
Retours sur enquêtes, reportages, débats... « À l'air libre » décrypte pour vous l'actualité en vidéo et en podcast. Une émission préparée et présentée par Mathieu Magnaudeix. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
88 épisodes disponibles en MP3 et replay
La proposition de loi Yadan, qui devrait être examinée jeudi 16 et vendredi 17 avril à l’Assemblée nationale, affirme lutter contre l’antisémitisme. Ou plutôt, contre ses « formes renouvelées ». C’est dans cette notion imprécise que se situent tous les risques pour les libertés publiques et la liberté d’expression d’une loi dénoncée par près de 700 000 citoyen·nes français·es signataires d’une pétition sur le site de l’Assemblée nationale. Notre invité, Étienne Balibar, est l’un des plus grands philosophes français. Il estime que cette loi est « liberticide », qu’elle est aussi « une faute morale » et une « erreur politique » qui « essentialise » les personnes juives au lieu de les protéger. Une émission présentée par Mathieu Magnaudeix et Joseph Confavreux, préparée avec Joseph Confavreux et Adèle Humbert.
CNews est une chaîne raciste et qui désinforme : une chaîne d’opinion d’extrême droite qui n’a donc plus sa place sur la TNT. Débat dans notre émission spéciale avec Thibaut Bruttin de RSF, les députées Sophie Taillé-Polian et Danièle Obono, Dominique Sopo de SOS Racisme et Nathalie Sonnac, ancienne membre du CSA.
Racisme, négrophobie, hyperfocalisation médiatique, soupçons de « sédition » et rappels à l’ordre officiels : depuis qu’une poignée de personnes racisées sont devenues maires dans de grandes villes de la banlieue parisienne ou lyonnaise, elles subissent un véritable déferlement politique et médiatique, qui en dit bien plus sur notre société que sur elles et eux. L’élection de ces maires, souvent des responsables associatifs locaux, soutenus dans leurs villes par des dynamiques citoyennes, et souvent (mais pas toujours) par La France insoumise ou Les Écologistes, repose pourtant sur des dynamiques d’organisation de terrain qui sont bien plus importantes à souligner. Des dynamiques qui, à un an de l’élection présidentielle, rappellent qu’une démocratie ne peut prétendre représenter tous ses citoyens et citoyennes si elle en exclut d’emblée certain·es du jeu électoral. Ou si elle les cloue au pilori dès qu’ils et elles deviennent politiquement visibles. Une émission présentée par Mathieu Magnaudeix, préparée avec Yunnes Abzouz et Laura Wojcik. Nos invité·es : - Yunnes Abzouz, journaliste à Mediapart ; - Nassira El Moaddem, journaliste à « Arrêt sur images », autrice de Main basse sur la ville. Enquête au Blanc-Mesnil, territoire trahi de la République (éd. Stock, 2026) ; - Bassi Konaté, maire de Sarcelles (Val-d’Oise) ; - Ellen Salvi, responsable du pôle politique de Mediapart ; - Julien Talpin, sociologue, chercheur en science politique, directeur de recherche au CNRS, auteur de La Colère des quartiers populaires. Enquête socio-historique à Roubaix (éd. PUF, 2024) et coauteur de La France, tu l’aimes, mais tu la quittes. Enquête sur la diaspora française musulmane (éd. Seuil, 2024).
Plantations, ports, chemins de fer : une grande partie de la fortune de Vincent Bolloré provient de ses activités africaines. S’il s’est en partie retiré du continent, le milliardaire sera jugé en France pour corruption au Togo. Notre émission avec Martine Orange, Jean-Jacques Lumumba et Marie-Yemta Moussanang.
À l’occasion du second tour des élections municipales, Mediapart vous propose une soirée électorale exceptionnelle, avec des journalistes de la rédaction et des politistes.
À l’occasion du premier tour des élections municipales, Mediapart vous propose une soirée électorale exceptionnelle, avec des journalistes de la rédaction et des politistes qui savent de quoi ils et elles parlent. Après une élection municipale de 2020 organisée en pleine pandémie, cette élection-là va-t-elle mobiliser ? Qui dirigera les plus grandes villes de France : Paris, Lyon et Marseille ? À un an de l’élection présidentielle, quels scores respectifs pour les candidat·es de LFI et du reste de la gauche, qui ont bien souvent (mais pas toujours) présenté des listes différentes ? Que devient le macronisme municipal ou ce qu’il en reste ? Quelle dynamique électorale pour le Rassemblement national, allié à des candidat·es de la droite dans certaines villes ?
Soutenue d’Emmanuel Macron à Marine Le Pen, Rachida Dati peut-elle gagner Paris ? Quel bilan tirer des fusions et désunions à gauche ? Combien de maires insoumis dimanche ? La rédaction de « Mediapart » fait le bilan de l’entre-deux-tours des municipales et détaille les enjeux du second.
À l’occasion des municipales et après, comment faire front face à l’extrême droite ? Jeudi 12 mars, Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, et Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, répondent ensemble aux questions de « Mediapart » et de « Backseat ».
À Strasbourg, la militante insoumise Jamila Haddoum a été menacée avec un couteau. Ailleurs en France, des candidats aux élections municipales des 15 et 22 mars sont victimes de violences ou de racisme, témoins d'un climat étouffant où l’extrême droite est banalisée. Ils et elles témoignent dans notre émission.
LaLa guerre de Trump et Nétanyahou en Iran ? A l'exception de l'Espagne, l'Europe y acquiesce, acceptant la brutalisation autoritaire du monde et la poursuite de la liquidation du droit international. La bascule fasciste en Europe ? En France depuis le meurtre du militant néofasciste Quentin Deranque, droite et extrême droites communient dans la détestation de LFI et au-delà, de toute la gauche. Tandis que les droites accélèrent leur union dans un « moment Charlie Kirk » à la française, Jean-Luc Mélenchon attise la confusion avec des propos aux relents antisémites, qui réjouissent la droite et l'extrême droite trop heureuses de se blanchir de leur antisémitisme historique. Spécialiste des Etats-Unis, éditeur, le philosophe Michel Feher, qui a aussi écrit sur les gauches françaises et le vote RN, documente et décrit ce qu'il nomme « le déferlement de la peste brune ». Invité de notre émission A l'air libre », il dénonce les « théoriciens du juste milieu » centristes qui ont banalisé l'extrême droite, mais aussi les « lunettes périmées » des gauches françaises face à l'émergence des impérialismes. « La situation de la gauche, dit-il, est un gâchis énorme. Mais c'est un gâchis qui se comprend. » Il publiera le 5 mai aux éditions La Découverte, Rester juifs, La fin d'un pacte de blanchiment réciproque, un livre important sur le sionisme et l'antisionisme dont il parle pour la première fois.
Pourquoi le RN s’ancre-t-il dans les campagnes en déclin ? Parce que là où le travail et la débrouille sont valorisés, son discours colle à la réalité d’une concurrence généralisée pour l’emploi et la respectabilité sociale. Un défi immense pour les gauches. Notre entretien avec le sociologue Benoît Coquard.
Le 24 février 2022, Vladimir Poutine envahissait l’Ukraine, continuation d’une guerre russe commencée en 2014. La « paix » est-elle envisageable ? Et à quel prix ? On en débat dans « À l’air libre ».
Alors que les policiers lyonnais ont arrêté mardi des militants de l’ex Jeune Garde antifasciste dans le cadre de l’enquête pour homicide après la mort de Quentin Deranque à Lyon, notre émission spéciale avec Ugo Palheta, Isabelle Sommier et Sébastien Bourdon.
Que disent les documents Epstein ? Que ne disent-ils pas, ou pas encore ? Trois journalistes de Mediapart reviennent sur leurs enquêtes, en compagnie de l’avocate Anne-Claire Lejeune et de Jeanne, qui a porté plainte contre Jean-Luc Brunel, ami décédé du criminel sexuel mis en cause par plusieurs femmes.
Les écologistes se déchirent avant les municipales, symptôme d’un mal plus profond à l’heure du retour de bâton climatique et des anathèmes anti-écolos. Quelles alliances pour transformer vraiment la société ? Entretien avec le sociologue Jean-Baptiste Comby.
À un mois des municipales, le RN affiche ses ambitions dans le sud-est de la France, malgré sa gestion et les affaires. Comment riposter, ici et ailleurs ? « À l’air libre » s’est délocalisée à Toulon (Var) avec le député insoumis Raphaël Arnault, la militante antiraciste marseillaise Hanifa Taguelmint et d’autres personnalités.
À Minneapolis, Trump et son administration s'adonnent à la terreur d'Etat. Mais la mobilisation locale, créative et inventive, montre que l'espoir subsiste. « A l'air libre » avec l'américaniste Sylvie Laurent, Katia Roux d'Amnesty International France et François Bougon, journaliste à Mediapart.
Jean-Luc Mélenchon est entré en campagne présidentielle. Malgré ses failles et la diabolisation de LFI, peut-il cette fois accéder au second tour ? Puis gagner l’élection face à une union de la droite et de l’extrême droite ? Débat dans « À l’air libre » entre les politistes Manuel Cervera-Marzal et Rémi Lefebvre.
Condamné pour corruption de mineurs et harcèlement sexuel, l’animateur Jean-Marc Morandini reste à l’antenne de CNews. Notre émission spéciale avec Fanny Marlier, journaliste indépendante, David Perrotin et Yunnes Abzouz, de Mediapart.
Des milliers de morts en Iran, un pays toujours privé d’Internet sous la férule d’un pouvoir cruel décidé à se maintenir jusqu’au bout. C’est pourtant bien une révolution en cours, assurent Aïda Tavakoli et Chirinne Ardakani, invitées d’« À l'air libre », l’émission de Mediapart, en compagnie du journaliste Jean-Pierre Perrin.
Classes moyennes supérieures converties au néolibéralisme, classes populaires précarisées : le chacun pour soi devient un poison social et politique. « A l'air libre » reçoit le sociologue Camille Peugny, auteur de « Le triomphe des égoïsmes » (éd. PUF) et la journaliste Nora Hamadi, qui publie un récit sur la ville de banlieue parisienne où elle a grandi.
Partout dans le monde, les riches se séparent du reste de la société. De Dubaï à Saint-Tropez, de Londres à Monaco, ils circulent dans des « zones » calquées sur le modèle de l’entreprise, avec leurs propres règles. Notre émission avec trois journalistes de Mediapart à l’occasion de la sortie le 9 janvier du livre « Zones. Là où les riches font sécession ».
Nicolas Maduro kidnappé, Trump prétend « diriger » le Venezuela. Il ne parle que de « pétrole » et certainement pas de démocratie. Une vision impériale pure et simple, où l'Amérique latine mais aussi l'Europe apparaissent comme des vassaux. Notre émission avec Maya Kandel, Yoletty Bracho, Thomas Posado et Fabien Escalona.
Alors que le président du RN promeut son livre et multiplie les apparitions médias avec un discours sans aspérités, de récentes enquêtes de Mediapart prouvent à nouveau la réalité du parti d’extrême droite. On en discute avec Alexandre Berteau et Youmni Kezzouf.
Le discours sur l'assistanat prospère depuis plus de vingt ans, instrumentalisé par les droites et repris par des figures des gauches. Notre émission avec le sociologue Nicolas Duvoux, l'économiste Ano Kuhanathan, Isabelle Motrot bénévole à ATD-Quart Monde et Adrien Thépot, responsable du Secours populaire dans le Puy-de-Dôme.
L’extrême droite prétend représenter la « France des oubliés » en surfant sur l’abandon des territoires ruraux délaissés par l’État et les partis. Comment riposter ? Notre émission spéciale à Auxerre avec Rose Lamy, autrice d’« Ascendant beauf », la sociologue Clara Deville, Agnès Cluzel du Mrap 89 et la journaliste Pauline Maucort.
Nicolas Sarkozy publie le 10 décembre un livre sur ses vingts jours en prison dans lequel il sera surtout question de lui. « À l’air libre » donne la parole à d’anciens détenus dont les récits de prison racontent bien mieux les errements du système carcéral. Nos invité·es : Justine Audouin, ancienne détenue, cheffe cuisinière ; Corentin Blanchard, fondateur de l’association Reve2Loup, formateur, réalisateur et poète ; Yannick Deslandes, fondateur de l’association Mur’mures, formateur et auteur de Au-delà les murs. 22 ans de prison et la lumière (éd. Balland) ; Ellen Salvi, responsable du pôle politique de Mediapart.
