Histoires vraies et fictions folles, témoignages intimes et récits de soi comme autant de moments émouvants... Qui peut résister à une bonne histoire ? Dans Profils, le réel côtoie la fiction. Chaque épisode est une immersion unique dans une histoire vraie ou une fiction : des récits de vie rares, des moments forts, des histoires intimes et des fictions plus folles que la réalité. De la naissance à la mort en passant par l’amour, la maternité, la drogue, la dépression, le deuil, ou le racisme, tout est bon pour explorer nos vies. Que vous soyez accros aux témoignages, aux récits, aux faits divers, aux crimes, aux questions de société, aux histoires de migration ou d’amitié, ce podcast sera votre nouvelle addiction (ou votre péché mignon). Plongez donc dans l’ordinaire et l’extraordinaire pour y trouver l'écho des expériences qui tissent le monde que l'on habite. Tendez l'oreille à des récits de sororité, de résilience, d’identité, de féminisme, de discrimination ou de parentalité qui pourront vous aider à voir les choses autrement. Profils, c'est surtout la crème du documentaire. Chaque mois vous sont proposés des enquêtes inspirantes et des reportages immersifs qui explorent les vies qu'on mène : l'enfance, l'adolescence, la jeunesse, l’école, la crise, la vieillesse et la mort, les relations entre sœur, frère, père et mère, la vie quotidienne, le deuil périnatal, le couple, la santé mentale, la transmission, le travail, le militantisme, la pauvreté, la religion, la sexualité, la colère ou même le pardon. Profils vous laissera le souffle coupé ou le cœur palpitant, les yeux mouillés ou le sourire aux lèvres. Vous serez pirate, naviguerez sur la mer, retomberez en enfance, ferez de la politique, entendrez des histoires de famille, trouverez un frère ou une sœur, ferez l’expérience du crime et de la prison, irez à la guerre, tomberez amoureux, rencontrerez un vieux sage qui fera votre éducation, serez militant, flic ou avocat, tremperez dans des affaires de trafic, rejoindrez des manifs, serez au cœur des conflits sociaux et plein d’autres choses encore. Toutes les expériences sont à portée de main. Et en plus, c’est gratuit. Plus qu’un simple podcast, Profils est donc une proposition engagée qui invite à la réflexion, pour comprendre et analyser le monde. Ces documentaires offrent un regard nuancé sur les sujets qui fabriquent notre actualité. Mais, comme vous êtes sur ARTE Radio, toutes ces histoires n'empêchent pas de garder le sens de l'humour et de l'autodérision. Vous ressentirez de la tristesse, de l'empathie, de l’indignation, de la joie, et vous ferez même l’expérience de la résilience – oui, parfaitement, la résilience. Alors, que vous soyez en quête d'histoires intimes, personnelles, sensibles ou plutôt de faits divers bizarres, d'expériences limites, d'expérimentations pas toujours légales ou de questions de société, Profils est pour vous. Rejoindre la communauté de Profils, c’est se mettre dans les oreilles le travail des auteurs et autrices de talent et d’une équipe de réalisateurs et réalisatrices de feu. Ce podcast repousse depuis plus de 15 ans les limites du storytelling audio pour vous éblouir avec un sound design de folie, une qualité sonore de compétition et une réalisation aux petits oignons. Le tout pour offrir des contenus à la fois divertissants, cool, malins, émouvants et profonds. Bref, il est temps d’entrer dans le grand bain d’ARTE Radio. Chaque épisode de Profils est soigneusement produit pour offrir une immersion totale. Profils d'ARTE Radio, c’est donc des histoires vraies et des fictions folles, des témoignages intimes et des récits puissants qui captent l'essence de la vie. Et oui, carrément : l'essence de la vie. Ouf, ça y est c’est bon, je crois qu’on a mis tous les mots clefs pour satisfaire les moteurs de recherche et être mieux référencés.
140 épisodes disponibles en MP3 et replay
La maladie d'un père et l'ethnopsychiatrie Gabrielle a toujours eu peur de devenir folle. Une peur sourde mais bel et bien présente. Car son père est fou. Il y a près de trente ans, un soir, il bascule. Il est interné de force. Le diagnostic tombe rapidement : psychose maniaco-dépressive avec délires mystiques. À chaque crise, il se prend pour Dieu, ou sa descendance. Pendant cinq ans, il enchaîne les allers-retours en hôpitaux psychiatriques. Gabrielle, elle, n’a presque aucun souvenir de cette période. Son cerveau a tout effacé. Car, dans sa famille, on n’en parle pas vraiment. On évoque, on élude, on arrange et puis ça finit par ne plus exister. Aujourd’hui, Gabrielle décide de mener l’enquête. Elle pose enfin les questions qu’elle n’a jamais osé poser à ses parents. Elle interroge ses proches et regarde l’histoire sous un nouvel angle : celui de l’ethnopsychiatrie. Est-ce que son père, né à Dakar et arrivé en France à 17 ans, aurait pu être soigné autrement ? Est-ce qu’on soigne la folie de la même manière à Paris qu’à Dakar ? Le marabout est-il l’équivalent du psy occidental ? Que provoquent l’exil et le métissage dans une famille ? Au milieu des questions et hypothèses que son père rejette en bloc, Gabrielle se demande finalement si elle est sur la bonne piste et explore les oublis culturels, les tabous, les silences familiaux. Remerciements : Merci à Francine, Thierno, Maguette et Esther Daubisse. Benjamin, Camille, Edie, Florent, Jade, Juliette, Perrine, Tarik, Thomas et Armel. Enregistrements 2025 Entretien, montage Gabrielle Niang, Florent Maillet Narration Francine, Thierno, Maguette, Esther Daubisse Réalisation et mixage Annabelle Brouard Illustration Clémence Gouy Production ARTE Radio
Quand les nazis spoliaient les objets du quotidien Quand l’historienne Sophie Juliard, qui travaille sur le pillage des ateliers d’artistes sous l’Occupation, la contacte, Adrianna Wallis découvre, quatre-vingts ans après les faits, que sa famille a été spoliée. Elle savait que Diane Esmond, sa grand-mère paternelle, était peintre, mais avait presque oublié qu’elle était juive. Après le départ précipité de celle-ci pour New York, l’appartement parisien qu’elle occupait a été entièrement vidé par l’administration nazie, comme 38 000 autres dans la capitale : les toiles ont disparu, mais aussi le mobilier et jusqu’aux moindres objets du quotidien. Pour Adrianna, elle-même artiste, ce passé familial refoulé résonne étrangement avec son travail, elle qui n’a cessé, sans trop comprendre pourquoi, d’interroger l’absence, le vide laissé par la disparition d’objets chers. En tissant enquête intime, archives et les réflexions du physicien Joël Chevrier, Adrianna Wallis remet en mouvement cette histoire longtemps tue et interroge ce qui se transmet, parfois à notre insu, d’une génération à l'autre. Bibliographie : - Images d'un pillage, de Sarah Gensburger, Editions Textuel, 2010 ; - Des camps dans Paris de Jean-Marc Dreyfus et Sarah