podcast L’esprit critique
Podcast

L’esprit critique

Cinéma, littérature, spectacles, expos : chaque semaine, L’esprit critique, c’est le nouveau podcast proposé par Mediapart pour inciser l’actualité culturelle, renouveler les voix qui débattent des œuvres et rendre compte des débats esthétiques et politiques qui traversent ce qu’on nous donne à lire ou à voir. Hébergé par Audiomeans. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

662 épisodes disponibles

en MP3 et replay
PARTIE 3 -EP184, autour du film "Primetime" de Lance Oppenheim
15m39s14.33 MB

Le tout jeune réalisateur étatsunien Lance Oppenheim, venu du documentaire, signe avec Primetime, son premier long-métrage de fiction, récemment acclamé au festival de Venise et sorti récemment sur nos écrans en France. Robert Pattinson y incarne Chris Hansen, un présentateur de la télévision américaine qui avait mis au point une émission de téléréalité diffusée sur la chaîne NBC, entre 2004 et 2007 et intitulée « To Catch a Predator ». Le principe était de piéger en ligne des prédateurs sexuels en leur donnant rendez-vous dans une maison bardée de caméras. L’homme tombait non sur un ou une mineure mais sur Chris Hansen qui lui faisait la morale en relisant la conversation qu’il avait eu sous pseudo. Au terme de cette confrontation, la police arrêtait le suspect de façon spectaculaire en le plaquant au sol, voire en envoyant parfois des décharges électriques avec un Taser. L’émission avait finalement été arrêtée après qu’un homme traqué par les caméras de la télévision avait fini par se suicider en se tirant une balle dans la tête.

Télécharger
PARTIE 2 -EP184, autour du film "Digger" d'Alejandro González Iñárritu,
13m06s12 MB

Le cinéaste mexico-hollywoodien Alejandro González Iñárritu, réalisateur notamment de Birdman ou The Revenant signe un nouveau film intitulé Digger, terme forgé sur le verbe « creuser » ou « excaver » et qui se trouve être le prénom de Digger Rockwell, un magnat du pétrole incarné par un Tom Cruise à contre-emploi puisqu’il est ici méconnaissable en vieillard bedonnant intéressé surtout par sa chatte moribonde, et puisqu’il détruit le monde au lieu de le sauver comme à l’accoutumée. Le film commence lorsqu’un énième forage de la compagnie Rockwell provoque, au pôle Nord, le décrochage d’une gigantesque plaque de glace qui menace de submerger l’Europe. Une cellule de crise est constituée, avec le président des Etats-Unis à sa tête et Digger Rockwell en vis-à-vis, hésitant à atomiser le glacier ou à demander à l’Europe de prendre ses responsabilités. Fable sur les effets délétères des énergies fossiles et le cynisme trumpien, ce film qui sera l’une des dernières grandes productions de la Warner avant son absorption par la Paramount, lui-même affilié au trumpisme, est pour l’instant un échec critique et commercial quasiment inégalé dans l’histoire de la société hollywoodienne et dans la carrière de la star de Mission : Impossible.

Télécharger
PARTIE 1 -EP184, autour de la série "Camarades" diffusée sur Arte
20m31s18.79 MB

A propos de la mini-série Camarades, diffusée en cette rentrée par la chaîne franco-allemande Arte, le journal Le Monde décrit : « la résurrection de l’université de Vincennes dans toute son anarchique splendeur ». L’hebdomadaire Télérama y voit, lui, « une série pop et irrésistible sur l’utopie contestataire de l’université de Vincennes ». Ô surprise, Le Monde et Télérama sont également partenaires de la diffusion de cette série. Ces renvois d’ascenseur récurrents entre la chaîne franco-allemande et le groupe Le Monde suffisent-ils cependant à disqualifier cette série en la qualifiant de folklorique, dépolitisante voire macroniste, comme on a pu le lire ici ou là ? A force de vouloir tenir ensemble l’horizon de la déconstruction et la nécessité d’une forme de linéarité, et de chercher à mêler histoires d’amour, intrigues policières, citations philosophiques et moments politiques, la série Camarades verse-t-elle dans le gloubi-boulga ou rend elle compte adéquatement d’une réalité chaotique ? Les huit épisodes signés par les réalisateurs Benjamin Charbit et Dominique Baumard se situent pendant l’année 1969, quelques mois après l’ouverture du centre universitaire de Vincennes. Merloux nouvellement élu président de la fac, tente de répondre autant aux demandes ministérielles qu’à celles des innombrables groupes gauchistes, tandis que Claudine prostituée qui travaille dans les allées du bois, est chargée par Jacques, son amant policier, d’infiltrer la nouvelle institution

Télécharger
INTEGRALE -EP184, autour de la série "Camarades" et des films "Digger" et "Primetime"
49m53s45.67 MB

Une série produite par Arte qui veut faire revivre ce qu’a été l’université libre de Vincennes dans l’après mai-68 ; un film à gros budget en forme de farce et fable écologique dont le principal personnage est un Tom Cruise à contre-emploi métamorphosé en vieillard avide et un premier long-métrage de fiction revenant sur une émission emblématique de la télé-réalité poussée à bout dans ses logiques voyeuristes. On évoque aujourd’hui dans « L’esprit critique » les huit épisodes de la série Camarades diffusée par Arte ; le blockbuster mal en point Digger signé Alejandro González Iñárritu et le premier ling métrage de fiction de Lance Oppenheim, Primetime. Avec : • Alice Leroy, qui écrit pour les Cahiers du Cinéma • Occitane Lacurie, membre du comité de rédaction des revues de cinéma Débordements et Emitaï. • Raphaël Nieuwjaer qui écrit à la fois pour les Cahiers du Cinéma et la revue Études « L’esprit critique » est enregistré et réalisé comme chaque semaine par les équipes de Gong et, en l’occurrence, par Etienne Bottini.

Télécharger
PARTIE 3 -EP183, autour de l'expositon "Patrimoines en résistance" à la Cité de l'architecture
15m02s13.78 MB

Patrimoines en résistance. De Tombouctou à Odessa est le titre de l’exposition qui a ouvert au printemps dernier et demeure visible jusqu’au début de l’année prochaine à la Cité de l’Architecture situé place du Trocadéro à Paris. Elle propose une réflexion sur les dommages causés, le plus souvent intentionnellement pendant les guerres et conflits au XXIe siècle, au patrimoine de populations concernées par ces violences : patrimoine qui n’est pas seulement monumental et matériel, mais aussi culturel et immatériel. L’exposition est structurée en trois séquences : effacer, résister et réparer. Elle mêle des œuvres d’artistes contemporains, des éléments cartographiques, des entretiens vidéo avec de nombreux acteurs et actrices de la préservation ou de la restauration du patrimoine, ainsi que plusieurs focus sur des sites martyre allant de l’Arménie à Gaza en passant par l’Ukraine, avec des films en forme de « doubles numériques » des sites abîmés, réalisés en 3D pour permettre de préserver la mémoire des lieux. Les visiteurs et visiteuses sont accueillies par deux œuvres monumentales : la première se déploie comme une frise dans le couloir qui mène aux salles. Il s’agit de l’œuvre « Panoramique de la falaise », réalisé par le plasticien français Pascal Convert qui montre les trous laissés par la destruction des bouddhas de Bâmiyân par le régime taliban en 2001. Puis, quand on entre, tout un mur est occupé par une série de photos de trousseau de clés. L’œuvre s’appelle « Au cas où », elle est datée de 2004 et signée de l’artiste gazaoui Taysir Batniji. Il s’agit des clés de maisons de Palestiniens du Nord de Gaza, qui ont dû fuir vers le centre et le Sud de Gaza depuis octobre 2023 et symbolisent leur espoir de retourner un jour chez eux. Quant au commissariat de ce parcours de ruines et de destructions, il est assuré par les universitaires Elisabeth Essaïan et Mathilde Leloup, aidées d’Yves Uberlmann, architecte spécialisé dans le relevé numérique 3D.

Télécharger
PARTIE 2 -EP183, autour de la rétrospective Eva Gonzalès au Petit Palais
14m48s13.56 MB

Le Petit Palais présente une exposition monographique inédite consacrée à la peintre Eva Gonzalès né en 1847 à Paris et décédée en1883 dans cette même ville, à 36 ans seulement. Pensée en collaboration avec le musée Van Gogh d’Amsterdam, la rétrospective est la première d’envergure à se tenir non seulement en France mais dans le monde, depuis celle organisée par sa famille deux ans après sa mort.Souvent réduite au fait qu’elle fut l’élève d’Edouard Manet, proche des impressionnistes sans appartenir au groupe, formée dans un style classique et domestique mais évoluant vers des couleurs et des thèmes plus acides, Eva Gonzalès est aujourd’hui redécouverte et mise en majesté, à travers près de 100 œuvres – peintures, pastels et gravures – et un parcours chronologique. Le commissariat général de cette exposition qui a ouvert mi-septembre et se tiendra jusqu’à la fin du mois de janvier 2027 est signé Annick Lemoine, présidente de l’établissement public des musées d’Orsay et de l’Orangerie et Stéphanie Cantarutti et Fleur Roos Rosa de Carvalho, respectivement conservatrices en chef au Petit Palais et au musée Van Gogh. Eva Gonzalès. Parcours d'une artiste libre, cela a ouvert au Petit Palais à la mi-septembre et il est possible de s’y rendre jusqu’à la fin du mois de janvier.

Télécharger
PARTIE 1 -EP183, autour de la rétrospective Kerry James Marshall au MAM
16m51s15.44 MB

Le Musée d’Art Moderne de Paris consacre une grande rétrospective, intitulée The Histories, au peintre africain-américain Kerry James Marshall, né à Birmingham en Alabama en 1955 et vivant aujourd’hui à Chicago. Peintre de tableaux de formats monumentaux, mais aussi dessinateur de BD et sculpteur, le travail de Kerry James Marshall se distingue par sa volonté de donner toute sa place aux sujets noirs - africains et africains-américains – ainsi qu’aux évènements qui ont marqué l’histoire étatsunienne d’un point de vue racial, tout en les faisant dialoguer avec l’histoire de l’art européenne et ses codes. Pour rendre compte de l’histoire et de la vie des Noirs, Kerry Jamaes Marshall utilise une large gamme de pigments – noir d’ivoire, de mars ou de carbone – qui lui permettent de faire apparaître ou disparaître, souligner ou troubler, les sujets dont il s’empare. « Je cherche à instaurer une présence phénoménale, indéniablement noire et belle », disait Kerry James Marshall voilà dix, dans une citation mise en exergue de cette exposition qui vient d’ouvrir et demeure visible jusqu’à la fin du mois de janvier prochain. Le commissariat de cette rétrospective, déjà présentée l’an dernier à la Royal Academy of Arts de Londres, est signé Mark Godfrey. Kerry James Marshall. The Histories vient d’ouvrir au Musée d’Art Moderne de Paris et ce sera visible jusqu’au 24 janvier 2027.

Télécharger
INTEGRALE -EP183, autour des rétrospectives Kerry James Marshall et Eva Gonzalès et de l'exposition intitulée "Patrimoines en résistance"
47m25s43.42 MB

Une rétrospective en majesté d’un des grands peintres de l’histoire noire ; une redécouverte d’une artiste de la couleur et du pastel longtemps négligée ; et une plongée dans les patrimoines en périls et les moyens de les préserver, de Gaza à Odessa. On s’intéresse, dans « L’esprit critique » de ce jour, à l’exposition que le Musée d’Art Moderne de Paris consacre à l’artiste africain-américain Kerry James Marshall ; au parcours d’Eva Gonzalès montré en quasi-intégralité au Petit Palais à Paris pour la première fois depuis sa mort prématurée il y a presque un siècle et demi ; et enfin à la proposition de la Cité de l’Architecture intitulée : Patrimoines en résistance. De Tombouctou à Odessa. Avec : • Guslagie Malanda, actrice et curatrice d’exposition indépendante • Margot Nguyen, travailleuse de l’art indépendante • Magali Lesauvage, critique d'art « L’esprit critique » est un podcast enregistré par les équipes de Gong et réalisé aujourd’hui par Etienne Bottini.

Télécharger
PARTIE 3 -EP182, autour de "Mon Frère" de François Grémaud
16m45s15.34 MB

Sur une scène épurée et dans un cadre sans décor, deux hommes d’une petite cinquantaine d’année, habillés de la même façon et qui se ressemblent étrangement. L’un parle, l’autre pas. L’un s’appelle François, l’autre s’appelle Christian. L’un est metteur en scène, l’autre n’est pas comédien mais est néanmoins l’interprète, en langue des signes, de cette pièce écrite spécialement pour lui et en partie par lui. La pièce s’intitule Mon frère et est signé du metteur en scène François Grémaud qui explique que cette création est venue « d’un désir ancien, mais longtemps contenu : celui de donner la parole – la vraie, la pleine – à Christian », son frère sourd de naissance. Elle tisse trois histoires parallèles : celle de Christian, qui passe par des hauts et pas mal de bas ; celle de la langue des signes et celle, mise en abyme, de la création du spectacle. Après avoir été montré au Festival d’Avignon cet été, Mon Frère est visible en ce moment à au théâtre du Rond-Point à Paris avant une vaste tournée qui mènera les deux frères dans les prochains mois à Marseille, Neuchâtel, Besançon, Brest, Fribourg, Toulouse, Saint-Ouen, Malakoff, Bordeaux, Dunkerque ou encore Genève.

Télécharger
PARTIE 2 -EP182, autour de "Je meurs de ne pas mourir. (Les deux vies de Thérèse) " d'Aurélia Lüscher
18m14s16.7 MB

Je meurs de ne pas mourir (Les deux vies de Thérèse) est un seul en scène confié à la comédienne Estelle Meyer, mis en scène par Aurélia Lüscher et donné au Théâtre de la Bastille à Paris. Le texte, signé du dramaturge espagnol Paco Bezerra se fonde sur certains écrits de Thérèse d’Avila, sainte patronne espagnole ayant vécu au XVIe siècle et qui fut la première femme proclamée docteure de l’Église. Mais imagine que celle-ci, ressuscitée avant l’heure, récupère ses reliques dispersées aux quatre coins du monde, et se met à arpenter les marges de la société espagnole contemporaine. Alors qu’il devait être montré dans un des principaux théâtres de Madrid, il a été déprogrammé, officiellement pour des raisons budgétaires, mais sans doute aussi sous les pressions de l’extrême-droite choquée de la vision que donne le texte de Paco Bezerra de la sainte espagnole. Des lectures ont été organisées et un mouvement de soutien s'est déployé - de nombreuses personnalités du monde culturel espagnol dont Javier Bardem et Almodovar signant une lettre ouverte de soutien - mais le texte n'a encore jamais été programmé en Espagne. Ce qui ajoute à l’intérêt de pouvoir voir aujourd’hui cette pièce, traduite par Clarice Plasteig aux Solitaires Intempestifs en parallèle du travail d’Aurélia Lüscher et Estelle Meyer.

Télécharger
PARTIE 1 -EP182, autour du spectacle "The Other Place (After Antigone)" d'Alexander Zeldin
12m30s11.44 MB

Créée au National Thater de Londres, la pièce The Other Place (After Antigone) du metteur en scène britannique Alexander Zeldin est donnée en ce moment au Théâtre de la Ville-Sarah Bernhardt dans le cadre du Festival d’Automne. Comme son titre l’indique, derrière l’histoire de ces deux sœurs, Annie et Issy, qui se retrouvent à l’occasion de l’anniversaire de la mort de leur père suicidé et autour de l’urne contenant ses cendres, se rejoue en réalité un conflit éternel, celui du mythe d’Antigone, fille d’Œdipe décidée à enterrer son frère contre l’avis de son oncle Créon, roi de Thèbes. Ici, l’oncle est prénommé Chris, il porte des baskets New Balance et souhaite disperser les cendres de son frère pour « aller de l’avant » maintenant que le temps a passé, que la maison familiale a été refaite avec une grande baie vitrée donnant sur le jardin et que l’urne n’y aurait plus sa place. Ce qui n’est pas du tout l’avis d’Annie, revenue après de longs mois d’absence et de longues années de silence. The Other Place (After Antigone) sera visible prochainement à Luxembourg et Genève.

Télécharger
INTEGRALE -EP182, autour des spectacles "The Other Place (After Antigone)", "Je meurs de ne pas mourir" et "Mon Frère"
48m10s44.11 MB

Une réinterprétation du mythe d’Antigone ; une relecture jubilatoire et non conventionnelle des écrits et de la vie de Thérèse d’Avila, et une déclaration d’amour d’un entendant à un sourd. On évoque trois spectacles dans « L’esprit critique » de ce jour. D’abord The Other Place du metteur en scène britannique Alexander Zeldin actuellement représenté au Théâtre de la Ville / Sarah Bernhardt. Ensuite Je meurs de ne pas mourir de la metteuse en scène Aurélia Lüscher qui a été créée au Théâtre de la Bastille. Et enfin, Mon frère du metteur en scène François Grémaud, actuellement visible au Théâtre du Rond-Point avant une large tournée en France et en Suisse.

Télécharger
PARTIE 3 -EP181, autour du roman de Laura Kasischke, "Baignade surveillée" (Gallimard)
12m17s11.25 MB

Baignade surveillée est le titre du nouveau livre de la poétesse et romancière étatsunienne Laura Kasischke, autrice, parmi de nombreux textes, de La vie devant ses yeux, Rêves de garçons, A moi pour toujours ou encore Esprit d’hiver. L’ouvrage est publié aux éditions Gallimard dans une traduction de l’anglais-américain faite par Céline Leroy. Si la baignade est surveillée dans cette piscine d’un joli et paisible quartier de Los Angeles, cela n’empêche pas un enfant de cinq ans du nom de Richie Manning de s’y noyer. Nous sommes le 16 juillet 1969, le jour même où Apollo 11 décolle pour la lune depuis le centre spatial Kennedy en Floride. L’écriture de Laura Kasischke s’enroule alors autour de ces deux évènements, tissant des liens invisibles entre le ciel en train d’aspirer les astronautes Neil Armstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins et celui, parfaitement bleu et trop ensoleillé, qui se reflète au-dessus de la piscine où pas à pas le petit garçon s’avance vers le grand bain sans que la belle maître nageuse ne le voit. « Ceux qui pardonnèrent à la maître-nageuse de ne pas avoir le petit garçon se noyer dans la piscine cet après-midi-là mirent cela sur le compte de l’étrange chaos du moment, écrit la romancière. Non seulement cela s’était passé en pleine semaine et en plein été, par une des journées les plus chaudes de la saison (le Jolly Rogers fit d’ailleurs son meilleur chiffre de l’année, peut-être le meilleur chiffre de ses quatre années d’existence), mais, de surcroît, ce matin-là, trois astronautes avaient quitté la Terre pour rejoindre la Lune. »

Télécharger
PARTIE 2 -EP181, autour du texte d'Elisa Shua Dusapin, "Sauf la frontière" (Zoé)
11m50s10.84 MB

A seulement 33 ans, l’écrivaine franco-suisse Elisa Shua Dusapin, née en Dordogne d’un père français et d’une mère coréenne, a déjà publié plusieurs ouvrages remarqués et récompensés par de nombreux prix. Le premier, Hiver à Sokcho, prenait place dans cette ville située à la frontière de la Corée du Nord et a obtenu, dans sa version anglaise, le National Book Award. Le second, Les Billes du Pachinko, explorait l’exode de la communauté coréenne vers le Japon dans les années 1950. Le troisième, Le vieil incendie, en forme de tête-à-tête entre deux sœurs au moment de vider la maison familiale, a obtenu le prix Wepler. Pour son quatrième livre, intitulé Sauf la frontière et publié comme le précédent aux éditions Zoé, Elisa Shua Dusapin quitte l’Extrême-Orient pour le Proche-Orient et nous fait partager son périple partant du Liban, avant de s’installer en Jordanie et de faire un détour par la Palestine et Israël, dans cette région fracassée par les retombées du 7-Octobre 2023 et la violence à outrance déployée par le gouvernement de Benyamin Nétanyahou. A Amman, la narratrice apprend l’arabe, mais aussi des rudiments de plomberie en compagnie de Jordaniennes, et se rend à des groupes de paroles dans lesquels s’expriment notamment des réfugiés syriens, avant et après la chute de Bachar al-Assad. A l’un de ses interlocuteurs, elle répond : « je travaille avec l’énergie de la conviction, du doute, et tant de questions : comment protéger l’identité de ceux qui m’ont fait confiance, préserver leur dignité sans atténuer leur parole ? Comment exprimer ce que dit la violence, sans ajouter à la violence du monde. »

Télécharger
PARTIE 1 -EP181, autour du roman d'Anne Godard, "Nous aussi" (Actes-Sud)
16m14s14.88 MB

Nous aussi est le titre du troisième roman d’Anne Godard, après L’inconsolable il y a vingt ans et Une chance folle voilà dix ans. Il est publié aux éditions Actes Sud et a été retenu sur la première liste révélée par le jury du prix Goncourt. La professeure de littérature et d’écriture créative à l’université Sorbonne-Nouvelle y dresse un vertigineux et douloureux portrait de famille dans un milieu où l’aristocratie des manières et du vocabulaire le dispute au malaise des pratiques et des silences. Roman très personnel, mais écrit quasi entièrement au pronom impersonnel ; récit d’une expérience singulière mais inscrite dans le vécu partagé « d’enfants obéissants » mais pas sages pour autant ; description d’un monde parfait mais qui se trouble et déraille au fil des pages… Le nouveau texte d’Anne Godard s’inscrit explicitement, par son titre, dans une série de publications littéraires catalysées par le mouvement #MeToo, mais veut en renouveler les formes, en maniant autant le scalpel sociologique que l’introspection dans les trous de la mémoire individuelle et les lacunes du récit collectif. Le quatrième de couverture débute ainsi : « On fait partie d’une grande famille. On sait qu’on est privilégiés. On vit ensemble, dans notre immeuble au centre de Paris, on se retrouve l’été dans notre maison à la montagne. On trouve que c’est normal. C’est chez nous, c’est à nous, c’est pour nous. On se ressemble, on se compare, on se confronte, on ne se quitte pas, on se confond, on s’appartient. On ne sait pas comment dire je, on n’en a pas besoin, puisqu’on est nous. »

Télécharger
Partagez et discutez avec la communauté !
Les podcasts, c’est encore plus enrichissant quand on en discute ! Partagez vos avis, échangez avec d’autres auditeurs et posez vos questions.
Aucun post pour le moment :( Soyez le premier !