Au Rassemblement national, il y a le vernis social et la réalité : des propositions économiques et des votes de plus en plus favorables à la rente et aux plus fortunés. Décryptage avec Alexandre Berteau et Mathias Thépot, journalistes à Mediapart.
Face au crime organisé, l’État a-t-il tout faux ? Après le meurtre de Mehdi Kessaci, « À l’air libre » reçoit Katia Yakoubi, présidente de l’association marseillaise Adelphi’cité, Coralie Bonnefoy, corédactrice en cheffe de notre partenaire Marsactu, et le documentariste Christophe Bouquet.
De Gaza au Soudan, comment enquêter sur les crimes de guerre ? Comment rendre un visage, une voix, aux victimes ? Notre émission avec des experts d’Amnesty International, Forensic Architecture et Médecins sans frontières, ainsi que Kaouther Ben Hania, réalisatrice de « La Voix de Hind Rajab », en salles le 26 novembre.
La police et la gendarmerie sont-elles hors de contrôle ? Dans « À l’air libre », retour sur les révélations de Mediapart et « Libération » sur les violences des gendarmes à Sainte-Soline en 2023 avec nos journalistes, Alix, manifestante blessée à Sainte-Soline, et le réalisateur Dominik Moll, dont le film « Dossier 137 » sort ce mercredi 19 novembre.Nos invité·es : - Alix, manifestante à Sainte-Soline, blessée par un tir non autorisé de la gendarmerie ; - Dominik Moll, réalisateur de Dossier 137, en salles le 19 novembre ; - Pascale Pascariello, journaliste à Mediapart ; - Camille Polloni, journaliste à Mediapart ; - Laura Wojcik, journaliste à Mediapart.
Alors que s’ouvre la trentième COP au Brésil, à quoi servent de tels sommets ? La transition écologique est-elle une illusion alors que les énergies fossiles sont toujours dominantes ? La 30e Conférence des Parties sur le climat (COP 30) s’est ouverte lundi 10 novembre à Belém, grande ville du Brésil toute proche de l’Amazonie, plus grande forêt tropicale du monde dont l’écosystème est au bord du gouffre. Il y a pile une décennie, à Paris, les pays du monde s’accordaient sur l’objectif de limiter à 1,5 degré l’augmentation du réchauffement de la planète par rapport à l’ère préindustrielle. Dix ans plus tard, ce seuil est atteint et l’année 2024 a été la plus chaude jamais enregistrée. Qu’attendre de ces grands sommets sur le climat ? Les États sont-ils en train de renoncer ? Anthropocène, transition énergétique, seuils planétaires : les mots que nous utilisons pour décrire l’urgence climatique et ses conséquences nous permettent-ils de saisir ce qui se passe ? Notre émission « À l’air libre » avec Jean-Baptiste Fressoz, Laurence Marty, Sébastien Dutreuil et Jason Temaui Man.
« À l’air libre », l’émission en accès libre de Mediapart, vient à vous dans différents endroits de France, pour échanger, confronter les points de vue, à la rencontre des tensions et des espoirs du pays. Alors qu’il y a vingt ans, les quartiers populaires se révoltaient après la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré, « À l’air libre » s’installe en Seine-Saint-Denis, département aux très grandes disparités sociales et spatiales, le plus pauvre de la France hexagonale, le plus jeune aussi. Et une puissante usine à fantasmes pour une autre partie de la France et de nombreux médias, comme d’autres villes où vivent des classes populaires racisées, marquées par la ségrégation spatiale et scolaire, un moindre accès aux services publics et un désavantage dans la course à l’égalité des chances. Violences policières, discriminations, conditions de vie : depuis vingt ans, les quartiers populaires ont-ils été oubliés ? Comment les replacer dans la discussion nationale alors qu’une partie de plus en plus notable du pays les accuse et les essentialise ? Une émission en public, en partenariat avec Le Bondy Blog, présentée par Mathieu Magnaudeix. Nos invitées : - Seydi Ba, avocat ;- Youssef Badr, magistrat, auteur de Pour une justice aux mille visages (éd. de l’Aube, 2025) ; - Féris Barkat, cofondateur de Banlieues climat, professeur à la Sorbonne ; - Héléna Berkaoui, rédactrice en chef du Bondy Blog ; - Mehdi Bigaderne, cofondateur d’Aclefeu (Association collectif liberté, égalité, fraternité, ensemble, unis), maire adjoint de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) ; - Khir-Drin Grid, producteur, fondateur de La Nouvelle Toile ; - Haya Diakité, présidente de l’association Rêv’elle toi à Grigny (Essonne) ; - Samia El Khalfaoui, tante de Souheil El Khalfaoui, tué par la police à Marseille (Bouches-du-Rhône) en 2021 ; - Sarah Ichou, directrice du Bondy Blog ; - Éléonore Luhaka, sœur de Théo Luhaka, victime de violences policières en 2017 à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis ).
« Vive les lesbiennes ! » Au dernier Festival de Cannes, les actrices de La Petite Dernière, réalisé par Hafsia Herzi, ont scandé ce slogan à la fin d’une projection. Récompensé par la Queer Palm et par un prix d’interprétation pour la jeune actrice de 23 ans Nadia Melliti, le film sort au cinéma mercredi 22 octobre. Inspiré d’un roman de Fatima Daas paru en 2020, ce film raconte l’histoire d’une jeune lesbienne musulmane issue d’un quartier populaire qui apprend à s’aimer, à vivre son désir et sa sexualité, tout en faisant avec son éducation, sa famille, et les interdits religieux. Une émission présentée par Mathieu Magnaudeix. Nos invitées : - Fatima Daas, autrice de La Petite Dernière (éd. Noir sur Blanc, 2020, disponible en poche) ; - Hafsia Herzi, actrice et réalisatrice ; - Nadia Melliti, prix d’interprétation féminine à Cannes.
Jeudi 16 octobre 2025, Sébastien Lecornu, le « moine-soldat » d’Emmanuel Macron, est toujours premier ministre. À dix-huit voix près, la motion de censure contre son gouvernement et son budget n’a pas été adoptée à l’Assemblée nationale : les député·es du Parti socialiste (PS), à une écrasante majorité, ne l’ont pas votée. Le PS, qui a obtenu une suspension de la réforme des retraites jusqu’à l’élection présidentielle de 2027, fait désormais le « pari » de changer le budget qui sera discuté dans les prochaines semaines. Entre les socialistes et le reste de la gauche, c’est un véritable schisme qui se joue sous nos yeux. À quoi ressemble ce budget ? Que peut arracher le PS ? Est-ce l’acte de décès définitif du Nouveau Front populaire, cette coalition formée au moment des législatives de 2024 ? En cas de dissolution de l’Assemblée, et en vue de la présidentielle, les gauches partiront-elles en ordre dispersé face à l’extrême droite ? Une émission présentée par Mathieu Magnaudeix. Nos invité·es : - Gabrielle Cathala, députée insoumise du Val-d’Oise ; - Ayda Hadizadeh, députée socialiste du Val-d’Oise ; - Mathieu Dejean, journaliste à Mediapart ; - Mathias Thépot, journaliste à Mediapart.
Donald Trump a crié victoire mercredi 8 octobre, après qu’Israël et le Hamas ont accepté, sous l’égide de plusieurs pays parmi lesquels le Qatar, l’Égypte et la Turquie, la première étape de son plan pour la paix. Un plan en vingt points dont la première phase prévoit la libération des 47 otages israéliens détenus à Gaza depuis le 7 octobre 2023, dont certains sont morts, et celle de 2 000 prisonniers palestiniens. Une avancée aux nombreuses inconnues : ce cessez-le-feu n’est pas encore entré en vigueur, et ce plan n’aborde pas les questions liées à la colonisation, à l’occupation israélienne, à la création d’un État palestinien. La « paix » après deux ans d’atrocités et une guerre génocidaire contre les Palestinien·nes est-elle en train de se profiler ? Mais de quelle « paix » parle-t-on ? Une émission présentée par Mathieu Magnaudeix. Nos invité·es : - Joseph Confavreux, journaliste à Mediapart ;- Amélie Ferey, responsable du laboratoire de recherche sur la défense du centre des études de sécurité de l’Institut français des relations internationales (IFRI), chroniqueuse pour Mediapart ;- Stéphanie Latte Abdallah, politiste et historienne, codirectrice avec Véronique Bontemps de l’ouvrage Gaza une guerre coloniale (Actes Sud, 2025) ;- Gwenaëlle Lenoir, journaliste à Mediapart ;- Jadd Hilal, écrivain, coauteur de l’ouvrage collectif Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie. 17 écrivains pour la Palestine (Seuil, 2025), dont les droits d’auteurs et d’autrices sont reversés à Médecins du monde. Il a écrit Le Caprice de vivre (Elyzad, 2023).
Après le fiasco du gouvernement Lecornu, tous les regards se portent vers le président de la République, lâché par ceux qui ont gouverné avec lui, tandis que plusieurs forces politiques réclament sa démission. Tous les états-majors ont en tête la possibilité d’une dissolution de l’Assemblée nationale, qui déclencherait de nouvelles élections législatives : elle pourrait être annoncée dès mercredi 8 octobre. Vivons-nous en direct l’effondrement du macronisme ? Comment tracer une alternative politique et sociale face à l’extrême droite qui, cette fois, voit son heure venue ? À gauche et au centre-gauche, les alliés du Nouveau Front populaire, qui étalent leurs désaccords personnels, politiques et stratégiques, peuvent-ils vraiment s’unir dans les urnes comme en 2024 ? Une émission présentée par Mathieu Magnaudeix. Nos invité·es : - Olivier Besancenot, militant du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), ancien candidat de la LCR à l’élection présidentielle, auteur de En finir avec les présidents (Seuil, 2025) ;- Nicolas Framont, activiste, rédacteur en chef de Frustration Magazine ;- Lumir Lapray, activiste, ancienne candidate de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) dans l’Ain en 2022, autrice de « Ces gens-là ». Plongée dans cette France qui pourrait tout faire basculer (Payot, 2025) ;- Achraf Manar, cofondateur et président de l’association Destins liés ;- Eugénie Mérieau, juriste et politiste, autrice de Constitution (Anamosa, 2025).
C’est un des plus grands réalisateurs iraniens de notre époque. Il a passé des années en prison dans son pays, où il vit toujours, et où il continue à tourner, malgré la répression. Lauréat de la Palme d’or au dernier Festival de Cannes, il représentera cette année la France aux Oscars. Son film Un simple accident sort mercredi 1er octobre sur les écrans. Jafar Panahi est l’invité exceptionnel d’« À l’air libre », l’émission de Mediapart. Il nous parle de la répression en Iran, de ses séjours en prison, de son espoir en la fin du régime de Téhéran, du mouvement « Femmes, vie, liberté », et de la vitalité créative d’un pays qu’il n’entend pas quitter. Une émission présentée par Mathieu Magnaudeix. Traduction : Florent Delany (interprète), Darya Djavahery-Farsi (sous-titrage).
Condamné jeudi 25 septembre à cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs dans l’affaire du financement libyen de sa campagne, Nicolas Sarkozy a dénoncé la « haine » à son égard : celle des juges et de la presse qui enquête. Depuis une semaine, particulièrement sur les radios et sur les chaînes d’info, tout se passe comme si de nombreux commentateurs, éditorialistes et journalistes s’efforçaient de lui donner raison. Et sur les plateaux, les témoignages des rares journalistes qui ont assisté au procès ont été noyés dans un flot de commentaires, d’analyses, de contrevérités et parfois de purs délires. Un monde parallèle. Une émission présentée par Mathieu Magnaudeix, préparée avec David Perrotin et Yunnes Abzouz. Nos invité·es : - Yunnes Abzouz, journaliste à Mediapart, chargé des médias ;- Fabrice Arfi, coresponsable du pôle enquêtes de Mediapart, auteur avec Karl Laske des articles sur le financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy ;- Marine Babonneau, journaliste au Canard enchaîné, présidente de l’Association de la presse judiciaire (APJ) ;- Nicolas Kaciaf, chercheur au Ceraps/CNRS – Lille 2, codirecteur de la recherche de Sciences Po Lille, spécialiste des médias.
Jeudi 25 septembre, l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy a été condamné pour association de malfaiteurs dans l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. La peine est de cinq ans de prison, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité, avec exécution provisoire. Le tribunal a prononcé un mandat de dépôt à effet différé contre l’ancien président de la République. Cela signifie que Nicolas Sarkozy ira en prison à une date ultérieure, mais avant tout procès en appel. C’est une nouvelle condamnation pour l’ancien président de la République. Et un jugement historique dans une affaire majeure de corruption que Mediapart a révélée il y a treize ans. Une émission présentée par Mathieu Magnaudeix. Nos invité·es : - Fabrice Arfi, coresponsable du pôle enquêtes de Mediapart, auteur avec Karl Laske des enquêtes sur l’affaire libyenne ; - Vincent Brengarth, avocat de l’ONG Sherpa ; - Danièle Klein, proche d’une des victimes de l’attentat de l’avion DC-10 d’UTA en 1999 ; - Ludovic Friat, président de l’Union syndicale des magistrats (USM).
Jusqu’ici, il était quasiment inconnu en France. En quinze jours, Charlie Kirk, un influenceur d’extrême droite assassiné le 10 septembre dans l’Utah, alors qu’il débattait avec des étudiant·es, est devenu pour les extrêmes droites du monde entier un nouveau martyr. Et même le héros d’une liberté d’expression elle aussi assassinée. Qui était-il ? Comment cet assassinat a-t-il été instrumentalisé par l’extrême droite pour cibler celles et ceux qui s'opposent à Trump ? La liberté d’expression est-elle une liberté de propager la haine ? Nos invité·es : - Fabien Escalona, journaliste à Mediapart, responsable du pôle international ;- Sylvie Laurent, historienne et américaniste, enseignante à Sciences Po, autrice de La Contre-Révolution californienne (éd. du Seuil, 2025), de Capital et Race, histoire d’une hydre moderne (éd. du Seuil, 2024), et d’une biographie de Martin Luther King ;- Cole Stangler, journaliste indépendant. Il écrit dans The Nation, The Guardian, Jacobin ou Mediapart. Il a publié Le Miroir américain. Enquête sur la radicalisation des droites et le devenir de la gauche (éd. Les Arènes, 2025).
« Une fois que les choses sont sur la table, il est mort. » L’homme qui a prononcé ces mots s’appelle Gaël Perdriau, maire de Saint-Étienne (Loire), une des plus grandes villes de France. Lundi 22 septembre 2025 s’ouvre à Lyon son procès et celui de ses anciens collaborateurs. Le procès d’une affaire révélée il y a trois ans par Mediapart : un complot politique scabreux, avec un chantage à la sextape et des menaces contre l’ex-premier adjoint de la ville. Une affaire sordide pour éliminer un opposant politique avec de l’argent public, et dont un des ressorts puissants est l’homophobie. Avec Antton Rouget, journaliste au pôle enquêtes de Mediapart qui a révélé cette affaire, retour sur un complot qui est bien plus qu’un simple fait divers. Une émission présentée par Mathieu Magnaudeix.
Dans la nuit du lundi 15 au mardi 16 septembre, de nouvelles frappes meurtrières de l’armée israélienne ont frappé la ville de Gaza : au moins 53 morts et des familles entières massacrées. « La nuit était noire, tout est devenu rouge et blanc, il y a eu comme un tremblement de terre », résume le journaliste gazaoui Rami Abou Jamous. « Gaza brûle », s’est réjoui le ministre de la défense israélien Israël Katz mardi matin, dans une phrase aux accents apocalyptiques. Gaza où le gouvernement israélien dit avoir lancé mardi une opération de « grande envergure » contre le Hamas. Gaza dont le gouvernement suprémaciste de Benyamin Nétanyahou veut surtout expulser les 2 millions d’habitant·es. Gaza est en train « d’être complètement effacée », dénonce l’Unrwa, l’agence de l’ONU pour les réfugié·es palestinien·nes ce week-end, alors que ce 22 septembre, plusieurs États occidentaux dont la France comptent reconnaître l’État de Palestine à l’ONU. Une émission présentée par Mathieu Magnaudeix. Avec : - Rami Abou Jamous, journaliste à Gaza, lauréat de trois prix Bayeux des correspondants de guerre en 2024, auteur de Journal de bord de Gaza (éd. Libertalia, coll. « Orient XXI », 2024) et de Gaza, Vie (éd. Stock, 2025) ; - Carine Fouteau, présidente et directrice de la publication de Mediapart ; - Nadav Lapid, réalisateur du film Oui, en salles ce 17 septembre ; - Vincent Lemire, historien, professeur à l’université Paris-Est-Gustave Eiffel, auteur d’Histoire de Jérusalem (éd. Les Arènes, 2022). Il est le coauteur de l’Atlas historique du Moyen-Orient (éd. Les Arènes, 2025) ; - Leïla Shahid, ancienne représentante de l’Organisation de libération de la Palestine en Europe, ancienne déléguée générale de Palestine en France (1994-2005), ancienne ambassadrice de la Palestine auprès de l’Union européenne (2005-2015).
« Nous ne sommes pas des fascistes. Nous ne sommes pas d’extrême droite. » De Bardella à Meloni, de Trump à Milei, l’extrême droite mondiale serine le même refrain. Un récit que reprennent, en France aussi, nombre de journalistes ou d’éditorialistes, d’éditeurs, d’intellectuels et de grands patrons. En cette rentrée, plusieurs livres nous alertent sur cette atmosphère étouffante, en Europe et au-delà, que nous sommes nombreuses et nombreux à ressentir. Un fond de l’air bien rance, où l’État de droit et la démocratie sont foulés au pied, où la liberté qu’ils érigent en principe fondamental est d’abord devenue celle de piétiner les autres. Où la haine des étrangers, des minorités et de la science est devenue mainstream. Bref, une ère où le fascisme serait presque devenu cool. Sommes-nous d’ores et déjà dans un moment fasciste ? Si oui, quelles leçons en tirer ? Et comment riposter collectivement ? Une émission présentée par Mathieu Magnaudeix. Nos invité·es : - Mark Fortier, sociologue, journaliste et éditeur québécois, auteur de Devenir fasciste. Ma thérapie de conversion (éd. Lux) ; - Nastasia Hadjadji, journaliste, coautrice avec Olivier Tesquet de Apocalypse Nerds. Comment les technofascistes ont pris le pouvoir (éd. Divergences) ; - Hugues Jallon, éditeur et écrivain, auteur de Le Temps des salauds. Comment le fascisme devient réel (éd. Divergences) ;- Laurent Mauduit, journaliste, cofondateur de Mediapart, auteur de Collaborations. Enquête sur l’extrême droite et les milieux d’affaires (éd. La Découverte).
Lundi 8 septembre, le premier ministre, François Bayrou, a été poussé à la démission après l’échec du vote de confiance à l’Assemblée nationale. Un vote qu’il a lui-même convoqué en espérant obtenir un soutien à ses coupes budgétaires massives. Pour Emmanuel Macron, c’est un nouvel échec. Qui pour succéder à Bayrou à Matignon ? Le PS va-t-il entrer au gouvernement ? Pour quoi faire ? À quel jeu joue l’extrême droite, en embuscade ? Ces questions vont faire l’actualité des prochains jours. Mais au-delà de l’écume médiatique, c’est bien une crise politique, institutionnelle et démocratique majeure à laquelle nous assistons, alors que s’ouvre une période de mobilisation sociale à partir du mercredi 10 septembre, « Bloquons tout ». Une mobilisation qui exprime de nombreuses colères politiques et sociales, et suscite l’inquiétude d’un pouvoir qui n’entend pas changer de politique. « À l’air libre », l’émission en accès libre de Mediapart, reprend ce mardi 9 septembre. Une émission présentée par Mathieu Magnaudeix Nos invité·es : - François Boulo, ancienne figure des Gilets jaunes, auteur de Reprendre le pouvoir. Manuel d’émancipation politique (éd. Les Liens qui libèrent, 2021) ;- Fleur Breteau, fondatrice de Cancer colère, figure de l’opposition citoyenne à la loi Duplomb ; - Élisabeth Godefroy, doctorante en science politique au Centre Émile Durkheim et à Sciences Po Bordeaux, spécialiste des Gilets jaunes. Elle a participé au livre Nouveau peuple, nouvelle gauche, coordonné par Julien Talpin (éd. Amsterdam/Institut La Boétie, 2025) ;- Samuel Hayat, historien et politiste, auteur de Démocratie (éd. Anamosa, 2020) et 1848. Quand la République était révolutionnaire (éd. Seuil, 2014) ; - Étienne Ollion, directeur de recherche en sociologie (CNRS), professeur à l’École polytechnique. Auteur de Les Candidats. Novices et professionnels en politique (éd. PUF, 2021) et Une étrange victoire. L’extrême droite contre la politique (éd. Seuil, 2025, avec Michaël Fœssel) ; - Diangou Traoré, militante des quartiers populaires, cofondatrice et présidente de Franc-Moisin citoyenne (Seine-Saint-Denis), membre du parlement de l’Union populaire.
Émission diffusée le 25 juin 2025.Il y a cinquante ans, en 1975, la France adoptait les premières lois sur le handicap. En 2005 était votée une loi « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées ». Et l’an dernier, les athlètes paralympiques ont été célébré·es lors des Jeux paralympiques de Paris. Pourtant, au quotidien, à l’école, au travail, dans l’accompagnement et la prise en compte de leurs droits, les millions de personnes en situation de handicap continuent de vivre une véritable ségrégation, dans une société encore largement validiste – le validisme est « une hiérarchisation des corps et des vies, où les personnes en situation de handicap sont perçues comme “hors norme”, et où cette différence justifie leur mise à l’écart ou leur exclusion », selon Béatrice Pradillon, présidente et cofondatrice des Dévalideuses. Au contraire de ce qu’on entend souvent, ce n’est pas juste « un changement de regard » qui est nécessaire, mais une véritable révolution de notre imaginaire et des politiques publiques. Car analyser la société en partant des expériences des personnes en situation de handicap, c’est aussi la questionner profondément. Et contribuer à la faire progresser pour toutes et tous. Une émission présentée par Mathieu Magnaudeix, préparée avec Marie Turcan. Nos invité·es : - Ibrahima Keita, représentant du personnel d’une entreprise adaptée, syndicaliste CGT ; - Mariella, mère d’un enfant autiste, membre d’un collectif de professeur·es et de parents à Brétigny-sur-Orge (Essonne) ; - Charlotte Puiseux, psychologue et docteure en philosophie, autrice de De chair et de fer. Vivre et lutter dans une société validiste (éd. La Découverte, 2022), membre du collectif handi-féministe Les Dévalideuses ; - Adèle Merle, sociologue, doctorante à l’Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales (Irisso) de l’université Paris-Dauphine ; - Marie Turcan, journaliste au pôle société de Mediapart.
Émission diffusée le 12 juin 2025. Mercredi 11 juin, Hichem Miraoui, 45 ans, tué à Puget-sur-Argens (Var), a été enterré en Tunisie – dans cette affaire, et pour la première fois, le Parquet national antiterroriste s’est saisi d’un meurtre raciste possiblement inspiré par les idées d’extrême droite. Il y a à peine plus d’un mois, Aboubakar Cissé, un Malien de 22 ans, était tué à la mosquée de La Grand-Combe (Gard) : son meurtrier avait proféré des insultes islamophobes. Chaque jour ou presque dans ce pays, il est question des musulmans et musulmanes ou des Arabes qui vivent en France : leurs tenues, leurs propos... ou leurs silences. Chaque jour ou presque, les millions de musulman·es françaises et français, musulman·es de croyance et/ou de culture, sont évoqué·es comme un tout globalisant, bien souvent érigé·es en menace. Soupçons incessants d’islamisme, d’entrisme et en même temps, ce qui est paradoxal, de séparatisme : ce flot continu finit par confondre tous les musulmans de ce pays avec l’islamisme radical. Il crée ou accentue des peurs, des clichés, des biais racistes dans des pans entiers de la société française. Peurs, clichés et biais racistes habilement captés par une série d’entrepreneurs politiques et médiatiques qui se revendiquent aussi de la gauche. Mediapart donne la parole à plusieurs personnes, premières concernées, qui nous racontent la façon dont ils et elles vivent ce soupçon permanent. - Aïda Amara, journaliste, créatrice du podcast « Transmissions », qui publie le 2 septembre Avec ma tête d’Arabe (Hors d’atteinte) ; - Anas Daif, journaliste, créateur du podcast « À l’intersection », auteur de Et un jour je suis devenu arabe (Tumulte) ; - Rokhaya Diallo, journaliste, réalisatrice et essayiste, initiatrice du podcast « Kiffe ta race », chroniqueuse pour plusieurs médias internationaux, autrice du Dictionnaire amoureux du féminisme (Plon) ; - Sylvie Eberena, championne de France d’haltérophilie en 2024 ; - Haouès Seniguer, maître de conférences à Sciences Po Lyon, auteur de La République autoritaire. Islam de France et illusion républicaine (Le Bord de l’eau) ; - Stéphane Tchouhan, directeur du cabinet du maire de Colombes (Hauts-de-Seine).
Émission diffusée le 18 juin 2025.Après Gaza, la Cisjordanie, le Liban et des frappes en Syrie, Israël a déclenché une nouvelle guerre. Cette fois contre l’Iran, immense pays de 90 millions d’habitant·es, avec le but d’éliminer ses hauts dirigeants militaires et politiques. Cette guerre inquiète toute la région et bien au-delà. Elle risque d’effacer médiatiquement le génocide en cours à Gaza et toute perspective d’un cessez-le-feu. Voix dissonante dans son pays, Menachem Klein est professeur de science politique à l’université Bar-Ilan, près de Tel-Aviv. Conseiller du premier ministre travailliste Ehud Barak lors des négociations avec l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) en 2000, il a parlé très tôt de génocide à Gaza. Désemparé par le va-t-en-guerrisme des médias de son pays, persuadé que Benyamin Nétanyahou souhaite un « changement de régime » à Téhéran, il assiste chaque jour avec consternation à la guerre sans fin du gouvernement Nétanyahou, soutenu par l’extrême droite suprémaciste. Mais aussi, dit-il, par une grande partie de la société israélienne, encore hantée par les massacres du Hamas et d’autres groupes palestiniens le 7 octobre 2023, et engagée dans une logique suprémaciste du « eux » contre « nous ». Une course vers l’abîme qui ronge de l’intérieur, dit-il, « l’âme » de son pays. Une émission présentée par Mathieu Magnaudeix et préparée avec Gwenaëlle Lenoir.
Émission diffusée le 19 juin 2025.Au sixième jour de la guerre israélienne contre l’Iran avec des mort·es et des blessé·es, parmi lesquel·les de nombreux civil·es dans les deux pays, les États-Unis de Donald Trump pourraient prochainement bombarder l’Iran en soutien au premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. L’escalade est déjà là. Le risque d’un embrasement y compris régional, voire au-delà, n’a jamais été aussi grand. Pendant ce temps en Iran, c’est une société entière de 90 millions d’habitant·es qui a peur, société qui vit depuis quarante-six ans sous le joug de la dictature des mollahs. Aux États Unis, en Europe, en France, une grande partie de la diaspora se bat depuis des années contre le régime et a soutenu le mouvement démocratique « Femmes, vie, liberté ». Une diaspora avec des options politiques parfois opposées, traversée en ce moment très incertain de sentiments différents et contradictoires. Nos invitées du jour incarnent ces questionnements. Une émission présentée par Mathieu Magnaudeix Nos invitées : - Rachida El Azzouzi, journaliste à Mediapart ; - Hilda Dehghani-Schmit, membre de Norouz, association pour une nouvelle ère en Iran ; - Sepideh Farsi, réalisatrice de Put Your Soul on Your Hand and Walk (sortie prévue en septembre 2025) ; - Aïda Tavakoli, doctorante, fondatrice de l’association We Are Iranian Students.
C’est un des grands scandales de notre République. Chaque jour, il concerne de très nombreux habitants de notre pays. Une très longue bataille politique aussi, que les dirigeant·es de droite comme de gauche se sont empressé·es d’enterrer, face au refus et au déni de l’institution policière, face aussi à la montée d’un discours raciste qui assimile de plus en plus les jeunes noirs et arabes à la délinquance. Cette pratique policière, elle a un nom : les contrôles d’identité discriminatoires, aussi appelés contrôles au faciès ou profilage racial. Dans notre pays, les Noirs et les Arabes sont davantage contrôlés par la police. Le sur-contrôle des hommes d’origine africaine et nord-africaine par la police en France est un fait étayé, par les témoignages innombrables des premiers concernés, par des études scientifiques, par des rapports du Défenseur des droits, par des ONG comme Amnesty International. Pourtant, depuis quinze ans, malgré une mobilisation intense et de nombreuses promesses, rien ne change. Jeudi 26 juin, et pour la première fois, la France a été condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme pour un contrôle discriminatoire. Une décision porteuse d’espoir, et pourtant ambiguë pour la suite de cette très longue bataille. Une émission présentée par Mathieu Magnaudeix, préparée avec Camille Polloni. Nos invité·es : - Slim Ben Achour, avocat ;- Issa Coulibaly, président de Pazapas Belleville ;- Lanna Hollo, juriste de l’association (RE) claim.
Ce jeudi 26 juin sur Radio France, c’est la musique qui domine les antennes. Raison : une grève illimitée pour protester contre la réforme de l’audiovisuel voulue par la ministre de la culture Rachida Dati. À France Télévisions, les syndicats appellent à une grève à partir de lundi prochain, le 30 juin : le jour où cette proposition de loi déjà adoptée au Sénat doit être débattue par les député·es. Que prévoit cette réforme ? Pourquoi et comment menace-t-elle l’audiovisuel public, alors qu’il est par ailleurs la cible récurrente de celles et ceux qui, surtout à droite et à l’extrême droite, le trouvent hostile à leurs idées et aimeraient le privatiser ? Et quel est le sens du service public de l’audiovisuel alors que des milliardaires propriétaires de médias veulent nous imposer leur vision du monde ? Une émission présentée par Mathieu Magnaudeix et Yunnes Abzouz, préparée avec Valentine Oberti, Lénaïg Bredoux, Yunnes Abzouz et Youmni Kezzouf. Nos invité·es : - Antoine Chuzeville, journaliste à France Télévisions, cosecrétaire général du Syndicat national des journalistes (SNJ) ; - Julia Cagé, professeure d’économie à Sciences Po, autrice de Pour une télé libre. Contre Bolloré (Seuil 2022) ; - Sonia Kronlund, documentariste, productrice de l’émission « Les Pieds sur terre » sur France Culture ; - Soraya Morvan-Smith, journaliste à France 24, secrétaire générale adjointe du SNJ-CGT.
Il y a un an, Emmanuel Macron décidait de dissoudre l’Assemblée. Les quatre invités d’« À l’air libre » se sont engagés à corps perdu dans la campagne des élections législatives. Un an plus tard, ils et elles racontent leurs déceptions, leurs batailles, leurs colères et leurs espoirs.Nos invité.es : - Sarah Durieux, activiste et organisatrice de campagnes et de mouvements, autrice de Militer à tout prix. Pourquoi nos collectifs nous font mal (éd. Hors d'atteinte) ; - Sarah Durocher, présidente du Planning familial ; - Sarah Bennani, présidente de Jeunesse Populaire ; - Kevin Vacher, sociologue et praticien de l’éducation populaire, co-initiateur du projet « Démocratiser la politique ».
Le 28 mai, un glacier des Alpes suisses s’est effondré, ensevelissant le village de Blatten. Un événement commenté mais peut-être pas assez : des Alpes à l’Himalaya jusqu’aux calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique, les glaciers fondent à toute vitesse. Sentinelles du réchauffement climatique, ils sont la deuxième cause d’élévation du niveau des mers, sujet au cœur de la grande conférence onusienne sur les océans qui s’ouvre à Nice ce lundi 9 juin. Châteaux d’eau naturels, ils renferment 70 % des réserves d’eau douce de la planète et un quart de l’humanité dépend directement de l’eau des montagnes pour boire, irriguer les cultures et produire de l’énergie. Parler des glaciers, c’est aussi prendre conscience de ce que nous pouvons encore faire pour éviter le scénario d’une planète invivable dans quelques décennies. Une émission présentée par Mathieu Magnaudeix. Nos invités : Gilles Ramstein, paléoclimatologue, directeur de recherches au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement de l’institut Pierre-Simon-Laplace (IPSL). Il est l’auteur de 100 questions sur le climat (Tallandier, 2020) et de Voyage à travers les climats de la terre (Odile Jacob, 2015) et le coanimateur du podcast « Le climat en questions » ; Ugo Nanni, glaciologue et sismologue, chercheur à l’université d’Oslo.
Historien spécialiste du Proche-Orient, Jean-Pierre Filiu a passé plus d’un mois dans la bande de Gaza, fermée aux médias étrangers. Gaza, où Israël mène une guerre génocidaire, une « guerre à sens unique », écrit-il : officiellement contre le Hamas, en fait contre l’enclave et sa population, doublée d’un nettoyage ethnique assumé. « Rien ne me préparait à ce que j’ai vu et vécu à Gaza, écrit-il. Le territoire que j’ai connu et arpenté n’existe plus. Ce qu’il en reste défie les mots. » Il avance le chiffre de « plus de 100 000 morts » depuis le 7 octobre 2023 dans l’enclave palestinienne et considère que l’anéantissement en cours « est bien pire que la Nakba », l’expulsion forcée de centaines de milliers de Palestinien·nes en 1948 au moment de la proclamation de l’État d’Israël. Ce livre glaçant sonne aussi comme une alerte : la destruction sous nos yeux de Gaza, l’élimination en cours de la Palestine et de ses habitant·es, c’est aussi celle du droit international, la destruction de notre humanité. Le triomphe des artisans de haine, des vautours et des ignobles. Jean Pierre Filiu est l’invité d’« À l’air libre », l’émission en accès libre de Mediapart Une émission préparée et présentée par Mathieu Magnaudeix et Joseph Confavreux.
Autour de l’écologie, ce fut la semaine des manœuvres politiques : une proposition de loi réintroduisant notamment un pesticide dangereux pour la biodiversité et la santé humaine n’a même pas pu être débattue par les député·es. Cette loi, proposée par la droite Les Républicains, est soutenue par une grande partie du gouvernement au nom de la défense de certaines productions menacées par la concurrence internationale. Elle marque un grand retour en arrière sur la biodiversité et la santé quand tous les signaux écologiques sont au rouge. Alors que nous n’avons plus beaucoup de temps pour agir de façon décisive pour l’avenir de la planète, les écosystèmes, l’eau et notre santé sont menacés. Et l’écologie est en train de passer par-dessus bord. Nos invité·es : - Philippe Grandcolas, écologue, directeur de recherche au CNRS et directeur adjoint scientifique de l’Institut écologie et environnement, spécialiste de la biodiversité ;- Pierre-Michel Périnaud, médecin, président de l’association Alerte des médecins sur les pesticides ;- Amélie Poinssot, journaliste au pôle écologie de Mediapart ;- Justine Ripoll, responsable des campagnes de « Notre affaire à tous » et « Justice pour le vivant ».Une émission préparée par Amélie Poinssot et Mathieu Magnaudeix, animée par Mathieu Magnaudeix.
Tandis que s’achève le procès Le Scouarnec et ses 300 victimes, la plupart mineures, apparaissent au grand jour l’étendue des violences dans l’enseignement privé catholique. Les violences sexuelles sur les enfants sont partout. Pourquoi refuser de les voir ?
Il veut devenir « un saint ». Avec son projet Périclès, révélé par L’Humanité, il s’est mis en tête de faire gagner les droites extrêmes et l’extrême droite, de Bruno Retailleau à Marion Maréchal, en passant par le Rassemblement national. Son nom ? Pierre-Édouard Stérin. Fortune estimée ? 1,4 milliard d’euros. Exilé fiscal en Belgique depuis 2012, catholique mais aussi libertarien et très hostile à la gauche, il finance des initiatives politiques loin d’être transparentes. Mardi 20 mai, Pierre-Édouard Stérin était convoqué par une commission d’enquête de l’Assemblée nationale qui voulait l’entendre sous serment. Pour la troisième fois, il a refusé de venir : le président de la commission d’enquête a annoncé saisir la justice. Peine encourue : deux ans d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende. Pierre-Édouard Stérin est moins riche et moins connu que le milliardaire Vincent Bolloré, qui lui aussi rêve de porter l’extrême droite au pouvoir. Mais comme lui, il est le symbole d’une époque où les milliardaires se sentent pousser des ailes pour nous imposer leur vision du monde. Nos invité·es : - Youmni Kezzouf, journaliste au pôle politique de Mediapart ; - Thomas Lemahieu, grand reporter à L’Humanité.Une émission préparée et animée par Mathieu Magnaudeix.
« Dans les prochains jours, nous entrerons avec toute notre force pour achever l’opération et vaincre le Hamas », a répété mardi 13 mai le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. « Gaza sera totalement détruite », affirme son ministre suprémaciste Bezalel Smotrich. Tous deux réaffirment leur volonté d’expulser les Palestinien·nes de Gaza. Gaza, où 90 % de la population est déplacée de force depuis dix-huit mois, est frappée chaque jour par des frappes israéliennes meurtrières, et l’aide alimentaire n’y entre plus depuis deux mois alors que la famine menace un quart de la population. Selon les chiffres officiels, au moins 53 000 personnes ont été tuées depuis un an et demi. Mercredi 14 mai paraît Gaza, une guerre coloniale (éditions Actes Sud), un livre collectif de spécialistes du Proche-Orient, sociologues, anthropologues, juristes ou historien·nes. « L’histoire n’a pas commencé le 7 octobre 2023 », écrivent ses autrices et auteurs qui y décrivent la mécanique d’une « machine de guerre » qualifiée par les plus grandes organisations de défense des droits humains de génocide. Une guerre destinée à effacer un peuple, le peuple palestinien, son présent et son futur. Quatre d’entre eux et elles sont nos invité·es : - Stéphanie Latte Abdallah, historienne et anthropologue du politique, directrice de recherche au CNRS, codirectrice de Gaza, une guerre coloniale ;- Véronique Bontemps, anthropologue et chargée de recherche au CNRS, codirectrice de Gaza, une guerre coloniale ;- Leïla Seurat, chercheuse au Centre arabe de recherches et d’études politiques et chercheuse associée au Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales ; - Maher Charif, chercheur à l’Institut d’études palestiniennes et chercheur associé à l’Institut français du Proche-Orient. Une émission préparée et présentée par Mathieu Magnaudeix.
Le « wokisme », idéologie incertaine, enkystée dans la gauche des mouvements sociaux, menacerait la société, la famille, le progrès et les Lumières. Voilà le refrain seriné à longueur de journée par Donald Trump, par le Rassemblement national et des médias d’extrême droite, par des politiques conservateurs. Mais aussi par des essayistes qui se réclament de la gauche, et également, peut-être, par des membres de votre famille ou vos amis. Que signifie ce terme ? Pourquoi est-il devenu si présent ? Que veut dire cette présence dans le contexte politique actuel ? Si le « wokisme » n’existe pas, est-ce qu’il ne faudrait pas l’inventer ? Nos invité·es : - Laure Bereni, sociologue, directrice de recherche au CNRS, autrice de Management de la vertu. La diversité en entreprise à New York et à Paris (éd. Presses de Sciences Po, 2023) ;- Solène Brun, sociologue, chargée de recherche au CNRS, coautrice avec Claire Cosquer de La Domination blanche (éd. Textuel, 2024). Elle a aussi publié Derrière le mythe métis. Enquête sur les couples mixtes et leurs descendants en France (éd. La Découverte, 2024) ;- Pierre Tevanian, philosophe et enseignant, auteur de Soyons woke. Plaidoyer pour les bons sentiments (éd. Divergences, 2025). Il coanime le site collectif Les mots sont importants (lmsi.net) et a publié plusieurs ouvrages, comme On ne peut pas accueillir toute la misère du monde. En finir avec une sentence de mort (éd. Anamosa, 2022). Une émission préparée et présentée par Mathieu Magnaudeix.
Notre-Dame-du-Sacré-Cœur de Dax, l’Immaculée-Conception à Pau, le collège Saint-Pierre-de-Relecq-Kerhuon, Riaumont à Liévin, Notre-Dame-de-Charité-du-Bon-Pasteur d’Angers, Saint-Dominique à Neuilly-sur-Seine, Notre-Dame-de-Garaison dans les Hautes-Pyrénées… Après le choc des violences au sein de Notre-Dame-de Bétharram, près de Pau, un véritable continent de violences physiques et sexuelles sur plusieurs décennies émerge au sein de l’enseignement catholique privé. Le 14 mai, le premier ministre François Bayrou, qui, selon nos enquêtes, ne pouvait pas ignorer les violences ayant eu lieu à Bétharram, sera entendu par une commission d’enquête de l’Assemblée nationale. Au-delà de son cas personnel, c’est toute notre société qui est interrogée. Pourquoi tant d’années de silence ? Pourquoi l’enseignement catholique est-il si peu contrôlé ? Comment réparer l’immensité des souffrances, des violences et des sévices alors que ce #MeToo de l’enseignement catholique pourrait bien être, selon Alain Esquerre, porte-parole du collectif des victimes de Bétharram, « le plus grand scandale » de pédocriminalité que la France ait jamais connu ? Nos invité·es : - Hélène Perlant, professeure, ancienne élève à Notre-Dame-de-Bétharram, fille du premier ministre François Bayrou ;- Alain Esquerre, porte-parole des victimes de Notre-Dame-de-Bétharram, auteur du Silence de Bétharram (éditions Michel Lafon), coécrit avec Clémence Badault, en librairie jeudi 24 avril ;- Constance Bertrand, porte-parole de l’Union des collectifs de victimes de l’enseignement catholique ;- Paul Vannier, député, corapporteur à l’Assemblée nationale de la commission d’enquête sur les modalités du contrôle par l’État et de la prévention des violences dans les établissements scolaires, créée à la suite des révélations de Mediapart.
« Il faut se préparer très jeunes, presque depuis la maternelle, à réfléchir à la façon dont [les élèves] se projettent dans une formation et un métier. » Cette phrase, prononcée par la ministre de l’éducation nationale, Élisabeth Borne, nous a donné envie de faire cette émission. Car si la qualité d’une société, de ses imaginaires, de ce qu’elle propose se révèle à travers le sort qu’elle réserve à ses jeunes, force est de constater que la nôtre n’est pas au rendez-vous. Partout dans le monde, y compris en France, la santé mentale des plus jeunes se dégrade. Le succès de séries comme Adolescence sur Netflix, qui interroge la violence des mineurs – un fait ultraminoritaire, il faut évidemment le rappeler – mais aussi l’emprise du masculinisme chez certains garçons, en dit long sur l’inquiétude qui nous travaille face à leur avenir. Réseaux sociaux, pression scolaire, atomisation de la société, néolibéralisme cruel, monde qui brûle : les générations qui viennent ont des raisons de ne pas aller bien. Et quand elles s’engagent et proposent un autre monde, elles restent trop souvent regardées de haut par des essayistes qui les traitent de geignards narcissiques, ou des dirigeant·es bien plus âgé·es qu’elles qui les veulent aux ordres et n’auront pas, eux, à affronter le monde de demain. Comment mieux prendre soin de la jeunesse ? Comment lui proposer des perspectives et le plus d’épanouissement possible dans un monde qui déraille ? Nos invité•es : - Caroline Coq-Chodorge, journaliste à Mediapart ; - Achille Demaillard, étudiant ;- Lucas Fugeard, président de la ligne d’écoute pour les étudiant·es Nightline.fr ; - Jonathan Haidt, psychosociologue à New York University, auteur de Génération anxieuse. Comment les réseaux sociaux menacent la santé mentale des jeunes (éd. Les Arènes) ; - Jean Le Goff, psychosociologue, auteur de Politiser l’éco-anxiété (éd. du Détour) ;- Salomé Saqué, journaliste à Blast, autrice de Sois jeune et tais-toi. Réponse à ceux qui critiquent la jeunesse (éd. Payot & Rivages) ; - Lisa Ouss, pédopsychiatre.
« On ne peut plus rien dire » : c’est peut-être la phrase habituelle de votre oncle aux fêtes de famille. Mais c’est aussi le mantra de Pascal Praud sur CNews, celui du vice-président des États-Unis, J. D. Vance, qui voit en l’Europe une nouvelle URSS combattant la liberté d’expression, et d’une cohorte de commentateurs et commentatrices qui dénoncent les « nouveaux censeurs » que seraient les jeunes, les militants et militantes antiracistes ou les femmes qui se battent contre les violences sexuelles. Ces derniers temps, cette rengaine est devenue une arme politique pour tout un spectre nostalgique, conservateur ou d’extrême droite, qui déplore une culture de « l’annulation » (cancel culture en anglais) sur les réseaux sociaux, et juge que sa liberté d’expression est directement menacée. Si ce discours prospère, c’est qu’il rencontre assez facilement les inquiétudes qui peuvent s’exprimer face aux changements du monde. Peut-être aussi parce qu’il n’est pas forcément très simple de comprendre le cadre juridique dans lequel la liberté d’expression s’exerce. On vous explique tout dans cette émission avec deux spécialistes de la liberté d’expression. Nos invité·es : - Anna Arzoumanov, maîtresse de conférences en linguistique à Sorbonne-Université, autrice de Juger les mots. Liberté d’expression, justice et langue (éd. Actes Sud, 2025). Elle a publié précédemment La Création artistique et littéraire en procès (Classiques Garnier, 2022) ;- Thomas Hochmann, professeur de droit public à l’université Paris-Nanterre, chercheur au Centre de théorie et d’analyse du droit, auteur de « On ne peut plus rien dire… » Liberté d’expression, le grand détournement (éd. Anamosa, 2025).
Depuis octobre 2023, les actes antisémites explosent dans notre pays – 1 570 actes l’an passé, contre 436 en 2022. De nombreux juifs et juives ont davantage peur pour leur famille, pour leurs proches, pour eux-mêmes. À Villeurbanne (Rhône) ce week-end, une enquête pour agression antisémite a été ouverte après qu’un homme portant un collier avec une étoile de David a été pris à partie puis frappé et traité de « sale juif ». C’est la troisième agression visant des personnes juives dans cette ville en un mois. Tandis que l’extrême droite tente de faire oublier qu’elle est historiquement antisémite et que le président du Rassemblement national (RN) Jordan Bardella est adoubé en Israël par le gouvernement israélien qui massacre à Gaza, des pans entiers de la gauche sont suspectés de laisser passer, d’ignorer, voire de promouvoir des références ou des raccourcis antisémites. Et de laisser la porte ouverte à l’antisémitisme, au nom de l’antisionisme. Les juifs et juives de France sont-ils en danger ? La gauche, récemment bousculée par la caricature antisémite de Cyril Hanouna conçue par La France insoumise (LFI), en fait-elle assez ? Comment se sortir d’un piège infernal qui conduit à légitimer l’extrême droite, historiquement antisémite, comme défenseuse des juifs ? Dans cette émission, nous réunissons trois personnalités françaises, juives et de gauche. Nos invité·es : - Sylvain Cypel, journaliste à Orient XXI, ancien membre de la rédaction en chef du Monde et directeur de la rédaction de Courrier international. Il a publié plusieurs ouvrages sur Israël, dont Les Emmurés. La société israélienne dans l’impasse (éd. La Découverte, 2006) et L’État d’Israël contre les Juifs (éd. La Découverte, 2020) ;- Blanche Sabbah, illustratrice et autrice (@lanuitremue sur instagram), et militante féministe. Elle a notamment publié deux tomes de Mythes et meufs (éd. Dargaud, 2022 et 2023) et une Histoire de France au féminin (éd. Casterman, 2023) ;- Valérie Zenatti, autrice de Jacob, Jacob (éd. de l’Olivier), prix du Livre Inter 2014, et de Quand j’étais soldate (École des loisirs, 2002), un livre sur sa conscription dans l’armée israélienne au moment de la première Intifada. Elle a traduit de nombreux ouvrages en français, dont ceux de l’écrivain israélien Aharon Appelfeld.
Une semaine après la condamnation de Marine Le Pen, pour détournements de fonds, à quatre ans de prison dont deux ferme, on ne le rappellera jamais assez, le fond de l’air reste étouffant. Le parti d’extrême droite soutenu par Donald Trump continue de crier à la chasse aux sorcières, amplifié par certains médias, dont ceux de Bolloré. Après une manifestation de LFI et des écologistes dimanche dernier, une mobilisation de la société civile est annoncée samedi 12 avril à l’appel de nombreuses organisations (CGT, Ligue des droits de l’homme, SOS Racisme, Amnesty International etc.) et d’autres organisations « pour la défense de l’État de droit ». Un État de droit que certains au sein même du gouvernement veulent remettre en cause. Tandis que les partis de gauche, eux, semblent assez accaparés par leurs congrès et/ou l’élection présidentielle à venir. Face au fascisme, ses slogans, et sa tentation dans un monde déréglé, comment organiser le sursaut démocratique et politique, tant qu’il est encore temps ? Cette émission a été diffusée le mardi 8 avril. Nos invité•es : - Adel Amara, éducateur, ancien candidat NFP-LFI à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne)- Inès Bernard, déléguée générale d’Anticor- Olivier Besancenot, porte-parole du NPA, ancien candidat à l’élection présidentielle, auteur de En finir avec les présidents (éd. Seuil)- Sébastien Peytavie, député écologiste de Dordogne, secrétaire de l’Assemblée nationale- Nathalie Tehio, présidente de la Ligue des droits de l’homme
Depuis que, lundi 31 mars, le tribunal de Paris a décidé une inéligibilité pour cinq ans de Marine Le Pen, le Rassemblement national (RN) et ses allié·es politiques et médiatiques ont sorti l’artillerie lourde. « Tyrannie des juges », « régime autoritaire », « État de droit violé », dénonciation du « système » : les mots employés sont ceux de l’extrême droite populiste internationale, de Trump à Bolsonaro, au mépris total des faits et de la réalité. Alors que le RN appelle à une mobilisation à Paris, dimanche 6 avril, en soutien de Marine Le Pen, les médias d’extrême droite de Bolloré, de CNews à Europe 1, amplifient ces discours. Mais d’autres médias relaient aussi plus ou moins l’idée, fausse, d’un procès politique. Et une large partie du champ politique, à droite surtout, parfois à gauche, met aussi en doute cette décision — Marine Le Pen ayant fait appel, elle est à nouveau présumée innocente. Une émission préparée par Mathieu Magnaudeix, Marine Turchi et Michaël Hajdenberg, présentée par Mathieu Magnaudeix, et diffusée le jeudi 3 avril. Avec : - Marine Turchi, journaliste au pôle enquêtes de Mediapart, coautrice des enquêtes sur les assistant·es parlementaires du RN au Parlement européen ;- Michaël Hajdenberg, coresponsable du pôle enquêtes de Mediapart ;- Vincent Martigny, chercheur associé au Cevipof, professeur en science politique à l’université Côte-d’Azur et à l’École polytechnique. Il vient de coordonner le livre collectif Les Temps nouveaux. En finir avec la nostalgie des Trente Glorieuses (Seuil, 2025) ;- Pierre Lefébure, maître de conférences en science politique à l’université Paris 13, spécialiste des médias et de la communication politique.
Pour la première fois, cinq femmes racontent comment l’industrie pornographique les a broyées. Parmi des dizaines d’autres, elles sont plaignantes dans les deux plus grands scandales du porno français, les affaires dites French Bukkake et Jacquie et Michel. Mise en garde Cette émission fait état de violences sexuelles.
Que signifie dire haut et fort ce qu’on a subi ? Et comment fait-on quand celui qu’on accuse s’appelle Gérard Depardieu ? Combien coûte cette parole dans l’espace public ? En temps, en argent, en santé mentale ? Comment le monde judiciaire la reçoit-il ? La société ? Le monde du cinéma ? Dans cette émission spéciale, Mediapart donne la parole à neuf femmes réunies sur notre plateau et deux autres que nous avons rencontrées chez elles. Certaines témoignent pour la première fois en leur nom et à visage découvert. Leur point commun est d’avoir, chacune, accusé Gérard Depardieu de comportements problématiques : des propos injurieux ou sexuels, des agressions sexuelles, des viols. L’acteur les conteste tous et est présumé innocent pour les faits qui sont judiciarisés. Au terme d’un procès mouvementé pour agressions sexuelles dans l’affaire du tournage du film Les Volets verts, durant lequel les avocates des plaignantes, Carine Durrieu-Diebolt et Claude Vincent, ont bataillé face à la virulence de Jérémie Assous, conseil de Gérard Depardieu, le parquet de Paris a requis jeudi 27 mars dix-huit mois de prison avec sursis et une obligation de soins psychologiques contre le comédien. Avec : - Charlotte Arnould, actrice ;- Ruth Baza, journaliste ; - Sarah Brooks, actrice ;- Marie Dalibon, journaliste ;- Nathalie Dorval, ancienne actrice ; - Aurélie Dauchez, responsable commerciale ;- Adèle Esposito, directrice de casting ;- Léa*, assistante à la réalisation ; - Lucile Leidier, ancienne costumière ;- Amélie Morel, décoratrice ensemblière ;- Sarah*, ancienne assistante à la réalisation.Une émission enregistrée jeudi 27 mars après la fin du procès et préparée et présentée par Valentine Oberti et Marine Turchi.
Marine Le Pen est jugée coupable de détournement de fonds publics dans l’affaire des emplois fictifs du Rassemblement national (RN) au Parlement européen. La députée d’extrême droite du Pas-de-Calais a été condamnée, lundi 31 mars, à quatre ans d’emprisonnement, dont deux ans ferme, aménageables avec un bracelet électronique, et à 100 000 euros d’amende. Mais surtout, l’ancienne présidente du RN est déclarée immédiatement inéligible, et pour une durée de cinq ans. Marine Le Pen a l’intention de faire appel, a annoncé son avocat. Mais ses chances de se présenter à l’élection présidentielle sont désormais compromises. Cette décision majeure bouscule le paysage politique français. Elle intervient quelques jours à peine après le réquisitoire du Parquet national financier (PNF) qui a demandé sept ans de prison contre Nicolas Sarkozy pour « corruption, association de malfaiteurs, recel de détournement de fonds publics et financement illicite de campagne électorale » dans l’affaire du financement libyen de sa campagne de 2007. Dans les prochaines heures et les prochains jours, vous allez entendre une avalanche de réactions, d’arguments, mais aussi de dénégations et de mensonges sur ces deux affaires. Dans « À l’air libre », retour sur les faits, sur ces deux affaires, sur ces procès, et ce que dit la loi. Une émission enregistrée lundi 31 mars, avant l’intervention de Marine Le Pen sur TF1.
Mercredi 26 mars, l’émission quotidienne de Cyril Hanouna, diffusée depuis trois semaines en webtélé, va s’arrêter. Une émission longtemps diffusée sur la chaîne C8, où la violence et l’humiliation sont promues, depuis des années, à l’antenne et hors antenne. De même que les idées d’extrême droite, qui y sont très largement représentées. Hanouna, C8… Ce n’est pourtant que la partie émergée de l’empire économique et médiatique du milliardaire Vincent Bolloré. Loin de l’image sympathique de l’industriel breton, c’est un financier qui a construit sa fortune sur des opérations boursières brutales et constitué un empire dans les ports, le ferroviaire, l’huile de palme et les caoutchoucs en Afrique. Un milliardaire désormais à la tête d’un empire des médias et de l’édition (Europe 1, CNews, Le Journal du dimanche, Hachette, etc.), dont le projet réactionnaire est clair et que de nombreux activistes, journalistes et voix de la société civile appellent à « stopper », à « désarmer » ou à « déborder ». Dans « À l’air libre », enquête sur un monde de brutes combinant violence économique et sociale, mais aussi humaine et idéologique. Avec : - Yunnes Abzouz, journaliste médias à Mediapart ;- Soazic Courbet, libraire indépendante à Lille, responsable de la librairie L’Affranchie et du podcast du même nom, engagée dans le collectif d’éditeurs et d’éditrices indépendant·es Déborder Bolloré ;- Olivier Petitjean, journaliste, cofondateur de l’Observatoire des multinationales et auteur d’un rapport à paraître, en avril, sur le « vrai visage » de Bolloré et de son groupe ; - David Perrotin, journaliste au pôle enquêtes de Mediapart.Une émission préparée et présentée par Mathieu Magnaudeix.
Alors que Vladimir Poutine et Donald Trump discutent d’un éventuel cessez-le-feu en Ukraine, et que l’Union européenne se réarme, craignant d’être militairement lâchée par les États-Unis de plus en plus alignés sur Moscou, « À l’air libre » prend un peu de hauteur pour s’interroger sur ce que veut vraiment le président russe. Trois ans après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui aurait fait à ce stade selon le Wall Street Journal 80 000 morts ukrainiens et 200 000 morts russes, Vladimir Poutine souhaite-t-il vraiment la « paix » avec l’Ukraine, et de quelle paix s’agit-il ? Quelle est sa vision de la Russie dans le monde et des relations internationales ? L’Europe doit-elle se sentir menacée par ce qui serait un nouvel impérialisme russe ? Comment définir le projet politique du régime russe, qui a fait de la dénonciation de l’Occident un de ses piliers et se retrouve aujourd’hui en tête-à-tête avec le président états-unien pour discuter de l’Ukraine ? Bref, Poutine a-t-il un plan pour l’Ukraine et l’Europe, et si oui lequel ? Réponse dans cette émission avec : - Maxime Audinet, chercheur à l’RSEM, enseignant à l’université Paris-Nanterre, membre du collectif de recherche Coruscant, auteur de Russia Today (RT). Un média d’influence au service de l’État russe (éditions de l’INA, 2021) ;- Marlène Laruelle, historienne et politiste, professeure en affaires internationales et science politique à l’université George-Washington, ancienne chercheuse à l’Institut français des relations internationales, autrice d’Ideology and Meaning-Making Under the Putin Regime (Stanford University Press, 2025), un livre sur l’idéologie du régime russe paru aux États-Unis, pour l’instant non traduit en France.Une émission préparée et présentée par Mathieu Magnaudeix.
« À l'école, je n’ai pas assez bien appris le sujet. » Voilà comment Thomas Sotto, présentateur de la matinale de RTL, a justifié sa surprise lorsque le journaliste Jean-Michel Aphatie a évoqué les « massacres » de la colonisation française en Algérie, suscitant une intense campagne de haine et des commentaires nostalgiques ou racistes dans les médias d’extrême droite. Cette polémique est un révélateur. Beaucoup de Françaises et de Français ne connaissent pas forcément la litanie de razzias et de massacres qui ont accompagné la conquête de l’Algérie à partir de 1830. Et ce paradoxe : nombre de généraux et de militaires qui ont mené ces opérations ont aujourd’hui encore des avenues et des statues à leur nom dans certaines villes françaises. Auteur d’un livre-somme sur le sujet, La Première guerre d’Algérie. Une histoire de conquête et de résistance, 1830-1852 (éd. La Découverte), l’historien Alain Ruscio revient sur la brutalité de cette colonisation. Et nous raconte en détail ce que certains ne veulent surtout pas que vous sachiez. Une émission préparée et présentée par Mathieu Magnaudeix.
Alors que Donald Trump tourne le dos à l’Ukraine et désavoue l’Otan, sommes-nous en train de vivre une grande bascule géopolitique ? Face à l’unilatéralisme américain et à la volonté russe d’affaiblir l’Europe, l’Union européenne se retrouve-t-elle seule ? Doit-elle soutenir encore plus l’Ukraine, se réarmer, et si oui avec quelle ampleur et quels moyens ? Peut-elle tourner le dos aux équipements militaires américains ? Comment financer cet effort, alors que le gouvernement exclut déjà de taxer les plus riches ? Va-t-on envoyer des troupes françaises au sol en Ukraine pour garantir un éventuel cessez-le-feu ? Aurélien Saintoul (La France insoumise) et Anna Pic (Parti socialiste) ont été élu·es dans la même alliance électorale il y a moins d’un an, mais sur nombre de ces sujets, les deux députés, membres de la commission de la défense de l’Assemblée nationale, divergent largement. Une émission préparée par Fabien Escalona et Mathieu Magnaudeix, présentée par Mathieu Magnaudeix. Nos invité·es : Aurélien Saintoul, député LFI des Hauts-de-Seine ; Anna Pic, députée PS de la Manche.
« Riposte graduée », « humiliation », « rapport de force » : Bruno Retailleau fait monter la tension envers l’Algérie, dont le pouvoir ne cesse de se raidir. Quelles sont les vraies raisons de cette escalade ? Peut-on en sortir, et comment ? Nos invité·es : Nejma Brahim, journaliste à Mediapart ; Adlene Mohammedi, chercheur et enseignant en géopolitique ; Nadia Henni-Moulaï, journaliste, autrice de "Un rêve, deux rives" (éd. Slatkine Et Cie) ; Akram Belkaïd, journaliste, rédacteur en chef du Monde diplomatique, auteur de "L’Algérie en 100 questions. Un pays empêché" (éd. Tallandier) ; Mathieu Belezi, écrivain, auteur d’"Attaquer la terre et le soleil", prix du livre Inter 2022 (éd. Le Tripode), et plus récemment de "Moi, le glorieux" (même éditeur).
Après le clash historique à la Maison-Blanche, vendredi dernier devant les caméras du monde entier, Donald Trump vient de suspendre l’aide militaire à l’Ukraine pour forcer son président à signer rapidement un cessez-le-feu qu’il ne lui sera pas possible de négocier. L’Ukraine et son président humiliés : la politique américaine « coïncide largement » avec les objectifs russes, salue le Kremlin. Sous nos yeux, l’histoire s’accélère, trois ans après l’invasion russe en Ukraine, et après des décennies durant lesquelles les États-Unis ont servi de parapluie militaire à l’Europe. L’Union européenne se mobilise dans la panique. Elle souhaite épauler l’Ukraine face à la Russie, lui garantir un peu de sécurité face à Moscou en cas de cessez-le-feu, et, si elle le peut, peser sur les négociations. A-t-elle les moyens de ses ambitions ? Que peut-elle imposer ? Peut-elle se passer militairement des États-Unis ? Entrons-nous en Europe et en France dans une « économie de guerre » qui accentuera l’austérité ? Que veulent vraiment Trump et ses soutiens ? Quel sort pour l’Ukraine ? Une émission préparée et présentée par Mathieu Magnaudeix Nos invité·es : - Fabien Escalona, journaliste à Mediapart, co-animateur de l’émission « Retex » ;- Pierre Haroche, professeur de politique européenne et internationale à l’Université catholique de Lille, auteur de Dans la forge du monde. Comment le choc des puissances façonne l’Europe (Fayard) ;- Régis Genté, journaliste, auteur de Notre homme à Washington, Trump dans la main des Russes (Grasset) ;- Anna Colin Lebedev, maîtresse de conférences à l’université Paris-Nanterre, autrice de Jamais frères ? Ukraine et Russie, une tragédie postsoviétique (Seuil).
Les milliardaires français vont-ils se voir imposer de participer davantage à l’effort de solidarité collective ? Spécialiste des questions fiscales, l’économiste Gabriel Zucman, professeur à l’École normale supérieure, est à l’initiative d’une proposition de loi écologiste adoptée à l’Assemblée nationale le 20 février, qui vise à instaurer un impôt minimum de 2 % sur les hauts patrimoines dont la valeur est supérieure à 100 millions d’euros. Selon l’économiste, la France est devenue un eldorado fiscal pour les milliardaires qui paient moitié moins d’impôts que le reste de la population. Alors que dans le même temps, les recettes fiscales viennent à manquer pour équilibrer les comptes publics... D’où la nécessité impérieuse, selon lui, de taxer les ultrariches. Une émission préparée et présentée par Mathias Thépot.
Le premier ministre, François Bayrou, dénonce une « mécanique du scandale » à propos des révélations successives de Mediapart sur l’affaire de Bétharram, ce collège-lycée catholique proche de la ville de Pau, dont il est maire, où pendant des décennies, les violences physiques et sexuelles ont été érigées en système. François Bayrou dit avoir tout ignoré. En réalité, depuis le milieu des années 1990 au moins, il ne pouvait pas ne pas savoir ce qui se passait dans cet établissement où il a scolarisé certains de ses enfants et où son épouse enseignait le catéchisme. François Bayrou savait et il a menti, y compris devant les député·es. N’est-ce pas à une mécanique du silence qu’il a contribué ? Mardi 25 février, « À l’air libre », l’émission de Mediapart, revient sur cette affaire, sans doute la plus grande histoire de violences connue à ce jour dans l’éducation en France, qui dépasse la seule personne du premier ministre. Car Bétharram, c’est surtout le récit d’un océan de violences pendant des décennies. De vies brisées. Le symbole d’une société qui a longtemps méprisé la voix des enfants. Et un cas typique de blanc-seing accordé par les autorités à une institution catholique privée, qui n’a jamais été contrôlée malgré les alertes, et où le pire était quotidien. Avec : - Antton Rouget, journaliste au pôle enquête de Mediapart ;- David Perrotin, journaliste au pôle enquête de Mediapart ;- Némès Ehongo-Grasset, élève de Bétharram entre 1986 et 1992.
Ce n’est pas une surprise, mais ça sidère quand même. En moins d’un mois, Donald Trump, épaulé par l’homme le plus riche du monde, Elon Musk, a pris toutes sortes de décrets, de décisions et de positions qui commencent à changer les États-Unis. Licenciements massifs de fonctionnaires, purges, mesures discriminatoires et transphobes, attaques contre les scientifiques : « un coup d’État » en direct, selon de nombreux observateurs. Et dans le monde, un chaos annoncé, de Gaza à l’Ukraine, tandis qu’Elon Musk utilise son réseau social X pour doper l’extrême droite en Europe. Face à cette avalanche, nous pouvons être tétanisés. Mais que faire de cette sidération ? Comment la transformer en action ? Comment dire non à ce monde orwellien qui s’annonce ? Face à ce chaos, pourquoi les gauches françaises apparaissent-elles si désemparées et divisées, ballottées par un contexte médiatique de plus en plus concentré et hostile ? Ont-elles encore quelque chose à proposer ? Quelles politiques, quels imaginaires doivent-elles défendre ? Peut-être faut-il, déjà, commencer par comprendre ce qui se joue. Une émission en direct préparée par Imen Mellaz et Mathieu Magnaudeix, et présentée par Mathieu Magnaudeix. Nos invité·es : - Ludivine Bantigny, historienne, autrice de Battre l’extrême droite (éd. du Croquant) ;- François Bougon, journaliste à Mediapart ;- Léa Chamboncel, journaliste, autrice d’Au revoir Simone (éd. Belfond) ;- Arthur Delaporte, député socialiste du Calvados ;- Romaric Godin, journaliste à Mediapart ;- Laëtitia Hamot, maire de La Crèche (Deux-Sèvres), membre du réseau Actions Communes ;- Sarah Legrain, députée insoumise de Paris ;- Sylvie Laurent, historienne, autrice de Capital et Race (éd. Seuil) ;- Michèle Riot-Sarcey, historienne, autrice de Mais où est passée l’émancipation ? (éd. du Détour) ;- Nedjib Sidi Moussa, politiste, auteur de Le Remplaçant (éd. L’échappée) ;- Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes ;- Félix Tréguer, chercheur associé au CNRS, Technopolice (éd. Divergences).
Dans certains médias, sur les chaînes d’info, Grigny, 27 000 habitant·es dans l’Essonne et ville la plus pauvre de France métropolitaine, est la « cité qui fait peur ». L’exemple même du « ghetto » où régneraient le « séparatisme » et l’« ensauvagement », des mots martelés à longueur de journée pour décrire les quartiers populaires. Dans leur livre-événement, Grands ensemble. Violence, solidarité et ressentiment dans les quartiers populaires (éd. La Découverte), les sociologues Fabien Truong et Gérôme Truc questionnent ces idées reçues. « Parler de Grigny, c’est parler de la France en général », disent-ils. Arrivés en 2015 dans la ville d’où est originaire Amedy Coulibaly, le terroriste de l’Hyper Cacher, ils ont d’abord documenté la mobilisation, réelle, de la population de la ville, contre les attentats et contre la stigmatisation médiatique. Puis ils ont poursuivi leur enquête, en s’intéressant aux violences qui traversent la ville. Celles dont on parle dans les médias, la violence des faits divers liés aux trafics et aux règlements de compte. Mais aussi celle dont on parle beaucoup moins : le « ressentiment » lié au fait d’être traités comme des citoyens de seconde zone par les « raids policiers », les médias et les politiques ; les violences économiques au sein d’une ville pauvre où vivent beaucoup de travailleuses et travailleurs essentiels ; les violences intimes ; les violences de genre, etc. Mardi 28 janvier, les deux auteurs ont lancé leur livre à Grigny. Mediapart était là pour animer la soirée et capter les échanges entre les sociologues, des témoins cités dans le livre, et des habitant·es de Grigny. « Ce sont les premiers qui écrivent ce que nous sommes vraiment […]. Sans cacher nos peurs, nos difficultés, les violences que l’on traverse », dit Philippe Rio, le maire de Grigny. Il faut écouter ces discussions durant lesquelles s’exprime une parole trop souvent tue : celle d’une ville qui concentre les difficultés, mais où l’on vit aussi le mieux qu’on peut, en cultivant la solidarité. Une émission préparée et présentée par Mathieu Magnaudeix. Avec (certain·es habitant·es ont souhaité apparaître avec leur seul prénom) : Fabien Truong, sociologue, coauteur de Grands ensemble (éd. La Découverte) ; Gérôme Truc, sociologue, coauteur de Grands ensemble (éd. La Découverte) ; Philippe Rio, maire PCF de Grigny ; Souleymane Hissourou, président d’Élan citoyen ; Orkia Benaissa, animatrice socio-culturelle ; Yveline Le Briand, élue, enseignante à la retraite ; Khadija Ouhdi, enseignante ; Cheik Sidibe, étudiant ; Jean Art, animateur culturel ; Raymonde, habitante, ancienne élue ; Habiba, présidente de l’association Saberines ; Jayanthi, enseignante.
Dans cette nouvelle ère politique où la confusion et l’extrême droite marquent des points, le climat n’est plus seulement une affaire de polémiques : il devient un objet de bataille culturelle. Aux Etats Unis, Donald Trump a fait de l’écologie une ennemie, une menace pour l’économie, le bouc émissaire parfait pour justifier sa politique de dérégulation totale. Mais en Europe aussi, l’écologie est de plus en plus décrite comme uniquement « idéologique », et « punitive» ; la droite et l’extrême droite du Parlement européen s’échinent à démanteler les politiques pour le climat ; et les scientifiques spécialistes du climat ou de la biodiversité sont attaqués pour leurs études. Comment et par qui ce grand déni est-il organisé ? Comment se protéger contre cette grande désinformation sur le climat et la biodiversité ? Une émission préparée par Lucie Delaporte et Mathieu Magnaudeix, et présentée par Mathieu Magnaudeix. Nos invité.es : Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue, chercheuse au Laboratoire des SCE du Commissariat à l’énergie atomique, ex coprésidente du groupe n°1 du GIEC ; Stéphane Foucart, journaliste au Monde, co-auteur avec Stéphane Horel et Sylvain Laurens du livre Les gardiens de la raison (éd. La Découverte) ; Camille Parmesan, écologue, directrice de recherche de la Station d'écologie expérimentale et théorique (SETE) du CNRS à Moulis ; Lucie Delaporte, journaliste au pôle écologie de Mediapart
Qu'il parle de la mainmise de la mafia en Italie, du crime organisé ou du narcotrafic, des adjectifs venimeux utilisés par l’extrême droite et nombre de responsables politiques pour diviser et pointer du doigt les personnes étrangères et les réfugié·es, l’écrivain italien Roberto Saviano le fait toujours avec des mots percutants. C’est le cas aussi dans son dernier livre, Giovanni Falcone (Gallimard), sur ce juge italien assassiné en 1992 par la mafia sicilienne, et dans Crie-le !, un ouvrage de 2013 qui ces jours-ci reparaît en poche, où il insiste sur la nécessité de ne pas rester sidérés face au fascisme. Dans notre émission, Saviano, qui vit depuis vingt ans sous protection policière, explique l’emprise du trafic de drogues en Europe et en France, la façon dont le capitalisme contemporain est « imbibé » par les mafias, l’aveuglement de l’opinion et des élu·es face au poids des organisations criminelles, et le risque, qu’il juge très élevé, de l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite en France. Il donne aussi des conseils pour lutter avec lucidité contre la peur et la résignation. Une émission préparée par Adèle Humbert et Mathieu Magnaudeix, et présentée par Mathieu Magnaudeix.
« La parole des victimes est méprisée » ; « Les monstres, ça n’existe pas » : le 4 novembre 2019, Adèle Haenel prenait la parole sur Mediapart pour faire état de violences sexuelles subies entre ses 12 ans et ses 15 ans. La force de ses mots sur la justice ou le silence des familles face aux violences sexuelles a provoqué un séisme dans le cinéma et dans toute la société. Au-delà de son cas personnel, Adèle Haenel racontait le long cheminement du silence à la parole. Elle incitait la justice, les familles, la société à prendre conscience de l’ampleur des violences sexuelles sur les femmes, les garçons, les enfants. Elle nous incitait à questionner cet insupportable silence qui pèse et qui détruit. Lundi 3 février, le tribunal de Paris a condamné le réalisateur Christophe Ruggia à quatre ans d’emprisonnement, dont deux ans ferme sous bracelet électronique, pour violences sexuelles sur mineure de 15 ans. Il a annoncé son intention de faire appel. Après cette décision, la comédienne Adèle Haenel, qui a depuis tourné le dos au cinéma, a accepté notre invitation. Pour boucler une boucle et nous dire ce qui la traverse aujourd’hui. Une émission présentée par Mathieu Magnaudeix et préparée avec Marine Turchi. Avec : Adèle Haenel, comédienne ; Marine Turchi, journaliste à Mediapart, autrice des enquêtes sur l’affaire Ruggia.
C’est la semaine de tous les naufrages. Tandis que François Bayrou se no ie dans le vocabulaire de l’extrême droite et que son ministre de l’intérieur ne parle que d’immigration, un autre naufrage se produit en Ille-et-Vilaine, avec une crue inédite depuis quarante ans, signe supplémentaire des dérèglements liés au changement climatique, un sujet qui semble oublié par le gouvernement. Pendant ce temps, une partie du Parti socialiste cherche des victoires pour éviter de voter la censure d’un budget très austéritaire. La France insoumise dénonce ces compromis et va déposer au début de la semaine une motion de censure qui sera votée par les écologistes. Le Rassemblement national (RN) menace lui aussi de voter la censure, et se replace tranquillement dans sa posture favorite : celle de l’opposant numéro 1. Dans une situation politique saturée de déclarations politiques et de détails budgétaires complexes, Bayrou sera-t-il submergé la semaine prochaine par la censure ? À quoi jouent le gouvernement, le RN et les différents partis de gauche ? S’il n’y a pas de budget, est-ce vraiment la catastrophe financière annoncée ? Et surtout, pourquoi s'obstiner à faire de l’austérité alors que les défis climatiques exigent des investissements massifs en faveur de la transition écologique ? Nos invité·es : Ilyes Ramdani, journaliste du pôle politique de Mediapart ; Jade Lindgaard, responsable du pôle écologie de Mediapart ; Mathias Thépot, journaliste au pôle économie de Mediapart.
À peine revenu à la Maison-Blanche, Donald Trump a dit ne pas être « confiant » dans le fait que le cessez-le-feu à Gaza dure, tout en commençant à échafauder des plans pour la reconstruction du territoire dévasté par quinze mois de bombardements intensifs par l’armée israélienne, qui ont fait des dizaines de milliers de victimes. Dimanche 19 janvier, dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu finalement accepté par Israël, les libérations d’otages israélien·nes et de prisonniers et prisonnières palestinien·nes ont commencé. Le début d’un long processus, chaotique et risqué. Les frappes d’Israël à Gaza se sont momentanément arrêtées, mais pour combien de temps ? Alors que l’aide humanitaire entre à nouveau dans l’enclave, quel avenir pour les Gazaoui·es, les habitant·es de Cisjordanie et la Palestine ? Tandis que de grandes ONG dénoncent un génocide, le temps de la justice est-il venu ? Et que veut vraiment Benyamin Nétanyahou, dont le grand ami Donald Trump est de retour aux affaires ? Avec : Ahmed Benchemsi, porte-parole de Human Rights Watch pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord ; Amélie Férey, responsable du laboratoire de recherche sur la défense à l’Institut français des relations internationales, chroniqueuse à Mediapart ; Karim Kattan, écrivain, auteur de L’Éden à l’aube (éd. Elyzad, 2024) ; Insaf Rezagui, docteure en science politique, chercheuse associée à l’Institut français du Proche-Orient, membre du comité éditorial de Yaani.
Avec son dernier roman L’Effondrement, un livre sur la tragédie de son frère mort à 38 ans, Édouard Louis clôt le cycle familial débuté il y a dix ans par En finir avec Eddy Bellegueule. Dans ses livres sur son père, sur sa mère, sur la violence, l’auteur a exploré pendant ces années le poids des déterminismes sociaux, la façon dont ils s’inscrivent dans les corps, pèsent sur les vies, les limitent ou les détruisent… Son œuvre est aussi traversée d’un questionnement permanent sur la masculinité. Une question devenue centrale ces dernières années depuis #MeToo, et interrogée dès lors de toute part, parfois, sans doute pas assez, par les hommes eux-mêmes. La masculinité est devenue un enjeu politique, érigée en bastion à défendre par la droite et l’extrême droite du monde entier. Homophobie, violences sexuelles, procès de Mazan, Donald Trump et les horizons ouverts par les nouvelles voix trans de la littérature : voici quelques-uns des thèmes évoqués dans ce grand entretien avec Édouard Louis.
Des plateaux télé où la « saga familiale » des Le Pen a supplanté l’analyse ; des euphémismes qualifiant de « provocations » ou de « dérapages » des décennies de déclarations antisémites, racistes et homophobes, condamnées vingt-cinq fois par la justice ; des magazines célébrant un « tribun » en oubliant son rôle central dans la diffusion des idées d’extrême droite et son passé de tortionnaire en Algérie… Depuis la mort de Jean-Marie Le Pen, le 7 janvier, la réalité des discours et de l’héritage Le Pen a été trop souvent édulcorée. Alors qu’une célébration religieuse a lieu jeudi 16 janvier à Paris, où devraient se croiser les constellations de l'extrême droite française, retour dans « À l’air libre » sur la vie d’un homme dont la haine « était [le] métier », comme l’a justement rappelé à sa une le quotidien L’Humanité. Une émission préparée et présentée par Mathieu Magnaudeix. Nos invité·es : Marine Turchi, journaliste au pôle enquête de Mediapart, coautrice avec Mathias Destal de Marine est au courant de tout, un livre sur l’argent secret, les financements et les hommes de l’ombre du Front national (Flammarion, 2017) ; Florence Beaugé, journaliste qui a révélé dans Le Monde en 2002 la torture du bataillon du lieutenant Le Pen en Algérie. Autrice de Algérie, une guerre sans gloire (Le Passager clandestin, à paraître le 7 mars) ; Raphaël Tresanini, coréalisateur avec Jean-Pierre Canet du documentaire Jean-Marie Le Pen : à l’extrême (à voir en replay sur France Télévisions).
À partir de janvier 2015, il y a dix ans, la France a été endeuillée par une longue liste d’attentats islamistes : Charlie Hebdo, Hyper Cacher, attentats de novembre 2015 à Paris, attentat de Nice en 2016, assassinats des professeurs Samuel Paty en 2020 et Dominique Bernard en 2023... Une série meurtrière qui avait en réalité débuté dès 2012, avec la tuerie antisémite de Mohammed Merah à Toulouse. Cette année 2025 sera celle de nombreuses célébrations de la mémoire des victimes. L’occasion de se demander comment ces attentats ont changé la société française mais aussi les discours médiatiques et l’atmosphère politique en France, en faisant naître de nouveaux clivages, qui peuvent paraître aujourd’hui plus grands que jamais. Une émission préparée et présentée par Mathieu Magnaudeix. Nos invité·es : - Matthieu Suc, journaliste à Mediapart ; - Magali Lafourcade, magistrate, secrétaire générale de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) ; - Arthur Dénouveaux, président de l’association Life for Paris ; - Daniel Schneidermann, journaliste, auteur de Le charlisme raconté à ceux qui ont jadis aimé Charlie (Le Seuil).
Le procès historique du financement libyen de Nicolas Sarkozy s’est ouvert hier lundi 6 janvier. À cette occasion, Mediapart, qui a révélé cette affaire en 2011, a produit un film pour tout vous expliquer. Une histoire finalement assez simple, malgré son foisonnement, ses multiples rebondissements et personnages : « Les juges disent qu’il y a eu un pacte de corruption présumé qui s’est noué, entre 2005 et 2007, entre le cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l’intérieur et la dictature libyenne de Mouammar Kadhafi », résume Fabrice Arfi. Son titre : Personne n’y comprend rien, allusion ironique à une phrase de Nicolas Sarkozy qui, pendant plus d’une décennie, au fur et à mesure de nos révélations, a nié et crié à la machination. Ce film-événement, financé par des milliers de donateurs et donatrices, sort en salles mercredi 8 janvier, avec des projections-débats partout en France. Pourquoi faire un film sur cette affaire ? Pourquoi cette enquête hors norme est-elle importante ? Que dit-elle de notre démocratie ? Une émission présentée par Mathieu Magnaudeix. Nos invité·es : Fabrice Arfi, coresponsable du pôle Enquêtes de Mediapart ; Karl Laske, journaliste à Mediapart ; Yannick Kergoat, réalisateur.
Donald Trump revient à la Maison-Blanche le 20 janvier 2025. Un président suprémaciste, masculiniste, d’extrême droite, qui nie le changement climatique. Et qui a fait de la désinformation, de la violence du langage et des mensonges, son carburant politique. Dans ses bagages : le libertarien Elon Musk, patron de X, des satellites Starlink et de Tesla… l’homme le plus riche du monde et de l’histoire, qui a fait campagne pour Trump, y compris sur son réseau social. Cette élection américaine a relancé la discussion mondiale sur la façon dont nous sommes informés ou manipulés, à l’heure de la toute-puissance des réseaux sociaux et de leurs algorithmes. Tandis que la fatigue informationnelle nous gagne, face à l’immédiateté, la difficulté de distinguer le faux du vrai et l’extrême droitisation des réseaux sociaux et des médias doit nous interroger. Dans ce contexte chaotique, comment résister ? Comment lutter contre l’extrême droitisation, mais aussi la concentration des médias que nous voyons aussi en France ? N’est-il pas temps de quitter le dépotoir informationnel qu’est devenu X ? Carine Fouteau, présidente de Mediapart explique pourquoi notre journal quittera le réseau social le 20 janvier.Une émission préparée et présentée par Mathieu Magnaudeix le 17 décembre 2024. Nos invité·es : Carine Fouteau, présidente de Mediapart ; Paloma Moritz, journaliste et réalisatrice, directrice du pôle écologie de Blast ; David Chavalarias, mathématicien, directeur de recherche au CNRS, auteur de « Toxic Data. Comment les réseaux manipulent nos opinions » (éd. Flammarion), et initiateur de HelloQuitteX, un appel à quitter en masse le réseau social X le 20 janvier ; Asma Mhalla, politiste, chercheuse au Laboratoire d’anthropologie de l’Ecole des Hautes études en sciences sociales, autrice de « Technopolitique. Comment la technologie fait de nous des soldats » (éd. Seuil)