Gensburger, Fayard, 2003. Pour aller plus loin : - La performance 11 petites soucoupes, réalisée en 2024, au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme, Paris ; - Conférence Il restera la gravité en 2025, à l'INHA, Paris ; - L’exposition d’Adrianna Wallis et Diane Esmond Il restera la gravité, du 5 mai au 16 juin 2026 à la galerie Anne-Laure Buffard, Paris ; - L’accrochage Itinéraires d’œuvres spoliées – Diane Esmond et Fédor Löwenstein, jusqu'en 2028, au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme, Paris. Remerciements : Sylvie Harburger, Hélène de Gunzbourg, Andrew Strauss, Joël Chevrier, Sophie Juliard, Sarah Gensburger, Margaux Dumas, les Archives nationales, le Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme, Anne Rousseau, Pascale Samuel, Eloïse Duguay, Marie Bastide, Grégoire Meschia, Fabrice Lorendel, Elise Patton, Léonard Ballesteros, Mila Renno Lehr, Alissa Deleverora, Perrine Kervran, Agathe Chion, Marie Dalcol, Camille Bondon, Sarah Deslande, Mathilde Wallis, Clémence Beraud, et le Centre National des Arts Plastiques. Enregistrements mai 2025 Entretien Adrianna Wallis, Eloïse Duguay Montage Adrianna Wallis Réalisation et mixage Charlie Marcelet Illustration Gloria Avril Production ARTE Radio
Quête intime dans une Ukraine en guerre Quand j’étais enfant, j’ai grandi avec Sergueï, un garçon venu d’Ukraine dans le cadre d’un programme humanitaire pour les enfants touchés par Tchernobyl. Pendant dix ans, il a passé toutes ses vacances dans ma famille - devenant ainsi mon frère, mon double, mon allié. En 2004, devenu majeur, Sergueï rentre à Kyiv. On se quitte en se promettant de ne pas s’oublier, mais l'ère numérique étant à ses balbutiements, c'est le silence qui gagne. Plus de lettres, plus de réponses, plus de nouvelles. Les années passent. À distance, je tente de le retrouver en vain. Qui est-il devenu ? Qu'a-t-il gardé de ses années en France ? Pense-t-il encore à nous ? Que reste-t-il du socle commun de notre enfance ? Quelques temps après le début de l’invasion russe en février 2022, je pars en Ukraine, avec l'idée folle de lui mettre la main dessus, et de répondre à toutes mes questions sans réponse. Au fil de l’enquête, construite à partir d’archives VHS, de souvenirs d’enfance et d'un journal de bord enregistré à Kyiv avec les sons du quotidien d’un pays en guerre, des réponses émergent quand d’autres restent en suspens. Le tout forme le récit d’une recherche familiale confrontée à l’histoire en train de s’écrire, et d’un lien fraternel mis à l’épreuve par le temps, la distance et la guerre. Archives et extraits : - Archives personnelles et familiales ; - Archives France 2, JT du 24/02/2022 ; - Archives C dans l'air, "4h35 ce matin, les russes envahissent l’Ukraine", émission du 24.02.2022. Remerciements : Un grand merci pour leur soutien chaleureux à Sarah-Lou Lepers, Marc Bertrand, Haydée Sabéran, Olivia Cohen, & Elena Gorgis. Enregistrements 2024-2025 Entretien Aliénor Carrière Montage Aliénor Carrière et Charlie Marcelet Réalisation et mixage Charlie Marcelet Musiques originales Romane Beaugrand (violoncelle et voix), Charlie Marcelet (guitare) Illustration Aliénor Carrière Production ARTE Radio
Souvenirs d'une jeunesse en Amazonie En 1979, Irène a 24 ans. Elle a tout pour être heureuse et pourtant... Elle part avec des carnets, un enregistreur et un appareil photo à l’autre bout du monde tel qu’elle le connaît déjà. Direction l’Amazonie péruvienne, chez le peuple maihuna. Elle y passera 5 ans, à se perdre, à s’oublier, à se faire peur et surtout à se trouver une raison d’être et de vivre. De cette époque, elle a tout enregistré : les cérémonies d’ayahuasca, la forêt mélodieuse, l’apprentissage de la langue maihunki aujourd’hui presque disparue, la rencontre pas à pas avec celles et ceux qui voudront bien d’elle et finiront même par l’aimer, les contes et mythologies oubliés et la mélancolie d’être si loin des siens parfois. Pourquoi et comment est-elle partie, pourquoi et comment est-elle revenue ? J'ai grandi avec ces questions. Et si je connais très bien l’Irène d'ici qui est aussi ma mère, j'ai toujours rêvé de rencontrer l’Irène de la Jungle. Alors pour ce documentaire, j'ai décidé d'aller la chercher à travers ses carnets, ses archives sonores singulières et grâce à une conversation qui la replonge dans tout ce qu'elle a été. Enregistrements septembre 1979 - novembre 1986, janvier 2025 Prises de son Irène Bellier, Sophie Marchand Entretiens et montage Sophie Marchand Réalisation Annabelle Brouard Illustration Julia Spiers Production ARTE Radio
Mon grand frère n’aime pas les bobos Dans la famille de Juliette, il y a : dix profs, cinq ingénieurs, quatre chercheurs, trois marionnettistes, deux maraîchers bio, un clown qui est aussi DJ, un écrivain, une herboriste… Et son grand frère, 1m83 de virilité, chargé d’affaires dans le BTP, fan de bagarre et de rugby, régulièrement accusé d’être le facho de la famille. C’est aussi l’idole de sa petite sœur depuis leur enfance. Aujourd’hui, elle cherche à comprendre ce qui l’a fait dévier d’un chemin tout tracé par leur milieu socio-culturel. Tous deux ont pourtant en commun la passion de la sociologie. Derrière les mots bruts de grand frère résonne une analyse rafraîchissante des inégalités sociales et une vision dérangeante de l’entre-soi intello. Ouvrage mentionné : Chantier interdit au public. Enquête parmi les travailleurs du bâtiment, Nicolas Jounin, Éditions La Découverte, 2009. Enregistrements mai-juin 2023, archives de 2000 Texte, voix, prises de son et montage Juliette Flamant Réalisation et mixage Arnaud Forest Publication originale 2 novembre 2023 Production ARTE Radio
Le fantôme colonial de mon père Enfant, Malek, réalisateur algérien exilé en France, allait à Boufarik, en Algérie, pour manger des oranges. Il y croisait la statue d'un soldat en armes, juchée sur son piédestal à plus de 7 mètres 50 de haut. C'était la statue du sergent Blandan, héros de la conquête coloniale de l'Algérie, érigée à Boufarik à la fin du XIXème siècle et "rapatriée" en France, à Nancy. C'est là que par hasard, un matin neigeux de 1990, Malek a retrouvé le fantôme de son enfance. Le refoulé colonial a soudain ressurgi. Il a raconté sa rencontre effrayante à sa fille, qui à son tour décide de partir sur les traces de ce fantôme, en France et en Algérie. Mais à mesure qu'elle s'approche de lui, elle est à son tour hantée. Comment se libérer du fantôme colonial qui fait corps avec la statue du sergent Blandan, héros de la conquête de l'Algérie ? Avec : Malek Kellou, Susana Gállego Cuesta, Kenza-Marie Safraoui, Don Quichotte, habitants de Nancy Bibliographie : Gilbert Meynier, « L’Algérie et les Algériens sous le système colonial. Approche historico historiographique», Insaniyat / إنسانيات [En ligne], 65-66 | 2014. URL : http://journals.openedition.org/insaniyat/14758 ; DOI : https://doi.org/10.4000/insaniyat.14758 Pour aller plus loin : - Karima Lazali, Le Trauma colonial : une enquête sur les effets psychiques et politiques contemporains de l’oppression coloniale en Algérie, Paris, La Découverte, 2018 ; - Alain Ruscio, La première guerre d'Algérie. Une histoire de conquête et de résistance, 1830-1852, Paris, La Découverte, 2024 ; - Benjamin Stora, La gangrène et l'oubli. La mémoire de la guerre d'Algérie, Paris, La Découverte, 1991 ; - Dorothée-Myriam Kellou, Nancy-Kabylie, Paris, Grasset, 2023. Remerciements : Malek Kellou, Susana Gállego Cuesta, Kenza-Marie Safraoui, le Musée des Beaux-Arts de Nancy, Etienne Augris, Bachir Ahdouga, Don Quichotte, Perrine Kervran, Mathilde Guermonprez, Mathieu Nicol. Prise de son, entretien et montage Dorothée-Myriam Kellou Enregistrements octobre-novembre 2024 Réalisation et mixage Annabelle Brouard Chanson "La casquette du père Bugeaud", chant militaire de l'Armée d'Afrique écrit en 1846 Illustration Pierre Place Production ARTE Radio
Arlette et la tournée des cimetières Chaque année à la Toussaint, les cimetières corréziens s’illuminent de mille couleurs : c’est le moment où l’on vient fleurir les tombes, de la famille et des amis, le plus souvent avec des chrysanthèmes. Depuis l’enfance, Arlette participe à ce rituel. Elle continue à faire la tournée des cimetières pour honorer ses morts, plus nombreux à mesure que les années passent. C’est l’occasion de rencontres impromptues, où les fleurs sont le prétexte d’échanges sur ce qui est, et sur ceux qui ne sont plus. A la Toussaint, les défunts retrouvent une place dans le quotidien des vivants, et continuent d’exister par les souvenirs racontés et les liens qui perdurent. C’est à la fois triste, joyeux, parfois mélancolique, et finalement apaisant. Remerciements : Un immense merci à Arlette, sans qui ce projet n’aurait pas pu exister, ainsi qu’à Annette, Anne-Marie, Cédric, Eliane, Jeannette, Isabelle, Martine, Monique, Vincent, Yvette, et Yohan. A la mémoire d’Antoine, Jacqueline, Marcelle, et Marguerite. Prise de son, entretiens et montage Pauline Gallinari Enregistrements octobre-novembre 2024 Réalisation et mixage Anna Buy Illustration Caroline Péron Production ARTE Radio
Une crise d'angoisse « Impossible de remettre la viande dans la chipo : une crise d’angoisse » est un monologue écrit et interprété par Joyce Kuoh Moukouri. C'est une fiction, composée d’une série de messages vocaux qu’une femme en pleine crise d’angoisse adresse à un homme avec qui elle n’a pas fait l’amour, finalement. L’amour. L’envie était là et ça aurait pu être si simple, si beau et si sensible. Mais une boîte de préservatif périmé a semé la panique et la fête est finie, irréparable. Ce qui est beau devient presque impossible. Pour l'autrice, l’été 2025 est synonyme d’une angoisse grandissante. Une angoisse de la guerre, de Poutine, de la famine à Gaza, du toupet de Trump, et de la chaîne de K-Maro autour du cou de Zuckerberg, des virus millénaires de l’Arctique. La peur que la science, la logique, les institutions soient irréversiblement en péril. Mais heureusement, il reste le théorème de Chasles. Ce podcast est le gagnant du concours de l’été 2025 des Audioblogs “L’été dans un vocal”. Tous les podcasts participants sont disponibles sur le site des Audioblogs d’ARTE Radio. Prise de son, montage Joyce Kuoh Moukouri Enregistrements août 2025 Voix Joyce Kuoh Moukouri Musiques originales "Ride Of The Valkyries" à la flûte à bec par Joyce Kuoh Moukouri Mixage Charlie Marcelet Illustration Joyce Kuoh Moukouri (Canva) Production ARTE Radio
Papa où t'es, version surnaturelle Claire a perdu son père il y a 20 ans, quand elle avait vingt ans. C’était soudain et elle s’est concentrée sur faire son deuil :passer à autre chose, refermer la plaie. Jusqu’à ce que, quinze ans plus tard, le manque ressurgisse violemment. Elle se demande alors si elle n’a pas fait fausse route. Y aurait-il d’autres moyens de vivre la mort de ceux qu’on aime ? Elle essaie autre chose : serait-il possible de faire revenir son fantôme ? Elle n’est pas entièrement sûre d’y croire et ne présente aucun talent médiumnique notable : la partie n'est donc pas gagnée. Pour savoir comment elle pourrait s’y prendre, elle va voir des chercheurs qui travaillent sur les fantômes, et des personnes qui se sentent en lien avec les morts… Les fantômes mettent en relation les vivants, disent les chercheurs. Ils provoquent aussi, pourrait-on dire, des conversations longtemps attendues. Bibliographie Soigner les morts pour guérir les vivants, Magali Molinié, Les Empêcheurs de Tourner en rond,2006 Les Intelligences particulières, Grégory Delaplace, Vues de l'Esprit, 2021 La Voix des Fantômes, Grégory Delaplace, Seuil, 2024 Le feu de la présence, aviver les expériences de l'invisible, Tanya Luhrman, Vues de l'Esprit, 2022 The Book of Unconformities, speculation on lost time, Hugh Raffles, Pantheon, 2020 Au bonheur des morts : récits de ceux qui restent, Vinciane Despret, 2015 Prise de son Claire Richard, Arnaud Forest Entretiens et montage Claire Richard, Arnaud Forest Avec Damien Zanoli, Sabine Zovighian Voix Claire Richard Clarinette Maxime Berton Enregistrements 2023-2024 Réalisation et mixage Arnaud Forest Illustration Aline Bureau
Comment j'ai remplacé mon psy par mon téléphone Parce que son psy s’est endormi pendant leur séance, Benjamin décide de se venger. Il confie désormais ses états d'âme à son téléphone portable, sur lequel il commente ses diverses activités : croiser Eric Zemmour dans le métro, prendre des champignons hallucinogènes, faire l’amour avec sa compagne... Une autofiction hilarante et virtuose sur la psychanalyse - et comment s'en débarrasser - face aux pouvoirs du récit. A noter, il s'agit aussi de la première fiction radio entièrement enregistrée au téléphone portable. La dernière séance a reçu le deuxième prix Europa 2019 dans la catégorie "Fiction radio unitaire". Enregistrement 2018 Texte et voix Benjamin Abitan Réalisation Benjamin Abitan et Samuel Hirsch Illustration Quentin Faucompré Production ARTE Radio
Peut-on être hippie et avoir du second degré ? Marie est une apprentie hippie. Elle rêve de s’installer en Ardèche, construire sa cabane en bois, hurler à la lune, distinguer la coriandre du persil plat, vivre d’amour et de jus d’hibiscus. Car oui, les hippies existent toujours, sous des formes diverses et variées, tapis dans l’ombre ou la lumière. Marie regarde avec envie ces néo-hippies, héritiers contemporains des mouvements des années 1960, qui mènent un mode de vie proche de la nature et s’expriment via un panel d’activités qui comprend la permaculture, l’acroyoga ou les bolas de feu. Néanmoins, elle se demande si elle arrivera un jour à devenir une hippie accomplie, car un doute l’habite. Quand elle fréquente ces cercles, elle ne se sent pas toujours à l’aise. Elle trouve qu’il n’y a pas toujours la place pour le second degré, de l’humour à l’auto-dérision, alors que c’est vital pour elle. Et de temps à autre, son troisième oeil la regarde et la juge. A t-elle un défaut de fabrication qui la rend inapte à la spiritualité ? Arrivera-t elle un jour à devenir une hippie et devra-t elle pour cela se délester de l’envie de faire des blagues ? Enfin, une question entêtante lui brûle les lèvres : peut-on être hippie et avoir du second degré ? Pour trouver les réponses, elle décide de partir sur une île mystérieuse en forme de cacahuète, quelque part sous les tropiques, où vivent des peuplades néo-hippies. Une île qui sent le cacao chaud et où résonnent 50 nuances de Om. Elle y rejoint une amie qui s’y est installée et qui vit seule sur un terrain où elle plante une forêt comestible. Elle part ensuite à la rencontre de ses résidentes et résidents, de cérémonie en cercle de paroles, au son des perroquets et des tambours chamaniques… Remerciements : Josie (da best), Alaya, Pierre, Margaux et Raph, qui m’ont ouvert leur porte, partagé leurs histoires, leur sincérité et leurs blagues (en espérant que les miennes soient pas trop nazes). Kevin G, créateur de l’expression © “bourge en rédemption”. Mes soutiens dans cette aventura par ordre d’apparition : Aurore, Adrien, Marine, la consoeurie des grandes gouroutes, Francis Côtelette, le collectif Lundi Soir et Nanette. Enregistrements janvier 2019-mars 2024 Prise de son Marie François Entretiens et montage Marie François Réalisation Anna Buy Illustration Camille Potte Production ARTE Radio
Le pouce levé pour entendre la France d'une voiture à l'autre Le 8 juin 2024, à la veille des élections européennes annonçant l'extrême-droite largement en tête, deux équipes font une course en stop (la Mad Jacques Stop) pour rejoindre un festival dans un village au cœur de la Creuse. Marion et Benoît, un couple de personnes blanches contre Nawal et Jérémi, deux personnes racisées. Ils traversent la France en questionnant les automobilistes sur les questions d'identité et de racisme. Ils recueillent la voix des français de la capitale jusqu'à la diagonale du vide. Les blancs auront-ils plus de chances que les bronzés ? Quelles paroles entendrons-nous d'une voiture à l'autre ? Et surtout, qui seront les premiers à l'arrivée ? Enregistrements juin 2024 Tournage Mad Jacques Stop 2024 Prise de son Jérémi Nureni Banafunzi et Benoit Thuault Réalisation Samuel Hirsch Illustration Maïc Baxane Photographies Jérémi Nureni Banafunzi Production ARTE Radio
Boîtes en plastique et émancipation féminine en milieu capitaliste On ne pensait pas associer un jour boîtes en plastique et révolution. Et pourtant : à partir des années 1960, des milliers de Françaises sont sorties du carcan du foyer en devenant représentantes de l’enseigne américaine Tupperware, connue pour ses fameuses « réunions », jusqu’à sa mise en faillite toute récente annoncé à l’automne 2024. Mais comment vendre des petites boîtes en plastique à des gens qui n’en ont pas besoin ? Josette a 82 ans. Josiane, 74. La première vit entre Paris et le plateau lunaire de l’Aubrac, l’autre en pleine campagne picarde. Elles ne se connaissent pas, mais leur histoire est la même : encore très jeunes filles, elles ont conquis leur liberté et amassé un sacré petit pactole en vendant des Tupperware à domicile. Tupperware, c’est la splendeur des arts ménagers sauce après-guerre : simplicité, hygiène, couleurs, pétrole. Mais c’est surtout un système. La marque, lancée en 1946 aux États-Unis par le chimiste Earl Tupper, a révolutionné le monde du commerce en créant un réseau planétaire de vendeuses à domicile. Des femmes qui organisaient chez d’autres femmes des démonstrations dans l’espoir de remplir leur carnets de commandes certes, mais surtout de recruter de nouvelles vendeuses qui leur verseront ensuite un pourcentage sur chacune de leurs recettes. En fait, un modèle de vente sans salariés ni boutiques, redoutablement lucratif pour ses créateurs, auquel des générations entières ont consacré leur vie pour finir, la plupart du temps, sans vraie protection sociale ni retraite. Un monde parallèle néolibéral avec ses rituels et son jargon, dans lequel certaines femmes comme Josiane et Josette ont trouvé une forme d’émancipation… sans jamais être tout à fait dupes du cynisme de cette exploitation. Tupperware, c’est donc l’enfant mutant du féminisme et du capitalisme : selon le point de vue, c’est un rêve ou un cauchemar. Pour Josette et Josiane, c’était les deux. Et après une carrière de plus de 40 ans, elles n’ont pas peur de raconter pourquoi. Décryptage de l’intérieur du modèle Tupperware, qui a libéré des générations de femmes au foyer… tout en posant les bases d’une nouvelle forme d’exploitation. Remerciements : Merci à Josette, Josiane, leurs proches et leurs clientes mais aussi à Delphine Naudier, Catherine Achin et Marie-Pierre Pouly. Enregistrements mai et novembre 2024 Réalisation Charlie Marcelet Illustration Jeanne Guérard Production ARTE Radio
Ne vous fiez pas à son CV Jean-Luc est un menteur. Pire encore, c’est un pirate du travail. Depuis qu’il a quitté l’armée, il a connu mille et une vies professionnelles, mais une seule d’imposture. Depuis plus de vingt ans, il a enchaîné les boulots et les emplois, de l’Institut national d’histoire de l’art au secteur nucléaire, en passant par moult postes à responsabilités – mais sans jamais avoir les qualifications requises. Sa méthode, c’est celle du mensonge : faux CV, fausses expériences et bluff à gogo. Quand on l’enregistre, il est photographe vidéaste et habitait au fond des bois. Mais, aujourd’hui, il est peut-être déjà parti au Congo, pour manager des rangers et lutter contre les braconniers. À moins qu’il ne se soit reconverti en vendeur de motos électriques dans le Morvan. Personnage digne d'un roman, l’imposteur invétéré raconte son parcours de menteur professionnel avec saveur et drôlerie. Il nous plonge dans la machine du mensonge, dévoile ce qui se cache sous son masque de comédien qui trompe et livre, en prime, quelques astuces pour bien falsifier son CV, tromper le système et berner des employeurs lors d’un entretien d’embauche… quitte à nous entourlouper. Enregistrements Léa Minod Réalisation Charlie Marcelet Illustration Oriane Marie Production ARTE Radio
Un western breton, violent mais marrant À Moëlan-sur-Mer, tout le monde a entendu parler des frères Guillevic. Les histoires qui tournent à leur sujet se racontent dans les familles, les gendarmeries et les cafés du coin depuis cinquante ans, dans un mélange d’effroi, de nostalgie et d’amusement pour ces légendes locales. Parfois, le réel vient percuter l'imaginaire dans une grande violence. Que nous raconte la légende des frères Guillevic, nourrie d'alcool, de brutalité, et de poisson frais, sur la transmission familiale et la Bretagne d'aujourd'hui ? À travers les bagarres de leur bande de marins pêcheurs, c’est toute une histoire du coin qui se dessine, entre les paysans de l’intérieur des terres, les voyous de la ville et les marins de la côte, sur fond de discothèques, de cafés du port et de pêches miraculeuses. Jean-René, l'aîné des deux frères, ancien patron de pêche et chef de bande, raconte ses frasques. Une de ses sept sœurs, Arlette Rouat née Guillevic, et un petit-fils, Owen Guillevic, alimentent le récit familial, tandis que des locaux anonymes font le récit des légendes et des peurs inspirées par les Guillevic et leur descendance. Musiques - "Bagarre générale", Chansons tristes, Infecticide (2014) ; - "Dueling Banjos", bande originale du film Delivrance de John Boorman, composée par Marshall Brickman, Steve Mandell, Eric Weissberg (1973) - Bande originale du film Un chien dans un jeu de quilles de Bernard Guillou, composée par Patrice Caratini (1982) - Johnny Halliday, "Depuis Qu'Ma Môme" (1960) - "Coralie musique", Arnaud Forest - "GTR", Charlie Marcelet - "Chips", Fil Eisler - Les marins de Groix Enregistrements septembre 2023 et décembre 2024 Entretien et montage Jeanne Robet Réalisation Jeanne Robet et Charlie Marcelet Mixage Charlie Marcelet Illustration Pierre Place
Protéger nos enfants Dans ce deuxième volet, Isild Le Besco, Andreea Gruev-Vintila et Léonor Graser approfondissent l'analyse : pourquoi les femmes et les mères sont-elles davantage touchées par le phénomène ? Quels sont les impacts sur les enfants ? Et comment la justice, les forces de l'ordre et la protection de l'enfance réceptionnent-ils ce type de violences ? En mai 2024, Isild Le Besco porte plainte pour viol sur mineure de plus de 15 ans contre Benoît Jacquot, pour qui elle a joué dans cinq films. Poursuivant la réflexion menée dans son ouvrage Dire vrai, paru aux éditions Denoël en mai 2024, la cinéaste revient ici sur son enfance, son métier en tant qu’actrice et sa vie de famille. Décrivant sa relation avec le réalisateur marquée par des déséquilibres d'âge, de statut et de pouvoir, elle met en lumière le mécanisme par lesquels plusieurs hommes ont réussi à la chosifier. Son témoignage illustre précisément ce que la psychologue sociale Andreea Gruev-Vintila appelle « contrôle coercitif » : un schéma de comportement par lequel des hommes obtiennent le monopole sur les ressources disponibles dans la relation ou chez la femme, par une série d’actes qui finissent par épuiser, emprisonner, dégrader et chosifier la victime. Leur conversation dévoile non seulement ce que la violence conjugale fait aux victimes, mais aussi ce qu’elle leur retire : liberté de penser et d’agir, auto-détermination, ressources, estime de soi… Elle devient ainsi un phare d'espoir pour les personnes prises dans cet étau invisible. Le "contrôle coercitif" est inscrit légalement dans plusieurs pays : Angleterre, Ecosse, Belgique, Canada. Cette approche plus globale de la violence conjugale comme atteinte aux droits humains éclaire le schéma de comportement des agresseurs et les conséquences durables et dévastatrices sur les victimes, disproportionnellement des femmes, singulièrement des mères et indissociablement des enfants. Depuis le 28 janvier 2025, le "contrôle coercitif" est entré dans le droit français. La définition retenue par l'Assemblée nationale devrait évoluer au fil de la navette parlementaire. Lectures et bibliographie : Dire vrai, Isild Le Besco, Éditions Denoël, 2024 ; Le contrôle coercitif : au coeur de la violence conjugale, Andreea Gruev-Vintila, Éditions Dunod, 2023 Prise de son et montage Gary Salin Réalisation, musique et mixage Samuel Hirsch Lectures Extraits de Dire vrai, Isild Le Besco Chansons Léonor Graser Illustration Isild Le Besco Production ARTE Radio
Révéler la mécanique de la prédation, l'isolement et l'emprise En mai 2024, Isild Le Besco porte plainte pour viol sur mineure de plus de 15 ans contre Benoît Jacquot, pour qui elle a joué dans cinq films. Poursuivant la réflexion menée dans son ouvrage Dire vrai, paru aux éditions Denoël en mai 2024, la cinéaste revient ici sur son enfance, son métier en tant qu’actrice et sa vie de famille. Décrivant sa relation avec le réalisateur marquée par des déséquilibres d'âge, de statut et de pouvoir, elle met en lumière le mécanisme par lesquels plusieurs hommes ont réussi à la chosifier. Son témoignage illustre précisément ce que la psychologue sociale Andreea Gruev-Vintila appelle « contrôle coercitif » : un schéma de comportement par lequel des hommes obtiennent le monopole sur les ressources disponibles dans la relation ou chez la femme, par une série d’actes qui finissent par épuiser, emprisonner, dégrader et chosifier la victime. Leur conversation dévoile non seulement ce que la violence conjugale fait aux victimes, mais aussi ce qu’elle leur retire : liberté de penser et d’agir, auto-détermination, ressources, estime de soi… Elle devient ainsi un phare d'espoir pour les personnes prises dans cet étau invisible. Le "contrôle coercitif" est inscrit légalement dans plusieurs pays : Angleterre, Ecosse, Belgique, Canada. Cette approche plus globale de la violence conjugale comme atteinte aux droits humains éclaire le schéma de comportement des agresseurs et les conséquences durables et dévastatrices sur les victimes, disproportionnellement des femmes, singulièrement des mères et indissociablement des enfants. Depuis le 28 janvier 2025, le "contrôle coercitif" est entré dans le droit français. La définition retenue par l'Assemblée nationale devrait évoluer au fil de la navette parlementaire. Lectures et bibliographie : Dire vrai, Isild Le Besco, Éditions Denoël, 2024 ; Le contrôle coercitif : au coeur de la violence conjugale, Andreea Gruev-Vintila, Éditions Dunod, 2023 Prise de son et montage Gary Salin Réalisation, musique et mixage Samuel Hirsch Lectures Extraits de Dire vrai, Isild Le Besco Chansons Léonor Graser Illustration Isild Le Besco Production ARTE Radio
Partir ou rester là où on a grandi 25 ans après sa jeunesse en campagne, Valentine repart arpenter le territoire qui l'a vue grandir en remontant dans le car scolaire de sa jeunesse. Elle confronte son rapport à cette campagne avec ceux de ses anciens camarades de bus. « Le bruit du moteur et le bocage qui défile derrière la vitre. Quarante minutes de jeux de cartes, de bêtises et de potins, matin et soir. J’ai grandi dans les Mauges, un petit pays rural du nord ouest de la France. Quand je repense à mes petits camarades de car scolaire, j’esquisse d’abord un sourire avant de me demander ce qu’ils sont devenus et s’ils vivent toujours là-bas. J’ai une culture commune avec eux, à commencer par cette campagne et le monde agricole au milieu duquel on a tous grandi. Moi j’en suis partie. D'ailleurs, d’aussi loin que je me souvienne, mon départ a toujours été une évidence. Pourquoi ? Pour comprendre, vingt-cinq ans après, j’ai retrouvé mes anciens camarades de car. Je suis retournée arpenter le territoire. Je suis remontée dans le Car des fermes. » Remerciements : Un grand merci à Lucie, Jérome, Mathilde, Guillaume, Corinne, Clémence, Bernard et Geneviève, ainsi qu'à tous les enfants et chauffeurs qui m'ont accueilli dans le car des fermes, tout particulièrement Marius, Nolan, Anne, Coline, Léo et Félix. Ce documentaire a bénéficié de l'aide à l'écriture du ministère de la Culture. Enregistrements avril – mai 2024 Prise de son, montage Valentine Chevalier Réalisation Anna Buy Mise en ondes, musique originale et mixage Anna Buy Illustration Yasmine Gateau Production ARTE Radio
Mission : fuir le lycée de quartier Comment se vit la ségrégation scolaire et l’esquive de la carte scolaire ? Adolescentes, l’avenir cristallisait les inquiétudes et angoisses de Safia et de ses copines de collège. Profs et parents les ont poussées à éviter le lycée de leur quartier populaire, pour tenter d’intégrer un lycée plus réputé et hors secteur. Des années après, leurs voix se mêlent à celles d’autres aux parcours similaires, et racontent les esquives du secteur. En se plongeant dans leurs souvenirs adolescents, ils retracent ensemble ces cheminements “hors sentiers”, l’expérience du déracinement social et du mépris de classe, mais aussi l’adaptation et la découverte de nouveaux milieux sociaux. Un récit choral qui nous interroge collectivement sur l’élitisme scolaire et l’illusion méritocratique. Ce documentaire est lauréat de l'appel à projets 2021 du ministère de la Culture. Slams : “L’Avenir" et “Métamorphose” par Neïla ; “La Cité des Anges” par Tassadith ; Extraits du projet “SlamAddict”, dans le cadre de l’atelier slam animé par Mme Cartegnie en 2007, enseignante au collège André Malraux. Textes lus : Comme nous existons, de Kaoutar Harchi, Actes Sud, 2021. Remerciements : Merci à Feriel, Idir, Mamie, Neïla, et Nene d’avoir accepté de nous partager leurs récits. Merci à Tassadith de nous avoir permis d’entendre son slam déclamé à 14 ans. Merci à Charlotte, Chedi et Nelle et pour leurs réécoutes et précieux conseils. Entretiens et textes Safia Elkhatabi, Halima Elkhatabi Montage Halima Elkhatabi Réalisation, mixage et mise en ondes Arnaud Forest Musiques originales Arnaud Forest Illustration Yasmine Gateau Production ARTE Radio
Violences policières : un ex-flic témoigne Connue pour ses méthodes controversées, la BAC (brigade anti-criminalité) nourrit le débat sur les violences policières. Pour la première fois, Laurent, un de ses responsables, apporte son éclairage sur ses trop longues années à maintenir l'ordre public. Avec un recul nécessaire, il décrit ce monde hors norme et tente d'identifier les facteurs qui l'ont mené à exercer des violences illégitimes. De sa vie en meute à ses confrontations dans les cités, de sa garde à vue à son procès, il nous partage la logique et la fabrique de la violence, qui devient un véritable mode d'expression. Sans se dédouaner, il cherche à en trouver les origines. Prise de son, montage Christophe Guillaumot Enregistrements mars 2024 Réalisation Charlie Marcelet Illustration Yasmine Gateau Production ARTE Radio
Des patients se racontent de l'intérieur "En 2020, pendant le confinement, je me mets à développer un toc : tout enregistrer autour de moi. Quelques mois plus tard, mon état de santé mentale s’aggrave et je décide d’aller en clinique psychiatrique. Je n’avais pas franchement anticipé que là-bas, mon toc se transformerait en un projet de podcast collectif." Enregistré dans la clinique où Violette est internée, ce documentaire est une immersion sonore au cœur de la vie de patients en psychiatrie. Les témoignages et parcours de vie questionnent les stéréotypes et clichés souvent associés à la folie, et invitent à repenser la notion même de vulnérabilité. Issu d'une trentaine d'heures d'enregistrements, ce récit choral et collectif engage une réflexion sur la tolérance, la santé mentale, et l'institution médicale. Remerciements Merci à la joyeuse bande du parc, David, Achille, Sébastien, Emmanuel, Fabien, Clémence, Diana, Léo et Marguerite. Merci à Martin pour les lasagnes, à ma mère pour le cadenas. À Elie Hantouche et Caline Majdalani ; à tous mes proches enregistrés et à Noémie. Ce documentaire a reçu le Prix Europa 2025 du meilleur documentaire audio. Enregistrements septembre 2020 Réalisation Samuel Hirsch et Violette Gitton Mixage Samuel Hirsch Illustration Camille Deschiens Production ARTE Radio
Rencontrer la mort plus tôt que prévu Quand un enfant décède, les pensées se tournent naturellement vers sa famille proche : ses parents, ses frères et sœurs. Mais qu'en est-il de ses potes ? De cette amie avec qui il trainait toute la journée à l’école, de celui avec qui elle mangeait à la cantine, de tous ses amis avec qui il se confiait sans avoir peur d’être jugé ? Ces enfants trouvent difficilement leur place dans cette épreuve douloureuse et souvent inédite, pour eux, de la mort. Non pas parce qu’ils ne veulent pas s'investir, mais parce qu’ils ne savent pas comment faire, ni comment réagir. A vrai dire, eux aussi sont des enfants. Dans les témoignages de ce documentaire, ces enfants devenus grands parleront de cette solitude, de ce manque d’accompagnement, de ce traumatisme, de cette pudeur. Mais surtout de la manière dont cette mort soudaine a été décisive dans leur construction personnelle. Remerciements Lauriane, Nicolas, Leila, Elise et Marie-Frédérique Bacqué, psychologue. Entretien et réalisation Camélia Kheiredine Enregistrements avril-juin 2024 Réalisation Charlie Marcelet Illustration Aline Bureau Production ARTE Radio
Un jour, j'ai dû interrompre ma grossesse J’ai 36 ans. Je suis enceinte. Je vais donner la vie. Suite à la première échographie, je suis forcée d’interrompre ma grossesse à cause d'une anomalie fœtale grave. Je vais donner la mort. J’ai été enceinte pendant 3 mois. C’est l’histoire d’une maternité avortée. D’un amour empêché. C’est l’histoire d’une disparition. D’une apparition désincarnée. De quelque chose qui apparaît en mourant. Pour rompre ce silence, j'ai mené mon enquête. En retraçant mon histoire avec le « presque père », Gianni. En interrogeant d'autres femmes ayant vécu des pertes similaires. J'ai également rencontré des spécialistes afin d'éclairer les zones d'ombre qui entourent la perte d'un enfant. Non seulement pour moi, mais aussi pour toutes les femmes. Car c’est avant tout une histoire de femmes. Une expérience passée sous silence. Un tabou qui fait l’objet de préjugés. Une absence de mots. Un vide dévastateur. De ce vide est né le désir d’écrire. Pour rendre visible aussi tous les aspects corporels et émotionnels partagés par des milliers de femmes lors du deuil périnatal. Pour partager avec d’autres les textes féministes qui m’ont aidée à traverser l’impensable. Ce documentaire a bénéficié de l'aide à l'écriture de podcasts du Ministère de la Culture. Réalisatrice de documentaires et créatrice sonore, Laure Chatrefou signe des récits intimes pour ARTE Radio, dont Maman, sa femme et moi et L’amour, les hommes et moi. Elle réalise aussi des installations immersives, des films documentaires ou des créations sonores mettant en lumière des pratiques culturelles locales, comme le Debaa de Mayotte, le Fon ker de La Réunion ou les touloulous de Guyane. Ses œuvres sont exposées en France et à l'international, du Mucem à Marseille au Musée d’art moderne de Rabat. Elle collabore également avec le Centre Pompidou et le musée d’arts de Nantes pour la création de podcasts. Avec Caroline Reniche, sage-femme ; Diane de Wailly, psychologue spécialisée dans le diagnostic anténatal et l’accompagnement de femmes et de couples endeuillés ; Lisa Carayon, maîtresse de conférences en droit à l'université Paris spécialiste en droit de la santé, de la famille et des migrations ; Mathilde Lemiesle, autrice et illustratrice de « Mes presques riens » ; Anne Sophie Giraud, chercheuse en anthropologie de la personne, du corps et la parenté. Lectures Ludmilla Dabo, Anna Holveck, Perrine Kervran, Agathe Rémi, Sabine Zovighian, Antoine Bault, Chloé Assous-Plunian et Anne Guillou. Témoignages Gianni Fileccia, Alice, Lucie, Axelle, Sophie, Céline, Marine et Cécile. Remerciements À toutes les voix entendues dans le documentaire et à celles qu’on n’entend pas. À Judith Aquien, autrice de Trois mois sous silence, le tabou de la condition des femmes en début de grossesse (Éditions Payot) ; Emmanuelle Berthiaud, historienne du genre, de l'enfance et de la médecine, autrice de Enceinte. Une histoire de la grossesse entre art et société (Éditions de la Martinière) ; Marc Dupont, Directeur d’hôpital à l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) ; Maud Trichet, intervenante en santé sexuelle au planning familial de Nantes ; Félicia Joinau-Zoulovits, Cheffe de service en gynécologie-obstétrique - Hôpital Le Raincy à Montefermeil ; Myriam Gervais, maitresse de cérémonie au crématorium du Père-Lachaise et l’équipe Père-Lachaise ; Sophie Louÿs , sage-femme. À Gianni Fileccia, ma fille Thelma Chatrefou-Fileccia, Sophie et son mari, Justine Weisz, Anne Guillou, Anne-Céline Genevois, Hoang Ngyuen Le, Clarice Guimaraes, Bastien de Sordi, Mina Souchon, Mathilde Guermonprez. Pour tous les précieux conseils, remerciements à Perrine Kervran, Arnaud Forest, Silvain Gire et Chloé Assous-Plunian. Pour aller plus loin Le corps des femmes, Camille Froidevaux Metterie, 2018 ; L’horreur d’un pareil amour, Marguerite Duras, 1976 ; Attendre un enfant après une interruption médicale de grossesse, Diane de Wailly, 2018 ; Trois mois sous silence, Judith Aquien, 2021 ; Enceinte, une histoire de la grossesse, Emmanuelle Berthiaud, 2013 ; Mes presque riens, Mathilde Lemiesle, 2021 (Instagram) ; Lettres à Madame Hanska, Honoré de Balzac, 1846-1850. "Mon corps, mes droits ! L'avortement menacé ?", in Penser les droits reproductifs comme un tout : avortement, contraception et accouchement sous X en droit français, Lisa Carayon, 2019. Prise de son, montage Laure Chatrefou Texte et voix Laure Chatrefou Enregistrements 2023-2024 Réalisation, mixage et musique originale Arnaud Forest Musique originale et violoncelle Cécile Lacharme Musique additionnelle “Thoughts on Wings” de Timothée Couteau Illustration Mathilde Lemiesle Extrait de film "Annie Colère" de Blandine Lenoir (2022) Production ARTE Radio
Plongée dans le karaoké taïwanais, exutoire et refuge émotionnel Adrien s'est installé à Taïwan il y a cinq ans. Rapidement, il a dû comprendre la place sacrée du Karaoké, une véritable institution à Taïwan, en Corée ou encore au Japon, plus grands consommateurs de "KTV" au monde. Exutoire permettant de briser les tabous et les pressions sociales, le karaoké est aussi un rituel codifié, intégré à tous les aspects de la vie : au boulot, en famille, en politique ou entre amis. Dans cette petite pièce insonorisée et éclairée aux néons, une bande d'amis - Dai-yun, Yan, Hsiao-Yin et Wei-chu - raconte sa relation au karaoké et chante ses morceaux préférés, entre rires, larmes et confidences. Derrière le stéréotype de soirées alcoolisées et des chansons hurlées à tue-tête, le karaoké se révèle comme une expérience sociale, un outil de communication et d'expression intime, dans une société où la parole fait souvent défaut. En bref, "une thérapie collective"... Remerciements Merci à Wei-chu, Dai-yun, Hsiao-yin et Yen, et à tous ceux qui ont chanté lors de l'enregistrement. Merci à Nathanel Amar, A-Kai, Yannick Dauby, Lin Chung-hua et Grégoire Bienvenu pour leurs réflexions sur la pratique du karaoké. En hommage à Shen Yu-mei, qui m'a appris mes premières chansons en langue taïwanaise. Chansons présentes dans l'épisode - Lang Ren Qing Ge (浪人情歌) – Wu Bai & China Blue (伍佰 & China Blue) - Da Hai (大海) – Zhang Yusheng (張雨生) - Bei Dong (被動) – Wu Bai (伍佰) - Farewell My Love (心愛的再會啦) - Wu Bai & China Blue (伍佰 & China Blue) - Wo Ai Tai Mei (我愛台妹) – MC HotDog (熱狗) & A-Yue (張震嶽) - First Love (初戀) – Utada Hikaru (宇多田光) - Zhang San De Ge (張三的歌) – Lee Shou-Chuan (李壽全) - Qiu Niao (秋鳥) – Cass Phang (彭羚) - Train Station (車站) – Hsiu-Ching Chang (張秀卿) - Wen Rou De Ci Bei (溫柔的慈悲) – Lin Liang-Le (林良樂) - A Man on the Sea (海上的人) – Fire EX. (滅火器) - Ai Cuo (愛錯) – Sinje Lee (李心潔) - Love You Ten Thousand Years (愛你一萬年) – Wu Bai & China Blue (伍佰 & China Blue) Réalisation Charlie Marcelet Enregistrements juin 2024 Illustration GGDOG Production ARTE Radio
Une chorale inclusive et solidaire Des enfants, âgés de 10 à 15 ans, présentent des troubles du spectre de l'autisme. Ils chantent avec des adultes dits « normaux ». Ensemble, ils forment un chœur qui, au fil des mois, se prépare à donner un grand concert. Du plaisir de chanter à la difficulté d’être accepté tel que l'on est, l’aventure de cette chorale qui se déroule à Lyon raconte les différences, que l’on soit autiste ou pas, et tout ce qui permet de les abolir jusqu’à ne former qu’une seule voix. Avec : - Les enfants : Alassane, Alexandre, Assia, Elfie, Ilyes, Joël, William. - Les adultes du chœur des Phonies Polies à Lyon, dirigé par Maude Georges, de l'association Lavéli - Nicolas Petit, orthophoniste, Centre Hospitalier Le Vinatier - Pascale Maddalena, infirmière à l’ITTAC, Centre Hospitalier Le Vinatier - Florence Chevigny, éducatrice spécialisée à l’ITTAC, Centre Hospitalier Le Vinatier Merci aux enfants, à Nicolas Petit, à Maude Georges, au chœur d’adultes des Phonies Polies, à l’équipe des soignants du Centre Hospitalier Le Vinatier. Elise Andrieu fait des documentaires pour la radio depuis 20 ans pour France Culture (Les pieds sur terre, LSD, Une histoire particulière, Toute une vie, Sur les docks…), ARTE Radio, Création Collective ou La Balise. Elle a à cœur de transmettre des histoires sensibles et singulières, quels que soient les gens qu’elle rencontre. Nicolas Petit est orthophoniste et docteur en sciences cognitives. Il exerce différentes activités autour de la communication : comme objet de soin, comme objet d'étude scientifique, et comme besoin intime dans sa pratique de l'écriture et du chant. Enregistrements de décembre 2023 à mars 2024 Réalisation Arnaud Forest Illustration Gala Vanson Production ARTE Radio
Les athlètes en équilibre C’est l’histoire d’un coup de feu, d’une poignée de secondes, d'une perte d’équilibre, ou d'un glissement d’orteil. Dans les courses sportives, un faux départ est un mouvement en avant qui anticipe l'autorisation de s'élancer. ll faut être rapide comme l'éclair, mais pas trop. Le faux départ est imperceptible à l’œil nu, mais en un clin d'œil, il disqualifie et réduit à néant des mois, voire des années d'effort. Clément, Stella, Cédric, Julie, Wilhem, cinq athlètes de haut niveau, nous racontent l’instant d’avant. Suspendu, manqué et ce que ça a changé. C'est le récit d'une course qui n'a jamais eu lieu ou d'un plongeon qui est devenu une chute. Remerciements : Aux champion.ne.s, Clément Mignon, Julie Danaux, Cédric Lavanne, et tout spécialement Stella Akakpo et Wilhem Belocian de l'équipe de France d'Athlétisme, qualifiés pour les JO de Paris 2024. Un grand merci à Gilbert Avanzini, Docteur en sciences et techniques des activités physiques et sportives, Michel Herren, philosophe et entraineur olympique, et Alexandre Bourrasseau, juge arbitre et fédéral d’athlétisme. Merci à Ghani Yalouz, ancien directeur de L'INSEP. Ce documentaire a obtenu le label Olympiades culturelles Paris 2024, et a bénéficié de l'aide à l'écriture de podcasts du ministère de la Culture. Sophie Dusigne est autrice et directrice artistique. En janvier 2024, elle est commissaire de l'exposition de création Lignes de départ au Festival international de la bande dessinée d'Angoulême. Elle enseigne les arts narratifs au Cesan et à l'Iscom. Enregistrements novembre 2024 Réalisation Sophie Dusigne Musique, mixage et mise en onde Thomas Loupias Illustration Yasmine Gateau Production ARTE Radio
Transmettre la guerre par les mots Ce qui anime le plus Jean Hatzfeld depuis toujours, c’est raconter des histoires. Les histoires de ces gens qui ont tout perdu, et qui ont eu parfois le courage de tout reconstruire. Il a été le témoin de pas mal de terrains de guerre, son porte-bonheur toujours dans ses bagages. Mais après avoir été blessé par balle et avoir lui-même frôlé la mort en Bosnie, et suite à un reportage au Rwanda, il change finalement de rythme, échange le journalisme pour la littérature et l'immédiat pour le temps long. Il part à la rencontre des rescapés du génocide au Rwanda, pour leur donner la parole et la porter vers le grand public à travers plusieurs livres. Remerciements : Merci à Martin Bacholle qui a imaginé ce projet et qui a tout fait pour qu’il existe. Merci à Camille, Julien, Arman, Jean et Karen de m’avoir fait confiance. Et un grand merci à ARTE Radio d’y avoir cru. Une pensée spéciale à la famille et aux proches d’Arman Soldin. Tatiana Benhamou est une autrice et réalisatrice de podcast indépendante. Ligne de fuite Les reporters sont des personnages à part, reporters de guerre et journalistes de terrain, ils sont la figure flamboyante et héroïque de la profession, une figure qui est aussi très complexe. Souvent inadaptés au quotidien une fois de retour, la plupart ne vivent que dans l'attente du prochain départ. Ils sont souvent sur le fil, prenant parfois trop de risques et trop isolés sur le terrain. Certains d'ailleurs y perdent la vie. Leur addiction au terrain les pousse dans une fuite en avant dont ils ont parfaitement conscience, mais décrocher reste pour eux encore plus difficile que de continuer à faire face à la misère et aux tragédies qu’ils nous rapportent. Alors que se passe-t-il dans la tête lorsqu’on décide de partir, caméra ou carnet à la main, pour traverser la Manche sur un zodiac avec des migrants ? Pour traverser Kaboul cachée sous une burqa afghane ? Franchir à découvert une ligne de front Bosniaque, ou se jeter dans les tranchées du Donbass ? Et puis, qu'est-ce que ça fait de voir et d'emmagasiner tant de violence, de peur, de mort, de misère ? C'est ce que Camille, Julien, Arman, Jean et Karen racontent, avec sincérité et sans tabou. Ils dévoilent leur ressenti, leurs motivations profondes et la peur qu'il faut apprivoiser. Ils disent ce qui les anime et les pousse à aller toujours plus loin, pour informer le monde des tragédies en cours. Et puis aussi ce qui fait que parfois, on arrête ou qu'on change de façon de faire. Enregistrements avril 2023 à avril 2024 Prise de son et montage Tatiana Benhamou Réalisation Charlie Marcelet et Tatiana Benhamou Musique originale Charlie Marcelet Illustration Laure Guillebon Production ARTE Radio
Première reporter à Kaboul Après avoir été marqué par la misère sociale dans son propre pays lors d’un reportage en banlieue, Karen Lajon, grand reporter au Journal du dimanche, demande être envoyée uniquement dans les zones de guerre, là où la souffrance est inévitable et donc plus supportable. Elle nous raconte comment elle a fait, en 2001, pour être la première à entrer dans Kaboul, à l’encontre de la volonté de son chef d’info, et pourquoi elle a toujours été convaincue que faire les choses à sa façon était le seul chemin pour être en accord avec elle-même. Remerciements : Merci à Martin Bacholle qui a imaginé ce projet et qui a tout fait pour qu’il existe. Merci à Camille, Julien, Arman, Jean et Karen de m’avoir fait confiance. Et un grand merci à ARTE Radio d’y avoir cru. Une pensée spéciale à la famille et aux proches d’Arman Soldin. Tatiana Benhamou est une autrice et réalisatrice de podcast indépendante. Ligne de fuite Les reporters sont des personnages à part, reporters de guerre et journalistes de terrain, ils sont la figure flamboyante et héroïque de la profession, une figure qui est aussi très complexe. Souvent inadaptés au quotidien une fois de retour, la plupart ne vivent que dans l'attente du prochain départ. Ils sont souvent sur le fil, prenant parfois trop de risques et trop isolés sur le terrain. Certains d'ailleurs y perdent la vie. Leur addiction au terrain les pousse dans une fuite en avant dont ils ont parfaitement conscience, mais décrocher reste pour eux encore plus difficile que de continuer à faire face à la misère et aux tragédies qu’ils nous rapportent. Alors que se passe-t-il dans la tête lorsqu’on décide de partir, caméra ou carnet à la main, pour traverser la Manche sur un zodiac avec des migrants ? Pour traverser Kaboul cachée sous une burqa afghane ? Franchir à découvert une ligne de front Bosniaque, ou se jeter dans les tranchées du Donbass ? