des expériences artistiques qui bouleversent les idées reçues », et entend bousculer le validisme « ce système qui établit, par des critères physiques et psychologiques une hiérarchie entre les corps, entre ceux dits “normaux“ et ceux jugés “anormaux“ afin de restituer la « puissance subversive du handicap ». Pour cela, le Palais de Tokyo présente six expositions monographiques d’artistes qui explorent la fragilité, le handicap ou la différence regroupés sous le titre générique « Normes Corps ». Parmi ces derniers, on trouve les artistes français Pauline Curnier-Jardin et Benoît Piéron et les Britanniques Jesse Darling et Cathy de Monchaux, ainsi que deux sections plus petites consacrées l’une au travail sur les rampes d’accès de l’artiste américain Joseph Grigely, l’autre à celui de Cheryl Marie Wade, morte en 2013, figure tutélaire d’une scène d’artistes handicapés développée à Berkeley, en Californie, à la fin des années 1970, qui revient sur l’invention même du terme « crip », réappropriation positive du terme péjoratif « cripple », pour estropié. « Normes Corps » a ouvert au début du mois d’avril et demeure visible jusqu’au milieu du mois de septembre.

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PARTIE 2 -EP175, autour de la rétrospective Henry Taylor au Musée Picasso "Where Thoughts provoke"
Durée : 15m01s31-05-202613.75 MB
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PARTIE 1 -EP175, autour d'"Une hirondelle ne fait pas le printemps", d'Annette Messager, au Musée de la Chasse et de la Nature
Durée : 11m59s31-05-202610.98 MB
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Le musée de la Chasse et de la Nature à Paris s’est fait une spécialité d’inviter des artistes contemporains à investir ses espaces pour dialoguer avec ses collections si particulières, faites d’animaux empaillés, de trophées et massacres, de fusils de toutes époques et de toute dimension, de crottes d’animaux divers, de peintures et de tentures. Celle qui est proposée depuis le 14 avril et jusqu’au 15 septembre par la plasticienne Annette Messager semble relever de l’évidence tant le motif de l’animal traverse l’ensemble de l’œuvre de la plasticienne née en 1943 à Berck-sur-Mer, connue pour un travail fait aussi bien de broderies, de sculptures, de dessins de photographies que d’installations composées à partir d’objets du quotidien, qui a été exposée dans les plus grandes institutions muséales de la planète, du Moma de New York au Centre Pompidou de Paris et a été lauréate du Lion d’or à la Biennale de Venise en 2005 Araignées en bronze ou en assemblage de soutien-gorge, peluches de lapins et d’oursons, mais aussi dessins « d’escargot-cocotte » ou petite sculpture noire de « cheval-chaussure » : le bestiaire d’Annette Messager est vaste et oscille entre le chimérique et l’onirique, entre le sexuel et le sensuel, entre l’humour et le tragique. Le commissariat de cette exposition intitulée « Une Hirondelle ne fait pas le printemps » est signée Colin Lemoire, historien d’art et écrivain.

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INTEGRALE -EP175, autour de l'exposition d'Annette Messager, de la rétrospective Henry Taylor et de la proposition "Normes corps"
Durée : 41m58s31-05-202638.42 MB
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Un bestiaire artistique composé sur plusieurs décennies immergé dans des collections de chasse et d’animaux empaillés ; un plasticien africain-américain travaillant la mémoire noire et les objets de consommation exposé en une centaine d’œuvre en miroir des tableaux de Picasso et six expositions monographiques qui composent ensemble une réflexion visuelle sur la « puissance subversive des handicap » en entendant faire vaciller le « normcore » en montrant d’autres type de corps. On discute et dispute aujourd’hui de l’investissement du Musée de la Chasse et de la Nature par Annette Messager avec une exposition intitulée « Une hirondelle ne fait pas le printemps » ; de la grande rétrospective que le Musée Picasso consacre au peintre et sculpteur Henry Taylor et enfin de la proposition intitulée « Norme Corps » qui ouvre la nouvelle saison du Palais de Tokyo. Avec : • Guslagie Malanda, actrice et curatrice d’exposition indépendante • Margot Nguyen, travailleuse de l’art indépendante • Rose Vidal, critique et autrice

5
INTEGRALE -EP174. Le Cabaret, entre renouveau et institutionnalisation
Durée : 40m45s24-05-202637.31 MB
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On ne se rendra pas au Lido ni aux Folies Bergère dans « L’esprit critique » de ce jour consacré au cabaret, mais dans plusieurs lieux qui cherchent à renouveler ce genre séculaire. Que ce soit, parmi d’autres, le Truc, un ancien garage du XXe arrondissement de Paris qui a proposé début mai le « Jardin Rouge Festival » ; le théâtre de l’Atelier qui a accueilli récemment « La Bouche Cabaret » pour un spectacle qui part maintenant en tournée dans plusieurs villes de France, ou encore le Théâtre du Rond-Point qui propose en ce moment, sous la houlette de Pierre Maillet, de faire renaître, dans un club fantomatique nommé Reno Sweeney un « cabaret vertigineux, nostalgique et flamboyant. » Le cabaret connaît en effet aujourd’hui une véritable vogue, qui en démultiplie les espaces et les formes, aussi bien dans des marges que dans des lieux institutionnels qui pourraient paraître a priori décalés, voire contradictoires, avec les spectacles qu’ils présentent. En janvier dernier, l’ex-ministre de la Culture Rachida Dati a même annoncé un plan Cabaret prévoyant notamment une Saison Cabaret qui va se dérouler du 16 septembre au 15 novembre 2026 dans toute la France, afin de renforcer la visibilité des artistes et la connaissance du cabaret qui, pour citer l’ancienne ministre, « appartient à notre patrimoine et est un art bien vivant. » A la fois ancien et contemporain, le genre du cabaret semble aujourd’hui osciller entre subversion et institutionnalisation, entre rentabilité commerciale et inclusivité politique. « La Bouche Cabaret » figure de la scène queer, proposait récemment au théâtre de l’Atelier son Gala de printemps et revient prochainement les prochaines semaines dans plusieurs lieux parisiens ainsi qu’à Marseille, Orléans, Lyon ou Grenoble et même Berlin. Le spectacle de Pierre Maillet « Edith Beale au Reno Sweenay » est, quant à lui, visible au théâtre du Rond-Point jusqu’au 31 mai prochain. Avec : - Zineb Soulaimani, que vous pouvez lire dans la revue Mouvement, Le Quotidien de l’art et dont vous pouvez aussi écouter le podcast « Le Beau Bizarre ».- Caroline Châtelet, qui écrit pour ScèneWeb et les trimestriels Théâtre, Novo et Jeux.- Vincent Bouquet dont vous pouvez retrouver la plume sur ScèneWeb. « L’esprit critique » est un podcast enregistré par Corentin Dubois et réalisé comme chaque semaine par les équipes de Gong.

6
PAETIE 3 -EP173, autour du roman d'Ocean Vuong, "L'empereur de la joie" (Gallimard)
Durée : 17m05s17-05-202615.65 MB
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Un personnage nommé Sony d’après la marque japonaise du même nom ; un autre dont le prénom, Hai, se prononce comme on dit « salut » aux Etats-Unis ; une veuve âgée d’origine lituanienne prénommée Grazina ; mais aussi un Russe, une catcheuse gérante de restaurant ou encore Maureen qui finira à tricoter des écharpes dans son fauteuil roulant dans la ville de Defiance, dans l’Ohio… C’est un melting pot très américain, réuni dans une petite ville marginalisée et paupérisée de Nouvelle Angleterre, que nous donne à lire Ocean Vuong, marketé comme le nouveau prodige des lettres américaines dans son nouveau roman intitulé L’Empereur de la Joie et traduit par Hélène Cohen aux éditions Gallimard. Petite ville où règnent la malbouffe et les cachets permettant la défonce, et à propos de laquelle le narrateur écrit : « Rien ne s’arrête jamais ici, à part nous. (…) Nous sommes la tache floue derrière les vitres de vos tarins et de vos monospaces, de vos bus greyhound, nos visages déformés par le vent comme les parias des toiles de Munch. » Tout comme Hai le personnage principal de son histoire, Ocean Vuong, né au Vietnam à la fin des années 1980, est arrivé aux Etats-Unis à l’âge de deux ans. Tout comme lui, il a voulu écrire, rencontrant le succès avec un premier roman intitulé Un bref instant de splendeur, ainsi qu’un recueil de poésie titré Le temps est une mère. L’Empereur de la Joie débute un soir d’été, au moment où Hai, 19 ans, addict à différents cachets, sans perspectives et presque sans famille, se retrouve sur un pont et sous une pluie battante, prêt à sauter en contrebas, avant d’en être dissuadé par Grazina, et de former avec elle un improbable duo jouant à la guerre et à la famille, pour le plus grand déplaisir du fils de Grazina...

7
PARTIE 2 -EP173, autour du roman de Simon Legré, "Un moment orange" (Notabilia)
Durée : 9m53s17-05-20269.05 MB
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Un moment orange est le titre du premier roman de Simon Legré, que publient les éditons Notabilia. Il met en parallèle et en tension une tache d’humidité apparue sur un des murs du studio du narrateur et un « petit doute sur le VIH » énoncée par une médecin lors d’un contrôle de routine. Le narrateur ne peut partager l’anxiété de l’attente de ses résultats médicaux, ni avec son père venu faire des travaux dans son appartement, ni avec son dernier partenaire qu’il n’a pas prévu de revoir. Dans le cadre de ce réaménagement, le narrateur tombe sur l’ouvrage d’Hervé Guibert, A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie dans lequel ce dernier racontait sa maladie et le VIH qui détruisait alors son corps, et Simon Legré écrit à ce propos : « Je le feuillette. J’en ai souligné au crayon certains passages, il y a longtemps, peut-être tout sauf par hasard. »

8
PARTIE 1 -EP173, autour du roman d'Agathe Charnet, "Peut-être le hasard" (Les corps conducteurs)
Durée : 13m56s17-05-202612.77 MB
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Peut-être le hasard est le titre du premier roman de la dramaturge et metteuse en scène Agathe Charnet, autrice de plusieurs pièces de théâtre. Il est publié aux Corps conducteurs, jeune maison d’édition au nom inspiré d’un ouvrage de Claude Simon qui entend publier des livres qui « électrisent ». Dans ce texte largement autobiographique, l’autrice retrace une catastrophe à la fois commune et extraordinaire : la démence précoce qui touche sa mère, enseignante de philosophie, alors qu’elle vient seulement d’atteindre la cinquantaine. Tout à la fois portrait croisé de deux femmes de deux générations différentes, journal de maladie, réflexion sur la fin de vie et expression rageuse de la difficulté à aider les proches souffrants, Peut-être le hasard se présente sous forme de successions d’hypothèses plus ou moins sérieuses et de tranches de vie flirtant avec la mort. Chaque chapitre est ainsi introduit par un titre formulé en des termes comme : « C’est peut-être Balthazar » ; « C’est peut-être la protéine précurseur amyloïde » ; « C’est peut-être le divorce » ; « C’est peut-être le chat roux »… Agathe Charnet aborde ainsi le « deuil blanc », c’est-à-dire le deuil d’avant le deuil, le deuil d’une personne qui disparaît dans la démence avant de mourir vraiment et qui lui fait écrire en s’adressant directement à sa mère : « Tu ne pleureras pas de joie à l’annonce de ma grossesse et n’activeras pas, malgré mes interdictions, le tam-tam familial pour que chacun soit au courant. Tu ne tiendras pas mon nouveau-né dans tes bras, ne débarqueras pas en catastrophe pour m’aider quand il sera malade, ne feras jamais de réflexion délicieusement crispante sur ma façon de l’élever, ne le garderas jamais pour les vacances scolaires en te plaignant d’être un peu épuisée à la fin. »

9
INTEGRALE -EP173, autour des romans "Peut-être le hasard" d'Agathe Charnet, "Un moment Orange" de Simon Legré et "L'Empereur de la joie" d'Ocean Vuong
Durée : 41m39s17-05-202638.14 MB
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Les romans dont nous parlons aujourd’hui sont reliés par une thématique, et celle-ci est sombre, même quand le ton des ouvrages ne l’est pas forcément. Il sera en effet beaucoup question aujourd’hui de maladies et de corps défaillants et/ou vieillissants, perdant la mémoire ou l’usage de leurs fonctions de rétention urinaire. On évoque en effet dans ce podcast Peut-être le hasard, premier roman de la dramaturge Agathe Charnet publié aux Corps Conducteurs ; un autre premier roman signé Simon Legré et intitulé Un moment Orange que font paraître les éditions Notabilia et enfin L’Empereur de la joie, le deuxième roman de la nouvelle coqueluche des lettres américaines, Ocean Vuong, que traduisent les éditions Gallimard. Avec : • Youness Bousenna, qui chronique l’actualité littéraire pour Télérama • Lise Wajeman, professeur de littérature comparée et qui devrait davantage chroniquer l’actualité littéraire pour Mediapart • Pierre Poligone, cofondateur de Zone Critique, également chargé de cours à l’université.

10
PARTIE 3 -EP172, autour du "Diable s'habille en Prada 2", de David Frankel
Durée : 13m26s10-05-202612.31 MB
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Le Diable s’habille en Prada, la suite. Il y a tout juste vingt ans sortait au cinéma un film devenu culte, adapté du best-seller de Lauren Weisberger paru trois années auparavant. Deux décennies plus tard, le réalisateur et le casting sont restés les mêmes avec David Frankel derrière la caméra et Meryl Streep, Anne Hathaway ou encore Emily Blunt devant celle-ci. Le film organise les retrouvailles entre Meryl Streep alias Miranda, dirigeante du magazine de mode Runway et son ancienne assistante, Anne Hathaway alias Andy, licenciée du journal d’investigation dans lequel elle travaillait et appelée à la rescousse pour pallier un bad buzz numérique lié à un article publié par l’alter-ego de fiction du magazine Vogue. Dans Le Diable s’habille en Prada 2, la patronne toxique et cynique qu’était Meryl Streep ne jette plus son manteau en arrivant en bureau en attendant que des assistantes s’en occupent, elle est contrainte de l’accrocher elle-même au porte-manteau, avec quelques difficultés liées aux vingt années qui se sont écoulées entre le premier et le second opus… Le Diable s’habille en Prada 2 est sorti sur les écrans le 29 avril.

11
PARTIE 2 -EP172, autour de la série "Bandi" d'Eric et Capucine Rochant
Durée : 14m23s10-05-202613.17 MB
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On poursuit cette émission non pas avec un film, mais avec une série proposée par le cinéaste et scénariste Éric Rochant, célèbre pour la série du Bureau des Légendes ou son film Un monde sans pitié, co-écrite et réalisée avec sa fille Capucine Rochant. Cette série s’intitule Bandi, sans t à la fin, parce qu’elle se déroule en Martinique, et alterne entre français et créole. Elle est filmée à l’opposé des clichés touristiques, dans les quartiers défavorisés de cette île des Antilles. Disponible sur Netflix en huit épisodes de 55 minutes chacun, la série suit l’évolution de la famille Lafleur, constituée de onze frères et sœurs, que l’on découvre alors que leur mère, pilier et seule source de revenus d’une cellule familiale dont le père est en détention, vient de mourir dans un accident de la route. Pour survivre et ne pas être séparés, plusieurs des frères se lancent dans le trafic de drogue, dans des styles différents, incarnés par l’opposition entre les deux frères Kylian et Kingsley, qui ont chacun leur façon de faire du business. Cette série réalisée et produite par des figures du cinéma hexagonal, mais voulant représenter des décors de palmiers, des trafics de drogue, des courses en scooters débridés et des dialogues en créole ne produit-elle que des clichés ? Autrement posé, est-elle exotique en nous montrant un univers rarement vu à l’écran ou exotisante en ne nous présentant que des images attendues voire problématiques ? Bandi, signé Éric et Capucine Rochant, est disponible sur Netflix depuis le début du mois d’avril.

12
PARTIE 1 -EP172, autour du film "Dao" d'Alain Gomis
Durée : 18m30s10-05-202616.95 MB
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Dao, comme nous l’explique un carton qui ouvre le nouveau long-métrage du réalisateur Alain Gomis ainsi titré, cela signifie « mouvement perpétuel et circulaire, qui coule en toute chose et unit le monde ». Et c’est bien cette ambition de capter un tel mouvement qui anime le cinéaste en mettant et montant en parallèle deux cérémonies familiales reliées entre elles à travers le personnage de Gloria, personnage principal de ce film choral, qui réenterre son père et marie sa fille. La première cérémonie est un rite animiste qui se tient dans un village de Guinée Bissau un an après la mort du père. La seconde est un mariage qui se tient dans une ferme de la campagne française louée à l’occasion des noces de la fille. En donnant des rôles à des acteurs et actrices professionnels et non professionnels, y compris à sa propre famille ; en brouillant les pistes entre fiction et documentaire ; en mêlant improvisation et dialogues et scènes jouées et non jouées ; ou encore en donnant accès au making of du long-métrage au point de le débuter par son casting préparatoire, Alain Gomis semble vouloir troubler les rapports entre le vrai et le faux, mais avec néanmoins l’envie d’atteindre à une vérité de ce tout qui peut se jouer dans les rapports familiaux : émotions inattendues ou échanges convenus, gênes soudaines ou joies explosives, poids et légèreté tout à la fois de s’inscrire dans une généalogie et d’être pris dans des liens qui peuvent enfermer ou libérer… Dao, d’Alain Gomis est sorti en salles le 29 avril dernier.

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INTEGRALE -EP172, autour du film "Dao" d'Alain Gomis, de la série "Bandi" signée Eric et Capucine Rochant et du "Diable s'habille en Prada 2" signé David Frankel
Durée : 47m05s10-05-202643.11 MB
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Deux longs-métrages et une série en huit épisodes. La suite d’un objet culturel devenu culte ; un nouveau jalon d’une filmographie exigeante et un déplacement géographique et scénaristique signé par l’un des showrunners les plus connus des écrans français. La Guinée Bissau, New York et les quartiers défavorisés de la Martinique. Le programme de « L’esprit critique » est particulièrement éclectique. On discute et dispute aujourd’hui dans « L’esprit critique » de Dao, le nouveau film du réalisateur franco-sénégalais Alain Gomis, de la série Bandi, écrite et réalisée par Éric Rochant et sa fille Capucine Rochant ainsi que du Diable s’habille en Prada 2 réalisé comme le premier opus par David Frankel. Avec : • Occitane Lacurie, membre du comité de rédaction des revues de cinéma Débordements et Emitaï. • Salima Tenfiche, maîtresse de conférences à l’université Sorbonne Nouvelle • Raphaël Nieuwjaer critique pour les Cahiers du cinéma et la revue Études. « L’esprit critique » est un podcast enregistré aujourd’hui par Corentin Dubois et réalisé comme chaque semaine par les équipes de Gong.

14
PARTIE 3 -EP171, autour de "Manières d'être vivant", signé Clara Hédouin
Durée : 12m52s26-04-202611.78 MB
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Après les succès publics et critiques de la série théâtrale Les Trois Mousquetaires d’après Alexandre Dumas et de la mise en scène en extérieur du roman de Jean Giono, Que ma joie demeure, présentée notamment Festival d’Avignon, la metteuse en scène Clara Hédouin adapte Manières d’être vivant, l’essai du philosophe Baptiste Morizot, figure de la réflexion contemporaine sur le vivant et les relations entre humains et non-humains. Pour mettre en scène ce texte a priori éloigné du registre théâtral, Clara Hédouin réunit un petit groupe de passionnés de nature au col de la Bataille, dans le Vercors, pour observer d’abord les oiseaux migrants vers l’Afrique. Après que chacun des acteurs et actrices se renomment pour incarner chacun et chacune des facultés humaines : – le Doute, le Raisonnement, la Poésie, l’Imagination, l’Amour et l’Attention –, ces enquêteurs-philosophes se lancent ensuite sur la piste du loup. Manières d’être vivant signé Clara Hédouin était visible récemment à la Criée à Marseille et à la MC93 de Bobigny et sera visible en juin à l’Abbaye de Fontfroide puis à Calais en version extérieure, avant d’aller à Châteauvallon en juillet.

15
PARTIE 2 -EP171, autour de "Vudú (3318) Blixen" d'Angelica Liddell
Durée : 18m49s26-04-202617.24 MB
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« Je viens d’une génération qui voulait détruire le monde et surtout s’autodétruire, une génération où la folie était au cœur de la création. Le beau était violent, et le violent était beau. Je crois que cette liberté ne doit pas être perdue, cette sauvagerie esthétique, cet excès ! Je suis un samouraï, je me bats jusqu’à la mort. La mort est et sera toujours au centre de ma vie », avait déclaré Angelica Liddell à l’occasion de la remise d’un prix en juin 2025 pour Dämon, el funeral de Bergman. C’est dans ce registre que s’inscrit Vudú (3318) Blixen, titre de la nouvelle proposition de l’actrice, performeuse et metteuse en scène Angelica Liddell, placé sous le signe de la baronne danoise Karen Blixen, connue sous le nom de plume d’Isak Dinesen, autrice notamment du roman La ferme africaine et qui a donné son nom à l’astéroïde 3318. La pièce fait partie de la « trilogie des funérailles » proposée par Angelica Liddel, mais a été créée en réalité avant DÄMON, El funeral de Bergman, pièce présentée en juillet 2024 dans la cour d’honneur du Festival d’Avignon. De Blixen, Liddell retient principalement qu’elle « avait promis son âme au diable, en retour le diable lui avait promis que tout ce qu’elle vivrait désormais deviendrait une histoire ». Et c’est aussi une forme de pacte avec le diable qu’elle veut sceller pour se venger de l’homme qui l’a quittée et laissée avec une douleur irrémédiable qu’elle cherche à exorciser par les mots et les images. Prenant la forme d’un rituel occulte ou d’une grand-messe en bleu, noir et rouge, la pièce-cérémonie de plus de 5 heures est organisée en succession de cinq actes et tableaux qui paraissent épouser les étapes parfois associées au deuil : le déni à travers une reprise de la chanson de Jacques Brel « Ne me quitte pas » sur un monceau de fleurs blanches ; avant que ne se donnent à voir la colère, la tristesse exprimée notamment par un gigantesque boulet auprès duquel Angelica Liddell s’assoit, puis une forme de résignation traduite notamment par des images de futurs qui n’ont pas existé. Mais ce cycle censé classiquement se terminer par une reconstruction ne sied pas à la colère de la performeuse qui préfère organiser un final grandiose dans lequel elle orchestre ses propres funérailles, dans un dernier tableau ou le rouge sang a pris la place du bleu des débuts et où résonnent 101 coups de canons ainsi que la musique de Ray Heredia. Le spectacle a suscité une tribune du collectif « Décolonisons les arts », publiée sur ScèneWeb, et mettant en cause l’imagerie raciale à l’œuvre dans ce spectacle fondée sur une écrivaine dont l’œuvre est fortement située dans le contexte colonial. Vudú (3318) Blixen, d’Angelica Liddell, c’était récemment visible au Théâtre de l’Odéon.

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