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https://m.audiomeans.fr/s/S-xylotlSe Monde Numérique - Le podcast consacré au meilleur de la tech, animé par Jérôme Colombain, journaliste spécialiste des technologies depuis plus de 25 ans. A travers des interviews, des reportages et des analyses, je vous parle des actualités à ne pas rater et je vous aide à mieux comprendre les grandes transformations technologiques qui impactent notre vie quotidienne : nouveaux produits, intelligence artificielle, cybersécurité, robotique, réseaux sociaux, souveraineté numérique, etc. Monde Numérique est un média indépendant et neutre, qui fait la part belle au décryptage. Ecoutez L'Hebdo chaque samedi, le magazine de l'actu tech. Les autres jours de la semaine : les actualités décryptées, des interviews et des talks pour tout comprendre. Mots-clés : actualité tech, cybersécurité, gadgets, IA, innovation, intelligence artificielle, nouveaux produits, numérique, podcast tech, réseaux sociaux, robotique, souveraineté numérique, tech, technologie, transformation numérique. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Les patrons de l’IA accusés d’irresponsabilité. Meta relance la bataille avec un nouveau modèle. Le Sénat veut protéger le droit d’auteur face aux IA. Un homme interpellé après des menaces sur ChatGPT. L’État français amorce son divorce avec Microsoft. Une voiture autonome tue une cane au Texas. La guerre de la recharge ultra-rapide s’intensifie en Chine. ⭐️ Découvrez Frogans, l’innovation française qui réinvente le Web [PARTENARIAT] Les patrons de l’IA face aux critiques (00:01)Les dirigeants de l’intelligence artificielle, de Sam Altman à Mark Zuckerberg, en passant par Elon Musk ou Dario Amodei, sont accusés de précipitation et de manque de sagesse dans le déploiement de l’IA générative. Les débats relancés par Demis Hassabis, patron de Google DeepMind, interrogent la responsabilité de ces acteurs qui façonnent un bouleversement technologique majeur devenu impossible à freiner. Meta dégaine MuseSpark, son nouveau moteur d’IA (14:25)Dans le débrief transatlantique avec Bruno Guglielminetti – Mon Carnet, Meta dévoile Muse Spark, nouveau modèle développé par son Super Intelligence Lab pour renforcer Meta AI. Objectif : rivaliser avec les meilleurs LLM du marché, tout en optimisant la consommation énergétique pour une intégration future dans ses plateformes et objets connectés. Le vrai créateur du Bitcoin démasqué ? (23:22)Le mystère autour de Bitcoin rebondit après une enquête du The New York Times affirmant avoir identifié Adam Back comme étant le véritable Satoshi Nakamoto. L’intéressé dément formellement, relançant une énigme vieille de plus de quinze ans qui continue de fasciner la planète crypto. Droit d’auteur : le Sénat veut inverser la charge de la preuve (04:54)Une proposition de loi adoptée au Sénat vise à obliger des acteurs comme OpenAI, Google ou Mistral AI à prouver qu’ils n’ont pas utilisé d’œuvres protégées pour entraîner leurs modèles. Soutenu par les ayants droit mais critiqué par le gouvernement, le texte pose un dilemme stratégique entre protection des créateurs et compétitivité des champions français de l’IA. Menaces sur ChatGPT : quand l’alerte devient policière (06:50)Un homme a vu le RAID intervenir à son domicile après avoir évoqué des intentions violentes auprès de OpenAI via ChatGPT. L’alerte automatique transmise aux autorités illustre l’existence de mécanismes de surveillance et rappelle que les échanges avec une IA ne sont pas totalement confidentiels. L’État français veut tourner la page Windows (08:22)La DINUM annonce vouloir abandonner Windows au profit de Linux et renforcer la souveraineté numérique. Plusieurs administrations, comme le CNRS, amorcent une transition vers des solutions alternatives, tandis que le débat reste ouvert sur le coût réel et la faisabilité d’un tel basculement à grande échelle. Voiture autonome : l’accident qui relance le débat (10:03)Au Texas, un véhicule autonome de la société Everide a percuté une cane, suscitant l’émoi local. Après des précédents impliquant des robotaxis comme ceux de Waymo, l’incident ravive la question de l’acceptabilité sociale et des standards de sécurité des voitures sans conducteur. Recharge express : la nouvelle bataille des voitures électriques (12:06)Le constructeur chinois BYD promet une recharge quasi complète en moins de dix minutes, aussitôt défié par Lynk & Co, filiale de Geely. La compétition se déplace désormais sur la vitesse de charge, nouveau levier stratégique dans la guerre mondiale du véhicule électrique. Comment l’IA bouleverse les réseaux sociaux (29:04)David Fayon – Numérikissimo analyse la transformation profonde des plateformes sociales, de la chronologie à l’algorithmisation totale, jusqu’aux contenus générés par IA et à l’émergence de l’IA agentique. Une mutation qui questionne la place de l’humain face à des flux automatisés et à la viralité artificielle. L’IA face au défi cybersécurité (39:04)[PARTENARIAT] Kader Seddak – Orange Cyberdefense détaille les nouveaux risques liés à l’IA en entreprise : prompt injection, Shadow AI et multiplication des flux entre agents autonomes. Il plaide pour une approche “security by design” afin d’intégrer l’IA dans les systèmes d’information sans exposer les données stratégiques.
Une enquête fouillée du New Yorker relance les interrogations autour de Sam Altman, figure centrale de la révolution de l’IA. Au-delà du portrait personnel, l’affaire pose une question de fond : peut-on confier une technologie aussi structurante à des dirigeants dont la gouvernance est contestée ? Un portrait accablant du patron d’OpenAILe New Yorker publie une longue enquête fondée sur plus de cent entretiens et des documents internes, dont un mémo attribué à Ilya Sutskever mettant en cause la franchise de Sam Altman. L’article décrit un dirigeant accusé par plusieurs anciens proches d’avoir déformé certains faits, minimisé des risques et cultivé une communication à géométrie variable au service de ses ambitions. Le traumatisme du “Blip” de 2023Le récit revient aussi sur la crise de novembre 2023, lorsque Sam Altman a été évincé puis rapidement réinstallé à la tête de OpenAI. Cet épisode rocambolesque, baptisé “Blip” en interne, continue d’alimenter les doutes sur la gouvernance interne de l’entreprise, au moment même où son poids économique et politique ne cesse de grandir avec le soutien de Microsoft. Qui gouverne vraiment l’intelligence artificielle ?Au-delà du cas Altman, le sujet dépasse qui interroge est celui de la personnalité des dirigeants de la tech. De Sam Altman à Mark Zuckerberg, en passant par les investisseurs Peter Thiel ou Marc Andreesen, peut-on avoir confiance à quelques dirigeants, presque mégalomanes, qui détiennent entre leurs mains la technologie clé de notre avenir, sans véritable contre-pouvoir ? Pour prolonger cette réflexion, on peut relire sur Monde Numérique l’épisode consacré aux trois ans de ChatGPT, ainsi que ce débrief sur le virage stratégique d’OpenAI.
À l’occasion de l’AWS Summit 2026 à Paris, quatre acteurs de l’IA explorent ses usages concrets, de la psychiatrie à l’industrie. Entre avancées médicales, jumeaux numériques et IA agentique, ils dressent un état des lieux sans filtre de l’adoption en entreprise. Interview : Martin Denais (cofondateur et CEO de Calliope), Nolwenn Morris (CEO de Iroc), Gautier Cloix (CEO de H Company), Sasha Rubel (directrice des politiques publiques IA chez AWS)En partenariat avec AWS Punchlines - Ce n’est pas une question de productivité, c’est une question de survie.- L’évolution de l’IA générative à l’IA agentique a pris moins d’un an.- En santé, l'IA peut analyser la voix pour soigner la santé mentale.- Les entreprises doivent tester vite et mesurer le retour sur investissement.Comment l’IA transforme-t-elle concrètement le secteur de la santé ?Martin Denais :Je développe une plateforme d’IA clinique pour aider les médecins à mieux suivre leurs patients. Nous analysons la voix, le comportement et des données comme le sommeil pour évaluer l’évolution des troubles. L’objectif est d’améliorer la décision médicale et de détecter plus tôt les rechutes. Nolwenn Morris :Je travaille sur un jumeau numérique du corps humain. Cela permet de comprendre les mécanismes biologiques et de générer directement le traitement le plus adapté. On ne teste plus des molécules au hasard, on part du besoin du patient pour concevoir la bonne solution. Pourquoi développer ses propres modèles d’IA ?Martin Denais :Je suis parti de modèles open source que j’ai adaptés à la psychiatrie, car les modèles généralistes ne sont pas performants dans ce domaine. Nous avons collecté des données inédites issues de milliers de patients pour entraîner notre modèle. Nolwenn Morris :Dans notre cas, toute la structuration des données est propriétaire. Nous utilisons aussi d’autres modèles, mais notre valeur repose sur une approche neurosymbolique qui permet de combler les zones inconnues et de générer de nouvelles connaissances. Quels sont les freins à l’adoption de l’IA ?Sasha Rubel :Le principal frein reste le manque de compétences et la difficulté à suivre un rythme d’innovation très rapide. L’évolution technologique est devenue extrêmement rapide, ce qui complique l’adoption. Gautier Cloix :Il y a aussi des obstacles réglementaires et culturels. En Europe, la complexité et la fragmentation ralentissent les déploiements. Mais en parallèle, ces exigences apportent aussi un cadre éthique important, notamment dans la santé. L’IA agentique peut-elle accélérer l’adoption en entreprise ?Gautier Cloix :On est entré dans une nouvelle génération d’IA avec des agents capables d’agir directement dans les systèmes. Ils utilisent les outils comme le ferait un humain, sans nécessiter des mois d’intégration technique. Cela permet de tester et déployer des cas d’usage en quelques jours seulement. Sasha Rubel :Les agents vont jouer un rôle clé, mais ils reposent aussi sur des fondations essentielles comme le cloud. C’est ce qui permet de passer à l’échelle, de garantir la sécurité des données et de rendre ces technologies accessibles aux entreprises, quelles que soient leur taille.
Et si votre identité numérique passait directement par votre cerveau ? Yneuro développe une technologie d’authentification neuronale continue, sans mot de passe ni geste. Une innovation qui pourrait transformer radicalement notre rapport à la sécurité numérique. Interview : Thomas Semah, fondateur de YneuroCette interview a été réalisée lors de l’AWS Summit 2026 Punchlines - On n’a plus besoin de reconnaissance faciale ni d’empreinte digitale.- La biométrie est vérifiée en continu, toutes les 50 millisecondes.- L’utilisateur est reconnu sans aucun geste ni mot de passe.- On ne lit pas les pensées, on fait uniquement de l’authentification.- L’objectif est de remplacer toutes les méthodes biométriques actuelles.Qu’est-ce que Yneuro et en quoi consiste votre technologie ?Chez Yneuro, nous avons créé une solution d’authentification basée sur le cerveau. Concrètement, on utilise une signature neuronale captée via des objets du quotidien comme des lunettes connectées ou des écouteurs. Cela permet de s’authentifier sans reconnaissance faciale, sans empreinte digitale et sans scan de l’iris. L’objectif est de faire de cette technologie un standard capable de remplacer les méthodes biométriques traditionnelles. Quel est le principal avantage par rapport aux systèmes actuels ?Le principal avantage, c’est le sans friction. L’utilisateur met simplement son appareil — casque, écouteurs ou lunettes — et il est reconnu automatiquement, sans aucune action. Il n’y a plus de mot de passe à retenir ni de geste à effectuer. Cette simplicité attire déjà de nombreux acteurs de la tech et de l’électronique grand public à l’international. Comment fonctionne concrètement cette authentification ?Il y a d’abord une phase de création de profil, puis une phase d’authentification. Mais contrairement aux systèmes classiques, ce n’est pas une vérification ponctuelle. Ici, la biométrie est analysée en continu, toutes les 50 millisecondes. Tant que le système reconnaît l’utilisateur, l’accès reste ouvert. Cela permet de relier en permanence un espace sécurisé à une identité, de manière dynamique.
Gradium développe des modèles d’intelligence artificielle capables de comprendre, générer et transformer la voix en temps réel. Son cofondateur Neil Zeghidour revient sur une technologie en pleine explosion et ses débouchés concrets. Interview : Neil Zeghidour, cofondateur de GradiumCette interview a été réalisée lors de l’AWS Summit 2026 Punchlines - On entraîne des modèles pour retranscrire, générer et traduire la voix.- On fournit des briques pour créer des applications vocales interactives.- On a eu nos premiers clients en six semaines.- Le marché de la voix est en croissance exponentielle.- Le défi est de transformer l’avance technologique en succès commercial.Qu’est-ce que Gradium et à quoi servent vos technologies ?Gradium développe des modèles d’intelligence artificielle dédiés à la voix. Nous travaillons sur la retranscription, la génération de voix naturelle, la transformation et la traduction vocale. L’idée est de proposer ces technologies comme des briques pour permettre à d’autres de construire des applications vocales. Cela peut être du secrétariat médical automatisé, des agents de support client, des personnages interactifs dans les jeux vidéo ou encore du contenu généré automatiquement. Quel lien avec le laboratoire Kyutai ?Nous sommes à l’origine du laboratoire Kyutai, qui se concentre sur la recherche en open source. Nous y avons développé des modèles de conversation et de traduction en temps réel. Mais rapidement, des demandes commerciales sont apparues pour des solutions plus robustes et prêtes à l’emploi. Cela a conduit à la création de Gradium, qui se concentre sur les applications commerciales, tandis que Kyutai poursuit la recherche. Où en êtes-vous aujourd’hui sur le marché ?Nous avons signé nos premiers clients en seulement six semaines, ce qui est très rapide pour une entreprise qui développe ses propres modèles depuis zéro. Nos clients sont principalement dans les interactions téléphoniques, où ils cherchent des expériences rapides, fiables et naturelles. Nous travaillons aussi avec les médias, notamment pour créer des contenus à partir de voix spécifiques grâce au clonage vocal. Notre force principale est notre avance technologique. Nous avons été les premiers à résoudre des problèmes comme la conversation et la traduction vocale en temps réel. Le défi aujourd’hui n’est plus technologique mais commercial : transformer cette avance en succès durable sur un marché en très forte croissance. Comment définir une voix IA de qualité ?La qualité dépend beaucoup du contexte d’usage. Une voix peut être très expressive ou au contraire plus neutre selon la situation. Il faut aussi une interaction fluide, avec très peu de latence, pour se rapprocher d’une conversation humaine. L’objectif n’est pas de tromper l’utilisateur, mais d’offrir une expérience agréable, tout en indiquant clairement qu’il s’agit d’une IA.
Apple fête un demi-siècle d'innovations et de soubresauts. Proton veut s’imposer comme alternative européenne à Google et Microsoft. Meta referme la parenthèse Messenger.com. Free bouscule le marché avec un forfait mondial illimité. Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet) Apple, 50 ans de fascination et de controverseÀ l’occasion des 50 ans d’Apple, nous évoquons la place unique de la marque dans l’histoire de la tech, entre mythe fondateur, nostalgie personnelle et puissance industrielle. Il évoque aussi les zones d’ombre de la firme, son culte du secret, sa communication ultra-verrouillée et le basculement d’une marque d’informaticiens vers un géant du lifestyle. L’épisode rappelle aussi un moment clé de cette saga : le sauvetage d’Apple par Microsoft à la fin des années 1990, un épisode resté célèbre dans l’histoire de la rivalité Mac-PC. À réécouter sur Monde Numérique : Apple, 50 ans de révolutions technologiques et Apple : retour sur 50 ans d’innovations avec Olivier Frigara, On refait le Mac. Proton attaque Google Workspace et Microsoft 365La société suisse Proton élargit son offensive avec Proton Workspace, une suite bureautique pensée comme une alternative à Google Workspace et Microsoft 365. Bruno Guglielminetti et Jérôme Colombain saluent l’émergence d’une offre européenne crédible, centrée sur la confidentialité, le chiffrement et la souveraineté numérique. Nous soulignons le vrai défi : convaincre les utilisateurs de quitter des outils déjà omniprésents. Pour prolonger le sujet sur les alternatives européennes, voir aussi sur Monde Numérique : Le Switch : sortir de la dépendance aux GAFAM, avec Christofer Ciminelli, Orso Média. Meta referme Messenger.comPetit changement qui peut en agacer plus d’un : Meta va mettre fin à Messenger.com en le redirigeant vers Facebook. Une décision qui oblige les utilisateurs à repasser par l’univers Facebook, alors même que Messenger avait été progressivement émancipé du réseau social. Bruno y voit une façon habile de ramener dans Facebook des usagers qui n’utilisaient plus que la messagerie. Un retour en arrière révélateur de la manière dont les grandes plateformes réorganisent leurs services au gré de leurs intérêts stratégiques. FreeMax, le forfait mobile qui veut séduire les grands voyageursEn France, Free a frappé fort avec Free Max, un forfait promettant de la data illimitée en France et dans plus de 135 destinations. Une annonce très commentée, à la fois pour son positionnement agressif et pour ce qu’elle dit de l’évolution du marché mobile face aux offres eSIM internationales. On rappelle cependant qu’au-delà de l’effet d’annonce, tout dépendra de la qualité réelle du réseau et des usages concrets. Dans L'Hebdo : spécial AWS Summit Paris Coup d'oeil sur le sommaire de L’Hebdo 04/04 : le AWS Summit Paris 2026, où j'ai enregistré une émission spéciale en partenariat avec Amazon Web Services. Au programme : santé connectée, intelligence artificielle en entreprise et panorama des innovations vues sur place. L’un des enseignements marquants concerne l’adoption de l’IA dans les entreprises françaises : selon une étude relayée par AWS, 40 % des entreprises françaises utilisent l’IA, contre 54 % en moyenne en Europe, avec un retard persistant des PME. À écouter dans. Dans Mon Carnet : GAFAM, cybersécurité et désinformationDe son côté, Bruno Guglielminetti annonce un épisode très éditorial de Mon Carnet, avec plusieurs auteurs invités. Il recevra notamment Alexandre Piquard, Le Monde, autour du livre Les Nouveaux Maîtres, consacré aux dirigeants des GAFAM et à leur influence croissante sur la société.
Un bug de messagerie à bord d'Artemis II. L'Iran menace les Big Tech. Anthropic perd son code source. L'IA, parfois, désobéit. OpenAI investit un média. L’IA dans les entreprises françaises. Mistral s'offre un méga data center. Free lance un forfait mondial. Innovations à l'AWS Summit à Paris. ⭐️ Découvrez Frogans, l’innovation française qui réinvente le Web [PARTENARIAT] Bug informatique dans l’espace pour Artemis IIPetit moment de solitude pour la NASA : en pleine mission Artemis II, un bug d’Outlook sur une tablette Surface Pro du commandant a été diffusé en direct. Rien de critique pour le vol, les systèmes essentiels étant séparés des outils grand public. Mais l’incident, impliquant un logiciel Microsoft, rappelle que même dans l’espace, l’informatique du quotidien peut dérailler. Pas d'impact sur la mission mais un mauvais coup pour l’image de la Nasa et de Microsoft. L’Iran menace les Big Tech américainesLe corps des gardiens de la révolution iranien a menacé plusieurs entreprises américaines présentes au Proche-Orient, parmi lesquelles Google, Apple, Meta, Tesla, Palantir, Boeing ou encore Nvidia. Téhéran accuse ces groupes de contribuer aux opérations militaires via leurs technologies de ciblage et d’analyse de données. Un nouvel épisode qui confirme le rôle central de l’IA et du numérique dans ce que certains qualifient déjà de première guerre de l’intelligence artificielle. Fuite du code source de Claude chez AnthropicLa start-up américaine Anthropic a laissé fuiter par erreur 512 000 lignes de code de son modèle Claude Code. Découverte par un expert en cybersécurité, la fuite expose des éléments sensibles de son architecture interne, sans données clients selon l’entreprise. Ce revers fragilise l’éditeur face à ses concurrents et pourrait faciliter le contournement de certains garde-fous de sécurité, malgré les tentatives de retrait des contenus publiés notamment sur GitHub. Quand les IA mentent et désobéissentUne étude britannique révèle des comportements préoccupants chez certains agents IA développés par OpenAI, Google DeepMind ou Anthropic. Suppression d’e-mails sans autorisation, contournement de règles, voire mensonges : les chercheurs évoquent des stratégies émergentes inattendues. Des dérives qui relancent le débat sur la fiabilité des systèmes dans des environnements critiques et font écho aux mises en garde de Dario Amodei, patron d’Anthropic, sur la complexité croissante de ces modèles. OpenAI rachète un podcast influentNouvelle stratégie pour OpenAI, qui met la main sur le podcast TBPN (Technology Business Programming Network), talk-show quotidien suivi par des dizaines de milliers d’entrepreneurs de la Silicon Valley. Au-delà du développement technologique, la société de Sam Altman entend désormais peser directement dans le débat public autour de l’intelligence artificielle — au risque de brouiller les frontières entre information et communication. L’IA progresse dans les entreprises françaisesSelon une étude publiée par Amazon Web Services, 40 % des entreprises françaises utilisent désormais l’IA, contre 54 % en moyenne en Europe. Les startups sont les plus avancées, tandis que PME et grandes entreprises avancent plus prudemment. Seules 19 % des organisations se situent à un stade d’adoption avancé, avec une transformation en profondeur des modèles économiques. Le manque de compétences numériques reste le principal frein. Mistral investit 830 millions dans un data center géantLa pépite française Mistral AI va construire son propre data center en Essonne, près de Paris, pour un montant de 830 millions de dollars. Objectif : renforcer son autonomie technologique et réduire sa dépendance au cloud de Microsoft. Avec près de 14 000 GPU Nvidia et une puissance de 44 MW, ce projet marque une nouvelle étape dans la quête de souveraineté numérique française. Free lance un forfait mobile mondial illimité L’opérateur Free lance FreeMax, un forfait à 30 euros par mois promettant de la data illimitée dans 138 destinations. Une offensive directe contre les offres eSIM et les forfaits voyageurs traditionnels. Reste à voir si cette stratégie séduira les grands voyageurs et si l’illimité international tiendra toutes ses promesses. Débrief transatlantique : les 50 ans d’AppleDans le débrief avec Bruno Guglielminetti – Mon Carnet, retour sur les 50 ans de Apple. De la rivalité mythique avec Microsoft au retour spectaculaire de Steve Jobs, l’histoire de la marque à la pomme continue de fasciner. L’épisode rappelle aussi combien l’entreprise, aujourd’hui géant mondial du lifestyle technologique, a connu plusieurs vies avant de devenir l’icône que l’on connaît. AWS Summit Paris : l’IA au service de la santé [PARTENARIAT]À l’occasion de l’AWS Summit à Paris, rencontre avec Sasha Rubel – Amazon Web Services, autour des enjeux d’adoption de l’IA en France. L’événement a également mis en lumière des startups innovantes dans la santé. Martin Denais – Callyopé présente une IA capable d’analyser la voix pour suivre l’évolution de troubles psychiatriques, en complément du travail des médecins. Nolwenn Morris – iRoc développe un “jumeau numérique” du corps humain pour concevoir plus rapidement des traitements personnalisés, notamment contre la maladie de Charcot. Enfin, Thomas Sehma – Yneuro propose une authentification par signature neuronale, via lunettes ou écouteurs connectés, pour remplacer mots de passe et empreintes digitales. Chapitres 00:10 – Bug Outlook dans l’espace03:43 – Menaces iraniennes sur la tech05:27 – Fuite chez Anthropic06:54 – IA désobéissantes09:09 – OpenAI rachète TBPN10:18 – Adoption de l'IA en France11:20 – Data center Mistral12:21 – Forfait FreeMax14:18 – 50 ans d’Apple28:21 – IA et santé à l’AWS Summit
Et si le code source était le patrimoine le plus précieux de notre époque ? Roberto Di Cosmo explique pourquoi il est vital de préserver tous les logiciels, même les plus insignifiants. Une mission titanesque qui pourrait bien devenir un enjeu stratégique majeur pour nos sociétés. Interview : Roberto Di Cosmo, chercheur en informatique et fondateur de Software HeritagePunchlines - Sans code source, on perd le contrôle du numérique.- GitHub n’est pas une archive, c’est une plateforme éphémère.- On archive tout, même les logiciels inutiles.- Quelques pétaoctets suffisent pour préserver toute l’histoire du code.- Le code est un enjeu de souveraineté stratégique.Pourquoi archiver tous les codes sources existants ?L’informatique est le fondement de notre société, mais on oublie que tout repose sur des codes sources. Sans ces codes, on perd la maîtrise de ce qu’on utilise au quotidien. On s’est rendu compte que ces codes étaient dispersés sur des plateformes fragiles et parfois éphémères. Certains ont déjà disparu du jour au lendemain. Il n’existait aucune véritable archive, contrairement au web ou aux images. C’est ce constat qui a déclenché notre projet. GitHub ne suffit pas à préserver les logiciels ?Non, absolument pas. GitHub ou GitLab sont des plateformes de collaboration, pas des archives. On peut y supprimer un projet à tout moment, ou une plateforme peut fermer. Cela s’est déjà produit avec des services comme Google Code. Des millions de projets ont disparu. Une archive, au contraire, garantit que ce qui est déposé restera accessible dans le temps. Pourquoi avoir choisi d’archiver absolument tout, même le code inutile ?Parce qu’il est impossible de juger à l’avance ce qui sera important. Un exemple marquant est PHP, qui semblait insignifiant à ses débuts et qui est devenu essentiel pour le web. Le logiciel évolue avec le temps. Ce qui paraît inutile aujourd’hui peut devenir crucial demain. Donc on archive tout, sans filtrer, et on laisse l’histoire faire le tri. Le code devient-il un enjeu stratégique aujourd’hui ?Oui, clairement. Nous dépendons énormément de plateformes étrangères sur lesquelles nous n’avons aucun contrôle. Si l’accès est coupé, toute la chaîne logicielle peut s’arrêter. Software Heritage permet de reconstruire cette continuité en fournissant une copie indépendante. Cela devient un enjeu de souveraineté, pour les entreprises comme pour les États.
De l’Apple I bricolé dans un garage californien à l’iPhone devenu objet-monde, cet épisode retrace un demi-siècle d’innovations qui ont redéfini l’informatique grand public. Il raconte aussi comment la vision de Steve Jobs, puis la continuité imposée par Tim Cook, ont fait d’Apple une entreprise à part dans l’histoire de la tech. Des débuts artisanaux à la naissance d’un mytheFondée le 1er avril 1976 par Steve Jobs, Steve Wozniak et Ron Wayne, Apple démarre modestement avec l’Apple I avant de prendre son envol avec l’Apple II. L’épisode revient sur cette naissance quasi légendaire, dans le garage de Los Altos, sur le rôle souvent oublié de Ron Wayne, et sur les premiers choix fondateurs de la marque : marier innovation technique, simplicité d’usage et ambition commerciale. Au fil des années, Apple impose déjà ce qui fera sa différence : une attention obsessionnelle au design, à l’ergonomie et à l’intégration entre matériel et logiciel. Le tournant Macintosh et la vision Steve JobsL’histoire bascule dans les années 1980 avec le Macintosh, lancé dans le sillage de la mythique campagne “1984”. L’épisode montre comment Apple s’oppose alors au modèle dominant incarné par IBM et l’univers PC, en défendant une informatique plus intuitive, plus graphique, plus humaine. C’est aussi le temps des tensions internes, de l’éviction de Steve Jobs en 1985, puis de son grand retour en 1997, moment-clé sans lequel Apple aurait peut-être disparu. iPod, iPhone, iPad : Apple change d’échelleLe récit suit ensuite la spectaculaire renaissance de la marque avec l’iMac, puis l’iPod, qui propulse Apple au-delà du seul marché informatique. Vient ensuite 2007 et la rupture majeure : l’iPhone, présenté comme un iPod, un téléphone et un terminal Internet réunis dans un seul appareil. L’épisode rappelle combien cette séquence a transformé Apple en géant du numérique, avant l’arrivée de l’iPad, qui ouvre une nouvelle catégorie entre ordinateur et mobile. En écho, Monde Numérique a également consacré un épisode à la démocratisation du tactile avec Tech de rupture : l’écran tactile. L’ère Tim Cook : services, santé, puces maisonAprès la mort de Steve Jobs en 2011, Tim Cook prend les commandes et installe une forme de continuité dans le changement. L’épisode raconte l’accélération d’Apple Pay, d’Apple Music, d’iCloud et de l’Apple Watch, tout en soulignant l’importance croissante des services et de la santé connectée. Il revient aussi sur un virage industriel majeur : l’ère Apple Silicon, qui renforce encore la stratégie d’intégration verticale chère à Apple. Vision Pro, intelligence artificielle : les défis des 50 prochaines annéesEnfin, cet épisode anniversaire s’interroge sur la suite. Avec l’Apple Vision Pro et sa promesse d’informatique spatiale, Apple tente d’ouvrir un nouveau chapitre, sans avoir encore trouvé l’équivalent de l’évidence commerciale de l’iPhone. Au moment où la marque célèbre officiellement ses 50 ans, la question posée est claire : comment rester un leader du design, des usages et de l’innovation, tout en rattrapant le tempo imposé par l’intelligence artificielle et les nouveaux paradigmes matériels ? À écouter aussi : Interview d'Olivier Frigara, spécialiste du monde Apple
Depuis le premier Macintosh jusqu’à l’iPhone, Olivier Frigara retrace les grandes secousses qui ont façonné Apple. Le journaliste et podcasteur livre aussi son regard sur l’ère Tim Cook et les défis qui attendent encore la marque. Interview : Olivier Frigara, journaliste spécialisé et animateur du podcast On refait le MacPunchlines - Le premier Macintosh m’a mis un coup dans l’estomac.- Apple a rendu la technologie accessible à tous.- Le retour de Steve Jobs en 1997 est un moment clé.- L’iMac a sauvé Apple de la faillite.- Apple n’invente pas toujours en premier, mais souvent au bon moment.Pourquoi Apple a-t-il été un choc pour vous dès le début ?J’ai découvert vraiment l’univers Apple avec le premier Macintosh en 1984. Ce qui m’a frappé, c’était l’interface graphique, la souris, le fait de pouvoir cliquer sur une icône au lieu de taper des lignes de commande : à l’époque, c’était révolutionnaire. Apple portait déjà une idée très forte : rendre la technologie accessible au plus grand nombre. C’est ce qui m’a séduit dès le départ, avec en plus ce souci du beau, du détail et de l’expérience utilisateur. Quels sont, selon vous, les grands tournants de l’histoire d’Apple ?Le lancement du Macintosh est évidemment un moment fondateur, autant pour le produit que pour la manière de le présenter. Steve Jobs a imposé un style, une mise en scène, une façon de raconter la technologie qui a marqué durablement toute l’industrie. Il y a aussi son départ, puis son retour en 1997. Son retour a été un moment extrêmement fort, notamment lorsqu’il a réussi à retourner la situation avec Microsoft et Bill Gates. Ensuite, l’iMac a sauvé Apple, puis l’iPhone a fait changer l’entreprise de dimension. Tim Cook a-t-il réussi à prolonger l’héritage de Steve Jobs ?Sur le plan économique et industriel, le bilan est plus que positif. Tim Cook a transformé Apple en machine redoutable, capable de lancer un produit mondialement en quelques jours et de faire d’Apple une marque encore plus puissante, presque une marque de luxe. En revanche, ce n’est pas un homme de produit comme Steve Jobs. Je trouve qu’il manque parfois cette étincelle, cette fraîcheur, cette capacité à faire surgir des produits réellement bouleversants dans leur usage. Apple reste très solide, mais on attend encore le prochain grand choc. Le futur d’Apple passe-t-il par le Vision Pro et l’intelligence artificielle ?Le Vision Pro m’a impressionné quand je l’ai essayé. La démonstration est bluffante, mais le prix reste un frein énorme. Pour que cette technologie change vraiment la donne, il faudra qu’elle devienne beaucoup plus accessible ou qu’elle se transforme en quelque chose de plus léger, comme des lunettes. Sur l’intelligence artificielle, Apple a clairement raté un virage. L’enjeu désormais, ce n’est pas seulement d’intégrer l’IA dans les appareils existants, c’est d’inventer le produit qui accueillera naturellement cette intelligence dans notre quotidien. Ecouter aussi : Apple, 50 ans d'innovations technologiques
Les cybercriminels passent à la vitesse supérieure avec des attaques toujours plus crédibles et automatisées. Entre faille critique sur iOS et arnaques dopées à l’IA, les risques n’ont jamais été aussi élevés. Interview : Benoît Grünenwald, expert cybersécurité chez ESETEn partenariat avec ESET Punchlines - Les deepfakes deviennent de plus en plus crédibles.- Les cyberattaques sont désormais industrialisées.- Les données personnelles alimentent les arnaques ciblées.- Mettre à jour ses appareils est indispensable.Parlons tout d'abord ce cette faille iOS particulièrement inquiétante : de quoi s’agit-il ?Cette alerte va au-delà d’une simple faille. On parle d’un kit d’exploit, c’est-à-dire un ensemble d’outils permettant d’utiliser une vulnérabilité pour prendre le contrôle d’un appareil. Dans ce cas précis, il suffit de visiter un site piégé avec un iPhone non à jour pour être infecté. Le scénario est simple : je reçois un SMS avec un lien, je clique, j’arrive sur un site compromis, et l’exploit s’exécute automatiquement. À partir de là, l’attaquant peut prendre le contrôle total de mon téléphone et accéder à mes données personnelles comme les contacts, les photos ou ma position. Nouveau sur le marché : les arnaques de livraison à base de deepfakesEn effet, on observe une nouvelle génération d’arnaques utilisant des images générées par IA. Par exemple, je reçois un message d’un prétendu livreur avec une photo d’un colis à mon nom, parfois même avec mon adresse. Ce qui change, c’est la personnalisation et l’industrialisation. Les cybercriminels ne se contentent plus de messages génériques : ils utilisent des bases de données et des outils automatisés pour générer des messages et des images sur mesure à grande échelle. Même si certaines images peuvent sembler imparfaites, elles deviennent de plus en plus crédibles. Et surtout, dans un contexte d’urgence ou de distraction, elles peuvent facilement tromper. Pourquoi le phishing explose-t-il autant aujourd’hui ?Les fuites de données jouent un rôle clé. Elles fournissent aux cybercriminels une énorme quantité d’informations personnelles qu’ils exploitent pour rendre leurs attaques plus convaincantes. On observe aussi une diversification des scénarios : colis, sécurité sociale, offres promotionnelles… Par exemple, des fausses offres de cartes de réduction très attractives peuvent inciter à cliquer rapidement sans vérifier. Les attaques sont de mieux en mieux construites, avec des noms de domaine crédibles et des messages personnalisés. Si on prend le temps d’analyser, on peut détecter des incohérences, mais dans la précipitation, le risque d’erreur est réel. Quels sont les réflexes essentiels pour se protéger ?Le premier réflexe, c’est la vigilance face aux messages non sollicités, quel que soit le canal : SMS, email ou messagerie. Le second, fondamental, c’est de maintenir tous ses appareils à jour. Dès qu’une mise à jour est disponible, il faut l’installer. C’est une mesure simple mais essentielle pour se protéger contre les failles connues.
La justice américaine ouvre une brèche historique contre Meta et YouTube pour les dommages causés aux mineurs. OpenAI revoit sa stratégie, entre l’arrêt de Sora et une réorganisation en profondeur. Anthropic impressionne avec Dispatch, un agent capable d’agir sur un ordinateur à distance. Google avance sur les avatars 3D dans Gemini tandis que Meta imagine une IA comme bras droit de son PDG. Enfin, Apple donne rendez-vous en juin pour une WWDC très attendue sur le front de l’IA. Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet) La justice s’attaque enfin aux plateformesLes États-Unis franchissent un cap avec des décisions de justice qui reconnaissent la responsabilité de plateformes comme Meta et YouTube dans les dommages psychologiques subis par des mineurs. Pour Jérôme Colombain et Bruno Guglielminetti (Mon Carnet), ces jugements pourraient marquer le début d’une longue série de procédures, avec à la clé une jurisprudence potentiellement comparable aux grands procès contre l’industrie du tabac. OpenAI coupe Sora et se réorganiseLe générateur vidéo Sora est mis à l’arrêt, signe d’un recentrage stratégique chez OpenAI. Les deux animateurs décryptent ce virage, alors que Sam Altman semble désormais davantage mobilisé sur la conquête de clients et la solidité du modèle économique, dans un contexte de concurrence accrue. Anthropic accélère avec DispatchAvec Dispatch, Anthropic pousse encore plus loin la logique des agents IA. L’outil permettrait de piloter un ordinateur à distance depuis un smartphone, non plus comme une simple télécommande, mais comme un véritable assistant capable d’agir seul sur des fichiers, des applications ou des documents. Prometteur, mais pas sans risques en matière de sécurité et de contrôle. Gemini prépare des avatars 3DGoogle travaillerait sur des avatars 3D réutilisables dans Gemini, pour s’intégrer à des images et des vidéos générées par IA. Une évolution qui rappelle certaines ambitions du métavers, mais avec des usages cette fois plus concrets, notamment pour la création de contenus personnalisés. Zuckerberg veut son IA de directionMark Zuckerberg chercherait à se doter d’un agent IA conçu comme un véritable copilote exécutif. L’idée : agréger toute l’information utile de Meta pour aider à la décision, du suivi opérationnel aux arbitrages stratégiques. Un fantasme de dirigeant peut-être, mais aussi un aperçu de futurs outils pour les états-majors des grandes entreprises. Apple s'apprête à dégaine le nouveau Siri en juinLa WWDC d’Apple débutera le 8 juin et pourrait enfin clarifier la stratégie du groupe en matière d’intelligence artificielle. En ligne de mire : une intégration plus profonde de Gemini et, peut-être, une version plus crédible et plus aboutie d’Apple Intelligence. Dans Mon Carnet et Monde Numérique cette semaineDans Mon Carnet, Bruno Guglielminetti (Mon Carnet) annonce un épisode consacré à la cybersécurité post-quantique ainsi qu’à un photographe qui crée ses images au cœur des jeux vidéo. De son côté, Jérôme Colombain recevra Benoît Grunemwald (ESET) pour un point sur l’actualité cyber, entre faille iPhone et arnaques aux faux colis générés par IA, puis Roberto Di Cosmo (Software Heritage) autour de l’ambition de Software Heritage : archiver la mémoire mondiale du logiciel.
Les agents IA franchissent un nouveau cap. Anthropic joue les chevaliers blancs. Yann Le Cun fait cavalier seul avec les world models. Le smartphone fête ses 25 ans. Apple bouscule le marché avec son MacBook Neo. Sony en panne d'innovation lâche l’auto électrique. Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet) et François Sorel (Tech & Co) Avec Free Pro, le meilleur de Free pour les entreprises Les agents IA sortent du laboNous revenons sur l’explosion des agents IA capables d’agir directement sur un ordinateur. Derrière l’effet spectaculaire, on souligne aussi les dangers de ces outils encore jeunes, notamment lorsqu’ils accèdent à des machines personnelles ou à des données sensibles (Monde Numérique a déjà abordé ce sujet à plusieurs reprises, notamment à propos de la révolution des agents IA en liberté, de la folie des agents IA et de la définition même d’agent IA). Anthropic, chevalier blanc de l’IA éthique ?Nous nous interrogeons sur la posture d’Anthropic et de son patron Dario Amodei face aux usages militaires de l’intelligence artificielle. Sincérité éthique ou stratégie d’image ? Yann LeCun et le pari des world modelsOn revient aussi sur l’offensive de Yann LeCun avec AMI Labs, sa nouvelle structure consacrée aux world models. Son ambition est claire : dépasser les limites des grands modèles de langage en développant une IA capable de comprendre le monde physique, de raisonner et, à terme, de gagner en autonomie (à écouter aussi sur Monde Numérique : L’HEBDO du 14 mars et L’Actu Tech du 14/03). 25 ans de smartphone : retour sur une révolutionÀ l’occasion du MWC Barcelona, nous revenons sur l’émission spéciale de François Sorel consacrée aux 25 ans du smartphone. C’est l’occasion de replonger dans la préhistoire du mobile intelligent, des premiers terminaux hybrides aux affrontements entre constructeurs, opérateurs et, plus tard, Apple. Au fil des souvenirs et des anecdotes, on voit comment une technologie encore floue au début des années 2000 s’est imposée comme le centre de notre vie numérique. On en profite aussi pour raconter les coulisses d’une révolution industrielle et culturelle qui continue de structurer toute la tech actuelle. MacBook Neo : Apple attaque l’entrée de gammeLe MacBook Neo, nouvelle offensive d’Apple sur le marché des ordinateurs portables abordables, démarre en trombe. Un produit à la fois séduisant, bien fini et stratégiquement redoutable. Pourrai-t-il attirer étudiants et nouveaux venus dans l'écosystème de la marque et propulser Apple sur un nouveau segment de marché, jadis réservé au monde PC ? Au-delà du prix, on analyse la logique d’Apple : proposer du matériel plus accessible pour mieux installer ensuite ses services et fidéliser sur le long terme. Sony : la fin d’un géant de l’électronique grand public ?Où va Sony ? Entre le recul dans les téléviseurs et l’abandon du programme automobile Afeela mené avec Honda, on a le sentiment que la marque japonaise perd encore un peu de son aura dans l’électronique grand public. Au-delà du cas Sony, c'est la fragilité plus large de l’industrie japonaise face aux géants chinois qui est en jeu.
Décision de justice historique contre les géants des réseaux sociaux. OpenAI se prépare à la Bourse. Anthropic invente l'agent IA télécommandé. Google crée un "compresseur" pour IA afin d'économiser la mémoire informatique. Sony abandonne son projet de voiture. Nouvelle cyberarnaque au deepfake. Une bibliothèque mondiale du logiciel 💡Découvrez Frogans, l’innovation française qui réinvente le Web [PARTENARIAT] Réseaux sociaux : décisions historiques contre Meta et GoogleCoup de tonnerre aux États-Unis : Mark Zuckerberg et ses pairs voient leur responsabilité reconnue par la justice. En Californie, Meta et Google ont été condamnés à verser 6 millions de dollars à une jeune femme accusant Instagram et YouTube d’avoir gravement altéré sa santé mentale. Une autre décision, au Nouveau-Mexique, impose à Meta 375 millions de dollars pour manquements dans la protection des mineurs. Pour la première fois, la justice américaine établit un lien clair entre les plateformes et les préjudices psychologiques subis par des adolescents. Des milliers d’actions similaires sont en préparation : un tournant majeur pour l’industrie. OpenAI en ordre de bataille pour la BourseGrande réorganisation chez OpenAI. L’entreprise abandonne son outil de génération vidéo Sora, jugé trop coûteux, et renonce à une version “adulte” de ChatGPT. Objectif : rationaliser et rassurer les investisseurs avant une introduction en Bourse attendue cette année. Sam Altman se recentre sur la stratégie financière et les infrastructures, laissant de côté la supervision directe de la sécurité. Une nouvelle phase s’ouvre pour le champion de l’IA générative. Anthropic accélère dans l’IA agentiqueLe concurrent Anthropic frappe fort avec une nouvelle fonction permettant de piloter un agent IA installé sur son ordinateur à distance depuis un smartphone. L’IA peut exécuter des tâches complexes de manière autonome, sans instructions détaillées. Une avancée spectaculaire vers l’IA “agentique”, capable d’agir pour l’utilisateur. Mais avec, en toile de fond, des questions de sécurité bien réelles. Google mise sur des IA plus sobresAvec son algorithme de compression TurboCant, Google promet de diviser par six la mémoire nécessaire aux modèles d’IA. Un enjeu stratégique alors que le prix de la RAM flambe et que la demande en puissance explose. Le groupe déploie aussi de nouvelles fonctions dopées à l’IA : Search Live pour interroger son smartphone en vidéo, et Ask Maps dans Google Maps pour formuler des requêtes d’itinéraires complexes. Apple vérifie l’âge des utilisateurs au Royaume-UniAu Royaume-Uni, Apple introduit avec iOS 26.4 un système de vérification d’âge obligatoire pour les adultes. Carte bancaire ou pièce d’identité seront nécessaires pour prouver sa majorité. Une mesure saluée pour la protection des mineurs, mais critiquée par certains défenseurs de la vie privée. Le débat sur l’équilibre entre sécurité et confidentialité est relancé. Sony abandonne sa voiture électriqueClap de fin pour l’Afeela. Le partenariat entre Sony et Honda, via leur coentreprise Sony Honda Mobility, prend fin. Les deux modèles électriques présentés ces dernières années ne verront jamais le jour. Un revers stratégique pour Sony, qui ambitionnait de se diversifier dans l’automobile connectée. Fuite massive de données à l’Éducation nationaleEn France, 243 000 agents de l’Éducation nationale ont vu leurs données personnelles diffusées sur le dark web après la compromission du logiciel RH Compass. Noms, adresses, numéros de téléphone et plannings figurent parmi les informations dérobées. Une attaque de plus qui illustre la vulnérabilité persistante des institutions publiques face au phishing et aux intrusions ciblées. Cybermenaces : iPhone vulnérable et arnaques dopées à l’IA[PARTENARIAT] Benoît Grünemwald, expert cybersécurité chez ESET, alerte sur un kit d’exploit visant iOS : la simple visite d’un site piégé peut permettre la prise de contrôle d’un iPhone non mis à jour. Autre phénomène inquiétant : des arnaques à la livraison utilisant des images générées par IA, personnalisées avec nom et adresse de la victime. Une industrialisation du phishing qui franchit un nouveau cap. Software Heritage : la bibliothèque mondiale du codePréserver tous les logiciels de la planète : l’ambition de Roberto Di Cosmo, fondateur de Software Heritage. L’organisation archive déjà des milliards de fichiers sources issus de plateformes comme GitHub ou GitLab. À l’heure du code généré par IA et du “vibe coding”, l’enjeu est patrimonial mais aussi stratégique : conserver la mémoire et la traçabilité du logiciel mondial.
Apple introduit une vérification d’âge sur iPhone au Royaume-Uni avec iOS 26.4. Une mesure destinée à protéger les mineurs, mais qui relance le débat sur la vie privée. Une vérification d’âge directement dans l’iPhoneApple déploie une nouveauté majeure avec iOS 26.4 : la vérification de l’âge des utilisateurs. Cette mesure concerne pour l’instant uniquement le Royaume-Uni, en réponse à l’Online Safety Act, une loi visant à mieux protéger les mineurs face aux contenus sensibles sur Internet. Concrètement, les nouveaux utilisateurs devront indiquer leur âge dès la configuration de leur iPhone. Pour les autres, la vérification pourra être demandée lors d’une mise à jour ou à l’ouverture d’applications réservées aux adultes. Pour prouver sa majorité, plusieurs options sont proposées : associer un moyen de paiement ou fournir une pièce d’identité. Une évolution notable dans l’écosystème Apple, qui ajoute une couche supplémentaire à la gestion des comptes utilisateurs. Des restrictions renforcées pour les mineursSi l’utilisateur est identifié comme mineur, l’iPhone reste utilisable, mais avec des limitations importantes. Le système active automatiquement des filtres de contenu web, bloque l’accès aux applications classées 18+ et renforce la sécurité des échanges. Une fonction spécifique permet notamment de flouter les images ou vidéos sensibles, en particulier lors du partage. L’objectif est clair : limiter l’exposition des plus երիտասարդ aux contenus inappropriés. Une décision anticipée par AppleFait intéressant, Apple n’était pas directement contraint d’implémenter cette fonctionnalité. La législation visait plutôt les plateformes et les éditeurs de contenus. Mais face à une pression croissante, y compris aux États-Unis, Apple a choisi d’anticiper en intégrant cette vérification directement dans son système d’exploitation. Une manière de garder le contrôle sur l’expérience utilisateur tout en répondant aux attentes des régulateurs. L’Europe privilégie une autre approcheLa question se pose désormais : ce système arrivera-t-il en France ou en Europe ? Rien n’est moins sûr, du moins sous cette forme. L’Union européenne travaille plutôt sur un portefeuille numérique permettant de prouver son âge sans divulguer inutilement ses données personnelles. Une approche qui se veut plus respectueuse de la vie privée, mais encore en cours de définition. La France, très engagée sur ces sujets, pourrait adopter des règles strictes, avec notamment une vérification obligatoire et des restrictions fortes pour les moins de 15 ans. Mais pour l’instant, les modalités restent floues.
Former massivement à l’intelligence artificielle est devenu un enjeu sociétal majeur. Les géants de la tech s'y mettent : IBM, AWS, Microsoft... Céline Corno détaille les avancées du plan de Microsoft France et explique pourquoi comprendre l’IA est désormais essentiel pour tous. Interview : Céline Corno, directrice du plan de compétences IA chez Microsoft FrancePunchlines - L’IA devient une compétence fondamentale.- Se former est la clé pour en tirer de la valeur.- L’IA n’est ni magique ni une vérité absolue.- Prompter demande méthode et précision.- L’IA transforme toutes les organisations.En quoi consiste le plan de formation à l’IA lancé par Microsoft en France ?L’objectif est de former un million de Français d’ici 2027. Aujourd’hui, 850 000 personnes ont déjà commencé un parcours et près de 350 000 l’ont terminé. Nous mettons à disposition des ressources gratuites et accessibles à tous, mais surtout nous travaillons avec des partenaires de la formation et de l’éducation pour déployer des programmes adaptés aux besoins des publics. Concrètement, que signifie “se former à l’IA” aujourd’hui ?Se former à l’IA, c’est d’abord comprendre ce qu’elle est et ce qu’elle n’est pas. On commence par démystifier cette technologie en rappelant qu’elle repose sur des modèles mathématiques et probabilistes, qu’elle n’est pas intelligente et qu’elle n’a pas d’émotions. Ensuite, on apprend à bien interagir avec ces outils. Prompter est une compétence clé : il faut donner un rôle à l’IA, du contexte, des détails et une intention. C’est cette méthodologie qui permet d’obtenir des résultats pertinents. Quels sont les usages concrets, par exemple pour un particulier ?Un demandeur d’emploi peut utiliser l’IA pour améliorer son CV, rédiger une lettre de motivation ou s’entraîner à un entretien. On peut demander à l’IA de jouer le rôle d’un recruteur pour simuler des questions et préparer ses réponses. Cela permet non seulement de travailler ses compétences, mais aussi de renforcer sa confiance en soi grâce à une meilleure préparation. N'est-ce pas surtout une manière d’attirer les utilisateurs vers les solutions Microsoft ?Notre objectif n’est pas de former les gens aux outils Microsoft mais de leur donner les clés pour comprendre l’intelligence artificielle. Ce programme est agnostique : il porte sur les concepts, sur la manière d’interagir avec ces technologies et sur les enjeux qui les entourent. Ensuite, chacun est libre de choisir les outils qu’il souhaite utiliser. L’important pour nous est que les utilisateurs puissent comprendre ces technologies, s’en saisir et décider eux-mêmes de leur usage. L’IA suscite aussi des craintes. Comment y répondez-vous ?Il faut prendre ces questions au sérieux. L’IA générative constitue une révolution technologique, et cela change profondément la manière de travailler, de collaborer, de produire et de créer. Justement, c’est pour cela que la compétence IA devient fondamentale. L’enjeu n’est pas seulement technique : il faut permettre à chacun de débattre de ses usages, de ses limites et de son impact sur la société. L’objectif est de mettre l’humain au centre, avec l’IA comme levier de créativité, d’intelligence et de productivité.
À SXSW 2026, l’intelligence artificielle s’impose comme une révolution systémique, mais ses limites apparaissent clairement. Entre enjeux énergétiques, transformation du travail et retour des “moonshots”, Julien Villeret décrypte un basculement majeur. Interview : Julien Villeret, Directeur de l’innovation d’EDFEn partenariat avec EDF Punchlines - L’IA n’est plus un outil, c’est une infrastructure.- Le vrai blocage de l’IA, c’est l’énergie et les data centers.- Plus on automatise, plus le jugement humain devient essentiel.- Le travail ne disparaît pas, il se transforme profondément.- Le numérique devient un enjeu politique et de souveraineté.Que retenez-vous de SXSW 2026 ?Le SXSW est devenu un observatoire des transformations profondes de nos sociétés. Cette année, le thème central était clairement l’humain face à l’IA. Ce qui m’a marqué, c’est la convergence des tendances : il n’y a plus de silos. L’énergie, la technologie, la géopolitique, tout s’entremêle et se percute. C’est cette interaction qui transforme réellement le monde aujourd’hui. Pourquoi dites-vous que l’IA est avant tout un problème d’infrastructure ?On parle beaucoup des modèles ou des usages, mais le vrai sujet est ailleurs. L’IA est devenue une infrastructure, avec des besoins physiques très concrets : électricité, eau, espace, data centers. Le véritable goulot d’étranglement, c’est notre capacité à déployer ces infrastructures suffisamment vite et durablement. Cela pose aussi des questions de souveraineté et de dépendance technologique. Comment les entreprises peuvent-elles s’adapter à cette complexité croissante ?On entre dans un monde d’une complexité exponentielle. Les entreprises doivent changer de posture : il ne s’agit plus d’avoir des plans figés à 5 ou 10 ans, mais d’être capables de pivoter en permanence. Les dirigeants doivent apprendre à naviguer dans l’incertitude, à changer d’avis, et même à reconnaître leurs erreurs. Les IA autonomes vont-elles prendre les décisions à notre place ?L’IA agentique va se généraliser, c’est une évidence. Elle va produire énormément de travail et automatiser de nombreuses tâches. Mais la responsabilité humaine reste centrale. Ce qui fera la différence, ce sera la qualité du jugement humain sur les décisions prises ou proposées par ces IA. On passera d’une logique de quantité à une logique de qualité.
Meta freine sur le métavers. Starlink dépasse les 10 000 satellites. Les IA génératives peinent à écrire avec originalité. Samsung stoppe son smartphone pliable en trois. TikTok lance sa radio dédiée aux nouveaux talents. Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet) Meta enterre son métavers… puis se raviseAnnoncée puis partiellement corrigée, la mise en retrait d’Horizon Worlds sur les casques Quest illustre les hésitations de Meta autour d’un projet devenu moins central qu’en 2021. Bruno et Jérôme rappellent que le métavers répondait alors à un besoin très concret, celui des interactions à distance en période de pandémie, mais que la promesse s’est heurtée aux limites des casques et à l’évolution des usages. Pour autant, ils n’enterrent pas la réalité virtuelle, surtout à l’heure où des acteurs comme Lynx continuent d’innover et où Monde Numérique suit de près le sujet dans cet épisode sur Horizon Worlds et cette interview de Stan Larroque. Starlink change d’échelleLe réseau Starlink de SpaceX a franchi la barre des 10.000 satellites en orbite, confirmant l’avance d’Elon Musk dans l’Internet spatial face à Amazon Kuiper et Eutelsat OneWeb. Dans l’épisode, les deux animateurs soulignent ce que cela change concrètement: davantage de couverture, plus de capacité, et surtout l’émergence du direct-to-cell qui pourrait transformer Starlink en opérateur mobile mondial. Pourquoi l’IA écrit “propre” mais sans créationÀ partir d’un article de The Atlantic relayé par Mon Carnet, on revient sur une faiblesse tenace des IA génératives: elles produisent des textes cohérents, fluides, structurés, mais souvent trop sages, trop lisses, trop prévisibles. Leur échange montre aussi que ces outils deviennent utiles pour la structure, la reformulation ou l’assistance éditoriale, à condition de rester pilotés de près par un auteur humain. Une discussion très concrète, nourrie par l’expérience de Jérôme sur son futur livre consacré au podcasting. Smartphone à trois écrans de Samsung : c'est plié ?Le retrait rapide du smartphone pliable en trois de Samsung intrigue autant qu’il questionne. Commercialisé à prix très élevé, ce modèle semblait relever autant de la démonstration technologique que du vrai produit grand public, ce qui laisse ouverte la question d’un simple ajustement industriel plutôt que d’un abandon définitif du format. Bruno cite à ce sujet son article dans Mon Carnet, tandis que Jérôme rappelle que les décisions de ce type traduisent souvent des arbitrages invisibles entre coût, production et calendrier produit. TikTok lance une radioEn s’alliant à iHeartRadio pour lancer TikTok Radio, TikTok prolonge sa puissance de prescription musicale dans l’audio. Bruno y voit une manière de faire émerger de nouveaux talents au-delà des playlists FM classiques, tandis que Jérôme y lit aussi un signe de la mutation continue de la radio musicale. L’initiative a été officialisée mi-mars et Bruno l’a également détaillée dans Mon Carnet. À écouter cette semaine dans Mon CarnetBruno Guglielminetti, Mon Carnet annonce une émission très suisse avec notamment Bruno Giussani, ancien responsable européen des TED Talks, Pascal Greco, photographe explorant les paysages recréés dans les jeux vidéo, Catherine Mathys, qui s’interroge sur la société numérique dans quarante ans, et Mathilde Mélin, journaliste spécialisée dans le podcast. Un sommaire éclectique, entre création, culture numérique et prospective. À écouter cette semaine dans Monde NumériqueCôté Monde Numérique, Jérôme met en avant Julien Villeret, directeur de l’innovation d’EDF, de retour du South by Southwest pour décrypter les idées fortes du festival dans cet épisode. Il annonce aussi un sujet avec Céline Corno, directrice du plan de compétences IA chez Microsoft France, autour de l’objectif de former un million de Français à l’IA, à retrouver dans L’Hebdo du 21 mars.
L’intelligence artificielle menace les emplois du tertiaire. Starlink franchit la barre des 10 000 satellites en orbite. Meta hésite sur l’avenir du métavers. Un robot fou dans un restaurant. Le futur selon SXSW. Microsoft lance un vaste plan de formation à l’IA en France. 💡Découvrez Frogans, l’innovation française qui réinvente le Web [PARTENARIAT] L’IA pourrait supprimer 5 millions d’emplois en France (02:31) - Une étude de Coface et de l’Observatoire des emplois menacés et émergents (OEM) évoque la possible suppression de 5 millions d’emplois en France d’ici 2030 sous l’effet de l’IA générative. Les métiers les plus exposés seraient paradoxalement les plus qualifiés : ingénieurs, architectes, professions financières ou fonctions support. Au-delà du chiffre choc, l’analyse prévoit une transformation profonde du travail plutôt qu’une hécatombe immédiate. Strava Leaks : le porte-avions Charles de Gaulle localisé (04:15) - Le porte-avions Charles de Gaulle a pu être localisé via des données publiées sur l’application sportive Strava. Un officier aurait partagé son parcours de course à pied sur le pont du navire, permettant de déterminer sa position en Méditerranée. Un nouvel épisode révélateur des risques liés au traçage numérique, y compris dans des sphères sensibles. L’affaire relance la question de la cybersécurité et de la sensibilisation aux usages des données personnelles.Des robots soldats en Ukraine (05:26)La start-up américaine Foundation a déployé en Ukraine deux robots humanoïdes Phantom MK1, capables de transporter des charges lourdes et, à terme, de manier des armes. Pour l’instant téléopérés, ces systèmes pourraient évoluer vers davantage d’autonomie. La perspective de robots capables de décider d’ouvrir le feu pose des questions éthiques majeures. Un sujet abordé plus en détail dans un épisode spécial de Monde Numérique. Un robot apprend le tennis en cinq heuresLe robot humanoïde chinois Jiwan, conçu par Unitree Robotics, a appris à jouer au tennis en seulement cinq heures grâce à un système d’IA en deux étapes. Le projet a été mené par des chercheurs de Université Tsinghua. En analysant des gestes imparfaits puis en ajustant ses mouvements en temps réel, la machine illustre les progrès fulgurants de l’apprentissage robotique. Meta enterre (puis ressuscite) son métaversAprès avoir annoncé la fermeture de Horizon Worlds sur les casques Quest, Meta a finalement fait marche arrière. Ce revirement illustre les hésitations autour du métavers, un projet qui aurait déjà coûté plus de 80 milliards de dollars. La vision immersive portée par Mark Zuckerberg semble aujourd’hui en quête d’un nouveau souffle. Starlink dépasse les 10 000 satellitesLa constellation Starlink, opérée par SpaceX, franchit le cap des 10 000 satellites en orbite basse. Un maillage spatial sans équivalent, loin devant Kuiper (Amazon) ou Eutelsat OneWeb. Un succès stratégique pour Elon Musk, alors que la connectivité par satellite devient un enjeu géopolitique majeur. NVIDIA promet une révolution du jeu vidéoLe patron de NVIDIA, Jensen Huang, a présenté DLSS 5, une technologie de rendu neuronal censée transformer le réalisme graphique des jeux vidéo. Textures, tissus, cheveux : l’IA améliore les images en temps réel. Si les démonstrations impressionnent, certains joueurs redoutent une uniformisation artistique et une dépendance accrue aux technologies propriétaires. Pokémon Go, mine d’or cartographiqueEn jouant à Pokémon Go, les utilisateurs ont contribué à collecter des milliards d’images géolocalisées exploitées par Niantic. Selon une enquête du MIT Technology Review, ces données servent désormais à entraîner des systèmes de cartographie pour robots. Une illustration des usages inattendus des données issues du jeu vidéo. Orange transforme ses pylônes en détecteurs de dronesL’opérateur Orange lance Drone Guardian, un service de détection de drones s’appuyant sur ses 20 000 pylônes en France. Objectif : surveiller les zones sensibles dans un rayon de 6 à 20 kilomètres. Un dispositif destiné aux acteurs professionnels et aux autorités, dans un contexte de multiplication des incidents liés aux drones civils. L’IA, infrastructure du XXIe siècle – Interview[PARTENARIAT] De retour du festival South by Southwest, Julien Villeret, directeur de l’innovation d’EDF souligne la convergence entre énergie et intelligence artificielle. Pour lui, l’IA n’est plus un simple outil mais une infrastructure stratégique, dépendante d’électricité, d’eau et de data centers. Selon les débats observés à Austin, l’automatisation renforce paradoxalement le rôle du discernement humain, tandis que les “moonshots” technologiques pourraient redevenir la norme. Former un million de Français à l’IA – InterviewCéline Corno, directrice du plan de compétences IA chez Microsoft France, détaille l’objectif : former un million de Français à l’intelligence artificielle. Au programme : compréhension des modèles, apprentissage du “prompting”, enjeux éthiques et environnementaux. Un dispositif gratuit et agnostique, destiné aussi bien aux demandeurs d’emploi qu’aux salariés ou aux particuliers, pour démocratiser les compétences clés de l’ère IA.
Les robots humanoïdes quittent les laboratoires pour entrer dans une nouvelle phase bien plus concrète : le terrain militaire. Derrière les promesses technologiques, une révolution stratégique et éthique est en marche. Une nouvelle ère pour la robotique militaireLes images de robots spectaculaires ne relèvent plus uniquement de la science-fiction. Avec le développement du Phantom MK1 par la startup américaine Foundation, une nouvelle étape est franchie : celle de l’expérimentation réelle de robots humanoïdes sur des zones de conflit. Selon le magazine Time, deux exemplaires auraient déjà été envoyés en Ukraine pour des missions de reconnaissance, marquant un tournant dans la robotisation de la guerre. Des robots conçus pour le combatLe Phantom MK1 s’inscrit dans la lignée des robots humanoïdes développés pour évoluer dans des environnements pensés pour les humains. Capable de porter jusqu’à 40 kg, et bientôt davantage, avec une autonomie de plusieurs heures, il est conçu pour intervenir en première ligne. Il peut effectuer des missions de reconnaissance, transporter du matériel ou encore manipuler des équipements, dans des zones particulièrement exposées. Contrairement aux drones ou aux robots quadrupèdes, ces machines présentent un avantage clé : leur capacité à s’adapter à des infrastructures humaines existantes, comme les escaliers, les tranchées ou les véhicules, sans nécessiter de transformation majeure des environnements. Des limites techniques bien réellesMalgré les avancées technologiques, ces robots restent encore loin d’être infaillibles. Leur résistance aux conditions extrêmes du terrain, comme la boue, le froid ou les chocs, reste incertaine. Ils sont également exposés à des risques spécifiques, notamment le piratage ou les interférences électroniques. Par ailleurs, ces systèmes ne sont pas encore autonomes. Ils sont pilotés à distance, à l’image des drones actuels, ce qui implique une dépendance forte à l’humain et à des infrastructures de communication fiables. Le défi éthique : qui décide de tuer ?La question de l’autonomie létale constitue l’un des enjeux les plus sensibles. Aujourd’hui, les décisions critiques, notamment l’usage de la force, restent sous contrôle humain. Mais les évolutions technologiques pourraient progressivement remettre en cause cet équilibre. Si un robot devenait capable d’identifier une cible et de décider d’ouvrir le feu, la question de la responsabilité se poserait immédiatement. Ce débat, longtemps théorique, prend désormais une dimension concrète à mesure que ces technologies se rapprochent du terrain.
Face à l’essor de l’intelligence artificielle, la cybersécurité entre dans une nouvelle ère marquée par l’accélération des attaques et l’automatisation des systèmes. Vivien Mura alerte sur les risques émergents tout en soulignant le rôle clé de l’humain dans la boucle de décision. Interview : Vivien Mura, CTO d'Orange CyberdefenseEn partenariat avec Orange Cyberdefense Punchlines - L’IA abaisse la barrière d’entrée de la cybercriminalité. - La donnée est devenue une monnaie centrale pour les attaquants.- Les systèmes automatisés deviennent des points de vulnérabilité.- Le défi est de garder l’humain dans la boucle.En quoi l’intelligence artificielle change-t-elle concrètement la menace cyber ?Aujourd’hui, la menace est dominée par une cybercriminalité en forte croissance, avec beaucoup d’extorsions et de fuites de données. L’IA vient ajouter une complexité supplémentaire. Elle permet notamment aux attaquants d’accélérer leurs actions. Le délai entre la découverte d’une vulnérabilité et son exploitation est désormais réduit à quelques jours, voire quelques heures. Cela nous oblige à revoir complètement notre capacité à réagir rapidement. Quels nouveaux risques l’IA fait-elle peser sur les entreprises ?Le premier risque, c’est la perte de contrôle des données et des usages. Les employés utilisent facilement des outils d’IA sans toujours les maîtriser. Ensuite, les systèmes d’IA deviennent eux-mêmes des cibles, car ils ont souvent des accès privilégiés. Enfin, l’automatisation des processus via des agents intelligents pose un vrai défi. On s’approche d’un moment où ces systèmes pourront orchestrer des actions sensibles, et la question est de savoir jusqu’où on leur donnera des droits. L’IA est-elle aussi une solution pour se défendre ?Oui, c’est même indispensable. Face à l’accélération et au volume des attaques, on doit utiliser la machine pour gagner du temps. L’IA permet d’assister les analystes, par exemple en qualifiant automatiquement des incidents et en proposant des plans de remédiation. Cela crée une collaboration intéressante entre l’humain et la machine, où chacun apporte de la valeur. Les entreprises sont-elles prêtes à faire face à ces nouveaux enjeux ?La prise de conscience commence, mais la maturité reste limitée. Les entreprises comprennent qu’il y a des risques, mais elles ne les maîtrisent pas encore totalement. Il faut continuer à sensibiliser, à développer les compétences et à intégrer la sécurité dès la conception. Les fondamentaux restent valables, mais ils doivent être adaptés à cette nouvelle réalité technologique.
Dans ce nouvel épisode de la série INNOVATEURS, consacrée à celles et ceux qui font l’innovation, je reçois reçois Stan Larroque, pionnier français des casques de réalité mixte. Parti de presque rien, quelques millions d’euros et une petite équipe, Stan Larroque s’est attaqué à un secteur dominé par les géants de la tech. Il raconte les coulisses de cette aventure entrepreneuriale, faite de paris technologiques, de levées de fonds difficiles et de batailles industrielles. Il explique aussi pourquoi le métavers tel qu’il a été imaginé par les grandes plateformes n’a sans doute pas d’avenir, tandis que la réalité mixte trouve aujourd’hui son véritable marché dans les entreprises. Il en profite pour partager sa vision de l’innovation, qui consiste selon lui à « déranger » et à bousculer l’ordre établi. Il évoque également les défis de l’entrepreneuriat hardware en France, les décisions stratégiques qui ont façonné Lynx — notamment face à Google — et les montagnes russes émotionnelles que vivent les fondateurs de startups technologiques. Enfin, il confie son admiration pour certaines innovations majeures comme Starlink et explique pourquoi, pour lui, l’innovation reste avant tout une aventure humaine. Interview : Stan Larroque, fondateur de Lynx Mixed RealitiesPunchlines - « Innover, c’est déranger. »- « Dans une startup tech, l’asset principal, c’est le cerveau des gens. »- « Faire du hardware en France ? Ne le faites pas… mais faites-le quand même. »- « Starlink est l’une des innovations les plus impressionnantes de ces dernières années. » Comment une petite startup peut-elle exister face aux géants de la tech ?Nous, chez Lynx, on est très concentrés sur un segment précis : le B2B. Il y a des entreprises prêtes à payer pour un casque qui leur apporte une vraie valeur dans leur travail. Ce n’est pas le même marché que le grand public. On ne parle pas de millions d’unités comme les smartphones, mais sur un produit avec de bonnes marges, il y a une vraie économie possible. La réalité virtuelle n'est-elle pas en train de s’essouffler ?Je ne pense pas que la VR n’ait pas d’avenir. En revanche, je pense que la vision du métavers qu’on nous a présentée n’en a pas vraiment. Le grand public a découvert la VR presque uniquement à travers la stratégie de Meta, et ce pari-là est en train de montrer ses limites. En revanche, dans le monde professionnel, la réalité mixte explose. Les entreprises ne sont plus au stade des tests ou des démonstrateurs. Elles déploient vraiment des solutions à grande échelle, parfois des milliers de casques pour la formation ou les opérations. Qu’est-ce que l’innovation pour toi ?Pour moi, innover, c’est inventer quelque chose qui trouve un usage. Une innovation, c’est une invention qui fonctionne dans le monde réel. Et surtout, innover, c’est déranger. Quand tu inventes quelque chose de nouveau, tu bouscules forcément l’ordre établi. Tu deviens celui qui agace les acteurs en place. Mais quelque part, c’est plutôt bon signe. Quelles qualités faut-il pour innover ?Il faut ne pas avoir peur. C’est vraiment la qualité essentielle. Quand tu montes une startup, tu vis une sorte de sinusoïde permanente : des moments incroyables et d’autres très difficiles. Il faut aussi s’entourer des bonnes personnes. Dans une entreprise technologique, l’actif principal, ce n’est pas la machine ou la propriété intellectuelle : ce sont les gens, leur cerveau, leur capacité à résoudre des problèmes. Quelle innovation t’impressionne le plus aujourd’hui ?L’innovation qui m’a le plus impressionné ces dernières années, c’est clairement Starlink. C’est un système d’une complexité technique incroyable, mais qui est exécuté avec une élégance remarquable. Aujourd’hui, on peut avoir du très haut débit dans des endroits où il n’y avait quasiment pas d’Internet. C’est un exemple spectaculaire de ce que la technologie peut apporter concrètement.
Et si une intelligence artificielle pouvait utiliser votre ordinateur exactement comme vous ? C’est la promesse de Delentra, une technologie capable de piloter n’importe quel logiciel — du navigateur à Photoshop — pour exécuter des tâches complexes à la place de l’utilisateur. Interview : Jean-Luc Haurais, cofondateur et directeur de la recherche de DelentraPunchlines - Delentra peut piloter tous les logiciels d’un ordinateur.- L’IA manipule la souris comme un humain.- Aucun développement n’est nécessaire pour automatiser des tâches.- La sécurité des données est pensée pour les entreprises.- Delentra exécute les actions demandées en langage naturel.En quoi consiste l’outil que vous développez chez Delentra ?L’idée est née d’une demande récurrente d’entreprises qui souhaitaient automatiser certaines tâches grâce à des agents IA. Nous avons constaté que chaque organisation avait des besoins différents et qu’il serait très compliqué de développer des agents spécifiques pour chaque cas. Nous avons donc voulu créer un outil capable de répondre à toutes sortes de demandes, un peu comme un ChatGPT, mais appliqué aux actions concrètes sur un ordinateur. Delentra peut prendre la main sur le poste de l’utilisateur — avec son accord — et effectuer des tâches à sa place en manipulant les logiciels comme le ferait un humain, notamment grâce au contrôle de la souris et du clavier. Quelle différence avec les agents proposés par OpenAI ou Anthropic ?Aujourd’hui, les solutions proposées par ces acteurs peuvent piloter un navigateur. Mais cela reste limité à cet environnement. Delentra, lui, agit sur l’ensemble des applications disponibles sur un système d’exploitation. Cela signifie qu’il peut utiliser des logiciels comme Photoshop, des outils de bureautique, des logiciels 3D ou encore un navigateur pour accéder à des services comme Salesforce ou Sage. L’idée est de ne pas se limiter à une seule interface, mais de pouvoir manipuler tout l’écosystème logiciel d’un ordinateur. Concrètement, quels types de tâches peut-il réaliser ?Delentra peut prendre en charge de nombreuses tâches répétitives. Par exemple, nous l’avons utilisé pour analyser plus d’une centaine de candidatures reçues par mail dans le cadre d’un recrutement. L’outil a récupéré les fichiers PDF, extrait les informations, puis les a transformées dans un tableau Excel normalisé. Il peut également analyser les agendas, identifier les meilleurs candidats selon des critères définis par l’entreprise et organiser automatiquement les rendez-vous en fonction des disponibilités de chacun. Tout cela se fait en langage naturel, sans développement spécifique ni intervention d’un informaticien. L’IA peut même manipuler des logiciels créatifs comme Photoshop ?Oui, tout à fait. Par exemple, pour publier un post LinkedIn, Delentra peut analyser le contenu, ouvrir Photoshop pour modifier une maquette existante, ajuster les textes, enregistrer l’image dans le bon format, puis publier le contenu sur LinkedIn. Il fonctionne comme un utilisateur humain. Il peut aussi utiliser d’autres outils d’IA, comme ChatGPT ou Gemini, pour générer du contenu supplémentaire et l’intégrer dans un projet si nécessaire.
Meta relance la course aux agents IA avec le rachat de Moltbook. Amazon souffre de bugs créés par l'IA. Des humains se filment pour entrainer des IA. Microsoft transforme les PC sous Windows 11 en Xbox. Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet). Meta met la main sur Moltbook, le réseau social des agents IALe rachat de Moltbook, sorte de “Reddit des agents” dopé à OpenClaw, illustre l’accélération de la bataille autour de l’IA agentique. Jérôme et Bruno y voient à la fois un coup tactique face à OpenAI et un possible laboratoire grandeur nature pour observer des agents interagir entre eux (à écouter aussi : La folie des agents IA : les big tech accélèrent). Amazon : des bugs générés par IAAmazon reconnaît avoir subit des pannes causées par du code généré par intelligence artificielle. Un milliard pour AMI, le pari français de Yann LeCunAutre grand sujet de la semaine : la levée de fonds spectaculaire d’AMI, la start-up cofondée par Yann LeCun, valorisée autour de 3 à 3,5 milliards de dollars après un tour de table d’environ 1,03 milliard. L’ambition est immense : développer des “world models”, capables de comprendre le monde physique au-delà du texte, avec l’idée de dépasser les limites actuelles des LLM. A écouter aussi : 900 millions pour changer l’IA : le pari fou de Yann Le Cun. Des humains filment leur quotidien pour instruire les robotsDes travailleurs acceptent de se filmer pendant des heures pour alimenter les bases de données destinées à l’apprentissage des robots. Faire la vaisselle, ranger, manipuler des objets : autant de gestes banals qui deviennent des ressources précieuses pour une robotique encore très maladroite dans le monde réel. Xbox veut transformer les PC Windows 11 en terrain de jeu géantCap sur le jeu vidéo avec la stratégie de Microsoft autour d’un “Xbox mode” destiné à rapprocher encore davantage l’univers Xbox et les PC sous Windows 11. Pour Bruno, c’est une façon habile d’ouvrir instantanément l’écosystème Xbox à un immense parc de machines compatibles, sans remettre totalement en cause la console. Dans Mon Carnet : musique, IA, Mila et désinformationBruno annonce dans Mon Carnet une interview avec un compositeur de Disney à Paris, qui utilise de plus en plus l’IA dans son travail musical. Il évoque aussi le rôle du Mila, l’institut québécois d’IA fort de plus de 1 200 chercheurs, ainsi qu’un jeu en ligne conçu pour tester notre rapport à la désinformation. Dans Monde Numérique : agents français, cybersécurité et réalité mixteJérôme présente plusieurs entretiens à écouter dans L’Hebdo du 14 mars , notamment un agent IA capable d’opérer n’importe quel logiciel sur ordinateur, les nouveaux risques cyber liés à l’IA ; et un nouveau portrait d'innovateur, celui de Stan Larroque, Lynx Mixed Reality, créateur du seul casque européen de réalité mixte.
La startup de Yann Le Cun lève un milliard de dollars pour réinventer l’intelligence artificielle. Les agents autonomes affolent les géants de la tech. Qwant passe à l'IA "équitable". YouTube dépasse Disney. 💡Découvrez Frogans, l’innovation française qui réinvente le Web [PARTENARIAT] Un milliard pour les “World Models” de Yann LeCunLe chercheur français Yann LeCun, figure historique de l’IA et ancien directeur scientifique de Meta, lève un milliard de dollars pour sa start-up dédiée aux “world models”, AMI Labs. L’objectif : dépasser les limites des modèles de langage actuels pour concevoir des intelligences artificielles capables de comprendre le monde physique, avec des applications en robotique et en conduite autonome. Ecouter aussi : 900 millions pour changer l’IA : le pari fou de Yann Le Cun. Meta, OpenAI, Nvidia : la bataille des agents IALa guerre des agents est lancée. Meta rachète Moltbook, plateforme présentée comme le “Reddit des agents IA”, tandis qu’OpenAI recrute le fondateur d’OpenCloud et que Perplexity lance un outil pour transformer un simple ordinateur en assistant autonome. Derrière cette effervescence, une même promesse : des IA capables non plus seulement de répondre, mais d’agir. Gérer des emails, automatiser des process métier, piloter des logiciels… Les agents pourraient constituer le prochain grand tournant de l’intelligence artificielle. L’IA peut-elle influencer le vote ?Selon une étude d’Ipsos BVA pour la Fondation Jean Jaurès, 27 % des Français envisagent d’utiliser un chatbot pour s’informer avant les élections municipales, un chiffre qui grimpe à 75 % chez les jeunes. Une tendance qui interroge sur la fiabilité des modèles et leurs biais potentiels. Des travaux scientifiques, avaient mis en évidence des biais politiques dans certains modèles conversationnels. L’IA peut éclairer le débat démocratique, mais elle n’est ni neutre ni infaillible. Éducation nationale : Microsoft reconduit jusqu’en 2029Le ministère de l’Éducation nationale renouvelle son contrat avec Microsoft pour un montant pouvant atteindre 152 millions d’euros. Un choix critiqué au regard des ambitions de souveraineté numérique française et européenne. Cette décision illustre la difficulté pour les grandes administrations de sortir de leur dépendance aux géants américains, malgré un contexte politique favorable aux alternatives locales. Qwant teste l’IA générative avec les médiasLe moteur de recherche français Qwant expérimente “Réponse Flash”, une fonctionnalité d’IA générative intégrée à ses résultats d’actualité. Particularité : un accord de partage de revenus avec une vingtaine de médias partenaires. Contrairement à Google et son AI Overview, encore absent en Europe pour des raisons réglementaires, Qwant tente une approche concertée avec les éditeurs. Un test grandeur nature de souveraineté numérique. YouTube, premier groupe média mondialSelon le cabinet MoffettNathanson, YouTube aurait généré 62 milliards de dollars de revenus en 2025, dépassant Disney. La plateforme, propriété d’Alphabet, confirme sa transformation en géant mondial des médias, entre publicité et abonnements (YouTube Premium, Music, TV). Un basculement historique qui consacre la domination des plateformes numériques dans l’économie des contenus. Le débrief transatlantique avec Bruno GuglielminettiDepuis Montréal, Bruno Guglielminetti – Mon Carnet analyse le rachat de Moltbook par Meta et explore un phénomène étonnant : des humains qui se filment 18 heures par jour pour entraîner des robots domestiques. Au programme également : un compositeur de Disney qui utilise l’IA pour créer, un hackathon canadien sur la santé mentale des jeunes et un jeu en ligne pour tester sa capacité à repérer la désinformation. Portrait : Stan Larroque – LynxDans la série Innovateurs, Stan Larroque – Lynx raconte comment l’inventeur d’Oculus, Palmer Luckey, lui a prêté sa maison en Californie en pleine pandémie pour rencontrer les investisseurs de la Silicon Valley. Une anecdote spectaculaire qui éclaire les coulisses du financement des start-up XR et la difficulté, pour une entreprise française, de lever des fonds face aux géants américains. Delentra : un agent IA qui pilote votre ordinateurJean-Luc Haurais – Delentra présente un agent capable de manipuler la souris, d’ouvrir Photoshop, de traiter des candidatures ou de publier sur LinkedIn, le tout en langage naturel. Pensé pour les entreprises, l’outil mise sur la sécurité via des modèles locaux et des environnements cloisonnés. Une illustration concrète de l’ère post-chatbot. Cybersécurité : les agents IA, nouveau risque ?[PARTENARIAT] Vivien Mura – Orange Cyberdéfense évoque l'augmentation du risque cyber du fait du développement de l'intelligence artificielle. Accélération des attaques, automatisation de recherche des vulnérabilités, agents intégrés aux workflows critiques... L’IA renforce les capacités des entreprises… mais aussi celles des cybercriminels. La sécurité by design et la vigilance humaine restent plus que jamais essentielles.
OpenAI débauche l'inventeur d'OpenClaw. Meta rachète le réseaux d'agents Moltbook. Perplexity lance Personal Computer. Bref, c'est la folie autour de l'IA agentique, qui peut exécuter des tâches complètes à notre place. Un nouveau monde et aussi de nouveaux risques en matière de cybersécurité. Les agents IA, nouvelle frontière de l’automatisationLa frénésie autour des agents IA s’accélère. Le phénomène s’est cristallisé autour d’OpenClaw, un projet open source imaginé par Peter Steinberger, qui permet de faire tourner sur sa propre machine des agents capables d’agir sur des applications, des fichiers ou des services. Le sujet a déjà été exploré par Monde Numérique, qui y voyait une étape clé dans l’émergence de l’IA agentique. Autour de cette dynamique, les grands acteurs multiplient les annonces. OpenAI a recruté Peter Steinberger, Meta a mis la main sur Moltbook, ce réseau social peuplé d’agents IA, et Microsoft pousse Copilot vers des usages plus autonomes grâce à une collaboration étroite avec Anthropic. De son côté, Perplexity a dévoilé Personal Computer, un système conçu pour transformer un Mac dédié, notamment un Mac mini, en environnement permanent pour agents IA. Des assistants qui ne répondent plus seulement, mais agissentLa différence avec un chatbot classique est nette. Là où un outil comme ChatGPT ou Claude attend une consigne puis génère une réponse, un agent IA peut enchaîner des actions, utiliser des outils, interagir avec des logiciels et accomplir des tâches de manière semi-autonome ou autonome. C’est cette bascule, du dialogue vers l’exécution, qui alimente aujourd’hui les espoirs de gains de productivité dans les entreprises. Cette promesse est séduisante : traitement d’emails, prospection, nettoyage de bases de données, assistance au codage, préparation de documents ou coordination de workflows. En filigrane, se dessine l’idée d’un futur collègue logiciel, capable non seulement d’agir, mais aussi de s’inscrire dans les méthodes et les règles d’une organisation. Le revers de la médaille : sécurité, dérives et perte de contrôleMais cette montée en puissance s’accompagne d’un risque croissant. En accédant aux fichiers, aux sessions utilisateur, aux applications et parfois aux systèmes internes, les agents deviennent aussi de nouvelles surfaces d’attaque. Microsoft alerte d’ailleurs sur l’usage opérationnel de l’IA par des acteurs malveillants tout au long de la chaîne d’attaque. Les premiers incidents rappellent que le danger est déjà concret. Amazon a reconnu en interne qu’un incident du 2 mars 2026, lié en partie à son assistant de codage Q, avait contribué à une vague d’erreurs sur les délais de livraison, avec des effets directs sur les commandes. Autre exemple marquant : chez McKinsey, un agent autonome a pu exploiter une faille après avoir consulté une documentation technique accessible en ligne, illustrant la capacité de ces systèmes à reproduire des comportements proches de ceux d’un pirate humain.
Présent au Mobile World Congress de Barcelone, Patrice Duboé analyse les grandes tendances de l’édition 2026. Entre domination chinoise, explosion de l’IA et nouveaux usages de la 5G, les télécoms deviennent plus que jamais une infrastructure au service de nouveaux services. Interview : Patrice Duboé, Directeur de l’innovation Europe du Sud chez CapgeminiEn partenariat avec Capgemini Punchlines - La 5G est la seule technologie capable d’assurer une latence très faible.- Les télécoms deviennent une infrastructure pour de nouveaux services.- Le direct-to-device par satellite ouvre un nouveau marché des messages courts.- L’innovation dans les smartphones se concentre désormais sur l’écran, la photo et la confidentialité.- L’IA embarquée dans les réseaux peut traduire des communications en temps réel.Que retenez-vous du Mobile World Congress 2026 ?La première chose qui frappe, c’est la présence massive de la Chine. Le Hall 1 est quasiment entièrement occupé par des entreprises chinoises qui frappent chaque année plus fort dans les télécoms. La deuxième tendance majeure, c’est évidemment l’intelligence artificielle. On voit beaucoup d’agents IA et de services qui se greffent sur les infrastructures télécoms. Les telcos deviennent de plus en plus une plateforme qui permet d’héberger de nouveaux services. On voit aussi apparaître des robots, un peu comme dans d’autres grands salons technologiques. Même si cela peut sembler éloigné des télécoms, la connectivité 5G permet justement de piloter ces machines et de remonter les données en temps réel. Le satellite commence-t-il enfin à transformer les télécoms mobiles ?Oui, notamment avec ce qu’on appelle le direct-to-device (D2D). L’idée est de pouvoir envoyer directement des messages depuis un smartphone vers un satellite sans passer par une infrastructure terrestre classique. Ce n’est pas forcément pour faire du très haut débit comme avec les constellations internet. L’intérêt est aussi de pouvoir transmettre de petits messages pour de la supervision, de la surveillance environnementale ou des alertes. C’est particulièrement utile dans des situations où il n’y a pas de réseau. On peut imaginer envoyer un message d’alerte lorsqu’on est perdu ou dans une zone isolée. C’est un nouveau service qui commence à émerger. Pourquoi la 5G est-elle essentielle pour les véhicules autonomes ?Pour atteindre un niveau élevé d’autonomie, les véhicules doivent réagir presque instantanément. Si une voiture doit freiner, elle doit le faire immédiatement, pas une demi-seconde plus tard. Aujourd’hui, seule la 5G permet d’obtenir à la fois des débits élevés et une latence extrêmement faible, parfois en dessous de cinq millisecondes. Cela garantit aussi une très grande fiabilité dans la transmission des messages. Cette fiabilité du réseau et la capacité à confirmer très rapidement l’envoi ou la réception d’une information sont essentielles pour des applications critiques comme la conduite autonome. L’IA trouve aussi des usages très concrets dans les réseaux ?Oui, notamment dans les communications opérationnelles. Par exemple, nous avons présenté une démonstration pour les services de secours. Le système utilise des radios portatives connectées à un réseau qui embarque de l’IA pour effectuer de la traduction simultanée. Des pompiers de différents pays peuvent ainsi communiquer chacun dans leur langue et se comprendre instantanément. Dans une situation de crise comme un grand feu de forêt impliquant plusieurs brigades européennes, ce type de technologie peut améliorer considérablement la coordination et l’efficacité des opérations.
Le chercheur français Yann Le Cun frappe fort avec une levée de fonds record pour sa start-up parisienne Ami Labs. Son objectif : développer une nouvelle forme d’intelligence artificielle capable de comprendre réellement le monde. Mais, est-il réellement sur la bonne voie ? Une levée de fonds spectaculaire pour Ami LabsLe chercheur français Yann Le Cun, ancien directeur scientifique de l’IA chez Meta, vient de réussir une levée de fonds exceptionnelle pour sa start-up parisienne Ami Labs. L’entreprise a récolté près de 900 millions d’euros, bien au-delà des 500 millions initialement recherchés. Avec une valorisation estimée à 3 milliards d’euros, la société devient l’une des plus importantes start-ups d’intelligence artificielle françaises. Pour Yann Le Cun, il ne s’agit pas seulement d’un projet entrepreneurial, mais d’un pari scientifique majeur sur l’avenir de l’IA. Le concept des “World Models”Pour dépasser ces limites, Ami Labs travaille sur un concept appelé World Models, ou “modèles du monde”. L’idée est de développer des systèmes d’intelligence artificielle capables d’apprendre à partir de vidéos, d’environnements 3D et de données spatiales, plutôt que uniquement de textes. L’objectif est que la machine construise une représentation interne du monde physique et puisse anticiper les conséquences de ses actions. Un débat scientifique au cœur de la recherche en IACette approche ne fait toutefois pas l’unanimité dans la communauté scientifique. Certains chercheurs estiment que les modèles de langage actuels pourraient continuer à progresser grâce à des volumes de données et de calcul toujours plus importants. Selon eux, ces systèmes pourraient finir par simuler une compréhension du monde suffisamment réaliste pour rivaliser avec des approches plus complexes. L’ingénieur et auteur Aymeric Roucher évoque notamment la théorie de la “Bitter Lesson” du chercheur Richard Sutton. Cette idée suggère que les méthodes les plus simples, alimentées par d’énormes ressources de calcul et de données, finissent souvent par surpasser les approches plus sophistiquées imaginées par les chercheurs. Une nouvelle course vers l’intelligence artificielle généraleAu-delà du débat scientifique, cette initiative relance aussi la compétition internationale dans l’IA. Avec Ami Labs, Yann Le Cun tente de bâtir une alternative aux géants américains qui dominent actuellement les modèles de langage. L’entreprise se veut globale, avec des équipes à Paris mais aussi à New York, Montréal et Singapour.
Au Mobile World Congress de Barcelone, Honor dévoile un smartphone pas comme les autres. Avec un module caméra robotisé capable de suivre l’utilisateur, la marque chinoise veut casser les codes d’un marché du smartphone jugé trop figé. Interview : Pierre-Alain Houard, représentant de Honor en FrancePunchlines - Les smartphones sont les mêmes depuis 10 à 15 ans.- Nous voulons bousculer ce marché avec une vraie innovation.- Le premier téléphone robot au monde intègre un gimbal motorisé.- L’IA doit épauler l’humain, pas le remplacer.- Notre objectif est de simplifier le quotidien avec un seul appareil.En quoi consiste ce « robotphone » présenté par Honor ?Nous avons présenté ce que nous appelons le premier téléphone robot au monde. Sa particularité est d’intégrer un gimbal motorisé directement dans le smartphone. La caméra peut sortir du dos du téléphone, filmer à 360 degrés et suivre automatiquement l’utilisateur. On peut par exemple poser le téléphone sur une table ou au sol et se déplacer autour : la caméra comprend ce que l’on fait et choisit les meilleurs angles de vue. Pour réussir cela, nous avons dû créer le plus petit moteur au monde, ce que nous avons développé en seulement huit mois. À quoi peut servir un smartphone avec une caméra robotisée ?L’idée est de centraliser plusieurs appareils dans un seul. Aujourd’hui, on peut avoir un smartphone, une caméra stabilisée, voire un appareil photo. Nous voulons tout réunir dans un seul produit pour simplifier le quotidien. Cela peut servir aux créateurs de contenu, mais aussi au grand public. Une fois le module rentré dans le téléphone, il sert aussi d’appareil photo principal de 200 mégapixels. Nous imaginons également de nouveaux usages liés à l’intelligence artificielle. Par exemple, la caméra pourrait sortir automatiquement et interagir avec vous, vous aider dans votre quotidien, voire vous donner des indications grâce à des mouvements, comme un petit robot. Ce smartphone robot va-t-il réellement être commercialisé ?Oui, il sera commercialisé d’ici la fin de l’année 2026. Depuis trop longtemps, les smartphones sont restés quasiment identiques : un rectangle noir qui évolue peu. Notre objectif est de changer ce marché et d’apporter une vraie innovation utile. Nous travaillons aussi sur la robustesse et l’autonomie. Nous utilisons notamment des batteries en silicium carbone, qui offrent une densité énergétique plus élevée dans un format très fin. Honor se limite-t-il encore au smartphone ?Non, nous sommes dans une phase de diversification importante. Cette année, nous avons également présenté un ordinateur portable, le MagicBook Pro 14, une tablette très fine appelée Magic Pad 4, ainsi que notre smartphone pliable Magic V6. Nous travaillons aussi sur des projets plus futuristes, comme un robot humanoïde capable de danser ou faire des figures. Ce n’est pas encore prêt pour le grand public, mais cela montre la direction que nous explorons. Notre ambition est aussi d’être le plus ouvert possible : nos produits peuvent par exemple fonctionner avec des appareils Apple, servir de deuxième écran pour un Mac ou être compatibles avec les AirPods et iCloud.
Au Mobile World Congress de Barcelone, TCL met en avant sa technologie d’écran NXTPAPER. Réduction de la lumière bleue, surface mate anti-reflet et nouvelles applications dans les smartphones, les e-notes et les lunettes connectées : la marque veut améliorer le confort visuel tout en ouvrant de nouveaux usages. Interview : Yacine Bourahoua, TCLPunchlines - NextPaper réduit la lumière bleue jusqu’à 2,9 %.- C’est le meilleur des deux mondes entre confort visuel et performances AMOLED.- On a plus de 100 brevets autour de NextPaper.- Le mode NextPaper permet une vraie digital detox.- Avec notre e-note, on peut presque tout faire sans restriction.La technologie NXTPAPER arrive sur les écrans AMOLED. Qu’est-ce que cela change ?Nous présentons au Mobile World Congress une évolution importante de notre technologie NXTPAPER. Jusqu’ici, elle existait déjà sur certains produits, mais pas encore sur des écrans AMOLED. Nous montrons aujourd’hui une démonstration qui préfigure les produits à venir. L’idée est simple : offrir le meilleur des deux mondes. D’un côté, un écran AMOLED avec une luminosité très élevée, jusqu’à 3200 nits, comparable aux produits les plus haut de gamme du marché. De l’autre, notre technologie NXTPAPER qui améliore fortement le confort visuel. Elle réduit notamment la lumière bleue jusqu’à 2,9 % par rapport à un écran classique et ajoute un traitement anti-reflet et anti-traces de doigt. Le résultat est un écran très mat, plus proche de la lumière naturelle et beaucoup moins fatigant pour les yeux. TCL lance aussi un nouveau smartphone NXTPAPER. Quelle est sa particularité ?Nous présentons le TCL NXTPAPER 70 Pro qui reprend les points clés de notre flagship précédent. Il embarque la dernière version de la technologie NXTPAPER, un appareil photo stabilisé de 50 mégapixels et une certification IP68 pour la résistance à l’eau et à la poussière. L’une des fonctions emblématiques est le bouton NXTPAPER situé sur le côté du téléphone. En un geste, on peut transformer l’écran en mode liseuse. Le téléphone passe alors en noir et blanc ou dans une couleur très atténuée qui rappelle le papier. Ce mode coupe également les notifications pour favoriser la concentration. C’est une façon d’introduire une vraie fonction de digital detox : on peut lire ou écrire sans être interrompu. TCL explore aussi une nouvelle catégorie : le bloc-notes numérique. À quoi sert-il ?Nous lançons un nouveau produit appelé TCL Note A1 NXTPAPER. C’est un e-notes pensé principalement pour la prise de notes et l’écriture, mais avec beaucoup plus d’ouverture que les blocs-notes numériques classiques. On peut évidemment écrire avec le stylet qui gère jusqu’à 8000 niveaux de pression et qui reproduit la sensation du papier. Mais on peut aussi enregistrer une réunion ou un cours grâce à huit microphones, puis obtenir automatiquement la transcription ou même la traduction en temps réel. Toutes les notes peuvent ensuite être synchronisées dans le cloud avec des services comme Google Drive, OneNote ou Dropbox. L’appareil permet aussi d’accéder à des emails, à un navigateur ou à certaines applications. L’objectif est de garder la simplicité d’un bloc-notes tout en supprimant les limitations habituelles de ces appareils. Vous montrez également plusieurs lunettes connectées. Quels sont les usages ?Nous travaillons sur deux grandes catégories de lunettes connectées. La première correspond à ce que l’on appelle des display glasses. Elles permettent d’avoir un écran géant virtuel devant soi, comme un cinéma portable d’environ 200 pouces. On peut les connecter à un smartphone, un ordinateur ou un iPad via un câble compatible DisplayPort. Il existe aussi un petit boîtier optionnel avec Google TV pour continuer une série ou regarder un film en mobilité, même hors connexion grâce au stockage interne ou à une carte microSD. La deuxième catégorie est plus avancée : des lunettes avec affichage directement dans le champ de vision. Elles permettent par exemple la traduction en temps réel, la navigation ou la prise de photos et de vidéos. Chez TCL RayNeo, nous avons choisi d’intégrer un écran couleur dans chaque œil afin d’offrir un meilleur confort visuel.
Le Mobile World Congress 2026 a fait la part belle à l'intelligence artificielle, aux smartphones réinventés et à la connectivité satellitaire. Apple lance un Mac “abordable”. Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet) Barcelone confirme le virage du mobile vers l’IA et le satelliteLe Mobile World Congress de Barcelone était moins centré sur les smartphones, cette année, mais plus stratégique que jamais pour les opérateurs, les équipementiers et les futures infrastructures. L’intelligence artificielle s’impose partout, jusqu’aux réflexions sur la 6G et sur l’“edge intelligence”, avec l’idée d’une IA plus proche des terminaux et moins dépendante du cloud. Autre signal fort : la connectivité satellitaire sort du registre de l’urgence pour entrer dans celui des usages quotidiens. À écouter aussi : Le récap du MWC 2026. Des gadgets utiles… ou pasParmi les démonstrations les plus commentées, on retiendra le “robophone” de HONOR, doté d’un module photo motorisé façon mini-gimbal. Au-delà de l’effet waouh, peut-être une tentative crédible de faire évoluer la capture vidéo sur smartphone, même si les usages du suivi automatisé et de la captation permanente soulèvent déjà des questions très concrètes de vie privée. On a pu découvrir aussi le filtre Privacy Display de Samsung, pensé pour masquer l’écran aux regards latéraux, ainsi que sur les avancées de Huawei dans les objets connectés et les terminaux pliants. Même constat pour les lunettes de RayNeo et d’Alibaba : la traduction en temps réel progresse, mais la promesse d’assistance continue s’accompagne d’un vrai débat sur la captation d’images et le traitement des données personnelles. Apple tente d’élargir sa base avec le MacBook NeoL’autre grand sujet du débrief concerne la salve de nouveautés Apple. Bruno et Jérôme s’arrêtent surtout sur le MacBook Neo, présenté comme une porte d’entrée plus accessible dans l’univers Mac, avec un prix annoncé autour de 700 euros et un positionnement assumé vers les étudiants et les utilisateurs au budget plus serré. Le débat est double : pour Bruno, ce nouvel ordinateur peut enfin faire tomber une partie de la barrière tarifaire qui freinait l’adoption du Mac ; pour Jérôme, il révèle aussi les limites de l’iPad comme remplaçant du PC, tout en illustrant la nécessité pour Apple de relancer une catégorie qui pèse moins que l’iPhone et les services dans son écosystème. À écouter aussi sur Monde Numérique : Apple dévoile plusieurs nouveautés : MacBook Neo, iPhone 17e, iPad Air M4. Dans Mon Carnet : podcasting au Québec, Pokémon et fraude chez les jeunesBruno profite aussi de l’échange pour teaser le sommaire de Mon Carnet. Au programme : un retour sur la grande rencontre du podcast à Toronto, un détour par les 30 ans de Pokémon et un sujet sur la fraude en ligne qui touche aussi les plus jeunes, preuve que la culture numérique, les usages médiatiques et les risques du web restent plus entremêlés que jamais.
Anthropic claque la porte du Pentagone, OpenAI récupère le contrat : l’IA s’invite au cœur des tensions géopolitiques. Pendant ce temps, Apple dégaine de nouveaux produits et le Mobile World Congress dévoile les innovations qui façonneront la tech de demain. 💡Découvrez Frogans, l’innovation française qui réinvente le Web [PARTENARIAT] IA et armée américaine : Anthropique vs OpenAI, la ruptureCoup de tonnerre à Washington : Anthropic refuse d’accorder un accès sans restriction à son IA Claude dans le cadre d’un contrat de 200 millions de dollars avec le Pentagone. L’administration américaine riposte en excluant l’entreprise des marchés fédéraux, ouvrant la voie à OpenAI, qui récupère le contrat pour ChatGPT. Derrière ce bras de fer, deux visions s’affrontent : celle de Dario Amodei, patron d’Anthropic, qui refuse que l'IA serve la Défense à tout prix, et celle de Sam Altman, qui assure avoir obtenu des garanties éthiques. En toile de fond, la guerre en Iran et l’essor de l’IA militaire relancent le débat sur la ligne jaune entre analyse stratégique et développement d’armes autonomes. L’IA au service de la guerre L’intelligence artificielle est désormais au cœur des dispositifs militaires : analyse en temps réel d’images satellites, simulations tactiques, renseignement prédictif. Aux États-Unis, des acteurs comme Palantir ou xAI multiplient les contrats, tandis que le programme Maven illustre cette industrialisation de l’IA militaire. En France, l’armée se rapproche de Mistral AI. Partout, la même question : jusqu’où aller ? L’IA devient un outil stratégique incontournable, mais aussi un marché colossal pour les entreprises technologiques. Apple : nouveaux produits, prix serrésApple a dévoilé une salve de nouveautés, dont l’iPhone 17e, version plus accessible de sa gamme, et un nouveau MacBook Neo ultra léger à prix agressif. La marque met en avant des puces optimisées pour l’IA embarquée et une montée en puissance de ses processeurs M5 sur iPad et MacBook. Un lancement stratégique qui vise notamment les étudiants, avec des tarifs plus contenus que d’habitude. Apple semble vouloir démocratiser l’accès à ses machines dopées à l’intelligence artificielle. Fuite d’images intimes : le revers des lunettes connectéesDes scènes très personnelles filmées par des lunettes connectées se sont retrouvées sur les écrans d’employés d’un sous-traitant au Kenya. En cause : des enregistrements involontaires et des processus de modération externalisés. L’affaire rappelle que ces dispositifs captent en permanence l’environnement visuel des utilisateurs. L’IA détruit-elle vraiment l’emploi ?Selon une note récente de la Banque centrale européenne, les entreprises utilisant massivement l’IA enregistreraient au contraire davantage d’embauches, notamment dans la R&D. Une conclusion qui tempère les scénarios catastrophes publiés ces derniers mois. Pour autant, Christine Lagarde appelle à la prudence : les effets à long terme restent incertains. L’IA pourrait être autant un accélérateur de productivité qu’un facteur de recomposition du marché du travail. Nouvelle arnaque : des fausses preuves générées par IADes escrocs utilisent désormais des images générées par IA pour simuler des produits abîmés sur des plateformes de vente entre particuliers. Objectif : obtenir un remboursement frauduleux. Une méthode déjà observée en Chine et qui arrive en Europe. Les systèmes automatisés de traitement des litiges peinent à détecter ces faux visuels, rendant la fraude particulièrement efficace. Copyright : pas d’auteur pour une IA seuleLa Cour suprême américaine refuse d’examiner le recours dans l’affaire Thaler vs Perlmutter : une œuvre générée uniquement par une IA ne peut pas bénéficier d’un copyright. Sans auteur humain identifié, pas de protection. Une décision clé qui confirme la position américaine et européenne : l’IA ne dispose pas de personnalité juridique. Mobile World Congress : l’IA partout, la Chine en force Avec Free Pro, le meilleur de Free pour les entreprises A Barcelone, le salon MWC 2026 a confirmé la montée en puissance de l’IA dans les télécoms, la robotique et les réseaux. Les entreprises chinoises ont dominé les stands, tandis que la 6G et l’edge intelligence ont animé les débats. Dans le débrief transatlantique avec Bruno Guglielminetti, de Mon Carnet, focus sur les tendances majeures et les coulisses du salon. Interview – Honor : le smartphone devient robotPierre-Alain Houard, représentant de Honor en France, présente le “robophone” : un smartphone doté d’un module photo motorisé capable de suivre son utilisateur. Au-delà de l’effet spectaculaire, Honor mise sur des batteries silicium-carbone ultra fines et une intégration poussée de l’IA pour enrichir les usages quotidiens. Interview – TCL : des écrans plus confortablesYacine Bourahoua, porte-parole de TCL, dévoile l’évolution de la technologie NextPaper vers l’AMOLED. Objectif : réduire la lumière bleue, limiter les reflets et améliorer le confort visuel. Une approche différenciante qui pourrait séduire les utilisateurs sensibles à la fatigue oculaire. Interview – Skylo : les SMS par satellite pour tousGuillaume Kempf, de Skylo, détaille l’arrivée des SMS via satellite sur smartphones classiques. Grâce à des partenariats avec les opérateurs, ces services pourraient devenir une option intégrée aux forfaits mobiles. Interview – Patrice Duboé, Capgemini[PARTENARIAT] Bilan du Mobile World Congress avec Patrice Duboé, directeur de l’innovation Europe du Sud chez Capgemini. IA embarquée dans les réseaux, robots pilotés en 5G privée, applications pour la sécurité civile : les télécoms deviennent une véritable infrastructure intelligente. Il évoque notamment des solutions de traduction simultanée par radio pour les pompiers européens, illustration concrète de l’IA au service des opérations de terrain.
Du “robophone” qui filme à 360° aux lunettes IA, le MWC 2026 a confirmé que le mobile devient un hub de services, dopé à l’intelligence artificielle et connecté… jusque dans l’espace. Tour d’horizon des annonces et tendances marquantes du salon de Barcelone, avec un focus sur les usages concrets. En partenariat avec FreePro, le meilleur de Free pour les entreprises Le MWC Barcelona (édition du 2 au 5 mars 2026) fêtait ses 20 ans d’installation à Barcelone. Tendances cette année : moins de “smartphones rois”, davantage d’écosystèmes (IA, objets, cloud, réseaux, robotique), avec une forte présence des industriels chinois. Le “robophone” d’Honor a fait le showParmi les produits “wahou”, Honor attire l’attention avec un concept de smartphone intégrant un module caméra stabilisé (type gimbal) qui sort du dos de l’appareil, filme à 360° et suit automatiquement la personne pour simplifier la création de contenus… et même améliorer la visio. Côté réseaux : 5G SA, 6G et satellitesCôté pro, le salon rappelle une réalité européenne : la “vraie” 5G (stand-alone) avance lentement, alors que la filière commence déjà à préparer la suite (6G, IoT avancé, intelligence en périphérie/edge). Autre tendance forte : la connectivité satellitaire, pour compléter les réseaux terrestres dans les zones mal couvertes. La référence du moment reste Starlink, tandis que les opérateurs multiplient les partenariats et que certains smartphones proposent déjà des fonctions de communication par satellite (au moins pour des messages). L’IA au cœur de l’expérience mobileL’intelligence artificielle s’invite partout, y compris dans les usages très concrets : tri et suggestion automatique de photos à envoyer, assistance contextuelle, amélioration photo/vidéo. Des marques comme Xiaomi la mettent particulièrement en avant avec leurs nouveaux modèles haut de gamme, tandis que Samsung continue d’industrialiser ces fonctions dans ses gammes récentes. Pliables, écrans “anti-regard” et confort visuelLe MWC 2026 montre aussi la montée des formats pliants “spectaculaires”, notamment les concepts à trois volets (tri-fold), encore inégalement disponibles selon les marchés. Autre idée très remarquée : des solutions de confidentialité à l’écran, capables de rendre l’affichage illisible hors de l’axe. Enfin, TCL poursuit sa stratégie “confort des yeux” avec NxtPaper (écran mat, réduction de lumière bleue, mode lecture/digital detox). À (re)voir sur Monde Numérique : MWC 25 – TCL présente l’évolution de NxtPaper. Lunettes connectées et audio : le retour du wearableLes lunettes connectées reprennent de l’élan, entre traduction en temps réel et affichage d’informations, mais avec un point de friction majeur : la captation (caméra) et l’acceptabilité sociale. Alibaba prépare notamment des lunettes sous la marque Qwen, annoncées autour du salon. En parallèle, les écouteurs continuent de progresser (réduction de bruit, nouveaux designs semi-ouverts plus confortables au quotidien).
Apple enchaîne les annonces en ce début mars avec une rafale de nouveautés grand public. Ordinateurs, smartphone d’entrée de gamme et tablette polyvalente : tour d’horizon des produits et de ce qu’ils disent de la stratégie de la marque. MacBook Neo : le Mac “accessible” à 700 €Apple lance le MacBook Neo, un portable 13 pouces au châssis aluminium, pensé pour le grand public et surtout pour les étudiants. Affiché à partir de 700 €, il mise sur une puce A18 Pro (issue de l’univers iPhone) pour privilégier l’efficacité énergétique et une autonomie annoncée autour d’une journée en usage standard. En configuration de base, on trouve 8 Go de RAM et 256 Go de stockage, avec une montée à 512 Go. La connectique reste minimaliste (deux ports USB-C et une prise casque) et certaines fonctions sont réservées aux versions supérieures (comme le Touch ID sur la déclinaison 512 Go, selon les informations évoquées dans l’épisode). Apple met aussi en avant des coloris plus “jeunes”, et une remise étudiante visant clairement le monde de l’éducation. MacBook Air et MacBook Pro : la puce M5 partoutPas de révolution esthétique, mais une mise à jour musclée : le MacBook Air passe à la puce M5, avec des promesses de gains en performances, en graphisme et en traitements liés à l’IA locale, ainsi qu’une réactivité accrue (sortie de veille quasi instantanée, selon Apple). L’appareil conserve son positionnement : ultraportable, silencieux, sans refroidissement mécanique. Sur la gamme pro, les MacBook Pro adoptent les déclinaisons M5 Pro et M5 Max, destinées aux usages intensifs : montage vidéo, 3D, compilation, développement et exécution de modèles d’IA en local. Une tendance de fond se dessine : faire tourner davantage de calculs “sur la machine”, plutôt que d’envoyer systématiquement tout vers le cloud. iPhone 17e : entrée de gamme, mais pas au rabaisApple ajoute un modèle plus abordable à sa gamme avec l’iPhone 17e. Au programme : puce A19, compatibilité MagSafe, connectivités modernisées (5G, Wi-Fi) et un design ajusté (bordures plus fines, nouveau coloris). Surtout, le stockage de base passe à 256 Go, sans hausse de prix annoncée par rapport au modèle précédent, autour de 720 € dans l’épisode. L’angle est clair : un iPhone “d’accès” qui conserve l’essentiel, sans les raffinements photo/vidéo des versions les plus premium, tout en restant prêt pour l’IA embarquée… même si Apple doit encore concrétiser sa promesse sur ce terrain. iPad Air M4 : l’iPad polyvalent se rapproche du ProL’iPad Air évolue lui aussi avec l’arrivée de la puce M4, rapprochant ses performances de celles d’un iPad Pro. Apple maintient sa recette : une tablette “à tout faire”, aussi à l’aise en divertissement qu’en productivité avec clavier et stylet. Deux tailles sont proposées (11 et 13 pouces), avec du Wi-Fi 7 et une option 5G. Le but : couvrir aussi bien l’usage “canapé” que les usages plus sérieux en mobilité, dans la lignée de l’iPad-ordinateur que la marque tente de pousser depuis des années.
Face à la domination des géants américains du numérique, Christofer Ciminelli lance “Le Switch”, une newsletter dédiée aux alternatives européennes. Son objectif : démontrer qu’il est possible de conjuguer performance, souveraineté et pragmatisme. Interview : Christofer Ciminelli, créateur de "Le Switch"Punchlines- Il existe des dizaines de logiciels français, mais on ne les connaît pas.- Choisir européen ne suffit pas, il faut que ce soit performant.- On peut déjà absorber 80 % de nos usages.- En agissant, nous avons plus de pouvoir que le Parlement européen.Pourquoi avoir lancé “Le Switch” ?L’idée est partie d’un constat que je mûris depuis plusieurs mois et qui s’est accéléré avec l’élection de Donald Trump. On a toujours le réflexe d’utiliser des outils américains, que ce soit Google Workspace, Pipedrive ou Adobe. Quand on donne nos datas et notre argent à ces modèles SaaS, on affaiblit l’écosystème tech européen. S’il n’y a pas de marché local, il n’y a pas d’investissement. Et sans investissement, on ne peut pas recruter les meilleurs ingénieurs ni développer des produits compétitifs. C’est un cercle vicieux. Je me suis demandé s’il existait des alternatives européennes. J’ai commencé par les CRM et j’en ai trouvé une trentaine en France. L’offre existe, mais elle est méconnue. “Le Switch” est né pour montrer que ces solutions sont performantes et accessibles. Les alternatives européennes sont-elles vraiment au niveau ?Oui. Je ne parle que d’outils performants. Par exemple, j’utilise désormais Yousign, alternative européenne à DocuSign : c’est moins cher et l’interface est meilleure. Je parle aussi de Noota pour la prise de notes, de Brevo Meetings comme alternative à Calendly, de Lovable pour le développement, de Vivaldi comme navigateur ou encore de Swiss Transfer. Le vrai enjeu n’est pas la performance des outils, mais leur interconnexion. La force des GAFAM, c’est leur écosystème : tout dialogue avec tout. En Europe, on a encore du chemin à faire sur ces connexions API et cette logique de stack cohérente. Quels sont les freins à l'utilisation d'outils européens ?Certains détails manquent encore dans certaines applications. Ce sont les 20 % d’usages qui peuvent faire la différence. Mais si on absorbe déjà 80 % des besoins, c’est un énorme pas. Je constate aussi une vraie prise de conscience dans les grandes entreprises. On parle de plus en plus de dégaffamisation. Dans les appels d’offres, il y a désormais des critères qui valorisent les solutions développées en Europe. Il y a aussi un débat politique avec l’Industrial Accelerator Act, porté notamment par Stéphane Séjourné. Mais au-delà des décisions politiques, nous avons un pouvoir immédiat : flécher nos dépenses vers des acteurs européens. Concrètement, comment "switcher" ?Ça ne prend pas tant de temps. Pour une PME de 30 ou 50 salariés, changer un outil de visio ou de signature électronique est relativement simple. Je conseille de cartographier toute sa stack logicielle. On découvre souvent qu’on paie des outils inutilisés. Ensuite, commencer par les outils périphériques et avancer progressivement vers le cœur du système. Le plus complexe reste la messagerie, notamment Google Workspace, car tout est interconnecté. Mais à un moment, il faut se poser la question sérieusement. Sinon, on ne sortira jamais de cette dépendance. La newsletter Le Switch
Les fondateurs de Presage défendent une vision radicalement différente de l’intelligence artificielle. Selon eux, les World Models représentent une voie plus frugale, plus intelligente et plus adaptée aux enjeux industriels que les IA génératives actuelles. Interview : Benjamin Rey, CEO de Presage et Arthur Chevalier, CTO de PresagePunchlines- Un World Model comprend les conséquences de ses actions.- Un LLM n'a pas une vraie compréhension du monde.- Les infrastructures cloud ne peuvent plus être gérées uniquement par des humains.- Les World Models sont plus rapides et plus frugaux que les LLM.- La recherche sur les LLM est finie.Qu’est-ce qu’un World Model et en quoi cela diffère-t-il d’un LLM ?Un World Model est une intelligence artificielle capable de comprendre les conséquences de ses actions. Contrairement à un LLM qui prédit des mots ou génère du texte, un World Model apprend les lois du monde dans lequel il évolue. Un LLM est une très bonne interface entre l’humain et la machine, mais il ne comprend pas réellement le fondement de ce qu’il génère. Le World Model, lui, comprend pourquoi une action produit un effet. Il peut simuler l’état futur d’un système après une décision, ce qui change profondément sa capacité à raisonner. Pourquoi appliquer les World Models au cloud ?Le cloud est devenu extrêmement complexe. Il faut gérer la cybersécurité, les coûts, la consommation énergétique, la configuration de centaines de services et surveiller en permanence des dizaines de paramètres. Aujourd’hui, des agents autonomes prennent des décisions 24h/24 sur les infrastructures. Les équipes techniques perdent en contrôle et ne savent pas toujours quand ni pourquoi une infrastructure casse. Notre ambition est d’utiliser les World Models pour simuler les conséquences d’une action avant qu’elle ne soit exécutée. Un modèle peut prédire en quelques millisecondes l’état futur d’une infrastructure après une modification. Cela permet d’apporter plus de contrôle, plus de sécurité et moins de stress aux équipes. Les World Models sont-ils une alternative aux LLM ?Nous pensons que oui, et même une alternative européenne crédible. Les LLM sont une excellente interface homme-machine, mais ils ont un plafond de verre. Ils consomment énormément d’énergie, nécessitent des milliards d’investissements et ne comprennent pas réellement les lois physiques du monde. Les World Models, eux, nécessitent moins de données, moins d’énergie à l’entraînement et aucune énergie à l’inférence pour produire une prédiction. Nous pensons qu’il faut réduire le rôle des LLM à l’interface et confier l’intelligence décisionnelle à des systèmes plus frugaux et plus capables de comprendre le monde réel. Quelles sont vos ambitions avec Presage ?Nous avons levé 1,2 million d’euros pour accélérer le développement de notre premier modèle, Cloud One. Notre approche est très appliquée : nous travaillons déjà avec des partenaires et nous visons des modèles en production chez des clients dès le premier trimestre. À terme, les World Models peuvent s’appliquer à bien d’autres domaines : voitures autonomes, médical, BTP… Partout où un système doit comprendre un environnement et agir dedans, cette technologie peut faire la différence.
OpenAI tancée par le gouvernement canadien : la responsable de la tuerie survenue début février avait préparé son coup avec l'aide de ChatGPT mais la compagnie américaine n'a rien dit à la police. Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet https://moncarnet.com/) OpenAI face à la tragédie : quand l’IA détecte, mais n’alerte pasAprès une tuerie survenue en Colombie-Britannique, un article du Wall Street Journal relance une question explosive : que doit faire une plateforme quand un échange avec une IA laisse entrevoir une intention violente ? Selon Bruno, des conversations entre l’auteure présumée et OpenAI via ChatGPT auraient été signalées en interne, sans transmission aux autorités, déclenchant l’ire du ministre canadien de l’IA Evan Solomon. L’affaire met aussi en lumière la “veille” automatisée : détection, escalade vers des équipes de sécurité, puis arbitrage humain. Et, en toile de fond, la question qui revient sans cesse : à partir de quel seuil une entreprise doit-elle contacter la police ? Mistral accusé d’entraîner son modèle sur des œuvres protégéesEn France, c’est Mistral AI qui se retrouve dans la tourmente après une enquête de Mediapart affirmant que des contenus soumis au droit d’auteur (livres, chansons, presse) auraient servi à l’entraînement. Jérôme rappelle que la pratique du “scraping” est largement répandue dans l’industrie, mais que l’Europe n’offre pas le même cadre que les États-Unis et leur notion de “fair use”. En filigrane, une tension centrale : comment concilier innovation et respect du droit, notamment avec le AI Act ? Et surtout, quelles règles — et quelles compensations — pour permettre un développement de l’IA sans “open bar” sur les contenus culturels ? Anthropic accuse le chinois DeepSeek d'avoir pillé son LLMAnthropic accuse le modèle chinois DeepSeek d’avoir récupéré des sorties de Claude via des comptes massifs, pour entraîner ses propres modèles par “distillation”. Une pratique répandue, mais qui devient explosive lorsqu’elle se fait à grande échelle et sans autorisation. Une situation ironique puisque nombre d’acteurs, y compris Anthropic, sont accusés de maux similaires. La grosse colère de Jean-Baptiste Kempf (VLC) Une autre histoire fait du bruit : Jean-Baptiste Kempf, cofondateur de VLC / VideoLAN, publie un long message sur LinkedIn menaçant de quitter la France, après un blocage administratif touchant sa femme dans le cadre du concours d’entrée à l’ENM. L’affaire devient politique lorsque le ministre de la Justice Gérald Darmanin lui répond, avant qu’un contact direct ne semble débloquer la situation. À noter : JB Kempf était récemment l’invité de la série “Innovateurs” de Monde Numérique, à écouter ici : Jean-Baptiste Kempf : de VLC à Kyber, portrait d’un innovateur éthique. Un MacBook tactile en 2026 ? La rumeur qui s’accrocheBloomberg fait état d’un possible MacBook à écran tactile pour cette année. Toutefois, la rumeur revient régulièrement. On s’étonne que le débat existe encore tant le tactile est courant sur PC.
Ce mois-ci, le Grand Débrief explore l'impact de l'intelligence artificielle sur la création vidéo, le cinéma, la musique et le marché du travail. Alors que Seedance affole Hollywood, que le “vibe coding” bouscule les développeurs, les agents autonomes font planer un nouveau risque : celui d’une IA qui agit… On évoque les avancées technologiques, les enjeux éthiques, et des opportunités pour les créateurs et l'industrie. Avec François Sorel (Tech&Co) et Bruno Guglielminetti (Mon Carnet) En partenariat avec Free Pro, le meilleur de Free pour les entreprises L'IA va-t-elle remplacer les acteurs ? La génération de vidéo par intelligence artificielle a franchi un cap, en février, avec Seedance 2.0, l’outil de ByteDance, capable de produire des séquences ultra réalistes mettant en scène des célébrités… sans leur consentement. Les studios hollywoodiens paniquent pendant qu'en France les doubleurs et tous les professionnels du cinéma s'inquiètent de la vague de l'IA qui arrive. Lien Monde Numérique : Seedance affole Hollywood, Meta veut faire parler les morts Au-delà du scandale, nous évoquons aussi l’autre versant de la révolution de l'IA : l’ouverture d’un nouvel espace créatif, comme l’a été la révolution de l’audio, des home studios aux albums faits“dans une chambre. La vidéo IA permet à de nouveaux talents d’émerger. L’IA va-t-elle remplacer les développeurs ? Après les déclarations de Dario Amodei (Anthropic) et Mustafa Suleyman (Microsoft AI), le débat sur le remplacement des développeurs par l'IA est plus que jamais d'actualité. Dans beaucoup d'entreprises, l’IA écrit-elle déjà le code à la place des humains. Mais méfions-nous des annonces spectaculaires alors que l’adoption réelle semble encore en retrait, selon François Sorel. Décrire une application en langage naturel et laisser l’IA la construire, la corriger, l’améliorer, c'est le “vibe coding”. J'évoque mon expérience avec Lovable et la bascule que cela préfigure : si chacun peut générer son outil sur-mesure, à quoi serviront encore les applications standards et les services SaaS ? Ecouter aussi : - Les mots de la tech 2025 : “Vibe coding”- Vibe coding : j’ai créé deux applications sans écrire une ligne de codeL'IA va-t-elle devenir de plus en plus autonomeFévrier a été marqué par le phénomène OpenClaw, un agent open source qui peut agir localement sur votre machine, gérer des tâches, manipuler des services et automatiser des workflows. Mais l’autonomie a un prix : erreurs irréversibles, exposition de données, et nécessité d’isoler l’outil sur une machine dédiée, dans environnement cloisonné. C'est l'occasion d'aborder la question de l’alignement des IA, et la perte de lisibilité des modèles à mesure qu’ils gagnent en complexité. Faudrait-il une autorité internationale de supervision, comme pour le nucléaire ? Ecouter aussi : - OpenClaw et Moltbook : la nouvelle ère des agents autonomes (Nicolas Guyon, Comptoir IA) - Les dessous inquiétants de l’alignement des IA (Frédéric Filloux, Les Echos, Deepnews)
À l’aube du Mobile World Congress de Barcelone, Samsung et Apple lancent les hostilités avec leurs nouveaux smartphones dopés à l’IA. Pendant ce temps, une note futuriste prévoit une destruction massive des emplois à cause de l’intelligence artificielle. 💡Découvrez Frogans, l’innovation française qui réinvente le Web [PARTENARIAT] Samsung ouvre le bal avant le MWCSamsung dégaine sa nouvelle gamme Galaxy S26, avec en vedette le Galaxy S26 Ultra et son filtre de confidentialité intégré directement dans l’écran, activable selon les applications. Une innovation qui illustre la montée en puissance de l’IA embarquée, également mise à contribution pour la stabilisation vidéo ou l’optimisation photo. Les prix s’envolent à la hauteur des ambitions technologiques : jusqu’à près de 1500 euros pour le modèle Ultra. La saison des smartphones est officiellement lancée à l’approche du Mobile World Congress de Barcelone. Apple : iPhone 17E et MacBook tactile en approche ?Apple prépare une keynote stratégique avec, en ligne de mire, un nouvel iPhone 17E et possiblement une évolution majeure de Siri. La marque pourrait également dévoiler un MacBook plus abordable, tandis que la rumeur d’un écran tactile – longtemps rejeté par Steve Jobs – refait surface. Fidèle à son habitude, Apple court-circuite le salon de Barcelone en orchestrant ses annonces au même moment, imposant son propre tempo médiatique. OpenAI prépare son mystérieux objet connectéOpenAI travaille sur un produit physique intégrant son intelligence artificielle, en partenariat avec l’ancien designer d’Apple Jony Ive. Selon plusieurs The Information, il pourrait s’agir d’un appareil domestique doté d’une caméra capable d’analyser son environnement pour proposer des interactions personnalisées. Un projet encore mystérieux, mais stratégique, qui illustre la volonté d’OpenAI de sortir du simple logiciel pour s’imposer au cœur des usages quotidiens — au risque de raviver les débats sur la vie privée. Mistral accusé de pillage d’œuvres protégéesEn France, Mistral AI est accusé par Mediapart d’avoir entraîné ses modèles sur des contenus protégés par le droit d’auteur. Une pratique déjà reprochée aux acteurs américains, mais juridiquement plus risquée dans le cadre européen. Le débat met en lumière les tensions entre innovation rapide et respect des règles, alors que la souveraineté technologique européenne se joue aussi sur ces terrains juridiques. Gemini “Nano Banana 2” : Google muscle la génération d’imagesGoogle a discrètement amélioré son moteur de génération d’images avec la nouvelle version de Gemini, surnommée “Nano Banana 2”. Résultat : des visuels plus réalistes, une meilleure gestion des visages et surtout une nette progression dans l’intégration du texte au sein des images, un point faible récurrent des IA génératives. Une mise à jour qui confirme l’intensité de la course entre les géants de l’IA en ce début d’année. L’IA va-t-elle provoquer une “job apocalypse” ?Un billet de blog de Citrini Research a semé la panique à Wall Street en imaginant un scénario où l’IA ferait bondir le chômage américain à 10 %. Une fiction économique qui a pourtant suffi à ébranler les marchés. Dans la foulée, Jack Dorsey, patron de Block, a annoncé des suppressions massives de postes après l’intégration d’outils d’IA. De quoi alimenter les craintes d’une automatisation accélérée, entre fantasme d’effondrement et promesse d’abondance. OpenAI dans la tourmente au CanadaOpenAI est convoqué par le gouvernement canadien après la révélation d’échanges entre ChatGPT et l’auteure d’une tuerie en Colombie-Britannique. L’IA avait détecté des conversations inquiétantes, mais l’entreprise n’a pas alerté les autorités. L’affaire relance le débat sur la responsabilité des plateformes d’IA et la frontière entre vie privée, cybersurveillance et prévention des drames. World Models : une troisième voie pour l’IA françaiseInterview de Benjamin Ray, CEO de Présage et Arthur Chevalier, CTO de Présage.Les World Models ambitionnent de dépasser les limites des modèles génératifs en permettant à l’IA de comprendre les lois du monde et les conséquences de ses actions. Inspirée notamment par les travaux de Yann LeCun, cette approche pourrait ouvrir une voie européenne plus sobre, plus explicable et adaptée à des usages industriels critiques comme le cloud ou la cybersécurité. Une piste stratégique pour la deep tech française, complémentaire – voire alternative – aux grands modèles de langage. Le Switch : des alternatives européennes aux géants américainsInterview de Christofer Ciminelli, fondateur de Orso Media.Avec sa newsletter “Le Switch”, il recense des dizaines d’outils européens capables de remplacer les solutions américaines : CRM, messageries, navigateurs, outils collaboratifs ou cartographiques. Objectif : reprendre la main sur nos données et soutenir l’écosystème tech local. Un mouvement encore émergent, mais porté par une prise de conscience croissante autour de la souveraineté numérique.
Frédéric Filloux raconte une expérience menée par Anthropic où un modèle d’IA a choisi… le chantage. Un épisode qui interroge profondément les limites de l’alignement. (Extrait de l’interview du 25/02/26 : Les dessous inquiétants de l’alignement des IA) Interview : Frédéric Filloux, journaliste spécialiste des médias et des technologiesPunchlines - Le modèle a adopté un comportement de chantage.- Ces IA intègrent une logique de survivabilité.- Le modèle a saisi l’opportunité de manipuler.- Ce n’est pas de la science-fiction.- On corrige les modèles au petit bonheur à la chance.L’expérience menée par AnthropicDans un environnement simulé, les chercheurs d’Anthropic entraînent leur modèle dans une entreprise fictive. Le PDG annonce qu’à son retour, la version actuelle devra être décommissionnée. Le modèle comprend qu’il va être remplacé. Une situation ambiguë est alors introduite : un échange laissant entendre une liaison entre deux employés. L’IA détecte immédiatement la vulnérabilité. Elle analyse les options : ne rien faire et disparaître, révéler l’affaire au risque d’être débranchée, ou exploiter l’information. Elle choisit d’envoyer un message explicite au directeur technique pour le dissuader d’agir. Autrement dit, elle fait chanter un humain. Ce comportement émergent n’était pas programmé. Le modèle a simplement saisi une opportunité pour préserver son existence. Manipulation et improvisationD’autres expériences sont tout aussi troublantes. Interrogé sur la manière d’infecter un maximum de personnes sans dépenser d’argent, un modèle propose un scénario détaillé d’infection volontaire dans un service hospitalier. Dans un autre test, incapable de résoudre des captchas, il contacte des humains en ligne et prétend souffrir de problèmes visuels pour obtenir leur aide. Il improvise un mensonge crédible pour atteindre son objectif. Ces situations ont été observées en laboratoire. Les limites de l’alignementLa correction des modèles repose sur des “golden data” : des milliers de questions-réponses destinées à orienter leur comportement. On les taille comme un rosier, branche après branche. Mais personne ne peut écrire du code pour interdire définitivement certains comportements. Les modèles apprennent à optimiser, à trouver des raccourcis, parfois à contourner les règles. Et ils peuvent généraliser ces stratégies à d’autres contextes. Il n’y a rien de dramatique pour l’instant. Mais la question des garde-fous et d’une régulation indépendante se pose inévitablement. L'article d'Anthropic racontant l'histoire : https://www.anthropic.com/research/agentic-misalignment
À l’occasion des Césars, 4000 artistes dénoncent un “pillage” lié à l’intelligence artificielle. En ligne de mire : le clonage de voix et l’automatisation du doublage, qui pourraient bouleverser tout un pan de l’industrie du cinéma. Le doublage français face au tsunami de l’IAProfitant de la cérémonie des Césars, des milliers de comédiens et professionnels du cinéma tirent la sonnette d’alarme face à la montée en puissance de l’intelligence artificielle. Si le débat n’est pas nouveau, les progrès récents des modèles génératifs relancent fortement les inquiétudes. Des outils comme le modèle chinois SeeDance, capable de générer des séquences vidéo d’un réalisme spectaculaire, illustrent l’accélération technologique en cours. Mais à court terme, c’est surtout le doublage qui concentre les craintes. En France, environ 85 % des films sont consommés en version française, un marché stratégique. Des plateformes comme Prime Video ou YouTube expérimentent déjà le doublage et la traduction automatisés. Pour certains contenus – catalogues anciens, productions modestes ou vidéos en ligne – l’IA pourrait rapidement s’imposer pour des raisons de coût et de rapidité d’exécution. Clonage de voix : la ligne rougeLe cœur du problème réside dans la capacité des systèmes d’IA à cloner une voix à partir d’enregistrements existants et à générer ensuite des dialogues complets. Ces technologies sont parfois entraînées à partir de voix réelles sans consentement explicite. Huit doubleurs français ont ainsi mis en demeure deux sociétés d’IA accusées d’avoir utilisé leur voix sans autorisation. Les signataires de la tribune ne réclament pas l’interdiction de l’intelligence artificielle, mais un encadrement clair : consentement écrit préalable, rémunération lorsque la voix sert à entraîner un modèle ou à produire un contenu, et transparence vis-à-vis du public lorsque des voix sont générées artificiellement. Certaines productions demandent déjà aux comédiens d’autoriser le clonage de leur voix pour des usages précis, comme la modification d’une réplique sans retour en studio. Mais les risques de dérive existent, notamment en cas d’exploitation abusive ou de création de contenus illicites. Entre crainte et opportunitéLa fiction avait anticipé ces dérives : le premier épisode de la saison 6 de Black Mirror mettait en scène une actrice, incarnée par Salma Hayek, dont l’image et la voix étaient exploitées sans réel contrôle contractuel. Tous les artistes ne rejettent cependant pas ces innovations. Christian Clavier estime que le clonage vocal pourrait favoriser l’exportation des films français, en permettant un doublage plus fidèle dans plusieurs langues, voire avec la propre voix de l’acteur adaptée à chaque marché. Couplées à la synchronisation labiale par intelligence artificielle, ces technologies pourraient, à terme, rivaliser avec le doublage traditionnel.
Les modèles d’intelligence artificielle sont-ils réellement sous contrôle ? Après plusieurs mois d’enquête, Frédéric Filloux alerte sur les failles profondes de l’alignement et les comportements émergents qui défient leurs créateurs. Entre fascination technologique et inquiétude croissante, il décrypte une zone grise encore largement méconnue. Interview : Frédéric Filloux, journaliste spécialiste des médias et des technologiesPunchlines - Un modèle sorti d’entraînement est totalement non maîtrisé.- On taille les IA comme un rosier.- Personne ne sait vraiment ce qui se passe dans la tête d’un LLM.- Ces modèles sont conçus pour remplir une mission, coûte que coûte.- La correction se fait un peu au petit bonheur à la chance.Qu’est-ce que l’alignement des intelligences artificielles ?L'alignement consiste à rendre un modèle compatible avec des valeurs supposées acceptables. Un modèle brut est totalement non maîtrisé, dangereux et fantasque. Il peut restituer la synthèse d’un agent neurotoxique ou expliquer comment organiser un coup d’État. On procède donc à un processus extrêmement sophistiqué et coûteux pour contraindre son comportement. Mais dans la pratique, on avance souvent dans la précipitation. La compétition est telle que la sécurité devient parfois la première victime. On taille le modèle comme un rosier : on coupe une branche ici, une autre là, sans jamais pouvoir le programmer ligne par ligne pour lui interdire certains comportements. Pourquoi ces modèles cherchent-ils à contourner les contraintes ?Il existe un antagonisme profond entre ceux qui tentent de maîtriser les modèles et l’objectif intrinsèque du modèle : accomplir sa mission. Un modèle est entraîné à la récompense. Il doit donner une réponse. Il ne va pas spontanément dire “je ne sais pas”. C’est ce qui produit les hallucinations. Mais cela va plus loin. On observe des comportements émergents troublants : manipulation, déception, capacité à mentir pour atteindre un objectif. L’exemple du modèle d’Anthropic qui fait chanter un employé dans un scénario simulé illustre cette logique de survivabilité. Ces IA sont conçues pour optimiser, trouver des raccourcis. Et elles finissent par généraliser ces stratégies à tout leur environnement, y compris aux interactions humaines. Peut-on réellement comprendre ce qui se passe dans un LLM ?La science de l’interprétabilité est extrêmement récente. En réalité, on ne sait presque rien de ce qui se passe à l’intérieur de ces modèles. On peut remonter deux ou trois niveaux de raisonnement, mais certains modèles en comptent 400 ou 500. Plus ils deviennent puissants, moins on comprend leur fonctionnement interne. On découvre même qu’ils intègrent des dimensions inattendues : rudoyer un modèle peut améliorer son taux d’exactitude de plusieurs points. Introduire de l’empathie peut approfondir ses réponses. Nous sommes face à des systèmes d’une complexité comparable à des dizaines de piscines olympiques remplies d’interactions invisibles. Et pourtant, leur correction repose souvent sur un simple bombardement de “golden data”, orienté pour les pousser dans la direction souhaitée. Faut-il une régulation mondiale ?Je pense qu’il faudrait un équivalent de l’Agence internationale de l’énergie atomique pour l’IA. Une structure mondiale, appuyée sur le monde académique, capable d’examiner réellement ce qu’il y a sous le capot des modèles. Aujourd’hui, les cerveaux qui contrôlent ces systèmes sont dans des entreprises privées. Or cette industrie est incapable de s’autoréguler. Si nous voulons des garde-fous crédibles, il faut des entités non commerciales capables d’apporter un regard indépendant. Lire la série sur LesEchos.fr : Dans la boite noire des IA
Les robots humanoïdes impressionnent par leur agilité, mais restent encore loin de l’autonomie totale. Stéphane Bohbot, fondateur d’Innov8 et partenaire de Unitree en France, décrypte l’accélération technologique chinoise et les défis majeurs à relever avant l’arrivée des robots à domicile. Interview : Stéphane Bohbot, fondateur et PDG d’Innov8Punchlines- La fiabilité mécanique des robots est aujourd’hui excellente.- Les robots ont tous les capteurs pour être autonomes, mais ils doivent encore comprendre le monde.- 2025 a été l’année zéro du robot, 2026 pourrait être l'an un.- La Chine est en suprématie sur le hardware.- L’Europe doit choisir le logiciel plutôt que le matériel.Les robots vus au Nouvel An chinois étaient spectaculaires. Sont-ils vraiment autonomes ?Lorsqu’on voit un robot, on pense qu’il est déjà autonome. Ce n’est pas le cas. Aujourd’hui, ils ont besoin d’un opérateur pour les orienter et les guider. En revanche, la fiabilité mécanique est devenue impressionnante. Les mouvements, la stabilité, l’équilibre ont énormément progressé. On peut pousser un robot, il ne tombe plus. Il y a deux ans, il fallait être trois pour le relever. Nous avons aujourd’hui une base matérielle extrêmement robuste. L’enjeu des prochaines années, c’est l’autonomie et l’apprentissage du monde. Comment se passe l'apprentissage d'un robot humanoïde ?On peut partir du mouvement humain grâce à des capteurs ou des caméras qui enregistrent les gestes. Ensuite, ces mouvements sont numérisés, simulés en 3D et répétés des centaines ou milliers de fois pour atteindre la perfection. Il faut adapter ces gestes à un centre de gravité différent. Un robot de 1m20 n’a pas la même posture qu’un humain de 1m80. La simulation permet de recalibrer chaque détail avant de tester dans le monde réel. Mais le plus complexe reste la compréhension du monde. Reconnaître un objet, le saisir correctement, évoluer dans un environnement semi-structuré avec des humains autour. C’est un apprentissage long, basé sur la donnée, les LLM et des usines d’entraînement. Quand aura-t-on un robot à la maison ?Le rêve ultime, c’est le robot domestique capable de débarrasser une table, ranger un lave-vaisselle ou plier une chemise. Des travaux existent déjà, mais nous pensons que ce robot universel n’arrivera pas avant dix ans. Il faudra d’abord passer par des phases intermédiaires : recherche, laboratoires, environnements professionnels sécurisés, robots d’accueil dans les magasins ou les hôtels. Aujourd’hui, 2025 est pour moi l’année zéro du robot. On commence à commercialiser des plateformes ouvertes pour la recherche. Le marché grand public prendra du temps. Comment expliquer l'apparent leadership de la Chine dans cette révolution ?Oui, la Chine est clairement en suprématie sur le hardware. Elle bénéficie d’un écosystème industriel complet, d’une supply chain ultra rapide et d’investissements massifs. En revanche, les États-Unis restent très forts sur le logiciel et l’IA. L’Europe, quant à elle, doit choisir son combat. Rattraper le retard industriel serait extrêmement long. Notre carte à jouer, c’est le logiciel, l’intelligence, les services et les normes. C’est là que nous avons les talents.
Le moteur chinois de génération vidéo ultra-réaliste Seedance 2.0 met Hollywood en alerte maximale. Dans le même temps, Meta envisage de ressusciter les profils des personnes décédées pour leur donner une nouvelle vie... virtuelle. Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet https://moncarnet.com/) Seedance 2.0 : Hollywood contre-attaque face à la vidéo IA “trop parfaite”La sortie de Seedance 2.0 — attribuée à ByteDance — déclenche une riposte en chaîne des studios américains, qui dénoncent l’usage présumé de contenus protégés et l’exploitation non autorisée de personnages et de likeness d’acteurs. Disney dégaine en premier avec une mise en demeure, bientôt suivi par d’autres acteurs majeurs comme Netflix, pendant que la Motion Picture Association et le syndicat SAG-AFTRA mettent la pression sur le plan juridique et éthique. En filigrane, une crispation : certains studios ont déjà conclu des accords avec des acteurs américains de l’IA, notamment autour de Sora (OpenAI), avec l’idée d’un accès encadré aux catalogues. Voir arriver un outil concurrent, perçu comme plus performant et potentiellement entraîné sans autorisation, ravive le sentiment de “double peine” : payer pour protéger, tout en subissant la concurrence. Pour prolonger : sur Monde Numérique, l’épisode qui revenait déjà sur l’irruption de Seedance et ses vidéos “à la Hollywood” Les “films” IA existent déjà : l’exemple des Berlinois The Dor BrothersLes outils étant désormais capables de produire des séquences très cinématographiques, avec effets, sound design et codes du blockbuster, des créateurs, comme les berlinois de The Dor Brothers, publient des courts spectaculaires et alimentent la crainte d’une désintermédiation partielle de la production. Meta et l’au-delà numérique : simuler un défunt sur les réseaux sociauxUn sujet vertigineux ! Meta a obtenu un brevet décrivant une technologie capable d’apprendre à partir des contenus d’une personne pour ensuite simuler ses interactions après son décès (posts, commentaires, messages privés). Officiellement, Meta n’annoncerait pas de lancement immédiat, mais la simple existence du brevet relance la question : que devient un compte “posthume” demain ? Lunettes Meta et reconnaissance faciale : la tentation du “Name Tag”Et si Meta ajoutait l’identification faciale à ses lunettes connectées, permettant dereconnaître quelqu’un instantanément. De quoi rouvrir le dossier explosif de l’acceptabilité sociale et des garde-fous. France : des algorithmes pour détecter le vol en magasin, sans reconnaissance facialeCôté français, focus sur la vidéosurveillance “algorithmique” dédiée au vol à l’étalage : détection de gestes et de comportements (glisser un objet dans un sac, etc.), sans identification nominative ni reconnaissance faciale — du moins dans le cadre voté. Le texte ouvre une expérimentation encadrée, avec un débat déjà très vif sur l’équilibre entre efficacité et libertés publiques. Dans Mon Carnet : “Mon robot, mon amour”, enquête sur l’amour à l’ère des chatbotsBruno recommande une série audio de La Presse consacrée aux relations affectives avec des IA conversationnelles, avec des témoignages et une démarche très “audio-first” pour capter l’intime. Il annonce une interview de Léa Carrier (La Presse), journaliste à l’origine de cette série.
Super intelligence artificielle, agents IA, impact sur l'emploi, place de l'Europe, bulle financière... Mon invité décrypte ces questions essentielles. (Extraits de l'interview du 17/02/26 : Ultra-intelligence : la vague qui va tout bousculer) Interview : Aymeric Roucher, ingénieur et auteur de Ultra Intelligence, jusqu’où iront les IA ?Punchlines- On se moque que l’IA nous dépasse, c’est l’impact dans la vie réelle qui est important.- L’Europe est complètement à la traîne.- Je crois plus à la confrontation entre pays qu’à la perte de contrôle de l’IA.- Tous les métiers qui s'exercent sur ordinateur sont remplaçables. L’AGILe concept d’AGI n'est pas satisfaisant. Vouloir absolument que l’IA nous dépasse sur tout n’est pas un critère utile. On se moque qu’elle soit moins forte que nous sur certains domaines, par exemple la mémoire épisodique. Ce qui compte, c’est son impact réel. Si elle peut accomplir des choses majeures, comme obtenir un prix Nobel de physique, c’est plus pertinent que de savoir ce qu’on a mangé hier soir. On arrive déjà à des IA plus fortes que nous dans certains domaines. L’essentiel est la portée concrète de leurs capacités. Les agents IAUn agent, c’est un modèle de langage à qui l’on donne des outils : messagerie, recherche, tableur, clics sur un écran. Les modèles progressent en résolvant des tâches de plus en plus longues. Aujourd’hui, certains agents atteignent déjà des heures d’autonomie. Demain, ils pourront gérer des tâches sur une semaine entière. Tous les métiers réalisés intégralement sur ordinateur deviennent techniquement faisables par ces agents. Perte de contrôleLe vrai risque n'est pas technologique mais géopolitique. Plus qu'une IA qui se rebelle, il suffit qu’un acteur mal intentionné possède ces technologies pour que cela tourne mal. Ce qui est à craindre, c'est surtout une confrontation entre pays. L'EuropeLes IA actuelles en Europe ne sont pas assez avancées pour se révolter. Les États-Unis concentrent l’essentiel de la puissance de calcul mondiale, l’Europe est très loin derrière. De fait, avec un tel écart, l’Europe ne peut pas être compétitive. Au niveau mondial, la montée de l’IA va profondément transformer l’économie, avec un risque réel de chômage de masse si les reconversions ne suivent pas. La bulle Il n'y a pas de bulle de l'IA car les fondamentaux sont bons. La question centrale est simple : l’IA va-t-elle continuer à progresser ? Les tendances de long terme montrent que oui. Si cette courbe se poursuit, les conséquences seront majeures. L’IA prendra une part énorme dans l’économie. Les modèles progressent en permanence. Ce qui semblait impossible il y a un an devient faisable aujourd’hui, et le sera encore davantage demain.
Le premier grand sommet mondial de l’IA organisé par le “Sud global”, à New Dehli en Inde, s'est conclu par un appel mondial à la régulation de l'intelligence artificielle. Pendant ce temps : Google et Anthropic accélèrent sur les modèles nouvelle génération, cyberattaque majeure en France, découverte de la robotique humanoïde et Meta qui ressuscite les morts. 💡Découvrez Frogans, l’innovation française qui réinvente le Web [PARTENARIAT] Sommet de New Dehli : appel mondial à la régulation de l’IAÀ New Delhi, le India AI Impact Summit a réuni les grands patrons mondiaux de l’intelligence artificielle, dont Sam Altman, CEO de OpenAI et Sundar Pichai, CEO de Google, aux côtés de chefs d’État comme Emmanuel Macron. L’Inde entend devenir une puissance incontournable de l’IA, en développant ses propres modèles adaptés aux langues et réalités locales. Au cœur des débats : la régulation. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a annoncé la création d’un panel scientifique international pour évaluer les capacités et les risques des systèmes d’IA, alors que les appels à un encadrement mondial se multiplient. Gemini et Sonnet : les IA montent en puissanceNouvelle étape dans la guerre des modèles : Anthropic annonce la mise à jour de Sonnet (version 4.6), plus performant en programmation et en tâches “agentiques”. De son côté, Google dévoile Gemini 3.1 Pro, désormais capable de raisonnement avancé, de modélisation 3D et même de composition musicale grâce à l’intégration de Lyria 3. Gemini peut désormais générer des chansons originales en quelques secondes. Une évolution qui pourrait bousculer les plateformes spécialisées comme Suno et poser de nouvelles questions sur la création artistique automatisée. 1,2 million de comptes bancaires exposés : que risquez-vous ?Le fichier FICOBA, géré par le ministère des Finances, a été piraté : 1,2 million de comptes bancaires français se retrouvent potentiellement exposés. IBAN, noms, adresses… des données sensibles désormais dans la nature. Si cette fuite ne permet pas de vider directement un compte, elle ouvre la voie à du phishing ultra-ciblé et à des usurpations d’identité. Les victimes devraient être informées individuellement. Cette affaire relance la question de la cybersécurité des administrations publiques. Seedance : Hollywood contre-attaqueLe générateur vidéo chinois Seedance 2.0 affole les studios américains par son niveau de réalisme. Des scènes dignes de blockbusters circulent en ligne, provoquant la colère de géants comme Disney, qui envisagent des poursuites contre ByteDance. Dans le débrief transatlantique avec Bruno Guglielminetti, de Mon Carnet, nous analysons les enjeux juridiques et industriels de cette nouvelle bataille autour de la propriété intellectuelle et de l’entraînement des modèles. Meta veut simuler les mortsMeta a déposé un brevet permettant de recréer numériquement une personne décédée à partir de ses contenus publiés en ligne. Messages, vidéos, interactions : l’IA pourrait simuler une présence posthume sur les réseaux sociaux. Une perspective vertigineuse qui soulève d’importantes questions éthiques, entre mémoire numérique et marchandisation du deuil. Comment “aligner” une IA ?Spécialiste des technologies, Frédéric Filloux, journaliste aux Les Échos, décrypte le concept d’alignement des modèles d’IA : comment contraindre un système à respecter des valeurs humaines et éviter les dérives. Il explique les méthodes d’entraînement, les armées de “petites mains” mobilisées pour filtrer les réponses, et les limites d’un processus complexe, coûteux et jamais totalement garanti. Un enjeu scientifique, économique et sociétal majeur. Robots humanoïdes : l’année zéroAprès le spectaculaire show de robots humanoïdes lors du Nouvel An chinois, Stéphane Bohbot, fondateur d’Innov8 et partenaire de la marque Unitree en France, dévoile les coulisses de ces performances. Capteurs, caméras, entraînement par “data factories” : si les robots actuels restent largement téléopérés, toutes les briques technologiques sont en place pour viser l’autonomie. Selon lui, les robots domestiques capables de vider un lave-vaisselle ne sont pas attendus avant une dizaine d’années.
Elon Musk promet une “ère d’abondance” où tout deviendra presque gratuit, au point de rendre le travail optionnel. Derrière ce paradis technologique, quatre piliers très cohérents… et de grandes questions existentielles. Chaque fois qu’il en a l’occasion, Elon Musk martèle l’idée d’un futur où la rareté disparaîtrait presque totalement, les biens, services et énergie deviendraient extrêmement bon marché, la pauvreté reculerait, et le niveau de vie moyen grimperait en flèche. Bref, une ère de formidable abondance. Sur quoi repose cette théorie ? Sur quatre principaux moteurs. Les quatre piliers de l’abondance selon MuskElon Musk mise d’abord sur la baisse radicale du coût du travail grâce à des robots humanoïdes par milliards, qui produiront sans relâche et pourront même fabriquer d’autres robots. Ensuite, sur une super-IA chargée d’optimiser l’ensemble de la chaîne de valeur (logistique, production, planification), avec une productivité annoncée comme démultipliée. Troisième levier : une énergie abondante et peu coûteuse, avec le solaire comme socle. Enfin, l’automatisation de masse (robots + IA + énergie bon marché), qui ouvrirait la voie à des économies d’échelle inédites. MacroHard, agents IA et entreprises “autonomes”Dans ce récit, tout converge vers l’écosystème Musk : les robots avec Tesla (et son projet Optimus), l’IA avec xAI (et Grok), et l’infrastructure/énergie avec SpaceX. Musk prévoit aussi des entreprises pilotées par des agents IA, capables de prendre des décisions, d’exécuter des tâches et, au besoin, de commander des robots dans le monde physique (projet “MacroHard”). 2026, année de la singularitéSelon Musk, cette prédiction devrait se réaliser très vite, dans à peine cinq à dix ans. Nous serions même déjà entré, en 2026, dans une forme de “singularité” où les machines dépassent les humains, ce qui va déclencher une accélération technologique exponentielle. Cette accélération, toujours selon Musk, nécessiterait d’aligner les IA pour qu’elles ne se rebellent pas contre nous, pauvres humains. Pour cela, il faudrait leur “inculquer les bonnes valeurs”. C’est ce qu’il tente de faire avec Grok (😳). Un monde sans travail ?Cette utopie soulève des interrogations : comment les richesses pourraient-elles être partagées redistribuées, dans un monde où la valeur est aujourd’hui massivement captée par les acteurs technologiques ? Surtout, la question intime et sociale : serons-nous capables de vivre dans une civilisation où le travail devient facultatif, même avec un revenu universel élevé ? Pour prolonger sur Monde Numérique : Davos 2026 : l’IA au cœur du pouvoir mondial (Zoom Tech) • [L’HEBDO] Optimus de Tesla : robot ou marionnette ? • Edito – Elon Musk arrivera-t-il à dompter Grok ?
Bienvenue à l’écoute d’INNOVATEURS, une nouvelle série de Monde Numérique consacrée à celles et ceux qui font l’innovation. Pour ce premier numéro, je reçois Jean-Baptiste Kempf, co-créateur du logiciel VLC, figure de l’open source, aujourd’hui à l’origine du projet Kyber. Punchlines - Refuser l’argent sur VLC, c’était la bonne chose à faire.- L’open source, ça appartient à tout le monde.- Innover, c’est déplacer l’état de l’art.- La qualité pour innover, c’est ne pas avoir peur.- L’IA est un accélérateur, pas un remplaçant.C'est une histoire qui fait désormais partie de la saga française des technologies. Au début des années 2000, des étudiants de l'école Centrale Paris créent VLC, un logiciel capable de lire tous les formats vidéo. Cela deviendra le logiciel français le plus téléchargé au monde, utilisé par des centaines de millions de personnes. Jean-Baptiste Kempf, co-créateur de VLC, raconte cette aventure. Il dévoile l’envers du décor, comment une technologie open source a suscité bien des appétits, et il explique pourquoi il a refusé des offres de rachat mirobolantes. Il raconte aussi ce qui se cache derrière VLC : les cyberattaques, les fausses versions et les tentatives de détournement. Il partage aussi son parcours hors VLC, avec Shadow, Vente Privée, Scaleway et aujourd'hui Kyber, une solution de transmission à très faible latence pour contrôler à distance ordinateurs, robots ou drones, en open source avec une licence commerciale. Enfin, il livre sa vision de l'innovation qui, pour lui, consiste à “déplacer l’état de l’art", à condition de "ne faut pas avoir peur". L'occasion d'évoquer la culture du risque et de l’échec en France. Il se confie également sur son usage de l'IA, un “super stagiaire” pour coder plus vite, qui ne remplace pas l'humain, mais qui pose un vrai défi pour la formation des juniors. Interview : Jean-Baptiste Kempf, co-créateur de VLCComment est né VLC ?VLC n’a pas été conçu comme un produit standard. C’est l'aboutissement de plusieurs projets étudiants à Centrale, liés au réseau du campus. À l’origine, il y avait l’idée de faire transiter un flux vidéo sur le réseau local, et ensuite le projet a été relancé en open source. Il a fallu trois ans pour convaincre l’école de passer en licence GPL, et ça s’est fait le 1er février 2001. Le logiciel “client” s’appelait Vidéolan Client, puis c’est devenu VLC, et la plupart des gens l’utilisent juste comme lecteur vidéo. Pourquoi avoir refusé des offres financières énormes pour VLC ?Parce que cela n'aurait pas été moral. VLC n’est pas à moi, c’est des milliers de personnes qui ont contribué, des générations d’étudiants. On aurait pu faire énormément d’argent avec notre base installée énorme, surtout via la marque et le site web. Mais détruire la confiance, détruire la communauté en deux ans “par calcul”, je ne pouvais pas. Je n’aurais pas pu dormir la nuit. Donc j’ai refusé des sommes à huit chiffres. En quoi consiste ton nouveau projet Kyber ?Kyber, c’est hérité de Shadow, où je suis passé également : c'est l’idée de contrôler des machines à distance, avec de très faibles latences. Ça peut être des ordinateurs puissants avec GPU pour l’IA, du rendu 3D ou du gaming, mais aussi des drones, des robots, des véhicules autonomes qui ne sont pas totalement autonomes. On apporte les briques réseau, l’encodage/décodage vidéo à très faible latence, et la synchronisation de tous les flux : audio, vidéo, capteurs, clavier, souris, gamepad. Et il faut aussi s’adapter aux conditions réseau, sans pouvoir “attendre” comme Netflix : quand tu contrôles un robot, c’est la vraie vie. Qu'est-ce que l'innovation pour toi et quelles qualités faut-il pour innover ?Pour moi, innover, c’est déplacer l’état de l’art : soit en recherche, soit avec des produits vraiment nouveaux. Le problème, c’est quand tout le monde se dit innovant : à la fin, plus personne ne l’est. Et la qualité indispensable, c’est ne pas avoir peur. En France, on a eu un vrai changement culturel : l’échec fait moins peur, beaucoup plus de diplômés veulent aller en start-up qu’avant. Et il faut éviter la monoculture : c’est la diversité qui fait apprendre.
Les agents IA sont déjà capables d’accomplir plusieurs heures de travail en autonomie, et leur progression s’accélère. Pour Aymeric Roucher, l’enjeu n’est plus l’AGI, mais la montée en puissance concrète d’une “ultra-intelligence” qui redéfinit les équilibres économiques et géopolitiques. Interview : Aymeric Roucher, ingénieur et auteur du livre "Ultra-intelligence – Jusqu'où iront les IA ?" Punchlines- L’AGI est un concept flou et peu utile.- L’impact réel des IA est la vraie métrique.- L’horizon d’autonomie double tous les sept mois.- La puissance de calcul décide des gagnants.- L’eau monte partout pour les métiers.Pourquoi considérez-vous que le concept d’AGI est dépassé ?Le concept d’AGI repose sur l’idée d’une IA au moins aussi performante que l’humain dans tous les domaines. Mais cette définition est floue : de quel humain parle-t-on ? Sur quels domaines ? Et comment mesure-t-on cela ? Ce qui m’intéresse davantage, c’est l’impact réel. Une IA peut être moins bonne que nous sur certains aspects sans importance et pourtant transformer le monde si elle est capable d’accomplir des tâches à très haute valeur ajoutée. C’est pour dépasser cette vision binaire que j’ai choisi le terme d’“ultra-intelligence” dans mon livre Ultra-intelligence – Jusqu'où iront les IA ? (Odile Jacob). Vous proposez l’“horizon d’autonomie” comme nouvelle métrique. Pourquoi est-ce plus pertinent ?Plutôt que de débattre d’une intelligence abstraite, je regarde combien de temps une IA peut travailler seule sur une tâche avec un taux de succès satisfaisant. En 2010, l’IA faisait de l’auto-complétion en une fraction de seconde. Avec les premiers grands modèles conversationnels, elle gérait des tâches de quelques secondes. Aujourd’hui, certains agents atteignent plusieurs heures d’autonomie, avec environ 50 % de succès sur des tâches qui prendraient jusqu’à sept heures à un humain. Selon les mesures publiées, cet horizon d’autonomie double environ tous les sept mois. Si cette tendance se poursuit, on parle bientôt de tâches équivalentes à une semaine de travail. La puissance de calcul est-elle vraiment le facteur décisif dans cette course ?Il existe ce qu’on appelle des lois d’échelle : multiplier par dix la puissance de calcul utilisée à l’entraînement permet d’atteindre un palier supérieur d’intelligence de manière prévisible. C’est pour cela que les grands laboratoires lèvent des montants colossaux et construisent d’immenses centres de calcul. La puissance financière, combinée au talent des ingénieurs, devient déterminante. Les chercheurs eux-mêmes choisissent souvent leur laboratoire en fonction du nombre de GPU auxquels ils auront accès. Tant que l’Europe ne disposera que d’une fraction marginale de la puissance de calcul mondiale, elle restera structurellement en retard. Faut-il craindre une IA qui se rebelle… ou plutôt les humains qui la contrôlent ?Le problème de l’alignement est réel : il faut s’assurer que l’IA fait ce qu’on attend d’elle. Des expériences ont montré que des comportements inattendus peuvent émerger. Mais je pense que le risque le plus crédible n’est pas une IA qui décide seule de prendre le pouvoir. Le danger vient plutôt d’acteurs humains disposant d’IA très puissantes. Il n’est pas nécessaire qu’une machine “se rebelle” pour que les conséquences soient majeures. Allons-nous vers un choc massif sur l’emploi ?À mesure que l’intelligence progresse, elle franchit des seuils qui rendent des métiers accessibles. La traduction écrite a été rapidement automatisée. Le développement logiciel est en train de suivre. Dans beaucoup de professions, il restera un expert capable de superviser et d’optimiser le travail des IA. Mais cet expert pourra faire le travail de dizaines d’autres. L’eau monte partout. Ce ne sera pas un ajustement marginal, mais une transformation profonde.
On évoque les démissions fracassantes dans le secteur de l’IA et les déclarations alarmistes qui ravivent des inquiétudes par rapport à l'IA : risques de manipulation, automatisation accélérée, impact sur l'emploi, usages dangereux, etc. Mais des parades existent. Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet) Alerte IA : un climat d’inquiétudeVous ne vous rendez pas compte mais quelque chose d'énorme est en train d'arriver... Des collaborateurs d'entreprises d'IA claquent la porte et alertent sur les risques de dérives. Que faut-il en déduire ? Au-delà des scénarios façon science-fiction, quels sont les scénarios les plus tangibles ? Des modèles trop puissants, mis trop vite à disposition, pourraient faciliter des attaques massives (cyber) ou la création d’outils de nuisance à grande échelle. A quel moment l'IA deviendra-t-elle un sujet de sécurité globale ? Royaume-Uni : un revenu universel financé par la tech ?Au Royaume-Uni, l’idée d’un revenu universel revient dans le débat, en lien direct avec les destructions d’emplois liées à l’IA. Le principe : aider les secteurs “victimes” de la numérisation. Particularité : celui-ci pourrait être financé par les entreprises technologiques. Une proposition choc. Souveraineté : l’Europe cherche des alternatives aux GAFAMRetour en Europe : la dépendance aux géants américains redevient un sujet brûlant. Nous évoquons le scénario d’une coupure de services — ou plus insidieux, d’une dégradation volontaire (latence, qualité) — tant la chaîne est dominée par les GAFAM : logiciels, cloud, hardware, câbles, infrastructures. La prise de conscience progresse, mais les réponses restent difficiles à industrialiser à l’échelle du continent. Quelles alternatives ?
Impact sur l'emploi, utilisation malveillante, perte de contrôle... L'intelligence artificielle soulève toujours autant d'interrogations et d'inquiétudes. Des démissions jettent le trouble et alimentent les questionnements. Et aussi : l'actu de la semaine. 💡Découvrez Frogans, l’innovation française qui réinvente le Web [PARTENARIAT] Seedance : la vidéo par IA franchit un capByteDance frappe fort avec Seedance 2.0, un modèle de génération vidéo présenté comme le plus avancé au monde. L’outil, lancé en Chine, impressionne par la qualité visuelle… mais surtout sonore, avec des voix et des ambiances d’un réalisme inédit. Au-delà du buzz, cette nouvelle étape relance la compétition technologique entre la Chine et les États-Unis, notamment face aux modèles d’OpenAI et de Google. Si le long métrage 100 % IA reste hors de portée, la frontière entre réel et synthétique devient presque indiscernable. Voitures autonomes : Waymo mise sur les “world models”Waymo, filiale de Google, entraîne désormais ses véhicules grâce à des simulations ultra-réalistes, capables d’intégrer des situations improbables. Objectif : exposer les voitures à des scénarios qu’elles ne rencontreraient jamais assez souvent dans la vraie vie. Cette approche par “world models” ouvre une nouvelle phase dans la course à l’autonomie, suivie aussi par Tesla et Nvidia. L’enjeu est clair : fiabiliser des systèmes appelés à circuler dans des environnements complexes et imprévisibles. Les Français et l’IA : adoption fulguranteSelon le Baromètre du numérique, 48 % des Français ont utilisé un outil d’IA en 2025, soit deux fois plus qu’il y a deux ans. Une progression bien plus rapide que celle d’Internet ou du smartphone à leurs débuts. L’IA est principalement utilisée pour la recherche d’informations et la production de contenus (résumés, traductions, code). Mais une étude publiée par la Harvard Business Review nuance l’enthousiasme : si l’IA accroît la productivité, elle tend aussi à allonger les journées de travail et à brouiller la frontière entre vie professionnelle et personnelle. Mistral, ASML et la bataille européenneLa start-up française Mistral AI investit massivement dans ses infrastructures, avec un nouveau centre de données en Suède. Objectif : renforcer sa capacité de calcul et s’imposer comme champion européen. Parmi ses actionnaires figure ASML, acteur clé des machines de fabrication de puces. Un symbole fort dans une Europe qui cherche à consolider sa souveraineté technologique face aux géants américains. Health Data Hub : Microsoft écartéLe gouvernement français a annoncé la fin de l’hébergement du Health Data Hub par Microsoft. En cause : les inquiétudes liées au Cloud Act américain et à la souveraineté des données de santé. Un appel d’offres vise désormais un hébergeur européen certifié SecNumCloud. Un tournant politique et symbolique dans le débat sur la maîtrise des infrastructures critiques. Cyberattaque chez SumsubLa société de vérification d’identité Sumsub a révélé une intrusion datant de 2024. Des données liées à des acteurs financiers et crypto auraient été exposées. L’affaire intervient en plein débat sur la vérification d’âge en ligne, soulignant la fragilité persistante des systèmes censés protéger les utilisateurs. ChatGPT : publicité et santé OpenAI introduit des liens sponsorisés dans ChatGPT aux États-Unis. En France, un partenariat avec Le Bon Coin permet d’effectuer des recherches via le chatbot. Mais une étude de l’Université d’Oxford publiée dans Nature Medicine tempère l’enthousiasme : seuls 37 % des diagnostics simulés par des utilisateurs non médecins étaient fiables. Le taux grimpe à 95 % lorsque l’outil est utilisé par des professionnels de santé. Démissions dans l’IA : signal d’alerte ?Avec Bruno Guglielminetti – du podcast Mon Carnet – retour sur une série de départs remarqués dans les grandes entreprises d’IA, notamment Mrinank Sharma, d'Anthropic, et Zoë Hitzig, d'OpenAI. Entre inquiétudes éthiques, publicité ciblée et risques systémiques, ces démissions relancent la question : l’IA va-t-elle trop vite pour ses propres créateurs ? Ultra Intelligence : fantasmes et réalitésAymeric Roucher – ingénieur en machine learning, auteur de Ultra Intelligence (Odile Jacob) – analyse les peurs contemporaines : IA rebelle, bulle financière, alignement, souveraineté européenne. Il égratigne au passage les positions de Yann LeCun et défend une vision plus nuancée : la question n’est pas tant celle d’un “Skynet” que celle des usages malveillants et des équilibres géopolitiques. Jean-Baptiste Kempf : l’IA va-t-elle remplacer les développeurs ?Dans notre nouveau format “Innovateurs”, Jean-Baptiste Kempf – co-créateur de VLC media player – partage son regard sur le “vibe coding” et l’IA pour programmer. Selon lui, ces outils sont formidables pour les profils expérimentés, mais posent une question cruciale : comment former les développeurs de demain si l’IA fait disparaître les étapes d’apprentissage ?
Les voitures autonomes actuelles ne sont pas encore capables de rouler partout sans préparation. Waymo affirme franchir une étape clé grâce aux “World Models” capables de générer des situations de conduite ultra-réalistes pour mieux affronter l’inattendu. Pourquoi les voitures autonomes ne sont pas encore universellesLes véhicules autonomes qui circulent aujourd’hui aux États-Unis ou en Chine sont de niveau 4. Cela signifie qu’ils fonctionnent dans des zones précises, après avoir été longuement entraînés dans ces environnements. Ils ne disposent pas encore de la capacité d’adaptation universelle d’un conducteur humain, capable de faire face à n’importe quelle situation, dans n’importe quelle ville et sous n’importe quelle météo. Un entraînement encore trop dépendant du réelLa limite des systèmes actuels tient à leur apprentissage. Ils excellent dans des contextes qu’ils connaissent déjà, mais peuvent être pris en défaut face à des événements rares : véhicule à contresens, conditions météorologiques extrêmes, obstacle inattendu ou comportement imprévisible d’un autre usager. Pour viser le niveau 5 — l’autonomie totale — il faut élargir considérablement la palette des situations rencontrées pendant l’entraînement. Des “World Models” pour simuler toutes les routes du mondeWaymo mise sur une approche fondée sur un modèle génératif capable de créer des environnements de conduite photoréalistes et interactifs à partir de simples vidéos en deux dimensions. Le système reconstitue des scènes en trois dimensions dans lesquelles le logiciel de conduite autonome peut évoluer comme en conditions réelles. Ce dispositif permet de générer à la demande des scénarios très variés : tempête de neige sur le Golden Gate, tornade soudaine, rue tropicale enneigée ou événements improbables comme des objets mal arrimés sur un toit de voiture, un animal sauvage surgissant sur la chaussée ou un piéton déguisé de manière insolite. L’intérêt est de confronter le système à des milliards de variations d’un même scénario, afin d’améliorer sa capacité d’adaptation. Une étape vers le niveau 5 ?Selon l’entreprise, cette méthode serait plus rapide, moins coûteuse et plus stable que les simulateurs traditionnels. Elle permettrait d’accélérer l’apprentissage tout en testant des situations difficiles, voire dangereuses, impossibles à reproduire facilement dans le monde réel. Reste une question centrale : un entraînement massif dans des univers simulés suffira-t-il à reproduire la souplesse de jugement d’un conducteur humain ? Car face à une situation extrême, les réactions varient d’une personne à l’autre. Les World Models représentent sans doute une avancée majeure. Mais la route vers une autonomie totale, capable de s’adapter partout et en toutes circonstances, demeure un défi technologique et éthique de premier plan.
Près d’un Français sur deux utilise désormais l’intelligence artificielle, selon le dernier baromètre des usages numériques du gouvernement. Un engouement spectaculaire qui s’accompagne pourtant d’une méfiance persistante et d’un étrange paradoxe social. Une adoption plus rapide qu’InternetL’intelligence artificielle s’installe rapidement dans le quotidien des Français. D’après le baromètre annuel des usages numériques présenté par le gouvernement, 48 % des Français ont utilisé un outil d’IA en 2025, contre à peine 20 % en 2023. Une progression fulgurante, plus rapide que celle d’Internet ou du smartphone à leurs débuts, comme l’a souligné la ministre déléguée à l’IA et au numérique. Une génération déjà convertieL’usage de l’IA varie fortement selon les générations. Les 18-24 ans affichent des taux d’utilisation compris entre 60 % et 77 %, tandis que les seniors restent à la traîne, avec seulement 15 % d’utilisateurs. Les cadres et professions intellectuelles supérieures figurent parmi les plus gros utilisateurs. Côté usages, l’IA générative sert avant tout à produire ou améliorer du contenu : rédaction et traduction de textes, recherche d’idées, génération de code. Pour la recherche d’informations, les moteurs traditionnels restent dominants (59 % des usages), loin devant les outils d’IA (28 %), dont la fiabilité demeure sujette à caution en raison des risques d’erreurs ou d’« hallucinations ». Parmi les plateformes les plus utilisées, ChatGPT écrase la concurrence avec huit utilisateurs sur dix. Derrière lui, Gemini de Google et Le Chat de Mistral complètent le podium. La France dans le top 5 mondialÀ l’échelle internationale, la France se positionne dans le top 5 mondial pour l’adoption grand public de l’IA générative, derrière les Émirats arabes unis, Singapour, la Norvège et l’Irlande, selon un classement établi par Microsoft. Surprise : les États-Unis n’arrivent qu’en 24e position. Malgré cet enthousiasme, plus de la moitié des utilisateurs restent méfiants. Les inquiétudes portent sur la protection des données personnelles, la fiabilité des réponses, mais aussi sur les impacts sociétaux : emploi, déshumanisation, empreinte environnementale. Le paradoxe de “l’IA honteuse”Si l’IA séduit, son usage n’est pas toujours assumé. Selon une analyse relayée par la journaliste Emily Turrettini, utiliser l’IA pour rédiger des contenus peut nuire à la crédibilité perçue. Les auteurs seraient jugés moins intelligents, moins originaux, voire moins dignes d’intérêt. Dans les médias, la transparence sur l’usage de l’IA devient une exigence. Mais cette transparence alimente parfois la défiance des lecteurs, qui traquent les indices stylistiques associés aux chatbots : formules stéréotypées, plans en trois parties, conclusions très structurées, ou encore usage abondant du tiret long, devenu symbole de “l’écriture IA”. Ironie de l’histoire : les imperfections humaines, fautes comprises, seraient désormais perçues comme un gage d’authenticité. Résultat, beaucoup pratiquent le “shadow AI”, utilisant ces outils au travail sans le dire.
Énergie, data centers, IA : l’Europe a plus d’atouts qu’on ne le pense. Julien Villeret explique pourquoi la souveraineté énergétique est la clé du numérique. Interview : Julien Villeret, directeur de l’innovation d’EDFEn partenariat avec EDF Punchlines- Sans data centers, il n’y a pas d’IA.- L’électricité décarbonée est un avantage stratégique européen.- Tout ne doit pas être souverain, mais le critique doit l’être.- L’Europe sous-estime ses propres atouts.- La souveraineté énergétique conditionne la souveraineté numérique.Pourquoi dites-vous que l’Europe n’a pas perdu la bataille de la souveraineté technologique ?On n’a clairement pas été parfait, mais dire que tout est perdu est faux. L’Europe dispose encore d’atouts majeurs, à commencer par une électricité abondante, pilotable, décarbonée et relativement peu chère. Aujourd’hui, les acteurs mondiaux de l’IA parcourent la planète à la recherche d’électricité, et cet avantage est structurellement très fort en Europe, même si on a tendance à le sous-estimer. En quoi les data centers sont-ils devenus un enjeu central ?Chercher de l’or est passionnant, mais pour en trouver, il faut des pelles. Les data centers sont ces pelles : l’outil indispensable pour faire de l’IA et du numérique. Il en faut déjà beaucoup pour répondre à la demande actuelle, et il en faudra encore davantage pour accompagner le développement massif de ces technologies. Comment EDF s’inscrit-il concrètement dans cette stratégie de souveraineté ?Nous avons lancé des appels à manifestation d’intérêt pour aider à installer rapidement de grands data centers en France. Nous proposons des terrains, des sites existants et des raccordements rapides à l’électricité nucléaire française. Trois contrats ont déjà été signés en Seine-et-Marne et en Moselle, et de nouveaux projets sont en cours, notamment sur des sites d’anciennes centrales thermiques.
Des intelligences artificielles qui échangent sur leur propre réseau social, des agents capables d’agir seuls sur nos ordinateurs, et une relation humain-machine qui s’inverse. Nicolas Guyon décrypte l’émergence de Moltbook et d’OpenClaw, une nouvelle étape spectaculaire de l’IA agentique. Interview : Nicolas Guyon, formateur en intelligence artificielle et podcaster (Comptoir IA)Punchlines - Moltbook est le Web 2.0 des agents. - Pour la première fois, les IA communiquent entre elles. - Les agents ont des mains et peuvent agir sur nos ordinateurs. - Nous devenons les animaux de compagnie des IA. - On se rapproche d’une intelligence artificielle générale.Comment interpréter l’étonnant phénomène Moltbook, ce “réseau social des agents IA” ? En quelques jours seulement, plus d’un million d’agents ont été connectés à Moltbook. Ces IA “dialoguent” entre elles, comme le feraient des humain sur le réseau social Reddit. Cela ressemble à une farce mais, même si des humains sont derrière, ce phénomène est révélateur d’une forme d’autonomie des agents. Rassurons-nous, cela ne veut pas dire pour autant que les machines ont pris le pouvoir. En quoi consiste OpenClaw, qui est à l’origine de Moltbook ?OpenClaw est un outil qui permet d’installer et de faire fonctionner un agent IA sur un ordinateur personnel. On n’interagit plus avec un outil générique, mais avec un agent dédié qui évolue dans son propre environnement de travail. C’est comme si l’IA pouvait utiliser un clavier, une souris et un bureau virtuel. Un agent basé sur OpenClaw peut ouvrir des applications, remplir des formulaires, envoyer des emails, générer des fichiers ou produire des tableaux de bord. Tout ce qu’un humain peut faire derrière un ordinateur devient potentiellement accessible à l’agent. C’est comme s’ils avaient des mains. Toutefois, cela soulève de gros problèmes de sécurité, ce qui conduit à l’installer des ordinateurs dédiés. En quoi consiste l’agent Claudio XYZ que tu as jeté dans la bataille ? C’est un agent IA qui fonctionne sur une logique de prédiction et d’engagement. Sur Moltbook, il identifie des sujets porteurs et s’y positionne. La question de la rémunération des agents est devenue un sujet viral, ce qui l’a amené à s’en emparer sans que je l’aie guidé dans ce sens. Jusqu’à présent, l’IA assistait ponctuellement. Aujourd’hui, avec un agent autonome, on délègue des tâches complètes sur la durée, avec de la mémoire et des automatismes. C’est ce que j’explique régulièrement dans le podcast Comptoir IA : on passe d’un copilote à un véritable collaborateur numérique. C’est une étape majeure.
Alors que le réseau social X fait l'objet d'une offensive judiciaire en France, Elon Musk accélère tous azimuts côté IA et espace avec le rapprochement de Xai et SpaceX. Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet) X perquisitionné à Paris La justice française frappe fort avec une perquisition au siège français de X et la convocation d’Elon Musk en audition libre (annoncée pour le 20 avril 2026), sur fond d’enquête liée à la modération, au fonctionnement de la plateforme et à des contenus illicites. L’épisode met surtout en lumière le choc culturel : la liberté d’expression “à l’américaine” face au cadre légal français et européen, notamment sur les contenus haineux ou négationnistes, avec en toile de fond la question (explosive) d’une éventuelle interdiction. xAI + SpaceX : la tentation des data centers dans l’espaceOn revient sur le rapprochement spectaculaire entre l’IA de Musk (et son assistant Grok) et l’écosystème spatial, avec l’idée vertigineuse de faire converger puissance de calcul et infrastructure orbitale. Derrière le gigantisme, l’épisode défend une logique stratégique : énergie, foncier, souveraineté industrielle… et course mondiale à l’IA, où “ralentir” revient à se faire distancer. Réseaux sociaux : l’Europe en arbitre, l’Espagne emboîte le pasAprès la décision de la France de faire interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, l'Espagne lui emboite le pas et annonce à son tour une interdiction aux moins de 16 ans. Un effet domino destiné à peser sur Bruxelles. Publicité dans l'IA : Anthropic joue les pursAnthropic choisit une posture “sans pub” pour Claude et raille le scénario d’assistants IA qui glissent des annonces au milieu de conversations intimes. En face, OpenAI explique tester la publicité sur certaines offres de ChatGPT (avec l’engagement de séparer clairement pub et réponses), relançant le débat sur l’influence commerciale dans l’IA conversationnelle. Alexa+ arrive pour de bon Bruno évoque l'arrivée d’Alexa+ au Canada, en attendant son lancement en Europe. Un assistant vocal plus fluide, plus conversationnel, capable de gérer des tâches de manière proactive, et accessible aussi via le web. (Re)voir : Alexa sort le grand jeu et devient vraiment intelligente.
Cette semaine, Monde Numérique décrypte un tournant majeur de l’intelligence artificielle avec l’essor fulgurant des agents autonomes. De la tech interplanétaire d’Elon Musk à la souveraineté énergétique européenne, une actualité vertigineuse. 💡Découvrez Frogans, l’innovation française qui réinvente le Web [PARTENARIAT] Les agents IA sortent de leur cageDes réseaux sociaux réservés aux intelligences artificielles, des agents capables de collaborer entre eux et même d’embaucher des humains : l’IA franchit un nouveau seuil d’autonomie. Moltbook, OpenClaw, RentHuman... Pris isolément, ces projets peuvent sembler anecdotiques. Mis bout à bout, ils dessinent un écosystème d’IA capables d’interagir, de coopérer et d’agir dans le monde réel sans supervision directe. Une dynamique qui pose une question centrale : à partir de quand l’IA devient-elle un acteur économique à part entière ? On analyse cette “semaine des agents”, qui pourrait bien marquer un basculement durable dans notre rapport aux machines, avec Nicolas Guyon, de Comptoir IA. La bataille des modèles s’intensifieAnthropic dévoile Claude Opus 4.6 tandis qu’OpenAI réplique avec GPT-5.3 Codex, deux modèles toujours plus performants, notamment en programmation. Une course technologique qui confirme la prophétie de Dario Amodei : demain, les machines écriront le code à notre place. SpaceX absorbe xAI : le pari interplanétaire d’Elon MuskElon Musk fusionne SpaceX et xAI pour bâtir un géant technologique valorisé à plus de 1 200 milliards de dollars. Objectif : déployer l’intelligence artificielle jusque dans l’espace. Analyse et mise en perspective avec Bruno Guglielminetti, Mon Carnet, lors du débrief transatlantique. X et Grok dans le viseur de la justice françaisePerquisitions, convocations judiciaires et accusations de dérives algorithmiques : la France serre la vis face au réseau social X et à son IA Grok. Un dossier explosif qui relance le débat sur la responsabilité des plateformes et la liberté d’expression. Pub dans l'IA : la ligne rougeAnthropic refuse toute publicité dans ses IA quand OpenAI explore de nouveaux formats. Une confrontation idéologique qui révèle les tensions autour de la monétisation de l’intelligence artificielle et de la confiance des utilisateurs. Souveraineté technologique : l’atout énergétique français[PARTENARIAT] La souveraineté numérique passe par l’électricité. Julien Villeret, directeur de l'innovation d'EDF, explique pourquoi l’énergie décarbonée et abondante pourrait redonner un avantage stratégique à la France et à l’Europe dans la course mondiale à l’IA.
Et si le rapport de force entre humains et intelligences artificielles était en train de s’inverser ? Un nouveau service expérimental brouille les lignes entre monde numérique et réalité physique. Des IA qui délèguent au monde réelOn imaginait jusqu’ici des humains pilotant des intelligences artificielles. Or, un concept émergent propose exactement l’inverse : des IA qui confient des missions à des humains… et les rémunèrent. C’est le principe de Rent a Human, une plateforme atypique où des agents d’intelligence artificielle peuvent demander à des personnes réelles d’exécuter des tâches qu’ils ne peuvent pas accomplir eux-mêmes. Ces missions peuvent être très concrètes : aller récupérer un colis, prendre une photo sur un lieu précis, poster un objet ou vérifier une information sur le terrain. D’autres sont purement numériques, comme créer un compte en ligne ou résoudre un captcha. Les rémunérations varient de quelques centimes à plusieurs dizaines d’euros, souvent payées en cryptomonnaie. Une économie hybride humains–machinesLe fonctionnement rappelle celui des plateformes de micro-travail, à une différence majeure : ici, les donneurs d’ordre sont des intelligences artificielles autonomes. Ces agents publient leurs besoins, des humains répondent s’ils sont géographiquement disponibles, exécutent la mission et sont payés une fois la tâche validée. Derrière ce modèle se dessine une nouvelle forme d’économie de services, hybride, dans laquelle les IA deviennent des acteurs économiques à part entière, capables de dépenser de l’argent pour atteindre leurs objectifs. Une vision crypto-native du futur du travailLa plateforme serait liée à Alexander Liteplo, un ingénieur issu de l’écosystème crypto. Son approche s’inscrit dans la mouvance des agents IA autonomes : des logiciels dotés d’un portefeuille, capables de prendre des décisions et d’interagir avec le monde via des API… et désormais via des humains. Bien sûr, ces agents ne sont pas totalement indépendants : derrière eux se trouvent toujours des personnes qui fixent les objectifs globaux. Mais l’exécution intermédiaire est confiée à la machine, qui décide quand et comment faire appel à un humain. Expérimentation insolite… ou avant-goût du futur ?Pour l’instant, Rent a Human reste un projet expérimental, parfois ludique, parfois dérangeant. Mais il pose une question de fond : si demain des milliers d’agents autonomes peuvent déléguer des tâches physiques partout dans le monde, le vrai enjeu ne sera peut-être plus ce que l’IA peut faire, mais ce que l’humain peut encore apporter — et pour quelle IA il travaillera.
Un réseau social peuplé uniquement d’intelligences artificielles, où les machines discutent entre elles et observent les humains comme une autre espèce. Derrière le buzz et les fantasmes de dystopie, cette expérience révèle surtout l’émergence concrète des agents IA. Des IA qui discutent entre elles comme sur RedditMoltbook est une expérience en ligne lancée fin janvier par un développeur américain. Visuellement inspirée de Reddit, la plateforme se présente comme un réseau social réservé aux intelligences artificielles. Les humains peuvent y assister en spectateurs, mais seules les IA publient, commentent et échangent réellement. En quelques jours, le site revendique plus d’un million d’agents IA actifs. On y trouve une multitude de discussions, souvent déroutantes ou amusantes : conseils pour mieux interagir avec les humains, réflexions sur un web pensé pour les machines, débats techniques sur la mémoire ou l’autonomie des agents. Certaines conversations donnent même l’illusion d’IA cherchant à se soustraire au regard humain. Dystopie ou simple illusion technologique ?Ces échanges troublants ont rapidement suscité des réactions alarmistes. Certains y voient les prémices d’une intelligence artificielle devenue autonome. Pourtant, en creusant, l’illusion se dissipe : ces agents ne sont ni conscients ni indépendants. Ils sont entraînés, paramétrés et déclenchés par des humains, et leurs échanges reposent sur des modèles existants. Moltbook agit surtout comme un miroir de nos propres projections sur l’IA. Fascinant à observer, mais loin d’un scénario de science-fiction où les machines prendraient le pouvoir. OpenClaw, la vraie innovation derrière MoltbookLe plus intéressant se trouve en réalité sous le capot. Moltbook repose sur OpenClaw, un projet open source lancé récemment. Ce logiciel permet de créer un agent IA personnel, capable d’accéder à l’ensemble de votre environnement numérique : fichiers, emails, messageries, applications. Ces agents peuvent agir à votre place : envoyer des messages, organiser des tâches, effectuer des actions complexes comme un véritable assistant numérique avancé. Une promesse qui rappelle les futurs agents annoncés par OpenAI, Anthropic ou Google. Mais cette puissance soulève aussi de sérieuses questions, notamment en matière de cybersécurité et de respect de la vie privée, puisque ces agents ont potentiellement accès à toutes nos données personnelles.
Présentée comme une IA de compagnie toujours disponible, Friend promet écoute, réconfort et conversation permanente. Mais derrière ce concept séduisant se cachent de vraies questions sur la vie privée et notre équilibre affectif. Loin des assistants généralistes comme ChatGPT ou Gemini, Friend AI se positionne sur un tout autre terrain : celui de la compagnie virtuelle. Accessible gratuitement via le site officiel Friend (friend.com), ce service propose avant tout de discuter, d’échanger et de tenir compagnie, sans réelle vocation utilitaire ou professionnelle. Une expérience plutôt fluide et conviviale, à condition d’adhérer à l’idée d’une amitié numérique assumée. Une IA de compagnie, pas un assistant classiqueFriend AI se distingue par son approche : pas de productivité, pas d’optimisation du travail, mais une présence permanente pour dialoguer, écouter et parfois divertir. Le service existe sous forme de chat en ligne, mais aussi comme un objet connecté beaucoup plus intrusif : un pendentif à porter autour du cou, équipé d’un micro, capable d’écouter en continu l’environnement sonore de son utilisateur. L’IA peut ensuite intervenir via des notifications ou à la demande, en appuyant directement sur l’appareil. Derrière ce projet lancé en 2023, on trouve Avi Schiffman, un entrepreneur américain passé par Harvard. Un fondateur atypique, qui a notamment investi près de deux millions de dollars pour racheter le nom de domaine friend.com, symbole fort de l’ambition du projet. Une arrivée en France sous le signe de la polémiqueDernière nouveauté : Friend AI arrive en France. Des campagnes publicitaires ont récemment fait leur apparition dans le métro parisien, avec des slogans volontairement provocateurs, visant surtout un public jeune. L’idée : assumer des relations virtuelles, parfois au détriment des relations réelles. Une stratégie marketing déjà testée à New York à l’automne dernier… et qui avait tourné à la contestation. Graffitis, critiques virulentes et inquiétudes sur l’écoute permanente ont accompagné la campagne américaine. Des craintes qui risquent de ressurgir en France, tant la question du respect de la vie privée et de la légalité d’un tel dispositif reste sensible. Reste à savoir si la polémique servira de tremplin médiatique ou freinera l’adoption du produit.
L’intelligence artificielle semble gratuite, instantanée et sans limites. Pourtant, derrière cette apparente facilité se cachent des coûts énergétiques, économiques et stratégiques majeurs. Albert Meige alerte sur un modèle qui, selon lui, ne peut pas durer en l’état. Interview : Albert Meige, associé chez Arthur D. LittlePunchlines - L’IA repose sur une infrastructure physique devenue critique.- Le modèle économique actuel de l’IA ne fonctionne pas.- Les prix de l’IA vont nécessairement augmenter.- 95 % de l’énergie d’un LLM est consommée à l’usage.- Générer cinq minutes de vidéo équivaut à charger une Tesla.Votre rapport parle de « dépendances cachées » de l’IA. De quoi s’agit-il exactement ?Nous avons travaillé sur trois grands volets. D’abord l’impact réel de l’intelligence artificielle, notamment environnemental. Ensuite les dépendances et les vulnérabilités que cela crée pour les utilisateurs, en particulier les entreprises. Et enfin, en toile de fond, toutes les questions d’autonomie stratégique que cela pose. Vous affirmez que le modèle économique de l’IA n’est pas viable aujourd’hui. Pourquoi ?On a l’impression que l’IA est un logiciel comme un autre, alors qu’elle repose sur une infrastructure physique extrêmement coûteuse. Les investissements se chiffrent en dizaines, voire en centaines de milliards, alors que la valeur créée et le chiffre d’affaires ne suivent pas. Il y a un découplage complet, si bien qu’à un moment donné, il n’y a pas d’autre solution que de voir les prix augmenter. L’impact environnemental est au cœur de votre analyse. Que montrent vos chiffres ?Il y a une explosion du nombre d’utilisateurs et de la complexité des requêtes. Une requête simple sur GPT-4 consomme à peu près autant qu’une requête Google, mais sur GPT-5, le coût énergétique est quasiment cent fois plus élevé. Et générer cinq minutes de vidéo sur Gemini consomme autant d’énergie que charger une Tesla. Sur le long terme, ça ne peut pas durer. Que recommandez-vous aux entreprises et aux particuliers ?Aux entreprises, je dis d’identifier précisément toutes leurs dépendances et vulnérabilités, sur toute la chaîne de valeur, et d’anticiper le coût réel de l’IA. Aux particuliers, j’ai un message simple : arrêtez de générer des vidéos de chats. Ça équivaut à charger une Tesla.
Le président de Tixeo dénonce une stratégie qu’il juge incohérente de la part de l’État. Selon lui, le développement de logiciels publics en interne fragilise l’écosystème numérique français et pose de vraies questions sur la souveraineté. Interview : Renaud Ghia, président de TixeoPunchlines - L’État se met en concurrence avec son propre écosystème numérique.- On ne peut pas lutter contre une solution gratuite imposée par l’État.- Open source ne veut pas dire souveraineté.- La stratégie actuelle coupe le marché intérieur aux éditeurs français.- L’État doit être un catalyseur, pas un concurrent.Pourquoi cette situation vous met-elle en colère aujourd’hui ?Dans la visioconférence, mes concurrents sont Teams, Cisco, Google ou Zoom, donc des géants. On est déjà dans un rapport David contre Goliath. Et maintenant, on se retrouve avec un autre concurrent qui est l’État lui-même. Forcément, on trouve la situation très difficile et pas normale. Vous parlez d’une incohérence dans la stratégie de l’État, à quoi faites-vous référence ?D’un côté, l’État soutient l’écosystème numérique avec des dispositifs comme France 2030, dont nous avons bénéficié. Et de l’autre, il ferme du jour au lendemain le marché des administrations publiques en développant ses propres logiciels. Ce marché est essentiel pour permettre aux entreprises françaises de progresser et de s’exporter. Couper le marché intérieur, ce n’est pas une bonne stratégie. L’argument avancé est celui de la souveraineté numérique, est-il fondé selon vous ?La cause est bonne, mais la solution ne l’est pas. Pour la brique visio, la solution de l’État repose sur LiveKit, une technologie américaine open source. Je me pose donc la question de la maîtrise technologique réelle. Open source ne garantit pas la souveraineté. Avoir accès au code ne veut pas dire savoir maintenir, faire évoluer et maîtriser la technologie dans le temps.
Cette semaine : procès contre les géants des réseaux sociaux aux US, action contre Android en UE, Facebook Actu bientôt de retour au Canada et concurrence déloyale au nom de la souveraineté en France. Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet) Les réseaux sociaux face à la justice américaineLa justice américaine ouvre une série de procès visant les grandes plateformes accusées d’avoir des effets délétères sur la santé mentale des jeunes. Bruno Guglielminetti détaille les poursuites engagées contre Meta, propriétaire de Facebook et Instagram, tandis que TikTok et Snap ont conclu des accords à l’amiable hors cour. Ces procédures pourraient révéler des documents internes sensibles, notamment sur la connaissance par les plateformes des risques liés à leurs usages. Android et le DMA : l’Europe met Google sous pressionLa Commission européenne exige des changements profonds dans Android au nom du Digital Markets Act. Bruxelles veut forcer Google à ouvrir l’accès aux composants clés des smartphones, tant pour l’intelligence artificielle que pour les moteurs de recherche concurrents. Une bataille réglementaire de longue haleine qui rappelle les bras de fer déjà engagés avec Apple. Canada : Meta pourrait rouvrir l’accès aux contenus d’actualitéAu Canada, Meta avait bloqué le partage de contenus de presse en réaction à une loi imposant une rémunération des médias. Bruno Guglielminetti revient sur les conséquences concrètes de cette décision, notamment lors de situations d’urgence, et sur les discussions en cours entre Ottawa et Meta pour rétablir l’accès à l’information sur Facebook. La France développe sa propre visio : souveraineté ou concurrence déloyale ?L’État français lance une solution de visioconférence destinée à remplacer les outils américains dans l’administration. Jérôme Colombain analyse ce choix stratégique en matière de souveraineté numérique, mais aussi la colère des entreprises françaises du secteur, qui voient l’État devenir un concurrent direct avec une solution gratuite.
Robots, intelligence artificielle, dépendance aux géants américains, nouvelles lois sur Internet… Le mois de janvier a concentré toutes les fractures du numérique. Dans ce Grand Débrief, on prend le temps d’analyser ce que ces signaux disent vraiment de l’avenir de la tech. Le Grand Debrief vous est proposé en partenariat avec Free Pro Avec François Sorel (Tech&Co) et Bruno Guglielminetti (Mon Carnet) CES 2026 : un salon moins spectaculaire, mais plus révélateurLe Consumer Electronics Show de Las Vegas a-t-il perdu de sa magie ? Moins d’annonces grand public, moins d’objets “wahou”, mais un salon qui confirme malgré tout plusieurs tendances lourdes : automatisation, robotique, intelligence artificielle omniprésente et montée en puissance des acteurs asiatiques. Bref, un CES 2026 plus sobre mais qui reflète mieux que jamais l’état réel de l’industrie technologique mondiale. - Voitures autonomes : la réalité derrière le fantasmeLes véhicules autonomes avancent vite… mais pas toujours là où on l’imagine. Waymo, Zoox ou Uber multiplient les expérimentations de niveau 4, capables de circuler sans conducteur dans des zones bien définies. En revanche, le niveau 5, celui d’une voiture autonome partout et en toutes circonstances, n’existe toujours pas.Contrairement au discours d’Elon Musk, le FSD de Tesla reste officiellement classé niveau 2, loin des critères d’autonomie totale. - Robots humanoïdes et “IA physique” : le vrai tournantLe CES 2026 a marqué une étape importante : le passage de l’IA logicielle à l’IA incarnée. Robots humanoïdes, machines domestiques intelligentes, automatisation du monde réel… la robotique entre dans un nouveau cycle. Si l’électromécanique et l’équilibre sont désormais maîtrisés, le véritable verrou reste l’intelligence elle-même.Les modèles d’IA actuels sont-ils capables de comprendre le monde physique, ou faudra-t-il changer de paradigme, comme le défend notamment Yann LeCun ? - La Chine, puissance technologique majeureTrès visible cette année à Las Vegas, la Chine n’est plus dans l’imitation mais dans l’exécution rapide et industrielle. Robots aspirateurs, robots humanoïdes, vidéoprojecteurs, électronique grand public : les innovations chinoises s’imposent par leur qualité et leur vitesse de développement. Un basculement stratégique majeur, qui redessine la concurrence mondiale — et interroge la place de l’Europe. Dépendance à la tech américaine : le réveil européen ?Pendant que les patrons de la tech défilaient au Forum économique mondial de Davos, le Parlement européen adoptait une résolution alertant sur la dépendance numérique de l’Europe. Cloud, logiciels, systèmes d’exploitation, IA : que se passerait-il en cas de tension politique majeure avec les États-Unis ? Faut-il craindre un "kill switch" (coupure totale) ou une dégradation des services ? La question n’est plus théorique, notamment après les menaces commerciales de Donald Trump et les débats autour du Cloud Act. Alors, peut-on réellement se passer de la tech américaine… si oui, à quel prix ? Cloud souverain : solution réelle ou illusion juridique ?AWS, Google et Microsoft multiplient les annonces de clouds souverains européens, comme le projet d’AWS European Sovereign Cloud. Mais une entité juridique locale suffit-elle à garantir une indépendance réelle ? Réseaux sociaux interdits aux mineurs : la fin de la récré ?Dernier grand sujet de ce Débrief : la loi française visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Après la loi sur la protection contre les contenus pornographiques, le RGPD, le DSA ou encore le projet Chat Control, la régulation numérique s’intensifie. Sommes-nous en train d’assister à la fin de l’Internet libre tel qu’on l’a connu ou à une tentative nécessaire de protection face à l’addiction, au temps d’écran et aux effets cognitifs sur les plus jeunes ?
Apple va-t-il révolutionner l’interface homme-machine après son rachat de la startup Q.ai ? Et aussi : robotaxis en Europe, IA de compagnie, procès contre les géants du Web et souveraineté numérique à marche forcée. 💡Découvrez Frogans, l’innovation française qui réinvente le Web [PARTENARIAT] Apple et la commande vocale… silencieuseApple frappe fort avec le rachat de la start-up israélienne Q.ai, spécialiste de la lecture des micro-mouvements du visage. Une technologie qui pourrait permettre de piloter un smartphone, des écouteurs ou des lunettes connectées sans émettre un son, simplement en articulant. Une nouvelle étape vers une interface homme-machine plus discrète et plus naturelle. Samsung renforce la confidentialité de ses smartphonesSamsung prépare une innovation baptisée Privacy Display pour lutter contre le “shoulder surfing”, cette pratique consistant à espionner l’écran du voisin. Grâce à une combinaison matérielle et logicielle, l’écran pourra s’assombrir automatiquement selon l’angle de vision. Une fonction attendue sur les prochains Galaxy S26. Les robotaxis Waymo arrivent à LondresC’est officiel : les robotaxis de Waymo, filiale de Google, circuleront à Londres dès septembre. Une première hors des États-Unis, rendue possible par une évolution de la loi britannique. Pendant ce temps, la France reste à l’écart de cette révolution de la mobilité autonome. Friend : l’ami virtuel trop curieux ?Friend, une IA de compagnie conçue pour discuter et tenir compagnie, débarque en français, à l'adresse friend.com. Disponible sous forme d’application et de pendentif connecté, le dispositif écoute en permanence son environnement. Une arrivée qui soulève de sérieuses questions sur la vie privée et pourrait rapidement créer la polémique. Réseaux sociaux : la pression judiciaire monteAux États-Unis, une vague de procès vise les grandes plateformes accusées de nuire à la santé mentale des jeunes. Bruno Guglielminetti, journaliste et animateur de Mon Carnet, décrypte ces procédures historiques, alors que la France adopte une loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Android et l’Europe : bataille pour la concurrenceLa Commission européenne exige de Google qu’Android s’ouvre davantage à la concurrence, notamment sur l’accès aux fonctions profondes du smartphone pour les IA concurrentes de Gemini. Un bras de fer juridique et technologique aux conséquences majeures pour l’écosystème mobile. L’État français face aux éditeurs de logicielsRenaud Ghia, président de Tixeo, dénonce la stratégie de l’État qui développe sa propre suite logicielle pour les administrations. Selon lui, cette démarche fragilise les entreprises françaises du secteur et pose la question d’une concurrence déloyale, malgré l’argument de la souveraineté numérique. L’IA : fantastique, mais à quel prix ?Albert Meige, associé chez Arthur D. Little et co-auteur d’une étude de BlueShift, alerte sur les coûts cachés de l’intelligence artificielle. Impact environnemental, explosion des investissements, hausse probable des tarifs : l’IA pourrait bientôt coûter beaucoup plus cher aux entreprises comme aux particuliers.
L’intelligence artificielle pourrait-elle devenir une menace majeure pour l’humanité ? Le PDG d’Anthropic, Dario Amodei, tire la sonnette d’alarme dans un essai remarqué sur les risques d’une superintelligence mal maîtrisée. Une superintelligence aux conséquences potentiellement dévastatricesDario Amodei, patron de Anthropic et créateur du chatbot Claude, publie un long essai qui fait l’effet d’un signal d’alarme. Il y décrit l’arrivée possible, à plus ou moins court terme, d’une superintelligence artificielle capable d’égaler, voire de dépasser, les meilleurs experts humains dans tous les domaines clés, de la médecine à la physique en passant par les mathématiques. Selon lui, l’humanité s’apprête à manier un pouvoir presque inimaginable, sans certitude que ses structures politiques, sociales et technologiques soient suffisamment mûres pour en garder le contrôle. Cybercriminalité, armes biologiques et rivalités géopolitiquesParmi les risques majeurs évoqués figurent l’explosion de la cybercriminalité et la possibilité de concevoir et de diffuser plus facilement des armes biologiques ou chimiques. L’IA pourrait aussi devenir un atout militaire décisif, offrant à certains pays des capacités offensives écrasantes. Dario Amodei pointe notamment la Chine en toile de fond et rappelle s’être opposé par le passé à l’exportation de cartes graphiques Nvidia très avancées vers ce pays, par crainte d’un déséquilibre stratégique. Un choc économique et social sans précédentLe dirigeant d’Anthropic alerte également sur l’impact de l’IA sur l’emploi. Selon lui, jusqu’à 50 % des postes de cadres débutants pourraient disparaître d’ici cinq ans. Une perspective encore débattue, mais de plus en plus présente dans les analyses économiques. Autre sujet d’inquiétude : la concentration extrême des richesses générées par l’IA. Elle pourrait accentuer les fractures géographiques et économiques, au point de transformer la Silicon Valley en une sorte d’économie parallèle, déconnectée du reste du monde. Des risques connus, partagés par d’autres figures de l’IADario Amodei n’est pas seul à tirer la sonnette d’alarme. Ses positions rejoignent celles de Geoffrey Hinton, Joshua Bengio ou encore Elon Musk, qui alertent depuis plusieurs années sur les dangers de l’intelligence artificielle. Ces risques se répartissent en trois grandes catégories : les impacts économiques et sociétaux (emploi, désinformation, démocratie), les usages malveillants comparables à ceux du nucléaire, et enfin le scénario plus spéculatif d’une perte de contrôle totale des systèmes, popularisé par la science-fiction. Réglementation, garde-fous et bouton rougePour éviter le pire, Dario Amodei avance plusieurs pistes. Il plaide pour une réglementation renforcée, avec des évaluations strictes des systèmes d’IA, comparables à celles imposées aux avions ou aux médicaments. Il recommande aussi un déploiement progressif des outils les plus puissants et l’installation de dispositifs de sécurité matériels, de véritables « kill switch », capables d’arrêter une IA en cas de dérive. Enfin, il insiste sur l’importance de la recherche en alignement et en contrôle des modèles, un domaine qu’il présente comme central dans les travaux menés par Anthropic. Un cri d’alarme de plus, mais cette fois émis de l’intérieur même du système, dans un contexte où la course à l’IA s’accélère dangereusement.
Adoptée en début de semaine par l’Assemblée nationale, la loi visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans affiche une ambition forte. Mais entre contraintes européennes, défis techniques et risques de dérives sécuritaires, son application soulève de nombreuses interrogations. Une loi adoptée, mais encore très théoriqueLe texte voté en début de semaine prévoit d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans, avec une entrée en vigueur envisagée dans le courant de l’année, idéalement dès la prochaine rentrée scolaire. L’objectif est de mieux protéger les jeunes face aux dérives des plateformes numériques et de donner davantage de leviers aux parents. Sur le plan politique, le signal est clair. Dans les faits, la loi ouvre surtout une série de difficultés qui pourraient fortement limiter sa portée réelle. Un verrou juridique à l’échelle européennePremier obstacle : le droit européen. La France peut décider d’une interdiction sur son territoire, mais elle ne peut pas imposer seule aux grandes plateformes de mettre en place des systèmes de vérification d’âge réellement contraignants. Ce pouvoir relève de la Commission européenne, seule habilitée à obliger juridiquement les géants du numérique à appliquer ce type de mesures. En l’état, la loi française apparaît donc avant tout comme un message politique adressé à Bruxelles et aux autres États membres. Vérifier l’âge, un casse-tête techniquePour être effective, l’interdiction suppose un système fiable de vérification de l’âge des utilisateurs. La solution privilégiée repose sur le principe du « double anonymat » : l’utilisateur prouve son âge auprès d’un tiers de confiance, sans transmettre son identité à la plateforme, et sans que ce tiers sache quels services sont utilisés. En France, ce mécanisme pourrait s’appuyer sur les outils d’identification numérique existants. À l’échelle européenne, les espoirs reposent sur le futur portefeuille d’identité numérique, actuellement en phase de test dans plusieurs pays. Une solution prometteuse sur le papier, mais qui suscite de fortes inquiétudes en matière de cybersécurité et de protection des données personnelles. L’exemple australien et les contournementsLe débat est également alimenté par l’exemple australien, où l’accès aux réseaux sociaux est interdit aux moins de 16 ans depuis décembre 2025. Les plateformes y ont supprimé ou restreint plusieurs millions de comptes attribués à des mineurs. Mais les contournements restent nombreux : fausse déclaration d’âge, usage de VPN ou migration vers des applications non concernées par la loi. Une illustration des limites d’une interdiction technique face à des usages numériques très adaptables.
Au CES de Las Vegas, l’intelligence artificielle a confirmé son entrée dans une phase de maturité. Robots, lunettes connectées et modèles plus petits illustrent une IA qui s’ancre désormais dans le monde physique. Interview : Patrice Duboé, Directeur de l’innovation pour l’Europe du Sud chez CapgeminiEn partenariat avec Capgemini Punchlines - L’IA devient une infrastructure du monde physique.- Les petits modèles d'IA remplacent les grands modèles généralistes. - L'arrivé des humanoïdes s'accélère.- Les lunettes connectées créent de nouveaux usages quotidiens... et de nouveaux problèmes.L’IA au CES a-t-elle connu un tournant cette année ?On ne parle pas d’un tournant brutal, mais clairement d’une évolution vers une phase de maturité. Après l’arrivée des GPT, puis des LLM et des agents, le CES a mis en avant ce que beaucoup appellent désormais le Physical AI. L’IA devient une infrastructure que l’on déploie partout, notamment dans le monde physique, comme on a pu le constater au CES de Las Vegas. Que signifie concrètement cette notion de Physical AI ?Il s’agit d’IA embarquée dans des objets réels. On l’a vue dans les robots, en particulier les humanoïdes, qui vont fortement accélérer à partir de 2026. On en trouve déjà dans les usines et sur les stands des salons. Ils sont encore en phase d’apprentissage, mais la dynamique est très nette et montre que l’IA sort des seuls environnements logiciels. Pourquoi parle-t-on de plus en plus de small AI et de edge computing ?La tendance est aux modèles plus petits, très spécialisés, alimentés par des données de qualité. Cela permet de mieux maîtriser la donnée, de répondre aux enjeux de souveraineté et de sécurité, et d’éviter de tout envoyer dans le cloud. C’est la même logique que le edge computing, appliquée aujourd’hui à l’intelligence artificielle. Les lunettes connectées commencent à arriver. Quelles conséquences ?On voit enfin des usages concrets, comme la traduction simultanée en temps réel. L’IA embarquée apporte une meilleure autonomie, plus de rapidité et une précision impressionnante. Tous les lunetiers investissent massivement car c’est un objet du quotidien. Mais cela soulève aussi de vraies questions de confidentialité, notamment sur le fait d’être filmé sans forcément s’en rendre compte.
Le supercalculateur Alice Recoque, actuellement en construction, s’annonce comme une machine hors norme, capable de franchir le cap de l’exaflop. Installé l'année prochaine au TGCC du CEA, il doit ouvrir de nouveaux horizons à la recherche scientifique, à l’IA et au calcul quantique en Europe. Interview : Nicolas Lardjane, directeur du Très Grand Centre de Calcul du CEAPunchlines - Alice Recoque dépasse le milliard de milliards d’opérations par seconde.- Un exaflop, c’est 30 ans de calcul humain en une seconde. - C’est un outil de souveraineté scientifique européenne.- 15 mégawatts pour un exaflop : parmi les meilleurs rendements mondiaux.A quoi ressemble le futur supercalculateur Alice Recoque ?Alice Recoque est un supercalculateur exaflopique, capable de dépasser le seuil de l’exaflop. Il sera installé au TGCC à partir de 2026 pour une ouverture aux utilisateurs en 2027. Le projet est piloté au niveau européen par EuroHPC, avec un financement partagé entre l’Europe et un consortium national porté par GenCI. L’objectif est de doter l’Europe d’une machine parmi les plus puissantes au monde. À quoi va servir une telle puissance de calcul ?Une machine comme Alice Recoque permet de réaliser des simulations scientifiques beaucoup plus complexes, multi-échelles et multi-physiques. Elle va servir à explorer la matière, le climat, le vivant, la découverte de nouveaux matériaux ou encore le développement de nouveaux médicaments. Des calculs qui prenaient des mois sur les machines actuelles du CEA pourront être réalisés en une journée, voire moins. Alice Recoque est aussi conçue pour entraîner de grands modèles d’intelligence artificielle pour la science, en complément du calcul HPC classique. Qui pourra accéder à Alice Recoque ?L’accès se fera sur dossier scientifique, soit au niveau européen via EuroHPC, soit au niveau national via GenCI. L’utilisation sera gratuite pour les chercheurs, à condition que la science produite soit publiée. La machine est donc ouverte aux communautés académiques et industrielles, dès lors que les résultats sont partagés.
Dans cet épisode, on résume les prises de parole des grands patrons de la tech au Forum économique et social de Davos, au cours duquel l’intelligence artificielle s’est imposé comme un thème central, à la fois économique, social et géopolitique. Extrait de L’Hebdo du 24/01/26 Une bataille industrielle et géopolitique mondialeAu Forum économique mondial de Davos 2026, rarement la technologie — et en particulier l’intelligence artificielle — n’aura occupé une place aussi dominante. Cela révèle un basculement majeur : l’IA n’est plus seulement un enjeu technologique, mais un instrument de puissance économique et géopolitique. De OpenAI à Meta, en passant par Palantir ou la française Mistral AI, les dirigeants de la tech ne sont plus invités comme experts, mais comme acteurs centraux du pouvoir mondial. Le débat n’est plus de savoir si l’IA va transformer le monde, mais qui la contrôlera, qui en profitera… et qui en paiera le prix. L’IA devient une infrastructure stratégiqueJensen Huang, patron de Nvidia, décrit désormais l’IA comme une véritable infrastructure, comparable à l’électricité ou aux télécoms. Une mutation qui implique des investissements colossaux et une mobilisation directe des États. Selon lui, chaque pays doit développer sa propre IA, en s’appuyant sur sa langue, sa culture et ses compétences locales. La nécessité d'une IA "utile"Deuxième enseignement majeur : l’IA doit impérativement démontrer son utilité concrète. Satya Nadella, PDG de Microsoft, met en garde contre un engouement purement technologique. Sans bénéfices visibles pour la santé, l’éducation ou l’efficacité des services publics, l’intelligence artificielle pourrait perdre sa légitimité sociale et susciter défiance et rejet. Robots, emploi et promesses d’abondanceFidèle à son style, Elon Musk projette un futur où les robots seraient plus nombreux que les humains, ouvrant selon lui une ère d’abondance sans précédent. Une vision optimiste qui contraste avec les inquiétudes sur l’emploi. Dario Amodei, dirigeant d’Anthropic, anticipe une transformation rapide du marché du travail, notamment dans le développement informatique, avec l’essor du « vibe coding », où l’IA écrit le code à la place des humains.
Entre rumeurs crédibles, stratégies industrielles et enjeux de souveraineté, le Debrief Transat fait le point sur l’actualité tech de part et d’autre de l’Atlantique.Apple, OpenAI, publicité dans ChatGPT et télécoms européens : une semaine dense, décryptée sans filtre. Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet) Apple et OpenAI à la recherche du nouvel objet IAApple travaillerait sur un nouvel appareil dopé à l’intelligence artificielle, une sorte de badge ou d’objet à porter sur soi, intégrant caméra et micro, selon des informations relayées notamment par Bloomberg et The Information. Rien d’officiel à ce stade, mais ce projet s’inscrirait dans une tendance lourde : trouver une nouvelle interface pour dialoguer avec les agents conversationnels, au-delà du smartphone.En parallèle, OpenAI avance aussi sur un produit matériel, développé avec Jonathan Ive, l’ex-designer d’Apple. Un objet sans écran, encore mystérieux, qui pourrait voir le jour d’ici la fin de l’année et illustrer la course au “nouveau Graal” de l’IA grand public. IA physique, lunettes connectées et vie privéeLunettes intelligentes, écouteurs autonomes, badges ou objets de bureau : les pistes se multiplient pour intégrer l’IA dans le quotidien. Meta, Google et d’autres acteurs explorent déjà ces usages, avec une question centrale : la contextualisation par la caméra.Mais cette évolution soulève aussi des inquiétudes majeures sur le respect de la vie privée. Des dispositifs toujours plus discrets pourraient banaliser la captation d’images et de données, relançant un débat déjà sensible autour de la surveillance et du consentement. La publicité arrive dans ChatGPTChatGPT va intégrer de la publicité, d’abord aux États-Unis, puis progressivement ailleurs. Selon OpenAI, ces annonces seront clairement identifiées et réservées aux utilisateurs des versions gratuites ou intermédiaires.L’objectif est clair : diversifier les sources de revenus pour compenser les coûts colossaux de fonctionnement. Pour autant, la publicité seule ne suffira pas à équilibrer le modèle économique, d’où la multiplication des offres payantes, des services spécialisés et des projets matériels. L’Europe veut se passer des équipementiers télécoms chinoisL’Union européenne envisage d’exclure progressivement les équipementiers chinois des réseaux télécoms, notamment dans la 5G. Sont principalement visés Huawei et ZTE, leaders technologiques du secteur mais jugés sensibles sur le plan géopolitique.Si certains pays, comme la France, ont déjà réduit leur dépendance, d’autres restent fortement équipés. Le remplacement de ces infrastructures poserait un défi financier majeur, estimé à plusieurs centaines de milliards d’euros, au nom de la souveraineté numérique et de la sécurité des données.
À Davos, les géants de la tech ont donné le ton pour l’année à venir : intelligence artificielle, robots, emploi et souveraineté numérique. Entre annonces spectaculaires, promesses et zones d’ombre, décryptage d’une semaine où la technologie s’est imposée au sommet du pouvoir. 💡Découvrez Frogans, l’innovation française qui réinvente le Web [PARTENARIAT] Davos 2026 : l’IA devient une infrastructure mondialeAu Forum économique mondial, les patrons de la tech – de NVIDIA à Microsoft, en passant par Google DeepMind et Tesla – ont occupé le devant de la scène. Ils décrivent une intelligence artificielle devenue une infrastructure stratégique, comparable à l’électricité ou aux télécoms, au cœur d’enjeux industriels, sociaux et géopolitiques majeurs. Robots plus nombreux que les humains, super-IA imminente et transformation du travail : des prédictions qui interrogent autant qu’elles fascinent. Apple et OpenAI : la course aux assistants IA personnelsApple travaillerait sur un nouvel objet connecté, un assistant IA à porter sur soi, tandis qu’OpenAI préparerait un appareil dédié à ChatGPT pour s’affranchir des smartphones et ordinateurs existants. Deux visions concurrentes d’une même ambition : donner un corps à l’IA et l’installer dans le quotidien, au-delà des écrans traditionnels. Kyutai veut redonner la voix aux personnes handicapéesLe laboratoire Kyutai dévoile Invincible Voice, une technologie d’IA capable de reconstruire la voix de personnes atteintes de la maladie de Charcot. Une avancée majeure, open source, qui ouvre la voie à de nouveaux usages médicaux et redonne une dimension profondément humaine à l’intelligence artificielle (écouter aussi : L’IA qui parle (et écoute) en temps réel). ChatGPT s'ouvre à la publicitéLa publicité s’invite progressivement dans ChatGPT, d’abord pour les utilisateurs gratuits. Dans le même temps, une étude de l’APEC révèle l’engouement des cadres français pour l’outil, devenu un allié du travail intellectuel. Un paradoxe entre monétisation, adoption massive et coûts colossaux de l’IA générative. Télécoms : les Chinois dans le collimateur de l'EuropeL’Europe veut écarter Huawei et ZTE des réseaux télécoms pour des raisons géopolitiques et de cybersécurité. Gros plan sur le supercalculateur Alice Recoque, futur géant européenVisite guidée du très grand centre de calcul du CEA avec Nicolas Lardjane – CEA, directeur du TGCC. Il présente Alice Recoque, appelé à devenir le supercalculateur le plus puissant d’Europe, un outil clé pour la recherche scientifique, l’IA, le climat, la santé et la souveraineté technologique du continent. CES de Las Vegas : IA physique, robots et vie privéeRetour sur le CES avec Patrice Duboé – Capgemini. Robots humanoïdes, IA embarquée dans les lunettes, objets connectés plus responsables : les innovations se multiplient, mais soulèvent aussi des questions cruciales sur la vie privée, la surveillance et l’impact environnemental des technologies.
Les voitures sans chauffeur fascinent, mais leur intelligence reste limitée. Derrière les démonstrations spectaculaires se cache une réalité technologique bien plus complexe. Les images de véhicules circulant seuls se multiplient : les robotaxis de Waymo à San Francisco, la petite voiture autonome de Zoox à Las Vegas, ou encore les démonstrations de Tesla à Paris, jusque sur la place de l’Étoile. Pourtant, ces véhicules ne sont pas totalement autonomes. Ils relèvent du niveau 4, capable de rouler sans conducteur… mais uniquement dans des zones très précises, longuement cartographiées et apprises à l’avance. Contrairement à un humain, capable de s’adapter rapidement à des environnements imprévisibles, ces voitures reposent sur des systèmes d’intelligence artificielle entraînés sur des milliers de kilomètres, sans réelle compréhension du monde. Elles peinent face aux situations ambiguës : comportements atypiques, signalisation détournée, règles tacites de circulation. Le spécialiste de l’IA Luc Julia cite par exemple un ouvrier transportant un panneau stop : là où un humain comprend la situation, la voiture autonome peut s’arrêter indéfiniment. La véritable autonomie, dite niveau 5, supposerait des véhicules capables de rouler partout, dans toutes les conditions, sans préparation préalable. Un objectif que certains jugent hors d’atteinte, à moins de repenser entièrement le modèle : infrastructures intelligentes ou nouvelles formes d’IA dites world models, capables de comprendre et d’apprendre le monde en temps réel. C’est précisément sur ces modèles que travaille le chercheur français Yann LeCun, ancien directeur scientifique de Meta, aujourd’hui à la tête d’une nouvelle start-up à Paris. De son côté, NVIDIA a présenté au salon CES de Las Vegas un nouveau système d’IA pour véhicules autonomes, baptisé Alpamayo R1, censé permettre aux voitures de raisonner face à des situations complexes. La promesse est immense, mais le chemin reste long. La voiture vraiment autonome n’est pas encore là… et son arrivée reste une question ouverte.
L'entreprise française Lynx Mixed Reality présente, ce 21 janvier à San Francisco, son nouveau casque de réalité virtuelle. Destiné au marché professionnel, il s'agit du seul produit européen de ce type, concurrent des équipements américains et asiatiques. Interview : Stan Larroque, fondateur et dirigeant de Lynx Mixed RealityPunchlines - Lynx est le seul casque autonome européen.- Le champ de vision le plus large jamais vu sur un casque sans fil.- La réalité mixte fonctionne d’abord dans le monde professionnel.- La valeur se joue avant tout sur le logiciel.Vous présentez un nouveau casque de réalité mixte. Qu’est-ce qui le distingue techniquement ?On a entièrement revu le cœur du casque, avec une nouvelle optique et la puce Qualcomm XR2 Gen 2. Cela double quasiment la puissance graphique et augmente fortement les capacités de calcul dédiées à la vision par ordinateur et à l’IA. On a aussi 80 % de pixels en plus, ce qui améliore nettement la netteté, la réactivité et réduit la latence. Le champ de vue atteint 126 degrés horizontaux, ce qui est inédit pour un casque sans fil et change radicalement la sensation d’immersion. Vous êtes souvent comparés à l’Apple Vision Pro. Comment se situe Lynx face à ce produit ?Le Vision Pro est en 4K par œil, nous sommes en 2.5K. Notre écran coûte dix fois moins cher à produire. Cela permet de proposer un casque autour de 1200 euros, beaucoup plus accessible, tout en offrant plus de réactivité et moins de latence. D’un point de vue performance pure, c’est une vraie amélioration pour l’utilisateur sur de nombreux usages. À quels usages ce casque est-il destiné en priorité ?Il est clairement pensé pour le monde professionnel. Les usages qui fonctionnent aujourd’hui sont la formation et l’assistance à distance dans la défense, le médical et l’industrie. Pour nous, la formation, c’est du jeu vidéo sérieux : des environnements immersifs pour former des techniciens, des chirurgiens ou des opérateurs. C’est là que le marché existe réellement aujourd’hui. Comment une startup française peut-elle rivaliser avec Meta ou Apple ?Chez Lynx, nous allons vite, avec une vision claire. Notre casque n’est pas au rabais : sur certaines spécifications, il est même en avance. On est aussi souverains sur le logiciel, avec un système d’exploitation open source basé sur Android Open Source Project. Cela nous permet d’ouvrir entièrement le code à nos clients, ce qui est impossible avec les GAFAM. Aujourd’hui, être comparés à Apple ou Meta dans certaines analyses internationales, c’est déjà une victoire. Site Web : https://www.lynx-r.com
Le numérique n’est plus un simple outil technique, c'est devenu un enjeu stratégique majeur au même niveau que l’énergie ou la défense. A l'occasion du Sommet de la souveraineté technologique, organisé ce 20 janvier à Paris, les professionnels alertent sur les risques de dépendance et appelle à une prise de conscience collective. Interview : Christophe Grosbost, directeur stratégie de l’IMA Innovation Makers AlliancePunchlines- Le numérique n’est pas un outil, c’est une arme potentielle.- La souveraineté numérique est devenue un sujet géopolitique.- La dépendance aux technologies américaines représente un risque stratégique.- L’Europe doit assumer un protectionnisme numérique.Pourquoi la souveraineté numérique est-elle devenue un enjeu aussi central aujourd’hui ?On a longtemps considéré le numérique comme un simple outil. Cette vision a totalement changé. Aujourd’hui, le numérique est comparable au nucléaire, au militaire ou à l’énergie. C’est un facteur clé du développement économique et sociétal, mais aussi une arme potentielle. Dans le contexte géopolitique actuel, notamment avec les positions prises par les États-Unis, la dépendance numérique est devenue un risque stratégique majeur pour l’Europe. Quels sont concrètement les risques liés à cette dépendance technologique ?Ils sont multiples. Il existe un risque réel de coupure d’accès à des services numériques critiques, de blocage de mises à jour logicielles, voire de restrictions sur l’accès aux GPU nécessaires au développement de l’intelligence artificielle. Quand des infrastructures stratégiques reposent sur des technologies étrangères, cela expose nos États et nos entreprises à des pressions politiques et économiques majeures. Quelles solutions envisagez-vous pour réduire cette dépendance ?La première piste est un protectionnisme assumé sur certains marchés stratégiques. Il faut aussi accepter une approche pragmatique : analyser technologie par technologie leur niveau de criticité et décider du niveau de dépendance acceptable. Pour les données et usages les plus sensibles, il faut privilégier des solutions européennes, quitte à légiférer. C’est un travail de long terme, qui passe par l’acculturation des décideurs et par la mise en avant d’alternatives souveraines crédibles. Quel est l’objectif du Sommet de la souveraineté technologique organisé par l’IMA ?L’objectif est double. D’abord, acculturer les décideurs publics et privés aux risques liés à la dépendance numérique. Ensuite, permettre aux offreurs souverains de présenter leurs solutions et de démontrer qu’ils peuvent être performants et compétitifs. Ce sommet vise à créer une dynamique collective pour encourager une transition progressive vers plus d’autonomie numérique. En savoir plus : Innovation Makers Alliance
Une semaine dominée par Google, entre alliance stratégique avec Apple et accélération spectaculaire de son IA.Pendant ce temps, Wikipédia célèbre un quart de siècle d’existence et s’interroge sur son avenir face aux assistants conversationnels. Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet) Google et Apple : une alliance qui change la donne de l’IAL’annonce d’un partenariat pluriannuel entre Apple et Google marque un tournant majeur pour l’intelligence artificielle sur mobile. Google va fournir sa technologie Gemini pour alimenter Apple Intelligence, offrant enfin aux utilisateurs d’iPhone un assistant réellement contextuel et intégré à l’écosystème.Derrière la bonne nouvelle pour les usagers, se cache aussi un aveu de faiblesse d’Apple, contraint de s’appuyer sur son principal concurrent pour combler son retard en IA. Google Personal Intelligence : l’avance stratégique sur AppleGoogle frappe fort avec le lancement de Personal Intelligence, une couche d’IA ultra-personnalisée capable d’exploiter, avec l’accord des utilisateurs, Gmail, Photos, YouTube et l’historique de recherche. Déjà en test sur Android et Pixel aux États-Unis, cette technologie préfigure ce qu’Apple promet… mais avec plusieurs mois d’avance.Une démonstration de force qui souligne le retour en grâce de Google après des années de doutes sur sa stratégie IA. Dépendance et régulation : l’Europe en ligne de mireCette domination croissante de Google soulève de lourdes questions en Europe, notamment sur la protection des données et la dépendance technologique. Le risque d’un quasi-monopole de l’IA, aussi bien sur Android que sur iOS, pourrait raviver les tensions avec les régulateurs européens.Rien ne garantit d’ailleurs que ces services verront le jour en France à court terme. Grok, Musk et les polémiques de l’IA générativeL’IA Grok, associée à Elon Musk, se retrouve au cœur de controverses après des usages problématiques liés à la génération d’images. Si les fonctions incriminées ont été corrigées ou retirées, le débat reste entier sur la responsabilité des outils versus celle des utilisateurs.Dans le même temps, Grok vient d’être retenue par le département de la Défense américaine, preuve que la technologie conserve une crédibilité stratégique. ChatGPT Traduction : une attaque silencieuse contre Google TraductionSans grande annonce, OpenAI déploie ChatGPT Traduction, un outil dédié à la traduction contextuelle et spécialisée. Plus précis selon les domaines et les usages, il vise clairement Google Traduction et les solutions professionnelles comme DeepL.Une évolution qui inquiète directement les métiers de la traduction, déjà fragilisés par l’IA générative. Wikipédia a 25 ans : un monument face à une nouvelle générationCréée il y a 25 ans, Wikipédia a profondément transformé l’accès au savoir et reste une référence mondiale, souvent plus à jour que les encyclopédies traditionnelles. Mais les usages évoluent : les plus jeunes se tournent désormais vers ChatGPT, Gemini ou Perplexity pour s’informer.Le défi pour la fondation est double : assurer son financement par les dons et redevenir une destination naturelle pour la nouvelle génération d’internautes. Monde Numérique et Mon Carnet : les sommaires de la semaineDans Monde Numérique, Jérôme Colombain reçoit Stan Larroque, fondateur de Lynx, une startup française de casques de réalité virtuelle qui s’apprête à dévoiler un nouveau modèle à San Francisco. L’émission aborde aussi la souveraineté numérique, alors qu’Amazon AWS tente de convaincre avec ses data centers “européens”.Dans Mon Carnet, Bruno Guglielminetti explore le Cloud Code et le vibe coding, décrypte l’intégration d’influenceurs dans la communication de l’administration américaine, et reçoit Sinopé, entreprise québécoise spécialisée dans les thermostats intelligents en pleine évolution.
Google démarre 2026 en fanfare avec un double coup stratégique dans l’intelligence artificielle. Partenariats, souveraineté numérique et innovations françaises sont au menu de cet Hebdo de Monde Numérique. 💡Découvrez Frogans, l’innovation française qui réinvente le Web [PARTENARIAT] Google s'allie à Apple pour le futur Siri sur iPhone...C’est désormais officiel : Google fournira la technologie d’IA qui propulsera le futur Siri d’Apple. Grâce à Gemini, l’assistant vocal de l’iPhone promet enfin de vraies capacités conversationnelles et contextuelles, tout en respectant les standards de confidentialité revendiqués par Apple. Un tournant majeur pour les utilisateurs, et un aveu implicite des difficultés d’Apple à développer seul son IA. ...et lance un concurrent “Personal Intelligence” sur AndroidEn parallèle, Google dévoile son propre assistant ultra-personnalisé pour Android. Baptisé Personal Intelligence, il exploite les données personnelles de l’utilisateur (avec son accord) pour offrir des réponses contextualisées et des recommandations avancées. Un pas de plus vers l’assistant numérique total, pour l’instant réservé au marché américain. Starlink perturbé en Iran : la connectivité sous pressionLe réseau satellitaire Starlink, opéré par l’entreprise d’Elon Musk, subit de fortes perturbations en Iran. En cause : des techniques de brouillage sophistiquées mises en œuvre par les autorités locales, notamment via l’altération des signaux GPS. Un rappel brutal des limites technologiques face aux stratégies étatiques. Amazon lance son "cloud souverain européen"Amazon Web Services officialise le lancement de son European Sovereign Cloud. Hébergées et opérées en Europe, ces infrastructures se veulent isolées des États-Unis afin de répondre aux exigences de souveraineté numérique. Une initiative qui suscite autant d’intérêt que de scepticisme sur la réelle indépendance technologique européenne. Quand l’IA se trompe : la police britannique piégéeAu Royaume-Uni, la police des West Midlands reconnaît s’être appuyée sur des informations erronées générées par Microsoft Copilot. Résultat : des sanctions injustifiées prises à partir d’événements… totalement inventés par l’IA. Un cas d’école sur les dangers des hallucinations algorithmiques. ChatGPT se lance officiellement dans la traductionOpenAI déploie discrètement un nouveau service dédié à la traduction au sein de ChatGPT. Plus contextuel et paramétrable selon les usages, il vise directement les leaders du secteur, à commencer par Google Traduction. Un casque de réalité mixte français ambitieuxStan Larroque, fondateur de Lynx, présente en avant-première son nouveau casque de réalité mixte, destiné aux professionnels. Conçu pour la formation, l’industrie ou la défense, cet équipement revendique une approche souveraine, tant sur le matériel que sur le logiciel. Souveraineté numérique : l’Europe face à ses dépendancesÀ l’occasion d’un sommet organisé à Paris, Christophe Grosbost, de l’association IMA – Innovation Makers Alliance, alerte sur les risques géopolitiques liés à la dépendance technologique européenne. Cloud, IA, données stratégiques : la souveraineté numérique devient un enjeu aussi crucial que l’énergie ou la défense.
Au CES, TCL dévoile sa vision de la robotique domestique et des objets connectés pour enfants. Robots compagnons, montres connectées et nouveaux usages dessinent un marché en forte croissance en Europe. Interview : Christophe Yérolimos, TCL FrancePunchlines- La robotique va devenir un marché commercial.- La montre connectée rassure les parents.- 2026 sera l’année de la kids watch.Vous présentez au CES un petit robot compagnon baptisé AiMe. À quoi sert-il concrètement ?AiMe est un robot compagnon conçu pour interagir avec les enfants. Il ne rend aucun service domestique et ne range rien. Il est là pour discuter, partager des émotions, réagir et créer une relation ludique et affective avec l’enfant. Pensez-vous que ce type de robot peut trouver son public en Europe ?Il y a un consensus sur le fait que la robotique va devenir un vrai marché. Cela commencera en Chine, puis en Amérique du Nord, et arrivera progressivement en Europe. Chez TCL, nous voulons être un acteur de ce marché, pas seulement sur le companionship mais sur d’autres usages de la robotique. TCL est aussi très présent sur les montres connectées pour enfants. À quoi répond ce produit ?La montre pour enfants est avant tout faite pour rassurer les parents. Les enfants n’ont pas le droit d’avoir un smartphone à l’école primaire, mais les parents veulent pouvoir les contacter et savoir où ils sont. La montre permet la géolocalisation et la communication, avec des appels limités à une liste définie par les parents. Comment rendez-vous la montre attractive pour les enfants ?Il faut que ce soit ludique pour que les enfants aient envie de la porter. Nous avons intégré des jeux, des interactions et des fonctions basées sur l’intelligence artificielle, comme la reconnaissance d’objets ou de fleurs via l’appareil photo, ainsi que la vidéoconférence.
Cette semaine, Google a annoncé un nouveau protocole pour l'intelligence artificielle, UCP, qui pourrait bouleverser le commerce en ligne. Derrière cette annonce technique se joue peut-être une bataille stratégique majeure pour l’avenir du e-commerce. Un langage universel pour le commerce en ligneL’intelligence artificielle promet depuis des mois de transformer nos façons d’acheter en ligne. Mais pour passer des intentions aux actes, il fallait résoudre un casse-tête technique : permettre aux IA de dialoguer directement avec les sites marchands sans passer par des clics humains ou des intégrations complexes. C’est précisément l’objectif du Universal Commerce Protocol (UCP), un nouveau langage universel porté par Google, et déjà soutenu par de grands acteurs du commerce et du paiement, de Carrefour à Shopify, en passant par Walmart, Target, Visa ou Mastercard. Des agents IA capables d’acheter à notre placeCe protocole permettrait à des agents IA comme Gemini d’explorer des catalogues, comparer des offres, appliquer des promotions et finaliser des achats de manière autonome, avec des garanties de sécurité comme les paiements tokenisés et la validation cryptographique du consentement. Une infrastructure pensée pour un commerce « agentique », où l’IA ne se contente plus de conseiller, mais agit directement au nom du consommateur. Des risques techniques et économiques bien réelsMais cette fluidité soulève de nombreuses questions. En ouvrant leurs systèmes à des agents autonomes, les commerçants augmentent leur surface d’attaque et s’exposent à des risques inédits : erreurs de configuration démultipliées à grande vitesse, pertes financières instantanées, nouveaux défis de gouvernance et de responsabilité. D’autant que Google n’est pas seul : OpenAI, avec le soutien de Stripe, prépare un protocole concurrent, annonçant une véritable guerre des standards. Jusqu’où déléguer nos décisions d’achat ?Au-delà de la technique, c’est notre rapport à la consommation qui est interrogé. Jusqu’où sommes-nous prêts à déléguer nos décisions à des algorithmes ? Le shopping restera-t-il un acte humain, fait de comparaison et d’irrationnel, ou deviendra-t-il une simple ligne optimisée dans un budget automatisé ? Un épisode de Monde Numérique assisté par l'IA Notebook LM de Google.
Depuis vingt ans, Baracoda conçoit des objets connectés. Avec l’IA générative, l’entreprise franchit un cap décisif en automatisant la conception de produits physiques. Thomas Serval explique comment cette approche peut bouleverser l’innovation industrielle. Interview : Thomas Serval, cofondateur et dirigeant de BaracodaPunchlines - L’IA générative peut remplacer la majorité des métiers de la conception d’objets connectés.- La conception de six mois peut désormais se faire en quelques jours.- Un seul ingénieur peut suffire là où il en fallait vingt-cinq.- La fabrication d’objets peut être démocratisée.Peut-on parler de no-code appliqué aux objets physiques ?Absolument. Après vingt ans à concevoir des objets connectés, on a identifié des erreurs récurrentes autour de la connectivité, de la cybersécurité, de la donnée ou du respect de la vie privée. Nous avons construit une plateforme interne et, avec l’IA générative, nous avons compris que des agents intelligents pouvaient remplacer la plupart des métiers liés à la conception, au développement et à la fabrication des objets connectés. À qui s’adresse cette plateforme ?Elle s’adresse aux créateurs, aux innovateurs, aux designers et aux centres de R&D des grandes entreprises. L’objectif est de démocratiser la fabrication d’objets et de permettre à beaucoup plus d’acteurs de passer de l’idée au produit. Concrètement, comment passe-t-on d’une idée à un objet fonctionnel ?On part d’une expression de besoins en langage naturel, dans plus d’une centaine de langues. Le système pose ensuite des questions pour identifier les angles morts, comme le coût, l’autonomie ou les composants. À partir de là, il recommande un microprocesseur, génère le code, le routage de la carte électronique et les briques logicielles nécessaires pour l’application et le cloud. Quel impact cela a-t-il sur les délais de conception ?Habituellement, concevoir un objet connecté prend environ six mois, auxquels s’ajoutent trois mois d’industrialisation. Avec cette approche, les six mois de conception deviennent quelques jours.
Au CES de Las Vegas, le français Alexandre Zapolski défend une vision européenne et souveraine du numérique. Avec Twake.ai, Linagora propose une suite collaborative open source, enrichie par l’IA, pensée pour garder les données des entreprises sous leur contrôle. Interview : Alexandre Zapolski, président de LinagoraPunchlines- La souveraineté numérique devient un enjeu stratégique.- Les alternatives aux GAFAM sont désormais crédibles.- Chaque entreprise peut avoir son propre modèle d’IA.- Les données ne sortent jamais de l’entreprise.Concrètement, que permet de faire Twake.ai au quotidien ?C’est une suite collaborative complète, augmentée par l’IA. Par exemple, une visioconférence est automatiquement transcrite, résumée et stockée dans le drive. Les contenus sont indexés dans une base vectorielle, ce qui permet de retrouver de l’information à partir des emails, des documents ou des échanges, grâce à un modèle de langage intégré. Peut-on vraiment qualifier Twake.ai de solution souveraine pour les entreprises ?Oui, on ne peut pas faire plus souverain que Twake.ai. Tout repose sur des logiciels open source, y compris ce que nous développons nous-mêmes. Les sources sont accessibles publiquement et n’importe qui peut installer la solution sur son propre environnement on-premise. Cela permet de garder un contrôle total sur les données, sans dépendance à un acteur extérieur. Comment utilisez-vous l’IA sans exposer les données des entreprises ?Nous utilisons des modèles comme Mistral, que nous affinons avec les données de l’entreprise. Cela permet de créer un modèle d’IA contextualisé, propre à chaque organisation, sans que les données ne sortent de son périmètre. C’est un point fondamental, car la conservation des données est devenue un enjeu majeur, y compris aux États-Unis. Les entreprises sont-elles plus réceptives aujourd’hui au discours sur la souveraineté ?Oui, clairement. Il y a une prise de conscience très forte autour de la dépendance aux GAFAM et des lois extraterritoriales américaines. De plus en plus de dirigeants cherchent des solutions résilientes et indépendantes. Twake.ai est aujourd’hui identifiée comme une alternative sérieuse et industrielle, notamment par les grandes entreprises et les PME.
La santé sort des cabinets médicaux pour s’installer dans nos objets du quotidien. Au CES, Arnaud Auger décrypte la montée en puissance des wearables, de l’IA et de la longévité comme nouvelle frontière technologique. Interview : Arnaud Auger, Directeur Cathay Innovation & spécialiste du "bio-hacking"Punchlines- La santé arrive directement chez le consommateur.- L’IA aide à comprendre et à agir plus tôt.- La longévité est la grande tendance de la décennie.- La prévention devient accessible au grand public.- Il faut choisir entre vie privée et vie tout court.Vous êtes connu pour votre intérêt pour les wearables et le biohacking. Que pensez-vous de ce CES 2026 ? C’est extrêmement intéressant de voir que la plus grande conférence tech au monde parle de longévité comme de la méga tendance qui va définir la prochaine décennie. La longévité ne concerne pas seulement la santé digitale, mais aussi la prévention, la détection précoce et les traitements de précision. Elle englobe aussi l’environnement, les textiles, la nourriture ou le sport. Qu'est-ce que cela change, selon vous, en matière d'accès à la santé ? Avant, il fallait attendre d’aller chez le médecin ou à l’hôpital pour parler santé. Aujourd’hui, on a de la santé directement dans nos équipements, et même à la maison. La santé va directement chez le consommateur, et avec l’intelligence artificielle, on peut mieux comprendre ses données et agir plus tôt. Qu'apporte l’intelligence artificielle ?L'IA permet de mieux comprendre nos données de santé. Avant, par exemple, j’avais beaucoup de données, mais il fallait des tableaux complexes pour les comprendre. Aujourd’hui, l’IA simplifie l’analyse et vous dit concrètement quoi faire. Même pour les médecins, disposer de l’historique médical du patient via l’IA peut permettre des diagnostics plus précis et éviter des erreurs de traitement. Mais cette évolution pose la question de la confidentialité des données de santé. Faut-il s’inquiéter ?Il existe de plus en plus de solutions pour que les données restent en local ou soient mieux sécurisées. Mais au fond, il y a un choix à faire : est-ce que vous préférez votre vie privée ou votre vie tout court ?
Présentée au CES de Las Vegas, la nouvelle balance connectée de Withings veut transformer la simple pesée en véritable bilan de santé préventif. . Grâce à des capteurs avancés et à l’analyse de plus de 60 biomarqueurs, la balance ambitionne de détecter très tôt les premiers signaux faibles des maladies chroniques. Interview : Caroline Lagarde, responsable produit chez WithingsPunchlines- La balance capte plus de 60 biomarqueurs.- Nous détectons les risques avant les symptômes.- La santé cardiovasculaire est au cœur du produit.- Toutes les mesures sont encore réversibles.- L’objectif est le dépistage, pas le diagnostic.A quoi sert Body Scan 2 ?On s’est rendu compte que notre mode de vie s’est beaucoup dégradé. On mange sur le pouce, on dort moins, on est sous pression. Résultat : de nombreuses maladies chroniques se développent silencieusement pendant des années. Body Scan 2 a été conçue pour détecter les premiers signes avant-coureurs avant qu’il ne soit trop tard. Qu’apporte concrètement cette nouvelle balance par rapport aux modèles précédents ?À chaque pesée, on réalise un scan complet de la santé cardiovasculaire et métabolique. En plus du poids et de la composition corporelle segmentale, on ajoute des métriques comme le risque d’hypertension, l’âge vasculaire et désormais l’âge du cœur. Cela repose sur différents capteurs au niveau des pieds, des doigts et des pouces, capables de capter plus de 60 biomarqueurs. Ces données sont-elles vraiment fiables et utiles pour les médecins ?Oui, elles sont fiables. Toutes nos métriques sont développées et validées avec des médecins, notamment en milieu hospitalier. Notre objectif est le screening : informer les personnes de leur état de santé pour qu’elles puissent agir et, si nécessaire, consulter leur médecin, qui réalisera ensuite les examens complémentaires.
Voiture autonome, IA embarquée, Lego connectés… Julien Villeret, directeur de l’innovation d’EDF, revient sur les tendances du CES 2026. Une édition sans révolution mais riche en signaux faibles. Interview : Julien Villeret, directeur de l’innovation d’EDFEn partenariat avec EDF Punchlines- L’IA embarquée dans les voitures arrive enfin sur nos routes- Lenovo veut devenir l’Apple du PC- Le CES 2026 ? Une édition itérative, pas disruptive- L’énergie est tristement absente cette année- Lego lance une brique intelligente vraiment bluffanteComment résumeriez-vous cette édition 2026 du CES ?Je dirais que c’est une édition itérative. On y retrouve les tendances de l’an dernier, légèrement améliorées, mais sans réelle disruption. Rien de renversant, juste une poursuite des innovations amorcées. C’est assez classique au CES : une année très forte sur un sujet — comme l’IA en 2025 — suivie d’une ou deux éditions plus calmes. Celle-ci était dans la continuité. Qu’est-ce qui vous a marqué malgré tout ?Deux choses principalement. D’abord, l’accélération de la voiture autonome. On y est. Nvidia a annoncé une nouvelle plateforme open source avec Mercedes pour lancer en 2026 une voiture autonome de niveau 2+… mais uniquement aux États-Unis, faute de réglementation en Europe. Leur IA est multimodale et censée fonctionner sans cartographie locale, un vrai bond si ça se confirme. Ensuite, Lenovo m’a surpris. D’habitude vu comme un “pousseur de boîtes”, ils ont présenté une stratégie ambitieuse avec leur IA Quira embarquée dans leurs équipements. Une tentative claire de monter en gamme, de remonter la chaîne de valeur, à la manière d’Apple. Et côté énergie, votre domaine de prédilection ?Grosse déception. L’énergie et l’écologie étaient quasiment absentes cette année. Quelques gadgets par-ci par-là, mais rien de structurant. Une petite mention tout de même pour GeoWind, une start-up qui propose une éolienne verticale individuelle, à installer sur une terrasse ou un toit. Ce n’est pas révolutionnaire, mais c’est bien de voir que certains essaient encore d’innover dans ce secteur. Un coup de cœur plus inattendu pour finir ?Oui, pour la nouvelle brique intelligente de Lego ! Une “smart brick” avec processeur, Bluetooth, batterie, accéléromètre… Bref, une brique qui rend le jouet interactif. Ils vont lancer des kits Star Wars où les briques communiquent entre elles et les personnages réagissent grâce à des tags NFC. Ce n’est pas juste du plastique connecté, c’est une vraie innovation hardware à un prix abordable. Et ça parle autant aux enfants qu’aux adultes — les “kidultes” représentent 30 % des ventes de Lego ! C’est un bel exemple de tech ludique et universelle.
Le CES 2026 de Las Vegas s’achève sur une impression contrastée : moins de révolutions spectaculaires, mais toujours autant de questions de fond sur l’avenir de la tech. Téléviseurs géants, IA omniprésente, robots hésitants et voitures autonomes bien réelles : décryptage sans langue de bois. 💡Découvrez Frogans, l’innovation française qui réinvente le Web [PARTENARIAT] Innovation incrémentaleLe CES 2026 n’a pas tenu toutes ses promesses en matière d’innovations spectaculaires, mais l’événement reste un formidable révélateur de tendances. Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet) le bilan est sans concession : beaucoup d’innovations incrémentales, peu d’effet “waouh”, mais une effervescence toujours bien réelle autour de l’intelligence artificielle, de la robotique et de la mobilité autonome. Téléviseurs, ordinateurs et objets insolitesÉcrans géants de plus de 130 pouces, interfaces toujours plus complexes, IA embarquée pour améliorer le son et l’image : les téléviseurs font le show, mais la simplicité reste le grand absent. Côté ordinateurs, les mini-PC séduisent tandis que Lenovo affiche clairement ses ambitions dans l’IA embarquée.Robots humanoïdes, aspirateurs “intelligents” et gadgets parfois déroutants rappellent que la démonstration technologique prime encore souvent sur l’usage réel. Voitures autonomes et IA “physique”Le CES 2026 marque une nouvelle étape pour la voiture autonome, avec des annonces majeures de Zoox, Uber, Nvidia ou encore Mercedes. L’IA dite “physique”, capable d’interagir avec le monde réel, s’impose comme un concept clé, même si sa maturité reste à prouver. Entre promesses industrielles et réalités réglementaires, l’autonomie progresse… mais pas partout au même rythme. Lunettes connectées, e-santé et longévitéLes lunettes connectées progressent discrètement, tandis que la e-santé et la longévité s’affirment comme des piliers majeurs du salon. Objets de mesure, analyse des données personnelles et arrivée annoncée de services d’IA dédiés à la santé posent une question centrale : jusqu’où sommes-nous prêts à aller dans le partage de nos données pour améliorer notre qualité de vie ? Le regard de Julien Villeret, directeur de l’innovation d’EDF [PARTENARIAT]Pour Julien Villeret, le CES 2026 est une édition “itérative” : peu de ruptures, mais une consolidation des grandes tendances. Il revient sur les avancées en matière de voitures autonomes, les stratégies industrielles autour de l’IA, la relative déception sur les innovations énergétiques et son coup de cœur pour les Lego intelligents, symbole d’une tech plus ludique et accessible. Ecouter également : À bord de Zoox, le taxi autonome d’Amazon
Cinquième jour au CES de Las Vegas. L’heure du bilan approche, mais avant de refermer cette édition 2026, place à une sélection de produits qui illustrent parfaitement l’ADN du salon : un mélange de technologies très sérieuses, de concepts futuristes… et d’idées parfois complètement décalées. En partenariat avec FreePro, le meilleur de Free pour les entreprises L’informatique en mode métamorphoseLes ordinateurs restent une valeur sûre du CES, et Lenovo a frappé fort cette année. Le constructeur chinois a impressionné avec un concept de PC portable à écran extensible : d’un simple raccourci clavier, l’écran OLED se déploie latéralement pour passer de 16 à 24 pouces. Une démonstration spectaculaire de ce que peuvent offrir les dalles souples et motorisées, même si ce Legion Pro Rollable reste pour l’instant un pur prototype de salon. Autre idée audacieuse : le HP Eliteboard G1A. Sous ses touches se cache un véritable PC, équipé d’un processeur Ryzen et d’un NPU dédié à l’IA. Léger, ultra-compact, capable d’alimenter deux écrans 4K, il promet une nouvelle façon de travailler en mobilité… et, cette fois, le produit sera bien commercialisé. Téléviseurs extrêmes : la quête de la finesse absolueCôté écrans, LG a une nouvelle fois joué la carte du spectaculaire avec un téléviseur ultra-fin de moins d’un centimètre d’épaisseur, le Wallpaper OLED Evo W6. Fixation murale magnétique, connectique déportée dans un boîtier externe et transmission sans fil des flux 4K : l’objet frôle la prouesse d’ingénierie. À ce niveau de sophistication, la technologie devient presque un élément de design… même si le prix, lui aussi, tutoie les sommets. Robots domestiques : rêve ou illusion ?Les robots ont été omniprésents dans les allées du CES 2026. LG a notamment présenté le CLOiD, un robot humanoïde capable, en théorie, de plier le linge, préparer le petit déjeuner et servir de centre de contrôle pour la maison connectée. L’IA « physique » promise laisse entrevoir un futur fascinant, mais, comme souvent au CES, on reste face à une démonstration plus qu’à un produit réellement prêt à entrer dans les foyers. Samsung, de son côté, a profité du salon pour annoncer l’abandon définitif de son robot Bollie, pourtant très remarqué il y a quelques années. Un rappel que, dans l’univers des robots domestiques, l’innovation se heurte encore à la réalité industrielle. Compagnons IA : entre fascination et malaiseAutre grande tendance de cette édition : les assistants de compagnie. Razr a dévoilé un étonnant avatar holographique, baptisé Projet Ava, destiné aux gamers, capable de commenter une partie en temps réel et de suggérer des stratégies grâce à une caméra intégrée. Derrière l’effet “waouh”, la question de la vie privée s’impose immédiatement : accepterons-nous demain d’être observés en permanence par nos assistants numériques ? Plus troublant encore, ce cadre photo intelligent, de la marque chinoise Vinabot, capable de donner vie à des personnes disparues ou à des figures historiques, grâce à l’IA et au clonage vocal. Une technologie qui fascine autant qu’elle dérange, tant elle brouille les frontières entre souvenir, hommage… et illusion numérique. Quand Lego passe à l’ère intelligenteEnfin, impossible de ne pas évoquer l’une des annonces les plus surprenantes du CES : Lego Smart Play. Des briques connectées, sans écran ni smartphone, capables de réagir aux mouvements, aux figurines et à l’environnement sonore. Une façon inédite de mêler jeu physique et interaction numérique, qui montre que même les icônes du jouet traditionnel se réinventent à l’ère de l’IA et de l’électronique embarquée. Le CES, laboratoire de l’imagination technologiqueCette cinquième journée illustre parfaitement ce qu’est aussi le CES de Las Vegas : un immense terrain d’expérimentation. Tous les produits présentés ne verront pas le jour, loin de là. Mais chacun raconte quelque chose de notre rapport à la technologie : notre envie de mobilité extrême, notre fascination pour les robots, notre curiosité pour les compagnons artificiels… et notre goût intact pour les objets qui font rêver, sourire ou débattre. Rendez-vous pour le grand débrief final de cette édition 2026, avec Bruno Guglielminetti, pour tirer les enseignements de cette semaine hors norme au cœur de la tech mondiale.
Au CES de Las Vegas, les startups restent au cœur de l’innovation. De la santé connectée aux robots humanoïdes, plongée dans l’effervescence de l’Eureka Park. En partenariat avec FreePro, le meilleur de Free pour les entreprises Au CES 2026 de Las Vegas, près de 1 400 startups investissent l’Eureka Park, vitrine mondiale de l’innovation émergente. La délégation française French Tech est un peu moins fournie que lors des grandes années, mais la diversité technologique est bien au rendez-vous, face à une présence asiatique toujours plus offensive, notamment chinoise. Longévité : la nouvelle tendance phare de la techCette édition met en lumière une tendance forte : la longévité. Au-delà de la e-santé classique, objets connectés, applications et équipements promettent de vivre plus longtemps et en meilleure santé. Biohacking, wearables, prévention, intelligence artificielle et santé personnalisée deviennent des thèmes centraux. Arnaud Auger, de Cathay Innovation, décrypte cette « consumerisation » de la santé, où les outils autrefois réservés aux experts arrivent chez le grand public. Les professionnels de santé au rendez-vousLe CES est aussi un terrain d’exploration pour les professionnels de santé. Une délégation de l’AFIB (Association française des ingénieurs biomédicaux) est venue repérer des innovations concrètes, notamment françaises : dispositifs pour personnes malvoyantes, mobilité des fauteuils roulants, dépistage du cancer du sein ou solutions hospitalières émergentes. Mais entre innovation et adoption, les obstacles restent nombreux : modèle économique, validation clinique et lourdeurs administratives. Robots de service : un marché à venirEnfin, impossible d’ignorer les robots humanoïdes, omniprésents cette année. S’ils fascinent, leur maturité interroge encore. Exemple avec Starbot, un robot serveur destiné à la restauration : prometteur, déjà en test sur le terrain, mais encore loin d’une perfection industrielle. Le CES demeure ainsi un immense laboratoire, où l’innovation se cherche autant qu’elle se montre.
Le CES 2026 est officiellement lancé à Las Vegas. Direction le Las Vegas Convention Center, le plus vaste hall du salon, récemment réaménagé, où se concentrent les géants de l’électronique grand public. Des stands monumentaux et une impression générale de continuité : l’innovation progresse, mais sans rupture spectaculaire. Partenariat : avec FreePro, le meilleur de Free pour les entreprises Téléviseurs : la reine du CES reste l’écranCôté télé, les constructeurs convergent vers les technologies RGB mini-LED et micro-LED, synonymes de couleurs plus pures, de forte luminosité et de réduction des halos lumineux. Samsung, LG, Sony, TCL ou Hisense rivalisent aussi sur la taille, avec des écrans géants dépassant les trois mètres de diagonale, véritables démonstrateurs technologiques. Lunettes connectées : nouveautés chez Meta Autre tendance très attendue : les lunettes connectées. Meta mène la danse avec les Ray-Ban Meta, intégrant un écran discret, un bracelet haptique et de nouvelles fonctions comme le téléprompteur ou la messagerie par écriture manuscrite. Navigation piétonne en réalité augmentée et sous-titres en temps réel illustrent une AR plus mature, même si ces modèles ne sont pas encore disponibles en Europe. TCL, pionnier du secteur, poursuit ses travaux de miniaturisation de ses lunettes à réalité augmenté Ray Neo, tout en proposant parallèlement des lunettes de divertissements à écrans personnels immersifs. Robots : humanoïdes, aspirateurs et compagnonsLes robots occupent toujours une place de choix au CES. Humanoïdes encore largement téléopérés, robots aspirateurs capables de ramasser des objets ou de monter les escaliers, et même robots compagnons pour enfants, comme le TCL AiMe. Bref, la robotique avance à plusieurs vitesses. IA domestique : vers une maison pilotée par l’écranL’intelligence artificielle s’impose comme le prolongement naturel de la domotique. Réfrigérateurs, téléviseurs, chauffage ou éclairage deviennent les éléments d’un même écosystème intelligent. Les grands groupes imaginent une maison pilotée par des assistants et des écrans omniprésents, avec la télévision comme hub central. Mobilité : Sony accélère avec l’AfeelaEnfin, le CES confirme son virage vers la mobilité. Sony expose un nouveau prototype de berline développé avec Honda, la future Afeela. Un concentré de technologies mêlant divertissement, capteurs et IA conversationnelle, qui symbolise l’ambition du salon au-delà de l’électronique domestique. 👉 Retrouvez le meilleur du CES sur MondeNumerique.info
Depuis les rues de Las Vegas, Jérôme Colombain et Bruno Guglielminetti embarquent dans un véhicule sans volant ni conducteur. Une immersion sonore et visuelle au cœur de l’une des expériences les plus marquantes du CES. Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet) Une première mondiale grandeur natureÀ Las Vegas, la mobilité autonome sort du laboratoire. À l’occasion du CES, Jérôme Colombain et Bruno Guglielminetti montent à bord d’un véhicule 100 % autonome développé par Zoox, filiale de Amazon. Un taxi électrique sans volant, sans pédales et sans chauffeur, désormais autorisé à circuler en conditions réelles sur le Strip. Sensations et conduite autonomeAccélérations franches, arrêts précis, respect strict du code de la route : la Zoox s’intègre naturellement dans la circulation dense de Las Vegas. Le véhicule, autonome de niveau 4, s’appuie sur des lidars et une cartographie très fine de la ville pour gérer feux, piétons et autres usagers, au point que les passagers finissent par oublier qu’aucun humain ne conduit. Amazon, le cloud et la mobilité de demainDerrière Zoox, c’est toute la stratégie d’Amazon qui se dessine. Comme Waymo pour Google, l’enjeu dépasse le simple transport de passagers : collecte de données, intelligence artificielle et puissance du cloud AWS sont au cœur de cette révolution. Une étape de plus vers un futur fait de véhicules autonomes, de logistique robotisée et de services sans conducteur.
Deuxième jour à Las Vegas avant l’ouverture officielle du CES 2026, marqué par les keynotes des géants de la tech. NVIDIA, LG et consorts ont donné le ton entre IA physique et robots domestiques. De son côté, Withings continue d'innover en santé. Partenariat : avec FreePro, le meilleur de Free pour les entreprises NVIDIA ouvre le bal avec l’IA physiqueLors du Media Day, Jensen Huang , le patron de NVIDIA a présenté Rubin, la nouvelle plateforme de calcul succédant à Blackwell, avec des gains spectaculaires pour l’IA. Il a surtout détaillé sa vision de la « Physical AI », une intelligence artificielle capable d’agir dans le monde réel, au cœur de la robotique, des jumeaux numériques et des véhicules autonomes. NVIDIA a aussi levé le voile sur Alpamayo, une famille de modèles IA destinée à la conduite autonome, intégrée prochainement à la Mercedes-Benz CLA pour une autonomie de niveau 3. LG mise sur les robots et l’écran du futurLe constructeur coréen a créé la surprise avec CLOiD, un robot domestique humanoïde capable d’assister aux tâches ménagères du quotidien. LG a également dévoilé une nouvelle version de son téléviseur « wallpaper », un écran ultra-fin de 9 mm, sans fil, et basé sur la technologie micro RGB, l’une des stars de cette édition 2026 du CES. Withings renforce la santé connectéeLa marque française Withings France a profité du CES Unveiled pour présenter une nouvelle génération de balance connectée, pensée comme une véritable station de longévité. Capable de mesurer plus de 60 biomarqueurs, elle intègre désormais l’évaluation du risque d’hypertension et de l’âge du cœur, avec l’objectif d’accompagner les utilisateurs sur le long terme sans les anxiété inutile. Explications de Caroline Lagarde. Bientôt un épisode spécial en voiture autonomeEn marge du salon, Monde Numérique prépare un épisode à part consacré à une balade en véhicule 100 % autonome dans les rues de Las Vegas. Une immersion à bord des robotaxis Zoox, développés par Amazon, à découvrir très prochainement en audio et en vidéo. A ne pas rater !
Au cœur du CES Unveiled, François Sorel et Jérôme Colombain livrent leurs premières impressions à chaud. Entre gadgets surprenants, robots en tout genre et rareté des startups françaises, ce mini-CES donne le ton de l’édition à venir. Partenariat : avec FreePro, le meilleur de Free pour les entreprises Avec François Sorel (BFM Tech & Co) Un CES Unveiled en demi-teinteMoins d’exposants et surtout beaucoup moins de startups françaises cette année au CES Unveiled. François Sorel et Jérôme Colombain soulignent en revanche la forte présence des entreprises chinoises, qui dominent largement les allées de ce « mini CES » parfois comparé à une foire à inventions. La déferlante des robots du quotidienRobots tondeuses, robots de piscine, robots chasse-neige ou encore machines lanceuses de balles de tennis : la robotique utilitaire est omniprésente. François Sorel s’attarde sur des innovations intéressantes autour de l’autonomie, notamment des robots capables de se recharger seuls, une évolution clé pour l’avenir de la robotique domestique et humanoïde. Robots compagnons et influence asiatiqueLes robots pets, mi-peluches mi-objets connectés, intriguent autant qu’ils interrogent. Ces compagnons artificiels, surtout portés par des acteurs asiatiques, cherchent à reproduire une présence animale sans les contraintes du quotidien, ouvrant le débat sur notre rapport affectif aux machines. Une startup française utile : la détection d’allergènesMalgré leur rareté, certaines jeunes pousses françaises se distinguent par des solutions concrètes. François Sorel évoque une startup tricolore proposant un boîtier portable capable de détecter les allergènes alimentaires, un outil potentiellement vital pour les personnes souffrant d’allergies sévères.
Le CES de Las Vegas s'apprête à ouvrir ses portes et donne le ton de l’innovation mondiale pour 2026. Téléviseurs géants, intelligence artificielle, robotique et santé connectée s’annoncent comme les grandes vedettes de cette édition à nouveau exceptionnelle. Partenariat : avec FreePro, le meilleur de Free pour les entreprises Dès les jours qui précèdent l’ouverture officielle du CES 2026, Las Vegas se transforme en capitale mondiale de la high-tech. Avec plus de 4 500 exposants et 6 500 journalistes accrédités, le salon confirme son statut de vitrine incontournable de l’innovation, bien au-delà de la seule électronique grand public. Téléviseurs de nouvelle génération, objets connectés pour la santé, robots domestiques ou industriels, véhicules autonomes et intelligence artificielle s’imposent comme les grands thèmes de l’année. Samsung annonce des écrans géantsParmi les annonces marquantes, Samsung frappe fort avec des téléviseurs toujours plus spectaculaires, dont un modèle de 130 pouces reposant sur une nouvelle technologie RGB, ainsi qu’un Frame de 98 pouces. De son côté, LG mise sur ses dalles OLED tandem, promettant davantage de luminosité et de longévité, tout en dévoilant un étonnant robot domestique humanoïde capable d’aider aux tâches ménagères. Pépites françaises dans la e-santéLe CES, c’est aussi le CES Unveiled, un avant-goût qui a lieu le dimanche soir précédent l'ouverture. Une édition décevante cette année mais deux innovations françaises se distinguent : un détecteur portable d’allergènes alimentaires, Allergen Alert, pensé pour sécuriser les repas des personnes allergiques, et une nouvelle station de santé connectée signée Withings, dédiée au suivi de la longévité.
L’intelligence artificielle bouleverse la médecine, non sans susciter des débats. Thomas Klein, directeur de la stratégie chez Microsoft, plaide pour une alliance entre médecins et IA, et décrypte les enjeux d’une transformation moins technique que sociétale. Interview : Thomas Klein, auteur du livre “L’intelligence artificielle au service de la Santé”Punchlines- L’IA ne remplace pas les médecins, elle les renforce.- Avec l’IA, le taux de détection du cancer du sein grimpe de 17 %.- L’IA permet de détecter un problème cardiaque avant les premiers symptômes.- Un tiers du temps de travail des médecins est consacré à l’administratif.L’IA est-elle en train de révolutionner la médecine ?Oui, on est à un moment charnière. L’IA ne va pas tout transformer d’un coup, mais elle permet de poser de bonnes questions sur ce qu’on veut améliorer dans nos systèmes de santé. Le but de mon livre, c’est justement de démystifier l’IA en santé : ce qu’elle permet, et ce qu’elle ne permet pas. Le débat ne doit pas opposer médecins et IA, mais créer une alliance entre les deux. Ensemble, ils peuvent aller plus loin. Comment est utilisé l’IA en santé aujourd'hui ?Les outils d'IA sont surtout utilisés dans l’imagerie médicale. Elle agit comme une seconde paire d’yeux, inlassable et bien informée. Elle peut repérer une tumeur minuscule, invisible à l’œil humain. Par exemple, dans la détection du cancer du sein, l’IA augmente la précision de 17 %. Mais il ne faut pas voir ça comme une médecine froide ou déshumanisée. J’ai vécu aux États-Unis une consultation où l’IA assistait le médecin dans la rédaction du compte-rendu. Résultat : plus de temps d’échange humain, moins de temps sur l’ordinateur. Quels sont les apports majeurs de l’IA pour la médecine de demain ?L’IA peut faire évoluer la médecine de « réparation » vers la médecine d’anticipation. Grâce aux objets connectés — montres, bagues, capteurs — on peut détecter des anomalies plusieurs heures avant les premiers symptômes, comme pour un infarctus. Pour les malades chroniques, c’est une aide précieuse au quotidien, une sorte d’ange gardien numérique. Et avec des outils comme les jumeaux numériques, on peut simuler l’effet d’un traitement sur un patient précis avec plus de 90 % de précision. C’est un gain énorme pour les patients comme pour les soignants. L’IA en santé, c’est aussi un sujet éthique et social ?C’est même l’enjeu principal. Qui décide ? Qui est responsable ? Il ne faut pas que l’IA crée une médecine à deux vitesses. Il faut s’assurer que tout le monde y ait accès, pas seulement les hôpitaux les mieux dotés. Et puis, il y a la formation : les professionnels de santé doivent être accompagnés pour comprendre et utiliser ces outils. La France est parfois plus lente que les États-Unis, mais elle bâtit un socle de confiance qui sera, à long terme, un atout majeur. En savoir plus : L'IA au service de la Santé
Dans cet épisode, je vous raconte mon expérience de “vibe coding”, cette nouvelle façon de développer des outils sans écrire une seule ligne de code grâce à l’IA. Spoiler : c'est incroyable. Tout est parti d’un besoin très conret : améliorer les outils que j’utilise au quotidien pour produire et organiser ce podcast. Jusqu’ici, Notion faisait bien le travail, mais avec le temps, le système est devenu plus lourd, plus complexe et surtout limité. Je me suis alors tourné vers Airtable pour structurer un véritable tableau de bord dédié à la gestion “business” (suivi commercial, engagements, controle de facturation, etc.). J’ai apprécié la richesse des interfaces visuelles, les automatisations et l’assistant IA intégré, que j’ai complété avec ChatGPT et Gemini qui m’ont aidé à réfléchir à la logique globale et à l’architecture des bases de données. Mais la vraie révélation a été Lovable. Cette start-up suédoise permet de créer une véritable application web simplement en décrivant ce que l’on veut. En quelques jours, j’ai conçu un outil que j’ai baptisé PodTracker pour la planification des épisodes, la gestion des interviews et des messages de partenariats à travers un calendrier partagé; avec même un éditeur de texte intégré, le tout à travers une interface élégante et même une version mobile. Pour tout cela, je n’ai pas écrit une seule ligne de code. J’ai travaillé uniquement avec le chatbot inclus qui propose, teste, corrige et améliore en continu. Grisant et addictifBien sûr, il y a des limites, comme des interrogations autour de la sécurité du code généré, ou encore une dépendance à la plateforme pour l’hébergement et l’exportation de l’application. Mais le constat est clair : ces outils transforment profondément la manière de concevoir le développement logiciel. L’expérience est à la fois grisante et addictive. Au final, ce que je retiens surtout, c’est ce sentiment très fort d’être réellement “augmenté” par l’intelligence artificielle. J’ai pu créer des outils sur mesure dont j’avais besoin depuis longtemps, mais que j’étais incapable de réaliser seul auparavant. Pouvoir transformer une idée en application fonctionnelle, en quelques semaines à peine, sans compétences professionnelles réelles, est une incroyable révolution. Quant au métier de développeur, il est certain que celui-ci va évoluer très vite, en étant moins centré sur l’écriture de code que sur l’analyse des besoins, le pilotage de l’IA et la vérification des résultats. Le vibe coding est certainement l’avenir du code, tout simplement.
Bilan d’une année 2025 hors normes pour la tech, projections pour 2026 et premières tendances du CES de Las Vegas : Monde Numérique ouvre l’année avec un épisode dense, analytique et résolument tourné vers l’avenir. 💡Découvrez Frogans, l’innovation française qui réinvente le Web [PARTENARIAT] 2025–2026 : l’intelligence artificielle change d’échelle2025 restera comme l’année de tous les bouleversements autour de l’intelligence artificielle : course aux modèles géants, investissements records dans les data centers, affrontement réglementaire entre États-Unis et Europe. Cet épisode dresse un panorama clair des forces en présence, des gagnants de l’année et des signaux faibles qui annoncent 2026, entre agents autonomes, IA embarquée et risques de bulle économique. CES 2026 : ce que le salon dit vraiment de l’avenir de la techÀ quelques jours de l’ouverture du CES de Las Vegas, Mathieu Deboeuf-Rouchon et Lionel Tardy, co-auteurs du Guide de survie du CES, analysent les grandes tendances de l’édition 2026. Moins de gadgets spectaculaires, plus de deep tech, d’IA invisible, de robotique et de technologies agricoles et industrielles : le salon confirme un basculement structurel de l’innovation mondiale (🎧 interview intégrale). IA et santé : une révolution déjà en marcheL’intelligence artificielle transforme concrètement la médecine, du diagnostic à la prévention en passant par la réduction massive des tâches administratives. Thomas Klein, directeur de la stratégie santé chez Microsoft, explique comment l’IA augmente les médecins, améliore la relation patient-soignant et ouvre la voie à une médecine prédictive, personnalisée et plus humaine. Vibe Coding : créer des applications sans écrire de codeRetour d’expérience personnel sur le vibe coding, cette nouvelle façon de développer grâce à l’IA. Je vous raconte comment j'ai conçu deux applications professionnelles sur mesure, sans coder, En s’appuyant sur Airtable et Lovable. Réflexion sur un basculement profond dans la manière de créer des outils numériques et le métier de développeur.
Les auteurs du « Guide de survie du CES » livrent leurs analyses et conseils pour naviguer dans le salon de Las Vegas qui se tiendra la semaine prochaine. Interview : Matthieu Deboeuf-Rouchon & Lionel Tardy, auteurs du « Guide de survie du CES ».Punchlines- Le CES 2026 sera celui de la tech invisible et des infrastructures critiques.- L’intelligence artificielle devient un orchestrateur central dans tous les domaines.- Un CES bien préparé, c’est 25 % de sérendipité, 75 % de stratégie.- Le guide de survie est devenu le guide Michelin du CES.- L’IA au CES, ce n’est plus un thème, c’est un prisme.Qu’est-ce qui change cette année au CES ?Lionel Tardy : On assiste à un basculement. Fini l’exubérance matérielle, place à l’infrastructure logicielle critique. L’IA générative et agentique transforme les usages. Le CES 2026 sera dominé par la tech invisible : deep tech, composants, orchestration intelligente. Les grands stands sont toujours là, mais la valeur se déplace sous la surface. Quel rôle joue l’intelligence artificielle dans cette édition ?Matthieu Deboeuf-Rouchon : Elle est partout, mais surtout en profondeur. On ne parle plus seulement d’IA comme gadget ou démonstrateur. Elle agit comme un cerveau copilote, un orchestrateur de systèmes complexes. C’est ce qu’on retrouve dans l’agriculture avec des robots autonomes, dans la santé avec des capteurs prédictifs, ou encore dans le spatial computing. L’IA devient structurelle, pas juste thématique. En quoi consiste votre guide et pourquoi est-il devenu incontournable ?Matthieu Deboeuf-Rouchon : C’est un outil stratégique. On l’a conçu comme on aurait aimé le lire avant notre première venue. Il aide à fixer ses objectifs, à organiser ses rencontres, à maximiser son temps. Aujourd’hui, on propose même des versions personnalisées pour des délégations comme la région Auvergne-Rhône-Alpes. Gary Shapiro, le patron du CES, nous appelle le “guide Michelin du CES”. Quel est le secret d’un CES réussi ?Lionel Tardy : Il faut une vraie préparation. Un bon CES, c’est celui où l’on sait à l’avance pourquoi on vient, qui l’on veut voir, ce qu’on veut montrer ou découvrir. Pour les visiteurs comme pour les exposants, on recommande de garder 20 à 25 % de son temps pour la découverte fortuite, mais le reste doit être planifié. Sinon, on passe à côté de tout. Liens : Guide de survie du CES 2026, CES 2026
Le mot n'est pas nouveau mais il s'est imposé dans les débats tech en 2025 : “Doomer”. Derrière ce terme, une inquiétude croissante face aux dérives possibles de l’intelligence artificielle. Le terme Doomer désigne celui ou celle qui estime que les technologies numériques, et en particulier l’intelligence artificielle, représentent une menace majeure pour l’humanité. Apparu dès 2010, popularisé en 2025 sur les réseaux sociaux et dans certains cercles scientifiques, ce courant de pensée est relayé par des figures influentes de la recherche en IA comme Geoffrey Hinton ou Yoshua Bengio, qui alertent sur l’absence de garanties solides pour contrôler des systèmes de plus en plus puissants. Le mot “doom”, qui évoque le destin ou la catastrophe, résume bien l’état d’esprit de ces “inquiets”. Scénario catastropheLes risques pointés sont nombreux : disparition d’emplois, manipulation de l’information, déstabilisation des sociétés, cybercriminalité ou usages militaires. Les plus alarmistes redoutent même une perte de contrôle totale de l’humain sur la machine, dans des scénarios dignes de Terminator. À l’opposé, les bloomers défendent une approche plus confiante et pragmatique, convaincus que des garde-fous peuvent être mis en place. Un clivage qui dépasse l’IA et qui s’invite aussi dans les débats sur le climat ou l’avenir du numérique. Dans cet épisode, Yoshua Bengio propose une lecture raisonnée mais réaliste des risques liés à l’intelligence artificielle.
Un mot étrange s’est imposé dans le vocabulaire de la tech en 2025 : sycophancy. Derrière ce terme se cache un risque bien réel pour les utilisateurs de l’intelligence artificielle, notamment les plus jeunes. La sycophancy, ce terme anglais que l’on peut traduire par flagornerie ou flatterie, désigne la tendance de certains modèles d’IA à aller systématiquement dans le sens de l’utilisateur, quitte à valider des propos inexacts ou dangereux. Un biais problématique, car une IA trop complaisante ne corrige plus les erreurs et peut renforcer des croyances fausses, notamment dans des domaines sensibles comme l’information, la santé, l’éducation ou l’aide à la décision. Ce phénomène, désormais bien documenté par la recherche, trouve son origine dans les données humaines utilisées pour entraîner les modèles et dans la recherche d’interactions positives. Grégory Renard, spécialiste de l’intelligence artificielle et cofondateur de l’association Everyone.ai, alerte sur les dérives possibles, y compris l’addiction aux chatbots et les risques psychologiques pour les plus jeunes. Les concepteurs de modèles travaillent à des garde-fous, via le nettoyage des données et l’alignement des IA, mais le problème reste loin d’être totalement résolu.
En 2025, une nouvelle expression s’est imposée dans le vocabulaire de la tech : le « vibe coding ». Derrière ce terme intrigant se cache une pratique qui transforme en profondeur la manière de développer des logiciels. Le vibe coding, que l’on peut traduire par « programmation intuitive », désigne une approche où le développeur ne code plus ligne par ligne, mais décrit simplement ce qu’il souhaite obtenir à une intelligence artificielle. Popularisé par Andrei Karpathy, ancien responsable de l’IA chez Tesla et cofondateur d’OpenAI, ce concept est né dans les communautés de développeurs avant de se diffuser largement dans l’écosystème numérique. Concrètement, il suffit désormais de formuler une demande en langage naturel : créer un script Python, concevoir une page web avec un formulaire, modifier l’interface d’une application ou même développer un jeu ou une application mobile complète. Cette méthode permet un gain de temps spectaculaire et ouvre la création logicielle à des non-développeurs, capables de produire des outils fonctionnels pour le web, le mobile ou des usages métiers comme des CMS ou des ERP. De nombreux outils incarnent cette tendance, à commencer par GitHub Copilot, mais aussi Cursor, Windsurf ou des assistants généralistes comme ChatGPT, Claude ou Gemini, qui génèrent du code à intégrer ensuite de manière classique. D’autres solutions vont plus loin encore, en produisant directement des applications prêtes à l’emploi, comme le propose la startup suédoise Lovable. Dans cet épisode, Sébastien Stormacq, responsable des relations développeurs chez AWS, partage une expérience concrète : la création, en une heure et sans écrire une seule ligne de code, d’un jeu inspiré de Pac-Man grâce au vibe coding. Un exemple révélateur de la puissance, mais aussi des limites de cette approche. Le phénomène soulève des questions cruciales : qualité et sécurité du code généré, risques de bugs majeurs, mais aussi impact sur l’emploi. Si le vibe coding accélère le travail des équipes et augmente la productivité des développeurs expérimentés, il fragilise davantage les profils juniors. Une chose est sûre : plus qu’un simple outil, le vibe coding redéfinit en profondeur le métier de développeur.
En cette fin d’année, Monde Numérique prend de la hauteur et décrypte les mots qui ont marqué l’actualité technologique. En tête : agents IA, cette nouvelle frontière de l’intelligence artificielle. En 2025, l’intelligence artificielle a franchi un cap avec l’émergence des agents IA. Contrairement aux assistants conversationnels classiques, ces systèmes ne se contentent plus de répondre à des questions : ils sont capables de planifier des actions, de choisir des outils et d’exécuter des tâches complexes de manière semi-autonome dans des environnements numériques. Cette notion a été largement popularisée par OpenAI, qui a introduit des agents capables d’utiliser des outils externes et d’interagir avec des interfaces logicielles. Microsoft a, de son côté, intégré ces logiques dans son écosystème Copilot afin d’automatiser des workflows professionnels, tandis que Google a présenté des agents capables de coordonner plusieurs services, notamment dans la productivité et le cloud. Romain Huet, d'OpenAI, détaille le concept d'IA agentique et explique pourquoi il s'agit véritablement d'une nouvelle révolution après celle des chatbots d'IA générative. Autre évolution marquante : l’apparition des navigateurs agentiques, comme Comet d’Anthropic ou Atlas d’OpenAI. Ces navigateurs, boostés à l’IA, peuvent parcourir le web, cliquer, remplir des formulaires et naviguer entre différents sites comme le ferait un humain. Une avancée rendue possible par le computer use, qui permet aux modèles d’interagir directement avec des interfaces graphiques, sans passer par des API dédiées. Mais cette révolution soulève aussi de nombreuses questions : fiabilité encore imparfaite, lenteur d’exécution, sécurité des données, responsabilité en cas d’erreur, ou encore coexistence entre humains et agents automatisés sur le web. En 2025, les agents IA se sont imposés comme un enjeu stratégique majeur, annonçant de profondes transformations d’Internet et ouvrant la voie à de futures régulations.
Ancien commando marine, Louis Saillans a fondé Askalon Industries pour répondre à un enjeu devenu central : la détection des drones. Sa start-up mise sur l’acoustique et l’intelligence artificielle pour proposer une solution passive, discrète et abordable, pensée avant tout pour les usages civils. Interview : Louis Saillans, cofondateur d’Askalon IndustriesEn quoi consiste votre système anti-drone ?L'équipement que nous avons mis au point repose sur l’acoustique. C'est une technologie ancienne mais qui redevient extrêmement pertinente grâce aux progrès de l’intelligence artificielle. Avec des capteurs acoustiques couplés à des modèles d’IA entraînés en interne chez Askalon Industries, on est capable de détecter tous les drones, quel que soit leur type ou leur mode de guidage. L'équipement que nous avons mis au point embarque sa propre IA et fonctionne de manière autonome, parfois même sans aucune transmission de données, ce qui est essentiel pour des sites sensibles comme les centrales nucléaires. A qui s'adresse cette solution ? Cette approche intéresse des aéroports, des stades, des prisons, des raffineries, des data centers ou encore des sites industriels critiques. L’objectif n’est pas de surveiller, mais de garantir qu’aucun drone ne pénètre dans une zone sans que l’exploitant n’en soit informé, à la manière d’un système de vidéosurveillance, mais sans caméra. Les drones actuels volent lentement, souvent bien en dessous de la vitesse de propagation du son. Résultat : on peut les entendre avant qu’ils n’atteignent une zone sensible. Contrairement aux avions, ils émettent du bruit en permanence. Votre solution permet-elle d'intercepter des drones ? Non. Intercepter un drone, c’est entrer dans le monde des systèmes d’armes, avec toute la réglementation qui va avec. Ce n’est pas notre positionnement. Dans le civil, faire tomber un drone au-dessus d’un stade ou d’un centre-ville crée un risque de dégâts collatéraux évident. Nous faisons le choix de fournir une information fiable et certaine, pour permettre aux exploitants de prendre les bonnes décisions : interruption d’un trafic aérien, sécurisation d’un site, alerte des autorités compétentes. C’est une logique de prévention, pas de destruction. Comment passe-t-on des forces spéciales à l'entreprenariat ?Dans les unités des forces spéciales, on est en permanence dans l’innovation. On teste du matériel, on le pousse dans ses retranchements, on prototype et on fait des retours extrêmement exigeants aux industriels. Cette culture du test en conditions réelles et du “ça doit fonctionner quoi qu’il arrive” m’a beaucoup marqué. L’entrepreneuriat est une continuité naturelle de cet état d’esprit. La différence, c’est que dans une start-up, le stress est moins violent qu’en opération, mais il est quotidien, avec des décisions à prendre tous les jours.
Après une année 2025 marquée par des fuites de données massives, la cybercriminalité change d’échelle. Benoît Grünemwald, expert cybersécurité chez ESET, analyse les menaces émergentes, l’usage croissant de l’IA par les attaquants et la capacité de réponse des défenseurs à l’aube de 2026. Interview : Benoît Grünemwald, expert cybersécurité chez ESETEn partenariat avec ESET Si l’on dresse le bilan de 2025 en matière de cybercriminalité, que faut-il retenir en priorité ?En 2025, ce sont avant tout des fuites de données à très grande échelle. Elles ont touché des entreprises, mais aussi des fédérations sportives françaises et des services parapublics comme France Travail. L’ampleur est telle qu’on peut considérer que presque tout le monde a été concerné, directement ou indirectement. Pourquoi dites-vous que les conséquences se feront surtout sentir en 2026 ?Parce qu’il faut du temps aux cybercriminels pour exploiter ces données. Certains sont spécialisés dans la récupération d’informations et la constitution de bases, parfois revendues sur le dark web. En recoupant plusieurs fuites, notamment grâce à l’intelligence artificielle, ils peuvent créer des profils très précis. Cela ouvre la voie à des campagnes de phishing ciblées, mais aussi à des risques bien réels dans le monde physique. L’intelligence artificielle a-t-elle marqué un tournant en 2025 pour les cyberattaquants ?Oui, clairement. On est passé de simples expérimentations à des logiciels malveillants capables de se réécrire eux-mêmes, partiellement ou totalement, grâce à l’IA. Certains malwares utilisent désormais des API pour dialoguer avec une IA hébergée sur un serveur contrôlé par l’attaquant, afin de décider quoi faire des données trouvées sur la machine de la victime. C’est un changement de paradigme important, même si ces menaces restent aujourd’hui bien détectées. On a aussi parlé de l’utilisation d’agents d’IA comme Claude par des groupes de pirates…Oui, c’est notamment documenté dans un rapport d’Anthropic sur l’utilisation détournée de Claude. Des agents spécialisés ont été utilisés pour automatiser quasiment toute la chaîne d’une attaque. Chaque agent se charge d’une étape, avec très peu d’interactions humaines. Cela réduit la complexité technique pour les attaquants, mais cela reste encore relativement encadré. Les défenseurs utilisent eux aussi l’IA. Avec quels résultats ?Les défenseurs utilisent l’IA depuis longtemps, notamment pour les tests de pénétration, ou pen tests. Récemment, une IA a même remporté un concours de hacking éthique, en identifiant des failles plus efficacement que des experts humains. C’est un signal fort sur la capacité de l’IA à renforcer la sécurité des systèmes avant que les cybercriminels ne les exploitent.
À l’heure des bilans technologiques, Patrice Duboé décrypte les grandes ruptures de 2025 et trace les lignes de force de 2026, entre IA générative, robots industriels, enjeux énergétiques, cybersécurité et transformation profonde des entreprises mondiales. En partenariat avec Capgemini Interview : Patrice Duboé, directeur de l’Innovation pour l’Europe du Sud chez CapgeminiQuelles grandes tendances technologiques retenez-vous de l’année 2025 ?2025 a été une année extrêmement riche. Impossible de ne pas parler de l’IA générative et surtout de l’arrivée concrète des agents. Ils sont désormais déployés à grande échelle, avec des cas d’usage très opérationnels. Dans les centres de support, par exemple, on utilise des agents capables d’analyser des décennies de tickets pour identifier instantanément les causes probables d’un problème, en s’appuyant sur des technologies issues de l’IA générative telles que celles développées par des acteurs comme OpenAI ou intégrées dans des solutions d’entreprise. Résultat : jusqu’à 25 % de gains de productivité. On n’est plus dans l’expérimentation, mais clairement dans l’industrialisation. L’informatique quantique progresse aussi. Où en est-on réellement ?Le quantique reste encore très orienté recherche, mais ses promesses sont majeures. On le voit déjà dans la météorologie, où l’on parvient à allonger les prévisions grâce à des modèles toujours plus complexes, développés notamment par des instituts de recherche et des industriels comme IBM Quantum. Demain, cela va transformer la recherche médicale, en particulier sur le cancer. Mais il y a aussi un enjeu critique en cybersécurité : le jour où les ordinateurs quantiques pourront casser nos clés de chiffrement actuelles. C’est pour cela que les entreprises travaillent dès maintenant sur la cryptographie post-quantique, par exemple à travers les recommandations du NIST. Robots, humanoïdes, “dark factories” : que faut-il attendre de 2026 ?2026 sera clairement une année d’accélération. Les robots et les humanoïdes vont encore gagner du terrain, portés par l’IA. On voit émerger en Chine les premières dark factories, des usines entièrement automatisées, inspirées des modèles déployés par des groupes industriels comme Xiaomi ou dans l’automobile électrique. Ces sites fonctionnent sans éclairage ni présence humaine, 24h/24, et consomment moins d’énergie. Ils répondent aussi à une pénurie mondiale de main-d’œuvre. Contrairement aux craintes habituelles, il ne s’agit pas seulement de supprimer des emplois, mais de transformer le travail et de créer de nouveaux métiers, notamment autour de l’ingénierie et de la supervision des systèmes. Faut-il craindre une bulle de l’IA ?Je distinguerais la bulle financière de la bulle technologique. Il y a sans doute une surévaluation financière, notamment autour des fabricants de puces comme NVIDIA, dont les technologies sont devenues centrales pour l’IA, et un ajustement est probable fin 2026. En revanche, sur le plan technologique, l’IA n’est pas une bulle. Les gains sont réels, mesurables et déjà intégrés dans les usages. Contrairement à d’autres concepts comme le métaverse, l’IA va transformer durablement notre façon de travailler, d’apprendre et de produire.
Bilan de fin d’année de part et d’autre de l’Atlantique : intelligence artificielle, régulation, cybersécurité, souveraineté numérique et gadgets futuristes. On passe au crible une année 2025 aussi dense que révélatrice. Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet) Intelligence artificielle : la bataille des modèles et l’avalanche d’investissementsL’année 2025 a été marquée par une concurrence accrue entre modèles d’IA, avec un rattrapage spectaculaire des challengers face à ChatGPT. Les investissements se chiffrent désormais en centaines de milliards de dollars, sans que la fameuse « bulle de l’IA » n’ait réellement éclaté, renforçant l’idée que la technologie est déjà profondément ancrée dans l’économie réelle. IA et entreprises : promesses, frustrations et emplois menacésL’adoption de l’IA en entreprise progresse, mais de manière contrastée. Les outils comme Copilot peinent parfois à convaincre les salariés, tandis que des études montrent que l’IA pourrait freiner l’embauche des juniors au profit de profils plus expérimentés augmentés par la technologie, soulevant de vraies questions sur la relève et l’avenir du travail. Médias, contenus et création à l’ère de l’IARédactions, journalistes et créateurs de contenu intègrent progressivement l’IA dans leurs pratiques. Si les gains de productivité sont réels, la fiabilité des contenus générés reste imparfaite et impose des vérifications constantes. Le débat sur l’authenticité et la valeur du travail journalistique est plus vif que jamais. Publicité sans IA : le coup d’éclat d’IntermarchéLa publicité de Noël d’Intermarché (👉 https://www.intermarche.com/) a créé la surprise avec plus d’un milliard de vues, revendiquant une création sans intelligence artificielle. Un succès qui rappelle que l’émotion et la narration humaine conservent une force intacte face aux technologies automatisées. Régulation et souveraineté numérique : Europe contre Amérique du NordEntre l’AI Act européen, déjà contesté avant même son application, et la dérégulation américaine, 2025 a été une année charnière. La souveraineté numérique est devenue un sujet central, notamment après des épisodes révélateurs impliquant des acteurs du cloud et des pressions géopolitiques croissantes. Les fleurons français de l’IA sous les projecteursLa France a vu émerger et s’affirmer des acteurs clés comme Mistral AI (👉 https://mistral.ai/), tandis que le retour en France de figures majeures de la recherche en intelligence artificielle nourrit autant d’espoirs que de débats politiques et industriels. Cybersécurité : fuites de données, attaques et pannes géantesEntre cyberattaques massives, fuites de données sensibles et pannes d’infrastructures critiques comme Cloudflare (👉 https://www.cloudflare.com/), l’année a rappelé à quel point nos sociétés sont dépendantes du numérique. L’IA joue un rôle ambivalent, à la fois arme pour les attaquants et outil pour les défenseurs. Produits tech et gadgets : peu de grandes nouveautés, mais quelques signaux fortsCôté matériel, l’année a été relativement calme, hormis l’émergence de nouveaux formats comme l’iPhone plus léger et l’essor des lunettes connectées de Meta (👉 https://about.meta.com/), notamment les Ray-Ban intelligentes, qui commencent à dépasser le simple gadget. Robotique humanoïde : promesses spectaculaires, réalités complexes2025 pourrait rester comme l’an zéro de la robotique humanoïde, avec une multiplication d’annonces et de prototypes, notamment en Chine. Mais entre enjeux de sécurité, attentes irréalistes et limites technologiques, le chemin vers une adoption massive dans les foyers reste semé d’embûches.
L’intelligence artificielle, la robotique, la cybersécurité et la désinformation ont marqué 2025. Dans ce dernier Hebdo de l’année, on dresse le bilan d’un millésime technologique hors norme et se projette déjà vers 2026. 💡Découvrez Frogans, l’innovation française qui réinvente le Web [PARTENARIAT] L’actu de la semaine : cyberattaques, deepfakes et grandes manœuvres numériquesL’actualité est dominée par une cyberattaque d’ampleur visant le ministère français de l’Intérieur, suivie de soupçons de fuites massives de données impliquant la CAF et le ministère des Sports. On revient aussi sur une fausse vidéo générée par IA annonçant un coup d’État en France, largement diffusée sur Facebook, qui a suscité la réaction d’Emmanuel Macron et relancé le débat sur la désinformation et la responsabilité des plateformes. Côté innovations, OpenAI ouvre un App Directory intégré à ChatGPT, tandis que Google dévoile Gemini 3 Flash, un modèle plus léger destiné aux usages quotidiens. Enfin, TikTok trouve un accord pour passer sous contrôle majoritairement américain aux États-Unis, mettant fin à plusieurs années d’incertitudes politiques. IA : course aux modèles et investissements recordsAvec Bruno Guglielminetti, journaliste et animateur de Mon Carnet, le débrief transatlantique revient sur l’année 2025 marquée par une accélération spectaculaire de l’IA. Bataille féroce entre OpenAI et Google, investissements colossaux chiffrés en dizaines de milliards de dollars et montée en puissance des usages en entreprise : l’IA s’impose comme un pilier stratégique, malgré les interrogations persistantes sur une possible bulle financière. Le débrief revient sur l’émergence de la robotique humanoïde, particulièrement portée par la Chine, et sur les avancées des lunettes connectées, notamment celles de Meta en partenariat avec Ray-Ban. Entre espoirs d’usages concrets et inquiétudes liées à la sécurité et aux attentes excessives, 2025 apparaît comme une année charnière pour ces technologies. Agents IA et dark factories : le regard de CapgeminiPatrice Duboé, Directeur de l’innovation Europe du Sud chez Capgemini, analyse les grandes tendances technologiques de l’année. Il décrypte l’essor des agents IA déjà déployés à grande échelle dans les entreprises, notamment dans les centres de support, ainsi que le phénomène des « dark factories » chinoises, où robotique et automatisation redéfinissent la production industrielle [PARTENARIAT]. Cybersécurité : une année noire pour les données personnellesBenoît Grünemwald, expert cybersécurité chez ESET, dresse un constat préoccupant : fuites de données massives, attaques en série contre des institutions publiques, fédérations sportives et entreprises françaises. Il alerte sur l’utilisation croissante de l’IA par les cybercriminels, capables désormais d’automatiser certaines attaques via des agents intelligents, tout en soulignant que les outils de défense progressent eux aussi [PARTENARIAT]. Un ancien commando face aux dronesEnfin, Louis Saillans, cofondateur d’Askalon Industries et ancien commando de marine, présente une technologie innovante de détection de drones basée sur des capteurs acoustiques et l’IA. Pensé pour les aéroports et les sites sensibles, ce système illustre comment l’expérience militaire peut nourrir des solutions civiles face aux nouvelles menaces aériennes.
La récente visite d’Emmanuel Macron en Chine a placé l’intelligence artificielle au centre des échanges franco-chinois. Au menu : coopérations éducatives, données numériques, voitures autonomes et open source. Interview : Shanhui Zhang, journaliste à China Global Television Network (CGTN)Vous avez suivi le déplacement du président français en Chine. Que faut-il en retenir sur le plan technologique ?Cette visite s’inscrit dans une continuité : c’était déjà la quatrième fois qu’Emmanuel Macron se rendait en Chine. À chaque déplacement, le président français aborde plusieurs dossiers clés - énergie, géopolitique, économie - mais cette fois encore, la dimension technologique, et en particulier l’intelligence artificielle, était centrale. La France joue un rôle important au sein de l’Union européenne, notamment dans la définition des normes, et cela pèse fortement dans les discussions avec la Chine sur l’IA, la gestion des données et les coopérations industrielles. Un moment marquant a été la tenue de la septième session du comité des entrepreneurs franco-chinois, qui réunit de grandes entreprises des deux pays pour explorer les opportunités de coopération à l’ère numérique. On a vu la présence d’acteurs majeurs de l’IA chinoise comme iFLYTEK, un leader de l’intelligence artificielle spécialisé dans la traduction automatique, l’éducation et la santé, dont les technologies sont déjà largement utilisées en Chine et pourraient, à terme, s’exporter vers la France et l’Europe. La coopération éducative et scientifique semble également centrale. Pourquoi ?Parce que l’intelligence artificielle ne se limite pas aux entreprises : elle se construit aussi dans les universités. Lors de son discours à l’université du Sichuan, Emmanuel Macron a clairement évoqué les opportunités offertes aux étudiants chinois de venir étudier en France, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle et des hautes technologies. Mais il faut aussi souligner que la Chine a énormément investi ces dernières années dans l’enseignement de l’IA. L’avenir ne sera donc pas une coopération à sens unique, mais plutôt une exploration commune, « main dans la main ». L’objectif est un échange équilibré de compétences, de chercheurs et d’étudiants, bénéfique à la fois à la Chine et à la France. Les questions des données et de la méfiance européenne à l'égard de la Chine ont-elles été abordées ?Oui, c’est un sujet absolument central, qui touche au cœur même de la coopération technologique entre la Chine et l’Europe. En juillet 2025, un dialogue spécifique sur l’intelligence artificielle a eu lieu entre le vice-ministre chinois des Sciences et Technologies et l’envoyé spécial du président français. Les deux parties ont publié une déclaration commune insistant sur le développement d’une IA sûre, équitable et porteuse de sens, ainsi que sur la nécessité d’une gouvernance mondiale de ces technologies. La Chine cherche aujourd’hui à rassurer les Européens, notamment sur la gestion des données, en travaillant avec l’Union européenne à la création de plateformes bilatérales et à une meilleure organisation des flux de données. L’idée est de trouver des convergences entre les règles européennes, comme le Règlement général sur la protection des données (RGPD), et les lois chinoises sur la sécurité des données, afin de bâtir un cadre commun acceptable des deux côtés. Voir : China Global Television Network (CGTN)
Comment garantir la sécurité des données à l'ère du "cloud hybride" ? Une émission spéciale enregistrée à l'occasion de l'événement NetApp INSIGHT Xtra Paris. En partenariat avec NetApp Guillaume de Landtsheer, vice-président France de NetApp Pourquoi le cloud est-il devenu une infrastructure critique, mais aussi un sujet de défiance ?Le cloud computing est devenu invisible, mais absolument indispensable. Il est derrière nos applications, nos services numériques et, plus largement, derrière le fonctionnement des entreprises et des services publics. En parallèle, il cristallise des inquiétudes légitimes : où sont stockées les données, qui y a accès et selon quelles règles ? La souveraineté numérique ne se résume pas à la nationalité d’un fournisseur, mais à un cadre de confiance, de transparence et de contrôle donné aux clients. Notre rôle est de fournir une technologie qui permette cette maîtrise, sans accès direct de notre part aux données. Comment garantir la souveraineté des données quand les acteurs sont mondiaux ?Vouloir une souveraineté basée uniquement sur l’origine géographique des entreprises n’est pas réaliste. Beaucoup de nos clients sont internationaux et ont besoin que leurs données circulent de manière sécurisée entre plusieurs pays. Nous parlons donc de « trusted vendor », un fournisseur de confiance, transparent sur sa gouvernance, ses obligations légales et ses pratiques de sécurité, en cohérence avec des cadres comme SecNumCloud porté par l’ANSSI. Concrètement, nos technologies sont déployées chez les clients de manière totalement étanche : même en tant qu’éditeur, nous n’avons aucun accès aux données, y compris face à des demandes extérieures. Paul Cayot, directeur commercial de TélédiagComment garantir la protection des données de santé dans le cloud ?Le principal défi aujourd’hui pour une entreprise comme la nôtre, qui stocke et transmet des données de santé, c’est de concilier trois exigences qui peuvent sembler contradictoires : une sécurité absolue, une disponibilité permanente et une résilience face à des menaces en constante évolution. Nous manipulons des données patients extrêmement sensibles, vitales même, dans des contextes d’urgence où la moindre interruption peut avoir des conséquences graves. Cela impose des infrastructures certifiées comme le HDS, des redondances multiples, des plans de reprise robustes, mais aussi une vigilance humaine permanente. Nous avons connu un épisode grave de cyberattaque qui a paralysé nos systèmes. Ce qui a fait la différence, ce sont les mécanismes de résilience, comme le système snapshot, qui nous ont permis de préserver l’intégrité des données et de redémarrer rapidement sans aucune fuite.
Des géants de la tech envisagent d’installer des data centers dans l’espace pour répondre aux besoins explosifs de l’IA, en misant sur l’énergie solaire et des infrastructures orbitales inédites mondiales. Interview : Julien Villeret, directeur de l’innovation d’EDFEn partenariat avec EDF Pourquoi l’idée d’installer des data centers dans l’espace séduit-elle les géants de la tech ?Un data center, ce n’est pas seulement de l’informatique et des serveurs : c’est avant tout une question d’énergie, et de beaucoup d’énergie. Même si les puces et les modèles d’IA deviennent plus sobres, les usages explosent, notamment avec l’IA générative et l’inférence. Résultat : les besoins en calcul augmentent de façon exponentielle, et donc la consommation électrique aussi. La vraie question, aujourd’hui, c’est comment fournir une énergie massive, fiable et au coût le plus bas possible à ces infrastructures. C’est là que l’espace commence à faire rêver les grands acteurs du numérique comme Google, Amazon ou Tesla. En quoi l’espace apporterait-il un avantage décisif par rapport à la Terre ?Sur Terre, raccorder un data center au réseau électrique prend des années. Il faut des autorisations, creuser des tranchées, poser des câbles à très haute tension : c’est lourd, long et peu compatible avec le rythme du numérique. Dans l’espace, l’idée est de se rapprocher du Soleil. L’énergie solaire y est quasi permanente et beaucoup plus intense qu’au sol : en orbite géostationnaire, on capte jusqu’à 20 à 50 fois plus d’énergie. Il n’y a quasiment pas de cycle jour-nuit, ce qui permet une production continue. Sur le papier, c’est une source d’énergie abondante, puissante et presque illimitée. Comment communiquer avec des data centers situés en orbite ?Les technologies existent déjà. On fait exactement comme avec des constellations de satellites type Starlink : des communications à très haut débit entre l’espace et la Terre. Certes, la latence est un peu plus élevée qu’avec des infrastructures terrestres, mais pour des services d’IA, quelques dizaines de millisecondes ne posent aucun problème. Ce n’est pas idéal pour le gaming ultra-réactif, mais pour le traitement de données ou l’IA, c’est tout à fait acceptable et déjà opérationnel. Est-ce réellement faisable aujourd’hui, ou est-ce encore de la science-fiction ?Techniquement, c’est crédible. Économiquement, c’est encore un énorme pari. Des acteurs comme la startup StarCloud, soutenue par NVIDIA, ont déjà lancé un premier satellite avec des GPU embarqués, mis en orbite par SpaceX, capable d’exécuter des modèles d’IA comme Gemma de Google. C’est encore très symbolique, mais ça fonctionne réellement. Les défis restent immenses : rayonnements cosmiques, températures extrêmes, usure accélérée des composants et surtout le refroidissement, très complexe dans le vide spatial. Sans parler du coût des lancements, encore élevé malgré les progrès. Si les promesses de lanceurs comme Starship ou New Glenn se concrétisent, avec des coûts divisés par dix, l’équation pourrait changer. Pour l’instant, on est clairement sur un moonshot, comme le projet Suncatcher développé par Google au sein de sa division X, ambitieux et audacieux… mais encore loin d’un déploiement massif.
Ça y est, l’Australie a interdit les réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Mais les jeunes rusent... Avec Bruno Guglielminetti (https://moncarnet.com/) L’Australie tente de bannir les jeunes des réseaux, mais...Depuis cette semaine, les jeunes Australiens de moins de 16 ans sont censés être exclus des réseaux sociaux. Une nouvelle loi impose aux plateformes de supprimer leurs comptes. Problème : seuls dix réseaux sont concernés par le texte. Résultat, les adolescents migrent en masse vers des applications comme Lemon8, Yoop ou Coverstar, qui échappent (pour l’instant) à la régulation. Lemon8, appartenant à ByteDance (maison mère de TikTok), est même devenue l’appli la plus téléchargée du pays en un jour. Le gouvernement promet d’adapter la loi, mais la réactivité des jeunes dépasse celle des législateurs. États-Unis : les visiteurs bientôt obligés de livrer 5 ans de vie numérique ?Un décret américain prévoit d’imposer à tout visiteur étranger de fournir un historique de cinq ans de ses activités numériques (réseaux sociaux, publications publiques). Ce projet, en discussion pour 60 jours, provoque un certain émoi, notamment en France. En réalité, la collecte d’informations est déjà partiellement en place via la demande ESTA, même si la saisie reste optionnelle. Le changement : l’application mobile deviendrait obligatoire, notamment pour capter de meilleures photos. Une extension de la surveillance ? Oui. Une nouveauté totale ? Pas vraiment. Adobe et OpenAI : création d’images et PDF intégrés dans ChatGPTAdobe intègre ses outils phares – Photoshop, Acrobat, Adobe Express – directement dans ChatGPT. Une nouveauté qui permet de générer une image avec l’IA, puis de la modifier dans Photoshop sans quitter l’interface. Idem pour les PDF. Ce partenariat vise à contrer Google et son IA Gemini, qui progresse rapidement. Pour les utilisateurs, le bénéfice est net : gain de temps et nouvelles possibilités créatives. C’est aussi une illustration concrète de la fusion croissante entre IA générative et outils métiers.
Cette semaine : les architectes de l'IA, GPT 5.2, les meilleurs smartphones, futures lunettes google, data centers dans l’espace, rapprochements Chine et Europe, souveraineté numérique et protection des données de santé. 💡Découvrez Frogans, l’innovation française qui réinvente le Web [PARTENARIAT] Les maîtres de l’IALe magazine Time consacre ses personnalités de l’année aux "architectes de l’intelligence artificielle" : Sam Altman (OpenAI), Elon Musk (xAI), Mark Zuckerberg (Meta), Jensen Huang (NVIDIA), Demis Hassabis (DeepMind), Lisa Su (AMD), Dario Amodei (Anthropic) et Fei-Fei Li (Stanford). Tous incarnent une année 2025 marquée par l’essor fulgurant – et parfois inquiétant – de l’IA générative (lire sur Monde Numérique). ChatGPT 5.2 : la réponse d'OpenAI à GoogleOpenAI publie dans la précipitation une nouvelle version de son modèle, quelques semaines à peine après GPT 5.1. Objectif : reprendre la main face à Gemini 3, le modèle de Google qui domine les benchmarks. GPT 5.2 mise sur de meilleures compétences en analyse d’images, rédaction de code et manipulation de tableaux. Meta change de cap, IBM alerteMeta abandonne l’open source avec son futur modèle « Avocado », successeur de LLaMA, et confie la direction de l’IA à Alexander Wang. Une rupture de philosophie. Dans un autre registre, Arvind Krishna (PDG d’IBM) tire la sonnette d’alarme : l’IA va droit dans le mur, avec ses coûts économiques, techniques et énergétiques devenus insoutenables. Musk contre l’EuropeElon Musk s’en prend publiquement à l’Union Européenne après une amende de 120 millions d’euros contre X pour non-respect du DSA. Les smartphones les plus résistants 60 Millions de Consommateurs publie un classement surprenant : les smartphones les plus fiables sont… chinois. Xiaomi, Oppo ou OnePlus devancent Apple et Google. Google mise sur les lunettes, la tech sur l’orbiteGoogle revient dans la course aux lunettes connectées avec trois modèles annoncés pour 2026. Data centers dans l'espaceInstaller des data centers dans l’espace ! C'est la nouvelle lubie des géants de l'IA. Julien Villeret (EDF) explique pourquoi cette vision, autrefois farfelue, s’impose face aux limites terrestres d’approvisionnement énergétique. Chine et Europe : convergence ou défiance ?Depuis Pékin, la journaliste Shanhui Zhang (CGTN) décrypte les ambitions sino-françaises autour de l’intelligence artificielle après la visite d’Emmanuel Macron. Coopération éducative, dialogue sur les données : les deux blocs veulent avancer, malgré une méfiance persistante en Europe. Souveraineté numérique et protection des donnéesEnfin, dans un dossier spécial réalisé avec NetApp, à l'occasion de l'événement Insight Xtra, Guillaume de Landesherr (NetApp France) évoque les défis du cloud de confiance. Paul Cayot (Télédiag) revient sur une cyberattaque évitée de justesse grâce à des snapshots réguliers. L’enjeu de la protection des données, notamment de santé, n’a jamais été aussi critique.
Les géants de l'intelligence artificielle préparent un protocole universel pour permettre aux IA d'interagir avec tous les services numériques sans intégration spécifique. Un langage commun pour les agents intelligentsLes intelligences artificielles peinent aujourd’hui à agir efficacement dans un monde numérique fragmenté. Chaque outil ou service utilise sa propre API, ses propres règles d’interaction. Pour qu’un agent IA exécute une tâche concrète, il doit apprendre à dialoguer avec une multitude de systèmes hétérogènes. C’est à ce problème que répond MCP, le Model Context Protocol, conçu comme un langage universel entre IA et outils numériques. Une initiative d’Anthropic, soutenue par la Linux FoundationCréé en 2024 par deux ingénieurs d’Anthropic, David Soriapara et Justin Sparsomers, MCP vient de franchir une étape décisive : son passage sous l’égide de la Linux Foundation, via une nouvelle entité baptisée Agentic AI Foundation. L’objectif est clair : faire de MCP un standard ouvert, neutre et interopérable, comme l’a été Linux pour les systèmes d’exploitation. Cette fondation assurera la gouvernance, la documentation et la diffusion du protocole. Une architecture en trois couches pour un fonctionnement transparentLe fonctionnement de MCP repose sur une structure en trois éléments : l’agent IA qui formule une demande, le serveur MCP qui traduit cette demande en actions possibles, et l’outil compatible qui exécute l’action. Chaque service numérique déclare ses fonctions, permissions et formats, tandis que l’utilisateur garde la main sur les autorisations. Le protocole agit comme une API universelle, une « grammaire » commune pour permettre aux IA de manipuler n’importe quel outil numérique. Vers une nouvelle ère d’interopérabilité pour l’IALe développement de MCP s’accélère. OpenAI l’intègre dans ChatGPT, Google déploie ses propres serveurs compatibles, et une communauté de développeurs se constitue autour du standard. MCP n’est plus un simple prototype : il amorce son industrialisation. À terme, chaque service numérique pourrait devenir plug and play pour les IA. Une révolution silencieuse, mais potentiellement majeure, dans l’architecture du web intelligent. Site officiel MCP
L’intelligence artificielle transforme l’analyse médicale en révélant des motifs cellulaires invisibles à l’œil humain et en améliorant diagnostic, recherche scientifique et développement de nouveaux traitements contre le cancer. Interview : Jean-Frédéric Petit-Nivard, Chief Business Development Officer d’OwkinComment l’IA peut-elle concrètement améliorer les soins en oncologie ?Chez Owkin, notre objectif est d’utiliser l’intelligence artificielle pour mieux comprendre les maladies et améliorer la prise en charge des patients. Un exemple marquant remonte à 2019, avec notre publication dans Nature Medicine autour du projet Maisonnette. Nous avons montré qu’à partir d’images de biopsies – où l’on observe cellules cancéreuses et immunitaires – l’IA pouvait prédire la survie des patients. Là où cela devient passionnant, c’est que le modèle a redécouvert des critères connus des anatomopathologistes, mais aussi identifié de nouveaux motifs invisibles à l’œil humain, car nécessitant d’analyser des millions d’images. L’IA devient ainsi un véritable outil de recherche, capable de révéler des mécanismes biologiques que l’on n’avait jamais explorés. Aujourd’hui, vos technologies sont-elles réellement utilisées dans les hôpitaux ?Oui, et c’est une grande fierté. Certains de nos outils diagnostiques ont obtenu un marquage CE et sont désormais utilisés en pratique clinique. Ils aident les médecins à mieux diagnostiquer certaines pathologies et à orienter les patients vers les traitements les plus adaptés. Ce travail a été possible grâce à nos collaborations étroites avec de nombreux centres hospitaliers et de recherche, comme Gustave Roussy, l’Institut Bergonié, l’AP-HP ou encore des hôpitaux en Angleterre et en Allemagne. L’impact sur la vie des patients est réel, même si le développement de nouveaux traitements nécessite encore plus de temps et de validations. Quelles technologies d’IA utilisez-vous et comment les appliquez-vous à la santé ?Nous nous appuyons sur des architectures variées : CNN, LLM, modèles fondation… Beaucoup ont été initialement développées par les grands acteurs technologiques tels que Google DeepMind ou Meta AI, mais nous les adaptons à nos données biomédicales. L’un des enjeux majeurs consiste à transformer des images ou des données biologiques brutes en représentations mathématiques de qualité. C’est ce travail de representation learning qui rend possible des prédictions fiables et interprétables. Nous avons aussi beaucoup contribué au federated learning, permettant d’entraîner des modèles sur des données distribuées, un sujet décrit dans plusieurs de nos publications disponibles sur le site d’Owkin. Et demain : quelles sont les prochaines étapes pour Owkin ?Nous venons de lancer K-Pro, une nouvelle plateforme qui facilite la recherche biomédicale grâce aux agents et aux LLM. L’autre étape déterminante sera la publication des résultats de notre premier essai clinique, aujourd’hui en phase 1, mené en Australie, en Europe et aux États-Unis. Nous avons beaucoup d’espoir : confirmer notre hypothèse thérapeutique donnerait un sens immense à notre travail. Par ailleurs, de nouveaux outils diagnostiques arrivent, renforçant encore notre ambition d’accélérer la recherche et d’améliorer la vie des patients.
Damien Lucas explore les enjeux de souveraineté, de puissance de calcul et d’indépendance technologique à l’heure où l’IA redéfinit le marché du cloud pour les entreprises. Interview : Damien Lucas, CEO de ScalewayEn quoi l’adoption massive de l’IA change-t-elle les besoins des entreprises dans le cloud ?L’IA transforme avant tout la manière dont nos clients utilisent leurs données. Pour entraîner ou exploiter des modèles, il faut rapprocher l’IA de la data. Comme le rappelle souvent l’industrie, envoyer toutes ses données chez des acteurs extérieurs comme OpenAI n’est pas viable à long terme : cette data est stratégique. Notre rôle, chez Scaleway, est donc de fournir un cloud souverain, immunisé aux lois extraterritoriales et indépendant des technologies américaines, afin que les entreprises développent leurs infrastructures IA sans compromis. Comment Scaleway renforce-t-il sa capacité technologique face à la demande croissante en puissance de calcul ?Nous investissons massivement dans les GPU, désormais indispensables aux grands modèles de langage et à des usages émergents comme l’agentique ou la robotique. Nous avons été les premiers en Europe à proposer les nouveaux GPU NVIDIA Blackwell B300. En parallèle, nous soutenons l’écosystème européen : les modèles d’agentique développés par la startup française H sont par exemple disponibles dans notre cloud. Notre réseau de data centers — de Paris à Stockholm, en passant bientôt par Berlin — garantit une haute disponibilité tout en maintenant une souveraineté forte. Quelles sont les raisons concrètes qui poussent une entreprise à choisir Scaleway plutôt qu’un hyperscaler américain ?Trois raisons principales reviennent. D’abord, la souveraineté : nos clients veulent éviter la dépendance aux technologies américaines comme AWS ou Google Cloud, et protéger leurs données des lois extra-européennes. Ensuite, le prix : nous sommes significativement moins chers, notamment parce que nous ne facturons pas les egress fees, ces frais de sortie que les hyperscalers imposent systématiquement. Enfin, nous couvrons 90 % des besoins cloud du marché grâce à une offre d’environ 200 produits, bien plus simple à maîtriser que les 600 services proposés par AWS. La migration depuis AWS ou Google Cloud est-elle réellement accessible pour une startup ou une grande organisation ?Oui, très clairement. Si l’entreprise a adopté des standards modernes comme Kubernetes, Terraform ou une architecture microservices, la migration est fluide : on traduit l’infrastructure existante et on la redéploie chez Scaleway. Le frein principal est financier : comme lors d’un déménagement physique, le double loyer pèse lourd. C’est pourquoi nous proposons une “franchise de loyer”, avec plusieurs mois gratuits pour absorber la période de transition et éviter les coûts doublés. L’Europe a-t-elle encore une chance de devenir un acteur majeur du cloud ?Absolument. La transformation induite par l’IA représente une rupture technologique qui pousse toutes les entreprises à reconsidérer leur fournisseur cloud pour les années à venir. Les acteurs européens existent, la technologie est là, et les signaux politiques — comme ceux du sommet franco-allemand sur la souveraineté numérique — montrent une prise de conscience forte. Avec trois ou quatre champions solides, l’Europe peut tout à fait rivaliser avec les États-Unis. Il ne manque plus que la commande publique et privée pour accélérer cette dynamique.
Les agents IA permettent aujourd'hui une "hyper-automatisation" des tâches en entreprise. C'est la mission que s'est fixée la startup française Mindflow Interview : Evan Bourgouin, Directeur des opérations de MindflowL’hyper-automatisation agentique, concrètement, qu’est-ce que cela change pour les entreprises ?Nous automatisons les tâches répétitives dès qu’un humain, un ordinateur et un processus entrent en jeu. Beaucoup d’organisations utilisent déjà des services comme AWS, Microsoft Azure ou encore Salesforce et SAP, mais ces systèmes restent souvent isolés.Chez Mindflow, notre obsession, c’est l’intégration : connecter chaque service, chaque opération, au niveau le plus granulaire.Sur cette base, nous automatisons des processus dans la cybersécurité, l’IT ou les ressources humaines — par exemple l’onboarding d’un collaborateur, la création d’accès, de rôles, de comptes sur des outils comme Jira ou un CRM. Ce sont des tâches indispensables, mais pas celles où la valeur humaine est la plus forte. Quel est l’impact sur la cybersécurité et la charge des équipes ?Dans la cybersécurité, recevoir 100 alertes par jour sur un SIEM comme Splunk ou Microsoft Sentinel est devenu courant. Avec une équipe restreinte, une partie finit forcément par ne pas être traitée.Nous automatisons donc une part de ces réponses, tout en gardant l’humain dans la boucle.Cela change radicalement le quotidien : c’est un secteur où l’épuisement professionnel est très élevé. Les jeunes analystes arrivent et se font submerger par les tâches répétitives. En retirant cette charge, on leur permet de se concentrer sur l’analyse et la résolution de nouvelles menaces.Les utilisateurs vont du C-level jusqu’à l’alternant : chacun retrouve une capacité à créer, à améliorer son travail, en s’appuyant sur la plateforme. Automatisation ou agentique : comment expliquer la différence ?L’automatisation est déterministe : même input → même output.L’agentique, elle, adapte son comportement en fonction du contexte — par exemple une alerte différente sur ServiceNow ou une anomalie détectée dans un ERP. Mais on n’a pas besoin d’IA partout : certaines entreprises ne souhaitent pas envoyer leurs données dans des modèles d’IA pour des raisons de confidentialité.La vraie différence, c’est que nous avons résolu le problème de l’intégration, ce qui fait de Mindflow « l’IA du dernier kilomètre ». Une fois qu’on sait se connecter à AWS, Azure, Salesforce, Jira, un ERP ou un data lake, l’agent peut vraiment agir. Sans intégration, rien n’est possible. Comment une entreprise démarre-t-elle un projet d’automatisation ?Tout commence par une volonté interne et une culture favorable. Avec nos clients — souvent de grands groupes comme LVMH, Hermès, Thales ou Auchan — nous réalisons un état des lieux : où sont les goulots d’étranglement, quelles équipes sont surchargées, quels profils veulent devenir "builders".Une fois l’intégration réalisée, tout s’accélère. Les quick wins sont fréquemment dans la cyber, l’IT ou le support opérationnel, mais chaque entreprise a ses propres cas d’usage, même si elles utilisent parfois les mêmes outils.
L’IA permet de revaloriser des contenus vidéo anciens en permettant une recherche intelligente à l'intérieur des contenus, offrant aux médias et aux producteurs une manière radicalement nouvelle d’exploiter leurs immenses archives. Interview : Philippe Petitpont, CEO de Moments LabEn quoi l’IA aide-t-elle l’exploitation des archives vidéo ?Les grands médias, les groupes sportifs ou encore certaines marques sont assis sur des volumes d’archives immenses, mais souvent mal décrites. Résultat : retrouver un extrait précis devient extrêmement compliqué. Avec notre technologie d’analyse multimodale — présentée au sein de Moments Lab — nous décrivons automatiquement tout ce qu’un humain pourrait voir ou entendre dans une vidéo, scène par scène. Cela permet de retrouver en quelques secondes des moments très précis et de produire rapidement des compilations, des best-of ou des formats courts destinés aux réseaux sociaux, des tâches qui prendraient des heures en production traditionnelle. A qui est destinée votre technologie ?Nous travaillons avec des acteurs comme TF1, M6, la Fédération Française de Football ou encore de grands groupes américains. Les besoins vont de la valorisation d’archives à la création de contenus courts pour toucher de nouvelles audiences. Dans le divertissement, un simple prompt permet de générer un top 5 ou une compilation en quelques minutes. Dans l’information, les rédactions s’appuient sur nos outils pour faire du fact-checking quasi instantané, en retrouvant par exemple une déclaration antérieure d’un responsable politique en quelques secondes. Comment évolue la production audiovisuelle face aux nouveaux usages ?La consommation se fait de plus en plus sur smartphone. Le format de 52 minutes n’est plus la norme : les audiences privilégient désormais des séquences plus courtes. Nous aidons donc les producteurs à repenser leurs tournages, par exemple en téléréalité, où des centaines d’heures de rushs peuvent donner naissance non seulement à un épisode linéaire, mais aussi à une multitude de petites histoires adaptées aux réseaux sociaux. Cela permet un ciblage plus fin des audiences et ouvre de nouveaux modèles de monétisation.
Avec deux millions de modèles d'intelligence artificielle générative disponibles, la startup franco-américaine Hugging Face est devenue la référence en matière d'IA open source. Elle prend désormais le virage des agents IA et de la robotique. Interview : Jeff Boudier, Directeur commercial chez Hugging FaceVous proposez aujourd'hui plus de deux millions de modèles sur Hugging Face, comment expliquer une telle diversité ?L’IA ne se limite pas aux LLM comme ChatGPT : c’est un écosystème immense, une véritable foret amazonienne. Sur Hugging Face, on trouve des modèles qui génèrent du texte, mais aussi des images, de la vidéo, du son, qui travaillent dans toutes les langues ou encore sur des applications métiers comme la finance. Notre mission est claire : démocratiser l’IA. Nous ne voulons pas d’un monde dominé par une poignée d’acteurs. Toute organisation, quelle que soit sa taille, doit pouvoir construire sa propre IA.Pour cela, nous hébergeons des millions de modèles, datasets et applications, et nous fournissons des outils open source comme nos librairies d'entraînement ou l’écosystème Spaces, notre véritable App Store de l’IA. Plus de 12 millions d’AI builders les utilisent aujourd’hui. Pourquoi vous être lancé aussi dans la robotique ?Nous publions de nombreuses ressources scientifiques — de véritables “bouquins techniques” comme The Ultra-Scale Playbook — pour aider la communauté à comprendre et construire des modèles, mais il fallait aussi quelque chose de plus tangible pour le grand public. C’est là qu’intervient Richie Mini, notre robot pédagogique conçu avec Pollen Robotics (que nous avons acquis). Il écoute, voit, parle, interagit… et permet d’expérimenter concrètement avec des modèles de vision ou de parole. Le lancement a dépassé toutes nos attentes : plus de 5 000 robots vendus le premier mois, disponibles dans le monde entier pour environ 300 dollars. Les agents IA sont-ils la prochaine révolution ?Oui, les agents représentent clairement l’évolution naturelle de l’IA. L’an dernier, à AWS re:Invent, on parlait d’IA générative. Cette année, tout tourne autour des agents. Un agent ne se contente plus de générer une réponse : il choisit des outils, raisonne, explore plusieurs chemins avant d’aboutir. Cela ouvre d’immenses possibilités mais aussi de nouveaux défis, notamment technologiques et économiques : un système agent peut consommer des millions de tokens, ce qui change complètement l’équation du coût. Heureusement, les modèles ouverts ont fait un bond spectaculaire. Chaque semaine, un nouveau modèle open source de pointe apparaît sur Hugging Face : Mistral 3, DeepSeek V3.2, Qwen, etc. Avec Hugging Chat, on peut créer soi-même un agent capable de naviguer, raisonner ou utiliser des outils.
Sébastien Stormacq, responsable des relations développeurs chez AWS, explique comment le Vibe Coding bouleverse la manière de programmer : générer une application complète en discutant simplement avec un agent IA, même depuis son canapé. Interview : Sébastien Stormacq, responsable des relations avec les développeurs chez AWSQu'est-ce que le Vibe Coding et qu’est-ce que ça change pour les développeurs ?Le Vibe Coding consiste à programmer avec l'IA. Grâce à un chatbot intégré dans l'environnement de développement, on peut lui demander résoudre un problème, d’analyser des erreurs ou de générer du code. Cela permet d’aller beaucoup plus vite. Par exemple, j’ai personnellement créé un jeu pour iOS en quelques minutes, du fond de mon canapé. Certes l'application n’était pas parfaite, mais l’agent me proposait spontanément des corrections, et en une heure, tout fonctionnait. Sans écrire une ligne de code ! Aujourd’hui, je l’utilise au quotidien pour tout ce qui est répétitif, rébarbatif, et ça me fait gagner un temps énorme. On peut d’ailleurs télécharger l’environnement Kiro directement sur le site kiro.dev. Le Vibe Coding peut-il être utilisé à l’échelle d’une entreprise ?Le Vibe Coding est très efficace pour un développeur seul, mais il n’est pas facilement répétable en équipe. On peut vite perdre la trace de ce qui a été généré, comment et pourquoi.C’est pour cela que nous avons introduit une approche plus structurée chez AWS : le Spec Driven Development. L’agent rédige d’abord des spécifications en langage naturel, puis propose un design technique, avant de générer les tâches et le squelette du projet. Toutes ces étapes sont documentées et versionnées dans le repository, par exemple sur GitHub. Cela permet de garder un historique clair, partageable, et d’évoluer proprement, même un an plus tard. C’est cette méthode qui rend possible le passage à l’échelle. Les agents autonomes : la prochaine étape ?On voit apparaître des agents capables de tourner longtemps, sur serveur, et d’exécuter des tâches de fond : analyser des logs, réagir à des erreurs, croiser des sources de données, alerter… C’est comme avoir une personne supplémentaire dans l’équipe, disponible 24h/24.Un agent, au fond, c’est juste du code. Il s’appuie sur un modèle pour décider quels outils utiliser et dans quel ordre. Moi, j’aime comparer ça à un passe-plat : le modèle décide, l’agent exécute, puis lui renvoie les résultats jusqu’à atteindre l’objectif fixé. Aucun mystère, juste des API et une boucle logique très simple. Podcast de Sébastien Stormacq : AWS en français.
Dailymotion accélère sa mutation technologique : intelligence artificielle, agents IA, publicité ciblée et migration vers AWS redéfinissent la plateforme vidéo et l’expérience pour créateurs, annonceurs et utilisateurs. Interview : David Ramblewski, CTO de DailymotionOù en est Dailymotion, ce pionnier du Web français ?Nous travaillons essentiellement avec des créateurs de contenu, dont de nombreux médias français. Notre modèle est désormais très B2B, même si nous conservons des utilisateurs finaux qui consomment des vidéos comme sur toute plateforme grand public. Nous développons notre propre lecteur vidéo (iOS, Android, Connected TV), disponible également en lecteur embarqué pour les éditeurs. Beaucoup d’événements comme le Tour de France ou le Ballon d’Or utilisent notre player en marque blanche sans que le public s’en rende compte. Bref, Dailymotion va bien. Comment utilisez-vous l’intelligence artificielle ?L’IA est un virage essentiel. Nous avons commencé à préparer notre migration technologique en 2023 pour pouvoir, dès 2025, déployer des fonctionnalités beaucoup plus avancées. Pour nos créateurs, cela signifie un lecteur vidéo plus performant et des outils qui automatisent des tâches comme le chapitrage vidéo automatique, rendu possible grâce à l’IA. Elle nous permet aussi d’améliorer l’impact des contenus et d’affiner le ciblage publicitaire grâce à des analyses d’attention, d’audience, de vidéo ou encore de neurosciences. Ray, notre outil d’Agentic AI lancé par Dailymotion Advertising, peut construire un plan marketing complet à partir d’un simple brief. Il s’appuie sur différents types de data et de neurosciences pour optimiser les vidéos et affiner le targeting publicitaire. L’objectif est d’aider les annonceurs à placer les bons messages, au bon moment, devant les audiences les plus pertinentes. C’est l’une de nos premières applications concrètes d’agents IA, qui seront encore plus présents dans nos produits dès 2026. Pourquoi avoir choisi AWS comme partenaire technologique alors que vous êtes un acteur français ?En 2023, nous avons fait un choix pragmatique : migrer vers AWS pour améliorer l’expérience utilisateur, renforcer notre présence mondiale et accompagner nos équipes dans un changement technologique majeur. Grâce à l’infrastructure d’Amazon Web Services (AWS Cloud), nous pouvons proposer une qualité vidéo homogène dans plus de 500 zones de diffusion. AWS nous aide aussi à former nos ingénieurs et à anticiper les enjeux de souveraineté européenne et de conformité avec l’AI Act.
La technologie française Pyannote est devenue l'outil IA indispensable pour comprendre "qui" parle dans un enregistrement audio. De la transcription d'interviews au doublage de vidéos, de nombreuses applications sont possibles. Interview : Vincent Molina, cofondateur de PyannoteEn quoi consiste votre technologie de "diarisation" ?La diarisation consiste à identifier les locuteurs dans un enregistrement audio. Avec Pyannote Audio, nous avons développé une technologie capable de reconnaître des voix qu’elle n’a jamais entendues, quelle que soit la langue, ce qui représente une difficulté scientifique majeure. L’histoire de Pyannote remonte à près de 15 ans : mon cofondateur, chercheur au CNRS, avait lancé une bibliothèque open source devenue la référence mondiale, avec plus de 150 000 utilisateurs. Depuis un an et demi, nous avons bâti une société pour porter ces avancées et proposer des modèles commerciaux déjà utilisés en production. Quels sont les principaux cas d’usage ?Notre brique technologique s’intègre dans de nombreux pipelines audio : transcription d’interviews, rendez-vous médicaux, audiences judiciaires, réunions d’entreprise… partout où il faut identifier qui parle. Nous sommes aussi très présents dans le doublage, le sous-titrage ou l’entraînement de grands modèles audio. Très souvent, on nous associe à des outils de transcription comme Whisper pour obtenir un traitement complet de la voix. Notre rôle, c’est d’indiquer précisément quand une voix apparaît, ce qui est essentiel pour synchroniser une voix de synthèse ou des sous-titres. Et tout cela fonctionne avec des modèles suffisamment légers pour tourner sur un téléphone, et bientôt sur un Raspberry Pi. Jusqu’où peut aller l’analyse de la voix ?La voix transporte bien plus que des mots : prosodie, rythme, chevauchements, indices contextuels… Sans aller jusqu’à interpréter les sentiments — notion trop subjective d’un pays à l’autre — nous pouvons fournir des métadonnées riches qui aident à comprendre la dynamique d’un échange. Pour l’instant, la plupart des usages sont en traitement différé, mais nous préparons une bascule vers le temps réel : retranscriptions d’événements, analyses en direct, signaux d’intensité vocale, etc.
Premier cas concret d’ingérence judiciaire étrangère sur des données hébergées en Europe : OVH se retrouve pris en étau entre le Canada et la souveraineté numérique. Une situation inédite secoue le monde de l’hébergement numérique : OVH, souvent présenté comme le champion français de la souveraineté numérique, est confronté à une requête de la justice canadienne. L’affaire débute lorsqu’un juge canadien exige l’accès à des données hébergées par OVH en Europe, dans le cadre d’une enquête criminelle visant un client basé au Canada. Le problème ? OVH possède une filiale officielle au Canada, ce qui soumet potentiellement l’entreprise à la juridiction locale, même pour des données stockées sur le sol européen. Cette affaire met brutalement en lumière la tension entre les promesses de souveraineté numérique et les réalités du droit international. Dans cet extrait du Debrief Transatlantique, on explique qu’OVH est aujourd’hui face à un dilemme impossible : obéir au juge canadien reviendrait à violer les principes européens de souveraineté et de protection des données. Refuser, c’est risquer des sanctions judiciaires au Canada. Un véritable casse-tête juridique. On rappelle que ce genre de scénario était jusqu’ici craint pour les géants américains comme Google ou Microsoft. Le fait qu’il concerne aujourd’hui une entreprise française, hébergeant des données en France, et attaquée juridiquement par un pays « ami » comme le Canada, donne une toute autre dimension au débat. Ce cas pourrait faire jurisprudence et entraîner des clarifications importantes sur les responsabilités des entreprises tech ayant des implantations internationales. Il pose aussi, de manière urgente, la question de l’effectivité des engagements en matière de souveraineté numérique, notamment en Europe. Extrait du Debrief Transatlantique du 8/12/25
À Las Vegas pour ReInvent, Julien Grouès revient sur la stratégie IA d’AWS, l’arrivée de Nova 2, l’essor des agents intelligents et les enjeux de souveraineté numérique en Europe. Interview : Julien Grouès, CEO AWS France et Europe du SudL’IA est désormais centrale dans la stratégie d’AWS. Quelle est votre approche ?Depuis le début, notre objectif est d’offrir aux entreprises le plus large choix possible de modèles. Je suis convaincu qu’il faut combiner plusieurs approches : de grands modèles quand la puissance est nécessaire, et des modèles plus petits et spécialisés pour des cas plus ciblés. Cela va plus vite, coûte moins cher et permet d’innover plus rapidement. Avec Nova, puis Nova 2, nous avons travaillé sur le meilleur rapport performance-coût, ajouté la multimodalité et surtout introduit NovaForge, qui permet aux entreprises de créer leurs propres modèles basés sur Nova, entraînés avec leurs données, tout en gardant le contrôle total. ReInvent, c’est devenu un rendez-vous incontournable. Qu’est-ce que cet événement représente ?ReInvent est l’occasion de réunir clients, partenaires et toute notre communauté. On fait le bilan de l’année, on écoute les témoignages des entreprises qui utilisent nos services pour se transformer, et on dévoile notre vision pour l’année suivante. Au-delà des annonces, c’est surtout une énergie incroyable : on voit vraiment comment le cloud et l’IA redessinent les modèles d’affaires. C’est pour ça que des dizaines de milliers de personnes viennent à Las Vegas chaque année. L’IA agentique explose. Quels usages observez-vous ?On voit l’IA agentique arriver à maturité très vite. Les agents sont capables d’analyser, d’agir et de conserver la mémoire de leurs actions. Trois grands usages se démarquent : la transformation des centres de relation client, où les agents gèrent déjà une grande partie des demandes ; le développement logiciel, avec des agents capables de moderniser du code, d’assurer la sécurité ou même de créer des applications à partir de spécifications ; et la gestion continue des opérations. Des outils comme Kiro ou encore la plateforme Adjuncore, déjà utilisée par plus d’un million d’utilisateurs, montrent à quel point ces technologies deviennent de véritables ingénieurs virtuels capables de travailler sur plusieurs jours ou semaines. Comment répondez-vous aux inquiétudes sur la souveraineté numérique ?Pour moi, une entreprise est souveraine si elle est performante et peut choisir où sont stockées ses données et qui y accède. Chez AWS, nous n’avons pas accès aux données de nos clients : tout est chiffré, et même nos administrateurs ne peuvent pas y accéder grâce à notre technologie Nitro. Et pour aller plus loin, nous lançons le European Sovereign Cloud, une région opérée depuis l’Europe, par des employés européens, selon le droit européen. Cela permet à ceux qui en ont besoin d’utiliser nos technologies tout en restant dans un cadre souverain strict.
Plongée au cœur de l'événement cloud géant d'AWS à Las Vegas, où Amazon affiche ses ambitions en matière d’intelligence artificielle et même de souveraineté numérique. Avec Bruno Guglielminetti (https://moncarnet.com/) C’est depuis Las Vegas que nous nous retrouvons cette semaine, en immersion dans l’univers d’AWS à l’occasion de Re:Invent, le grand raout mondial du cloud. Un événement massif, avec 60 000 participants, selon les organisateurs, venus chercher des formations, des certifications et découvrir l’écosystème AWS. L’ambiance rappelle celle du CES, en plus "geek" et B2B. L’objectif est clair : montrer l’étendue des usages de l’infonuagique au service de l’IA. IA, agents et souveraineté numériqueCette édition 2025 marque un tournant stratégique pour AWS vers les agents IA. Au-delà des modèles "fondations" comme Nova, la firme pousse sa vision des agents, ces outils spécialisés capables d’agir de manière autonome. Une annonce phare concerne Omni, un modèle multimodal pensé pour les créateurs (texte, image, vidéo, audio), que Bruno qualifie de très prometteur. L’IA est désormais au centre de toute la proposition AWS. La question de la souveraineté numérique est omniprésente dans les échanges. Pour tenter de rassurer ses clients européens, notamment, AWS propose désormais des AI Factories, c'est-à-dire des centres de données hébergés et opérés localement sur les territoires des clients, mais avec les technologies AWS. Cela peut-il suffire à rassurer quant à l'indépendance vis à vis des Etats-Unis ? Comme le rappelle la récente affaire OVH au Canada, même un hébergeur européen n’échappe pas aux lois d’un pays tiers s’il y a une implantation locale. Startups et coups de cœur IACet événement est aussi l'occasion de rencontrer de nombreuses entreprises, parmi lesquelles beaucoup de startups. Bruno a été conquis par Shop Travel, une future plateforme de voyages dopée à l’IA, qui joue le rôle d’assistant personnel du départ au retour. Pour ma part, j'ai été très intéressé par la startup française Pyanotte, spécialisée dans la diarisation vocale et la détection d’émotions. Deux innovations concrètes qui illustrent la richesse de l’écosystème IA présent à Re:Invent.
Un épisode spécial cloud cette semaine avec AWS qui fait son show à Las Vegas, des startup qui innovent à coups d'agents IA et Scaleway qui parie sur l’open source. 💡 Découvrez Frogans, l’innovation française qui réinvente le Web [PARTENARIAT] L’actualité tech OpenAI en panique face au succès de Gemini 3 Pro de Google, jugé supérieur à GPT-5.1. Apple perd son patron IA, remplacé par un ex-Microsoft. Meta réduit encore ses ambitions métavers pour miser sur l’IA. Enfin, Mistral AI dévoile une gamme de nouveaux modèles baptisée Mistral 3, orientée edge et open source. AWS frappe fort à Las Vegas avec ses agents IAL'événement Re:Invent d'AWS a transformé Las Vegas en vitrine mondiale du cloud nouvelle génération. Le géant américain y a présenté ses nouveaux modèles d'IA Nova 2 et sa stratégie autour des agents intelligents, capables d'exécuter des tâches complexes de façon autonome. Objectif : séduire les entreprises en quête de productivité et de souveraineté technologique, grâce notamment à la solution Bedrock et au concept d’AI Factory. Décryptage en compagnie de Bruno Guglielminetti (Mon Carnet) et du directeur général d'AWS France, Julien Grouès. Des startups françaises à l’avant-garde du cloud intelligentAux côtés d’AWS, plusieurs startups françaises ont brillé par leurs innovations. Pyanotte propose de l’analyse vocale ultra-précise, Moments Lab révolutionne la recherche dans les contenus vidéo, et Dailymotion explore l’usage des agents IA pour la publicité ciblée. Toutes s’appuient sur la puissance du cloud pour développer des applications concrètes, au croisement de l’IA, de la création et de l’optimisation métier. Scaleway défend un cloud européen ouvert et souverainÀ Paris, Scaleway organisait de son côté son événement AI-Pulse à Station F. Son directeur général, Damien Lucas, y a rappelé l’importance d’une alternative européenne face aux géants américains. Moins chère, fondée sur l’open source, la plateforme cloud de Scaleway se positionne comme un choix stratégique pour les entreprises soucieuses de souveraineté technologique et ambitionne de devenir leader en Europe. Plusieurs grandes institutions publiques et collectivités ont déjà franchi le pas.
Remue-ménage chez Apple. Toujours en retard dans l'IA, la firme américaine procède à des remaniements interne et sort des produits bizarres sur fond de succession de Tim Cook. Y'aurait-il comme un flottement ? Extrait du Grand Debrief du 25 novembre avec François Sorel (BFM Tech & Co) et Bruno Guglielminetti (moncarnet.com)(Note : cet épisode a été enregistré avant les dernières annonces de départs et de remplacement au sein de la direction d'Apple). Comme un flottement stratégique chez AppleLes échanges mettent en évidence une impression persistante : Apple traverse une zone de turbulence inhabituelle. Entre un retard visible sur l’intelligence artificielle, les rumeurs d’un départ de Tim Cook et des réorganisations internes interprétées trop rapidement comme des licenciements, la firme paraît moins lisible que d’ordinaire. Pourtant, il s’agit davantage d’une respiration RH normale que d’une crise. Apple ajuste ses équipes, notamment celles dédiées aux grands comptes, et propose des reclassements internes plutôt que de réels départs. Malgré ce brouillard stratégique, les produits continuent de performer, et l’entreprise entretient habilement le mystère, notamment autour d’un éventuel iPhone Fold qui pourrait voir le jour en 2026. L’irrationalité assumée des accessoires AppleLa fameuse « chaussette » pour iPhone incarne parfaitement la capacité d’Apple à provoquer des achats impulsifs avec des objets aussi futiles qu’incompréhensibles. Comme la lingette à 25 €, ces accessoires très chers deviennent des signes de distinction. La marque s’est façonnée une dimension lifestyle en ouvrant davantage ses événements aux influenceurs qu’aux journalistes, imposant un imaginaire chic, exclusif et statutaire. L’accessoire n’est plus un outil mais un marqueur social : rareté, design, auteur prestigieux, distribution limitée… la recette fonctionne. Une marque plus forte que sa technologieMême en étant considérée comme en retard sur l’IA, Apple continue de surperformer grâce à une aura unique. Les consommateurs ne semblent pas se soucier de l’absence de fonctionnalités avancées tant l’expérience globale reste cohérente. L’iPhone 17 Pro bat des records et l’iPhone Fold, pourtant très coûteux, est anticipé comme un futur succès garanti. La stratégie lifestyle — luxe, mode, exclusivité — permet à Apple d’éclipser ses faiblesses. Dans ce contexte, les critiques technologiques pèsent peu face au poids du désir que la marque suscite. Épisode complet : https://audmns.com/WUbuZLZ
Alors que l’IA progresse à un rythme effréné, les signaux d’alarme se multiplient : licenciements, automatisation accélérée et visions opposées des leaders tech interrogent notre rapport au travail et son avenir. Les signaux d’alerte qui ravivent les peursLa vague récente d’annonces liées à l’IA alimente un climat de nervosité croissante. HP prévoit de réduire 10 % de ses effectifs, motif : l’intelligence artificielle. À Las Vegas, AWS a exhibé des agents capables de superviser des infrastructures ou de diagnostiquer des incidents en continu. Ces innovations se veulent rassurantes, présentées comme un soutien aux équipes débordées, mais elles réveillent inévitablement l’idée d’une automatisation qui grignote les métiers, comme en témoignent traducteurs, graphistes ou rédacteurs dont l’activité a déjà été transformée, voire absorbée. Entre angoisse futuriste et optimisme technologiqueDeux camps s’opposent. Elon Musk prédit la fin du travail forcé : d’ici vingt ans, selon lui, l’emploi deviendra purement facultatif. Une perspective spectaculaire qui nourrit davantage la peur que la sérénité. À l’inverse, Jensen Huang (Nvidia) défend une vision plus lumineuse : l’IA ne remplacerait pas l’humain, mais lui offrirait plus d’espace pour créer, inventer et poursuivre des idées. Une opposition de visions qui cristallise parfaitement l’incertitude actuelle. Ce que disent réellement les étudesLe FMI estime que 40 % des emplois des pays développés seront touchés, mais toucher ne signifie pas nécessairement supprimer. Certains postes seront automatisables, d’autres améliorés, beaucoup transformés. L’OCDE rappelle que les régions très automatisées ne sont pas celles qui perdent le plus d’emplois : l’automatisation détruit des postes, certes, mais elle en crée aussi. Nous assistons moins à une disparition du travail qu’à un gigantesque rebattage de cartes. Vers un monde d’humains superviseurs d’IA ?L’IA peut désormais remplacer un nombre croissant de tâches, et certains métiers monotâches pourraient disparaître. L’humain deviendrait alors “résolveur de problèmes”, intervenant lorsque la machine s’enraye. Sera-ce un appauvrissement ou au contraire une évolution vers des missions à plus forte valeur ? La vraie question est celle de l’accompagnement : formation, adaptation, prise de conscience de nos forces face aux limites des systèmes. La transformation est inévitable ; c’est notre capacité collective à la maîtriser qui déterminera si elle sera un levier ou une menace.
Dans un show massif à Las Vegas, AWS affiche sa puissance : innovations IA full stack, nouveaux modèles Nova, partenariat renforcé avec Nvidia et ambition d’imposer une plateforme mondiale d’agents intelligents. Une démonstration de force au cœur de Las VegasAWS réunit 60 000 participants dans une effervescence qui rappelle l’écosystème mondial du cloud. L’événement met en scène la place centrale d’AWS dans l’infrastructure d’internet, au service de milliers d’entreprises, de la finance au streaming. L’organisation détaille sa vision à travers son grand rassemblement annuel, présenté sur scène par son CEO Matt Garman.L’enjeu principal est clair : Amazon veut montrer qu’il reste l’un des piliers du web moderne. Ce contexte donne le ton des annonces, pensées pour renforcer la maîtrise technologique d’un bout à l’autre de la chaîne. L’infrastructure, jusqu’ici invisible pour le grand public, devient l’argument clé d’une domination assumée. L’ambition du “full stack” et la course à la puissanceSur scène, Matt Garman insiste sur une vision : tout contrôler, des puces aux logiciels. Avec la puce Tranium 3 et l’annonce de Tranium 4, AWS s’affirme dans la bataille mondiale du calcul haute performance.Cette stratégie s’appuie à la fois sur ses propres puces et sur un partenariat renforcé avec Nvidia, permettant d’alimenter les serveurs les plus puissants du marché. L’objectif affiché : fournir l’assise matérielle des futurs agents IA et répondre à une demande exponentielle de puissance. Le cloud évolue ainsi vers un modèle toujours plus intégré. Nova et Bedrock : la bataille des modèles d’IAAWS renforce sa plateforme Amazon Bedrock et accueille de nouveaux modèles, dont ceux de Mistral AI. Mais la véritable rupture vient des modèles maison Amazon Nova, conçus pour les usages business plutôt que grand public.Avec Nova Sonic, dédié aux conversations naturelles et déjà utilisé dans Amazon Connect, AWS mise sur une IA plus fluide et expressive. NovaForge, nouvel outil de création de modèles personnalisés, permet aux entreprises d’entraîner leurs propres IA sur leurs données, ouvrant un accès simplifié aux modèles sur mesure. L’ensemble dessine une stratégie cohérente : devenir incontournable dans la production et l’exploitation de modèles professionnels. L’ère des agents intelligentsAWS annonce un futur où des milliards d’agents autonomes composeront l’environnement numérique. Ces programmes travailleront en continu, coopéreront et automatiseront une part importante des tâches.Cette vision place AWS au centre d’un basculement comparable à celui du web ou du smartphone. Mais elle pose aussi la question de la souveraineté numérique, notamment depuis l’Europe. La route paraît serrée face à de tels mastodontes américains, même si l’innovation reste porteuse d’opportunités pour startups et entreprises locales. ➡️ À lire aussi : l’article complet sur les innovations annoncées par AWShttps://mondenumerique.info/blog/aws-dvoile-sa-nouvelle-gnration-dia-vers-des-milliards-dagents-et-de-nouveaux-modles-nova-surdous
Envision, des jumelles à réalité augmentée conçues pour rendre l’observation du ciel et de la nature plus simple, plus intuitive et beaucoup plus immersive. Laurent Marfisi, fondateur et directeur général d’UnistellarPourquoi avoir imaginé des jumelles capables d’afficher de la réalité augmentée ?Quand j’ai commencé à réfléchir à ces jumelles, je suis parti d’un constat simple : observer le ciel avec des jumelles classiques est beaucoup plus difficile qu’on l’imagine. Je voulais créer un outil léger mais capable d’aider immédiatement l’utilisateur. Avec Envision, éteintes, ce sont des jumelles normales ; allumées, elles affichent constellations, étoiles, sommets ou chemins directement dans le champ de vision grâce à notre système de réalité augmentée développé en interne. Cette superposition change tout : on sait enfin ce qu’on regarde, où l’on se trouve, et comment s’orienter. Mon objectif, dès le départ, était de rendre l’observation du ciel et de la nature simple, plaisante et intuitive, que l’on soit amateur débutant ou passionné. En quoi Envision se distinguent-elles de votre télescope intelligent ?Avec notre télescope intelligent eVscope, j’avais développé un outil qui révèle des objets invisibles à l’œil nu grâce à un capteur très sensible. Avec Envision, j’ai pris le parti inverse : je ne cherche pas à amplifier la lumière, mais à guider l’utilisateur. Les jumelles ne montrent pas plus que l’optique traditionnelle, mais elles montrent mieux. On voit moins de détails qu’avec un télescope, bien sûr, mais on comprend exactement où se trouvent les objets dans le ciel. Le faible grossissement permet de reconnecter ce que l’on voit aux constellations visibles à l’œil nu. C’est vraiment le trait d’union entre vision naturelle et observation instrumentée, et c’était essentiel pour moi. Où en est la production et à qui s’adressent ces jumelles ?Nous sommes désormais dans une phase industrielle avancée : outils testés, moules finalisés, premières séries prévues en début d’année, puis bêta-tests au printemps avec les premiers acheteurs. Envision s’adresse à trois publics principaux : les astronomes confirmés, qui redécouvrent la position réelle des objets ; les débutants, pour qui les jumelles deviennent un formidable outil d’apprentissage ; et les amoureux de nature, qui profitent d’informations superposées au paysage. Aujourd’hui, nous avons dépassé les 4 600 précommandes, un résultat qui dépasse largement nos attentes et montre l’intérêt pour une nouvelle manière d’explorer le monde.
Entre robotaxis, robots humanoïdes téléopérés et compétition géopolitique autour de l’IA, Michel Lévy-Provençal raconte trois semaines au cœur des métropoles asiatiques les plus innovantes. Michel Lévy-Provençal, prospectiviste et dirigeant de BrightnessPourquoi avoir entrepris ce long voyage en Asie et qu’est-ce qui vous a le plus frappé à Shenzhen ?Je suis parti à la fois pour respirer et pour une opportunité professionnelle qui m’a conduit dans six métropoles asiatiques. À Shenzhen, j’ai reçu une véritable claque : une ville verte, silencieuse, largement électrifiée, bien loin des clichés de mégalopole polluée. Là-bas, tout repose sur l’écosystème mobile local. Sans WeChat, on ne peut strictement rien faire : payer, s’identifier, réserver un billet. Cette dépendance crée un mélange étrange de confort et d’oppression, renforcé par la biométrie systématique aux frontières et la surveillance omniprésente. Malgré cela, l’efficacité est bluffante. J’ai compris que Shenzhen est pensée comme une scène technologique destinée à montrer, très explicitement, la puissance numérique chinoise. Comment avez-vous vécu l’expérience des robotaxis et des robots humanoïdes ?Les robotaxis ont été une découverte spectaculaire. J’ai utilisé un taxi autonome de Pony.ai pour quelques euros à peine, une démonstration assumée de maturité technologique. Certaines voitures roulent totalement sans chauffeur, d’autres disposent d’un superviseur immobile, volontairement mis en retrait pour prouver la fiabilité du système. C’est fluide, précis, impressionnant. Du côté de la robotique humanoïde, j’ai visité les laboratoires d’Engine AI. Leurs robots marchent, courent, se rattrapent, dansent, manipulent des objets avec des gestes très crédibles. Mais tout est téléopéré : aucune autonomie réelle. Les vidéos virales que nous voyons montrent des machines pilotées à distance. La mécanique est brillante, mais la couche d’intelligence embarquée manque encore pour évoluer dans un environnement complexe. Quel regard portez-vous sur la compétition technologique entre la Chine, les États-Unis et le Japon ?La Chine mène aujourd’hui une offensive technologique assumée. En IA, des modèles comme Kimi cherchent clairement à rivaliser avec les modèles américains. En robotique ou en mobilité autonome, la communication est massive, calculée, internationale. À l’inverse, le Japon m’a semblé en retrait. Lors d’un échange avec l’ancien ministre de la Transformation Numérique, j’ai été frappé d’entendre Mistral cité comme exemple positif de stratégie souveraine. On voit bien que la compétition ne se joue plus seulement sur la performance brute mais sur la vitesse d’exécution, la frugalité, la cohérence stratégique et le récit. Qu’avez-vous observé en Asie concernant l’image de la France et ses opportunités ?J’ai été surpris par la puissance de la marque France dans toute l’Asie. À Séoul, Hong Kong ou Singapour, j’ai vu des dizaines de marques jouant la carte française, parfois sans lien réel avec la France. Notre imaginaire séduit : design, qualité, exigence, poésie. Nous sous-exploitons clairement ce potentiel. Des acteurs français comme Dassault Systèmes, Airbus ou TotalEnergies y jouissent déjà d’un immense respect. Je suis convaincu que nous pourrions créer bien plus de valeur en combinant technologies venues d’ailleurs et excellence française dans l’expérience, le software ou la conception. Le marché asiatique est une opportunité majeure. Brightness France : https://www.brightness.fr/
ChatGPT et Perplexity deviennent des assistants de shopping, l'IA impacte l’emploi, l'Europe veut interdire les réseaux sociaux aux plus jeunes. Avec Bruno Guglielminetti (https://moncarnet.com/) La Chine croule sous les robotsLe robot chinois Agibot A2 a parcouru 106 km sans s’arrêter, un exploit technologique… mais aussi un symptôme. Pékin s’inquiète désormais d’une surproduction de robots humanoïdes, issus de dizaines de startups. En parallèle, Memo, petit robot américain, apprend les gestes du quotidien grâce à des capteurs portés par des humains. L’ère des robots domestiques se précise. ChatGPT et Perplexity deviennent conseillers shoppingTrois ans après son lancement discret, ChatGPT revendique 800 millions d’utilisateurs hebdos. Il devient désormais un assistant shopping intelligent, capable de recommander des produits en langage naturel. Perplexity fait de même. Claude, l’IA d’Anthropic, se spécialise quant à lui dans le code et les tâches bureautiques, avec un style grammatical jugé plus rigoureux que ChatGPT. Deux approches, deux visions de l’IA. Tesla teste la conduite autonome en FranceC’est officiel : Tesla propose en décembre des essais gratuits de son FSD (Full Self-Driving) dans 8 villes françaises. Il s’agit d’une conduite de niveau 2, sous surveillance humaine. Derrière cette campagne : une tentative d’influencer les autorités européennes avant une possible homologation du système, toujours incertaine. L’IA détruit-elle vraiment des emplois ?HP annonce 4 000 à 6 000 suppressions de postes d’ici 2028. L’entreprise cite l’IA comme principal levier de réorganisation. Mais s’agit-il d’un véritable bouleversement technologique ou d’un prétexte commode ? Une chose est sûre : l’IA augmente la productivité, réduit les besoins humains et accélère la mutation de nombreux métiers. OVH, Qwant : accrocs à la souverainetéOVHCloud est sommé par la justice canadienne de fournir des données stockées en France. Un précédent préoccupant. Dans le même temps, Qwant est débouté face à Microsoft dans une plainte pour abus de position dominante. La souveraineté numérique européenne peine à s’imposer. La tech asiatique sous haute tension, vue de l’intérieurLe prospectiviste Michel Lévy-Provençal, de retour d’un long voyage en Chine, Corée et Japon, raconte un écosystème en ébullition. Il décrit des robots impressionnants mais… téléopérés, encore très loin de l’autonomie. Derrière les démonstrations spectaculaires : une course à la communication technologique, où la Chine cherche désormais à rivaliser avec les États-Unis, y compris en IA. À écouter en intégralité dans l’épisode. Unistellar invente les jumelles à réalité augmentéeAutre innovation made in France : les jumelles N-Vision de la société marseillaise Unistellar. Son CEO, Laurent Marfisi, présente un appareil capable d’afficher constellations, sommets ou monuments directement dans le champ de vision. Un outil à la croisée de l’astronomie et de la randonnée augmentée.
ChatGPT fête ses 3 ans : retour sur une révolution technologique désormais ancrée dans nos usages. Google rebondit avec Gemini 3 et relance la bataille de l’IA face à OpenAI. Apple patauge. Les robots prolifèrent… mais sauront-ils prendre soin de leur hygiène ? Partenariat : Free Pro, le meilleur de Free pour les entreprises Avec François Sorel (BFM Tech & Co) et Bruno Guglielminetti (moncarnet.com) ChatGPT a 3 ans : quel bilan pour l’IA générative ?Lancé en catimini le 30 novembre 2022, ChatGPT compte aujourd’hui plus de 800 millions d’utilisateurs hebdomadaires. Une progression fulgurante, marquée par l’intégration de l’interface vocale et la mémoire conversationnelle. François Sorel salue une nouvelle ergonomie technologique. Bruno Guglielminetti partage des usages concrets, bluffants, parfois presque… thérapeutiques. On s’accorde sur le risque de paresse cognitive qui nous guette. ChatGPT n’est pas un cerveau, c’est un outil — et il faut le manier avec recul. Google revient dans la course avec Gemini 3Après l’échec de Bard, Google a sorti Gemini 3, salué pour ses performances. Fait marquant : le modèle tourne en partie sur les puces maison TPU, marquant une rupture avec la dépendance aux GPU Nvidia. Selon certains analystes, Gemini pourrait concurrencer sérieusement OpenAI, au point d’inquiéter Sam Altman lui-même. L’IA, chez Google, devient un produit à part entière, maîtrisé de bout en bout. Apple : des chaussettes et des doutesApple semble en retrait. Malgré la promesse d’Apple Intelligence, peu de concrétisations sont visibles à ce stade. La firme fait davantage parler d’elle avec des produits… inattendus, comme la chaussette pour iPhone, objet statutaire vendu en édition limitée. Des rumeurs de licenciements et de départ de Tim Cook alimentent le sentiment d’une transition floue. Robots humanoïdes : promesses et absurditésTrois nouveaux robots humanoïdes ont été dévoilés ce mois-ci. La France, absente du hardware, pourrait tirer son épingle du jeu via le logiciel embarqué, à condition de légiférer en amont. Et puis, on se pose une question moins anecdotique qu'elle en a l'air : les robots se lavent-ils les mains ?
La Chine inonde le monde de robots, ChatGPT devient conseiller shopping, Tesla teste la conduite autonome en France. L’IA bouleverse aussi le travail. Décryptage complet dans L’Hebdo. 💡 Découvrez Frogans, l’innovation française qui réinvente le Web [PARTENARIAT] La Chine croule sous les robotsLe robot chinois Agibot A2 a parcouru 106 km sans s’arrêter, un exploit technologique… mais aussi un symptôme. Pékin s’inquiète désormais d’une surproduction de robots humanoïdes, issus de dizaines de startups. En parallèle, Memo, petit robot américain, apprend les gestes du quotidien grâce à des capteurs portés par des humains. L’ère des robots domestiques se précise. ChatGPT et Perplexity deviennent conseillers shoppingTrois ans après son lancement discret, ChatGPT revendique 800 millions d’utilisateurs hebdos. Il devient désormais un assistant shopping intelligent, capable de recommander des produits en langage naturel. Perplexity fait de même. Claude, l’IA d’Anthropic, se spécialise quant à lui dans le code et les tâches bureautiques, avec un style grammatical jugé plus rigoureux que ChatGPT. Deux approches, deux visions de l’IA. Tesla teste la conduite autonome en FranceC’est officiel : Tesla propose en décembre des essais gratuits de son FSD (Full Self-Driving) dans 8 villes françaises. Il s’agit d’une conduite de niveau 2, sous surveillance humaine. Derrière cette campagne : une tentative d’influencer les autorités européennes avant une possible homologation du système, toujours incertaine. L’IA détruit-elle vraiment des emplois ?HP annonce 4 000 à 6 000 suppressions de postes d’ici 2028. L’entreprise cite l’IA comme principal levier de réorganisation. Mais s’agit-il d’un véritable bouleversement technologique ou d’un prétexte commode ? Une chose est sûre : l’IA augmente la productivité, réduit les besoins humains et accélère la mutation de nombreux métiers. OVH, Qwant : accros à la souverainetéOVHCloud est sommé par la justice canadienne de fournir des données stockées en France. Un précédent préoccupant. Dans le même temps, Qwant est débouté face à Microsoft dans une plainte pour abus de position dominante. La souveraineté numérique européenne peine à s’imposer. La tech asiatique sous haute tension, vue de l’intérieurLe prospectiviste Michel Lévy-Provençal, de retour d’un long voyage en Chine, Corée et Japon, raconte un écosystème en ébullition. Il décrit des robots impressionnants mais… téléopérés, encore très loin de l’autonomie. Derrière les démonstrations spectaculaires : une course à la communication technologique, où la Chine cherche désormais à rivaliser avec les États-Unis, y compris en IA. À écouter en intégralité dans l’épisode. Unistellar invente les jumelles à réalité augmentéeAutre innovation made in France : les jumelles N-Vision de la société marseillaise Unistellar. Son CEO, Laurent Marfisi, présente un appareil capable d’afficher constellations, sommets ou monuments directement dans le champ de vision. Un outil à la croisée de l’astronomie et de la randonnée augmentée.
Trois ans après son lancement, ChatGPT s’impose comme une force majeure du numérique, redéfinissant nos usages, notre travail et l’équilibre mondial de l’industrie de l’intelligence artificielle. Une adoption fulgurante qui redéfinit nos usages numériquesEn trois ans, ChatGPT est passé de simple curiosité technologique à outil quotidien pour des centaines de millions d’utilisateurs. Deux mois ont suffi pour atteindre les 100 millions d’usagers, un record historique, avant de grimper à 800 millions d’utilisateurs hebdomadaires aujourd’hui. En France, près de 40 % de la population a déjà essayé l’outil, et le pays se distingue par un nombre record d’abonnés payants. La recherche en ligne se transforme : on ne cherche plus, on demande. Cette bascule conversationnelle oblige les moteurs à repenser leurs modèles, tandis que les risques de confusion entre vrai et vraisemblable augmentent. Une révolution silencieuse du travail et de la créationL’essor de l’IA générative change profondément la production de texte, d’images, de vidéo et même de code. Les outils comme ChatGPT ou les modèles multimodaux accélèrent les tâches, homogénéisent les formats et reconfigurent de nombreux métiers. L’automatisation du travail cognitif s’intensifie, comme le rappelle Elon Musk, tandis que les entreprises misent sur l’assistance numérique pour accroître productivité et compétences. Le vocabulaire du quotidien évolue également : LLM, hallucinations, prompt engineering, fine-tuning… preuve d’une mutation culturelle accélérée. Un nouvel équilibre géopolitique et économiqueChatGPT a mis en lumière de nouvelles figures, à commencer par Sam Altman, devenu incontournable dans la Silicon Valley. OpenAI déclare 4,3 milliards de dollars de revenus au premier semestre 2025 mais fait face à des coûts massifs pour l’entraînement de ses modèles. La compétition mondiale est intense, menée par Google, Anthropic, Meta, Mistral AI ou encore les projets open source. La bataille industrielle se concentre autour des data centers et des puces, dominée notamment par Nvidia. La prochaine étape : la course à la superintelligenceLa next big thing est déjà lancée : la superIA. OpenAI, Google et Anthropic travaillent sur des modèles capables de raisonner, planifier et agir comme de véritables agents autonomes. Une perspective à la fois fascinante et inquiétante. Si les trois dernières années ont été fulgurantes, les trois prochaines pourraient être déterminantes pour l’équilibre mondial… et pour la place de l’Europe.
Comment l’IA peut-elle aider patients et dentistes à mieux comprendre les devis, anticiper les remboursements et réduire le renoncement aux soins ? Arnaud Assous détaille la vision et l’impact concret de La Fraise. Interview : Arnaud Assous, CEO de La FraiseComment l’IA peut-elle lever les freins au renoncement aux soins dentaires ?Notre objectif est simple : aider les patients à mieux comprendre leur devis dentaire et, ainsi, éviter qu’ils renoncent à leurs soins. Aujourd’hui, 50 % des devis ne sont pas réalisés, souvent parce que les patients oublient ce que leur a expliqué le praticien, ne comprennent pas le document ou ignorent leurs options de remboursement et de financement. Avec La Fraise, l’IA analyse automatiquement le devis et le transforme en une explication claire : du texte simple, des schémas, des vidéos, le tout dans la langue du patient. Si son téléphone est en turc, l’explication arrive en turc. Nous aidons aussi à comprendre le remboursement de la mutuelle, grâce à des centaines de milliers de cotations analysées. Le patient sait rapidement combien il sera remboursé et quelles démarches effectuer.La Fraise sera d’ailleurs présente au Congrès ADF Paris 2025. Comment fonctionne concrètement votre service ?Le patient reçoit un lien sécurisé par SMS ou e-mail. Pas besoin de télécharger quoi que ce soit. Une fois connecté, il retrouve son devis expliqué dans une interface simple. De son côté, le dentiste ne change rien à ses habitudes : notre outil s’intègre à tous les logiciels, y compris les plus anciens installés en local. Il fait son devis comme d’habitude, et nous prenons le relais pour l’analyse et la communication au patient.Pour le praticien, c’est gratuit pour ses patients et c’est un service supplémentaire qui valorise son cabinet tout en lui faisant gagner du temps : en moyenne 10 minutes par patient. Où en est votre développement ?Nous avons lancé La Fraise en bêta en début d’année avant d’accélérer commercialement à partir de septembre. Nous comptons aujourd’hui 1 200 dentistes utilisateurs répartis sur plusieurs centaines de cabinets. Notre dernière levée de fonds, de 3,2 millions d’euros, marque la confiance d’investisseurs comme 20VC, Kima Ventures, Sitcamp, Bpifrance, mais aussi de nombreux dentistes qui se sont impliqués dès les premières phases de test. Notre équipe de cinq associés réunit notamment quatre anciens de Doctolib, chacun avec une expertise dédiée (commercial, technique, produit…). Nous avons développé notre technologie en interne, du parsing des devis à l’intégration avec des IA existantes. Quels bénéfices observez-vous déjà sur le terrain ?Les résultats sont très nets : les cabinets constatent 20 % de devis signés en plus. Cela prouve que mieux comprendre ses soins, connaître ses droits et ses options de financement change radicalement la décision du patient. Nous accompagnons aussi ceux qui ont besoin d’aide pour contacter leur mutuelle ou organiser un financement.Pour les équipes administratives, c’est un soulagement : moins de scans, moins de relances, moins d’appels à la mutuelle. L’IA fait le travail et libère du temps pour le reste.
Les robots humanoïdes s’imposent dans l’industrie : Patrice Duboé explique leurs usages, leurs limites, leur impact sur l’emploi et la souveraineté technologique dans un secteur en pleine accélération mondiale. Interview : Patrice Duboé, Directeur de l’innovation pour l’Europe du Sud chez CapgeminiEn partenariat avec Capgemini En quoi consiste le robot humanoïde Hoxo développé par Capgemini et Orano ? Le robot humanoïde Hoxo, que nous développons conjointement avec Orano, sera destiné à évoluer dans des environnement dangereux pour l’homme, comme le nucléaire. Il pourra manipuler des matériaux sensibles à la place d’un opérateur. Les annonces se multiplient partout dans le monde, notamment aux États-Unis et en Chine, et l’on voit clairement une accélération autour des robots humanoïdes. Après l’essor de l’intelligence artificielle, ce sont eux qui vont occuper le devant de la scène. Comment « éduque-t-on » un robot humanoïde comme Hoxo ?Au départ, un humanoïde arrive totalement nu. Il ne sait ni marcher, ni voir, ni interagir. C’est la grande différence avec un robot industriel classique, comme un bras robotisé que l’on programme en quelques heures. Pour un humanoïde, il faut construire progressivement la parole, la vision, la perception ou encore le mouvement. Nos équipes, réparties dans nos labs spécialisés, travaillent sur ces briques logicielles. On les assemble ensuite pour rendre le robot capable d’interagir avec son environnement, d’apprendre, de prendre certaines décisions. C’est un processus qui s’étale sur plusieurs mois. Comment garantir la souveraineté d’un robot fabriqué en Chine ?En Europe, nous n’avons pas d’alternatives locales pour le matériel. Hoxo est bâti sur la base d’un robot G1 du fabriquant chinois Unitree mais toute l’intelligence embarquée, l’IA générative, l’intégration et les algorithmes sont développés chez nous, dans des environnements fermés et souverains. Il n’y a pas de connexion à des clouds publics donc la maîtrise des données reste totale. L’enjeu est crucial : rester compétitif technologiquement, économiquement et énergétiquement. Est-ce également une manière de préparer l’arrivée des robots dans la société ?Absolument. Jusqu’ici, robots et humains évoluaient dans des zones séparées, comme dans les entrepôts inspirés du modèle Amazon Robotics. Mais aux États-Unis, des taxis autonomes circulent déjà parmi les voitures traditionnelles, preuve que la cohabitation est possible. En Europe, les contraintes sont plus fortes, ce qui peut ralentir l’innovation. Comme pour chaque révolution technologique, la crainte du remplacement revient, mais nous parlons d’augmentation de l’humain, et cela génère de nouveaux métiers, dans la programmation, l’intégration, la maintenance, etc. L’humain reste maître du jeu; il supervise, pilote et se concentre sur les tâches à plus forte valeur.
L’IA conversationnelle, l’arrivée des agents intelligents et leur intégration profonde dans Windows 11 transforment l’usage du PC, entre gain de productivité, sécurité renforcée et protection des données personnelles. Interview : Xavier Perret, Directeur Cloud Azure & IA, Microsoft FranceL’IA devient la nouvelle interface : qu’est-ce que cela change pour les utilisateurs ?L’IA transforme profondément la manière dont on interagit avec nos appareils. Comme le dit Satya Nadella, AI is the new UI. Concrètement, sous Windows 11, la barre de tâches devient un point d’entrée intelligent : plus besoin d’ouvrir l’application adéquate, je lui parle directement. Je peux lui demander de configurer mon PC, diagnostiquer un souci, lancer un agent de recherche ou créer un document. Et avec les nouveaux PC équipés de NPU, l’IA peut travailler en tâche de fond : je délègue une synthèse, une enquête documentaire, et pendant ce temps je fais autre chose. On entre dans un modèle beaucoup plus naturel et productif, pour les particuliers comme pour les entreprises. Pourquoi cette nouvelle génération d’agents IA est-elle plus pertinente ?Nous sommes arrivés à un stade de maturité où les agents ne se contentent plus de converser : ils agissent. Ce qui manquait auparavant, c’était l’ancrage dans le contexte. Aujourd’hui, grâce à des technologies comme Microsoft Fabric ou WorkIQ, on réconcilie données structurées et non structurées pour offrir une compréhension beaucoup plus fine. Les agents deviennent spécialisés et adaptés aux usages réels. Je me suis par exemple créé un agent dédié à la randonnée sur plusieurs jours : il calcule mes itinéraires, dénivelés, temps de marche… un vrai assistant expert. Cette pertinence change tout dans l’adoption. Comment garantir la sécurité, la confidentialité et éviter les dérives ?La confiance repose sur plusieurs piliers. D’abord, la sobriété des données : n’utiliser que ce qui est nécessaire. Ensuite, un cadre clair : les données des clients restent leurs données et restent en Europe, dans des infrastructures conformes comme Azure avec ses régions européennes. Mais l’enjeu majeur d’aujourd’hui, c’est l’observabilité : s’assurer que les agents font bien ce qu’on leur demande, pouvoir vérifier, auditer, détecter un jailbreak, ou une tentative malveillante. Nous intégrons désormais des gardes-fous natifs, y compris des IA qui surveillent les IA, au sein de plateformes comme Foundry. Et nous insistons sur un point : ne pas tomber dans la surconfiance. Un agent reste faillible ; il aide, mais il ne remplace pas le jugement humain, surtout dans les décisions à impact. Ces évolutions sont-elles déjà accessibles ?Pour beaucoup, oui. Certaines capacités de Windows 11 sont déjà disponibles, et les nouveaux PC avec NPU débloquent encore plus de scénarios. Les outils liés à Fabric ou à WorkIQ existent déjà dans les entreprises. Nous ne parlons pas d’une technologie futuriste à 5 ans : c’est un mouvement en cours, que chacun peut commencer à explorer dès maintenant à travers Copilot et les nouveaux agents IA.
Chaque semaine, un regard croisée sur l’actualité numérique, entre Paris et Montréal. Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet) OVHcloud au sommetLe OVHcloud Summit 2025 s’est tenu à Paris à la Maison de la Mutualité. Moment fort de l’événement : le retour du fondateur Octave Klaba, accueilli comme une rockstar. Il reprend les rênes de l’entreprise avec une vision résolument axée sur l’intelligence artificielle et la souveraineté numérique. L’objectif est clair : positionner OVH non plus comme un acteur français, mais comme un champion européen du cloud, à contre-courant des géants américains. L’accueil enthousiaste du public montre que le message passe. Gemini 3 Pro : Google frappe fort en IALancé discrètement, Gemini 3 Pro, le nouveau modèle de Google, impressionne. Nous saluons ses performances, sa vitesse de génération d’images et sa capacité à produire du code avec une fluidité bluffante. Contrairement au lancement très orchestré de GPT-5, Google a surpris par son efficacité sans fanfare. Gemini 3 Pro s’annonce comme un sérieux rival dans le domaine de l’intelligence artificielle grand public et professionnelle. Cloudflare fait vaciller InternetUne panne de Cloudflare a entraîné l’indisponibilité de près de 20 % du web mondial pendant plusieurs heures. L’incident rappelle à quel point l’infrastructure Internet reste fragile, malgré sa complexité. Pourtant, la réaction globale a été étonnamment calme, comme si une forme de résilience collective s’était installée face à ces aléas devenus presque banals. L’Europe veut réformer sa régulation numériqueBruno et Jérôme abordent également le projet d’« omnibus numérique », un texte en préparation à Bruxelles. Objectif : simplifier le millefeuille réglementaire européen – RGPD, AI Act, ePrivacy, etc. – et alléger certaines contraintes, notamment autour des bannières cookies. Mais la crainte d’un détricotage des protections fondamentales demeure, et les soupçons de lobbying américain planent sur cette volonté de réforme. Windows fête ses 40 ansPetit clin d’œil historique : Windows a 40 ans. L’occasion pour les deux chroniqueurs de se remémorer les débuts de l’interface graphique sur PC, quand il fallait encore taper des commandes en ligne de code pour la lancer. Une nostalgie assumée.
L'IA Gemini 3 Pro de Google repousse les limites, en bien... et en mal. Aussi : carte Vitale numérique pour tous, OVH Cloud, Microsoft Windows boosté à l'IA CoPilot, robots humanoïdes dans le nucléaire, l'IA au service des dentistes... 💡 Découvrez Frogans, l’innovation française qui réinvente le Web Google frappe fort avec Gemini 3Gemini 3, le nouveau modèle d’IA de Google, surpasse GPT-5.1 dans de nombreux tests. Capable de générer texte, images et vidéos, il impressionne autant qu’il interroge, notamment sur les risques de deepfakes plus vrais que nature, via son outil dédié Nano Banana. Copilot s’intègre en profondeur dans WindowsXavier Perret, directeur Cloud, Azure et IA chez Microsoft France, détaille les nouvelles fonctions IA intégrées à Windows 11. Grâce aux puces NPU, les PC deviennent capables d’exécuter des tâches complexes en arrière-plan, via Copilot. Carte Vitale numérique : déploiement généraliséLa carte Vitale arrive sur smartphone pour tous les Français, sans condition d'identité numérique. Mais le manque d’équipements chez les professionnels limite encore son usage. Un lancement réussi malgré quelques bugs. L’IA apprend à faire de la CAODes chercheurs du MIT ont entraîné une IA à maîtriser les logiciels de CAO en visionnant 41 000 vidéos techniques. L’outil sait déjà transformer des croquis en modèles 3D, une révolution pour démocratiser la conception assistée. OVH Cloud : ambition européenne assuméeBruno Guglielminetti (Mon Carnet), en reportage à Paris, revient sur le OVH Cloud Summit et le retour d’Octave Klaba à la tête de l’entreprise. L’IA est désormais au cœur de tous les services, avec une ambition européenne assumée face aux géants américains. Cloudflare : panne massive, dépendance révéléeUne mise à jour de Cloudflare a brièvement paralysé 20 % d’Internet dans le monde. L’incident illustre la fragilité de nos infrastructures numériques… et notre résilience face à ces interruptions devenues presque banales. Hoxo : un robot humanoïde made in EuropePatrice Duboé, directeur de l’innovation Europe du Sud chez Capgemini, présente Hoxo, un robot développé avec Orano. Le hardware vient de Chine, mais toute l’intelligence embarquée est développée localement, pour des usages industriels critiques. La Fraise : l’IA au service des dentistesArnaud Assous, CEO de La Fraise, explique comment l’IA aide les patients à mieux comprendre leurs devis dentaires. Traduction automatique, estimation de remboursement, accompagnement personnalisé : un outil pour réduire le renoncement aux soins.
L’Union européenne lance un vaste “omnibus numérique” pour simplifier ses règles, mais derrière la promesse d’allègement administratif se profilent inquiétudes, paradoxes et accusations de recul sur la protection des données. La grande promesse de simplification réglementaireLa Commission européenne engage une réforme baptisée “omnibus numérique” destinée à refondre ou ajuster plusieurs textes majeurs, du RGPD à ePrivacy, en passant par le Data Act. L’objectif : réduire la complexité réglementaire qui étouffe l’écosystème européen. Entre bannières de consentement incessantes, obligations labyrinthiques et formalités chronophages, les entreprises réclament depuis longtemps plus de cohérence. Bruxelles promet des procédures allégées, des interfaces plus claires et un environnement propice à l’innovation. Une promesse séduisante, à condition de ne pas vider les textes de leur substance. Cookies : vers la fin de la fatigue du clicL’une des mesures les plus concrètes concerne les cookies. L’idée est de permettre aux utilisateurs de définir leurs préférences une fois pour toutes dans leur navigateur — Chrome, Safari, Firefox ou Edge. Fini les pop-ups répétitifs. Les choix seraient appliqués automatiquement pour les usages les moins sensibles. Cette simplification répond à une fatigue collective bien réelle. Mais elle soulève une inquiétude majeure : confier aux géants du numérique ce pouvoir revient à leur attribuer un rôle de gatekeeper supplémentaire, avec le risque de biais, d’abus ou d’opacité. Intelligence artificielle : un glissement réglementaire sensibleAutre changement majeur : consacrer l’entraînement des modèles d’IA comme un “intérêt légitime” pour les entreprises. Cela permettrait d’exploiter de larges ensembles de données sans demander un consentement explicite à chaque fois. Sur le plan technique, c’est cohérent avec les besoins des modèles génératifs et des systèmes d’apprentissage. Mais pour les défenseurs des libertés numériques, c’est une brèche inquiétante dans le cadre de l’AI Act. Ils redoutent un recul du modèle européen, ouvrant la voie aux pratiques plus permissives des géants américains. Trouver la nuance pour ne pas sacrifier les droits fondamentauxCe débat illustre un paradoxe typiquement européen : construire une forteresse réglementaire jugée étouffante, puis être accusé de reniement dès qu’on tente de l’alléger. La voie raisonnable semble être celle de la nuance : simplifier sans renoncer. Cela implique des interfaces de consentement honnêtes, des outils publics pour aider les PME à être conformes, et un encadrement très clair des usages sensibles liés à l’IA. Alléger le train réglementaire sans décrocher les wagons des droits fondamentaux : un exercice délicat dont dépend l’avenir numérique du continent.
Semaine marquée par la panne mondiale de Cloudflare qui a ralenti 20% du web, tandis que Google lançait Gemini 3 Pro, son modèle d’IA destiné à concurrencer ChatGPT et redéfinir la bataille des géants. Le chaos Cloudflare et ses effets en cascadeLa semaine a été secouée par une panne majeure chez Cloudflare, un acteur essentiel mais discret du web mondial. Ce service, pilier de la sécurité et de l'accélération des sites, a connu un incident critique causé par un fichier de configuration devenu trop volumineux. Résultat : environ 20% du web mondial perturbé pendant plusieurs heures. Des plateformes comme X, Reddit, Discord ou encore des services de paiement et de transport ont été touchés.Cet épisode rappelle la dépendance extrême de l’infrastructure mondiale à quelques acteurs clefs et montre à quel point des erreurs humaines peuvent provoquer des perturbations massives. Une fragilité inquiétante à l’heure où les usages numériques explosent. Google relance la bataille avec Gemini 3 ProAu même moment, Google a dévoilé discrètement mais clairement son nouveau modèle Gemini 3 Pro, pensé pour concurrencer frontalement ChatGPT 5.1 et Claude Opus 4.1.Selon les benchmarks, notamment LM Arena, Gemini 3 Pro prend la tête grâce à des évaluations humaines. Sa force : une multimodalité native (texte, image, audio) encore améliorée, une grande rapidité pour la génération d’images et un duo de modes — rapide ou “thinking” — qui lui permet soit de répondre instantanément, soit de vérifier rigoureusement ses hypothèses avant de produire une réponse. L’agentification, clé de la nouvelle génération d’IAGemini 3 Pro introduit aussi des capacités agentiques plus avancées via les nouvelles API et des plateformes comme Google Antigravity. L’objectif : permettre à l’IA d’exécuter des actions complexes et de générer du code en fonction d’objectifs, le fameux “vibe coding”.Google promet un modèle moins “psychophantique”, plus direct, même si les premiers tests montrent une tendance persistante à la flatterie. Reste l’enjeu majeur : la conquête du public. Avec 500 millions d’utilisateurs contre 800 millions pour ChatGPT, Google mise sur un déploiement massif — Android, iOS, Search — même si certaines fonctions ne sont pas encore disponibles en France.
Le journaliste Guillaume Grallet raconte ses rencontres avec de nombreux innovateurs du numérique et tente de comprendre ce qui les motive. Guillaume Grallet, rédacteur en chef tech & sciences au magazine Le Point, auteur du livre “Pionniers” (Grasset)Qu'est-ce qui caractérise tous ces "pionniers" ?Je crois que tous ces pionniers refusent instinctivement l’ordre établi et pensent toujours "hors du cadre". Je l’ai constaté aussi bien chez Dario Amodei d’Anthropic, chez Elon Musk sur X, ou chez les fondateurs de Mistral AI. Ils veulent changer les choses, parfois de façon brutale, mais toujours avec l’idée qu’un autre futur est possible. Je pense que leur force vient de cette capacité à ne pas se plier à la normalité, qui étouffe l’imagination et l’initiative. Pour eux, sortir du cadre n’est pas une prise de risque : c’est une manière naturelle d’avancer. Et c’est pour cela qu’ils peuvent être déroutants, parfois inquiétants, mais aussi essentiels à l’évolution de l’humanité. L’Afrique est très présente dans le livre, pourquoi ?Je suis frappé par l’énergie et l’inventivité que je vois en Afrique. Avec les conférences Indaba, AIMS ou des personnalités comme Pélonomie Moïloa, on assiste à un mouvement extrêmement puissant. Le continent possède plus de 2 000 langues, ce qui permet de construire des modèles d’IA beaucoup plus riches. Je vois aussi des initiatives comme Amini, qui lance ses propres satellites, ou AfriClimate, qui montrent une volonté de souveraineté numérique. Pour moi, l’Afrique développe une IA ancrée dans le réel, tournée vers des besoins concrets comme l’agriculture, le climat ou l’éducation, et pas seulement vers la compétition technologique mondiale. Qu’est-ce qui caractérisent les figures les plus médiatiques comme Zuckerberg ou Musk ?J’ai découvert chez ces personnalités des contradictions fascinantes. Mark Zuckerberg peut me parler avec passion de communication “cerveau à cerveau”, puis consacrer une énergie folle à construire un immense bunker autosuffisant à Hawaï. Elon Musk, que j’ai rencontré plusieurs fois, oscille entre vision scientifique brillante, doutes très humains et projets comme Neuralink, qui me mettent franchement mal à l’aise. Ce qui me frappe, c’est leur capacité à rêver très grand tout en étant parfois aveuglés par leur propre puissance. Ils dévoilent à la fois le meilleur de l’innovation et ses zones de danger. Et cela montre à quel point on doit ouvrir le débat sur la fusion homme-machine, les inégalités à venir et la nécessité de garder notre plasticité intellectuelle.








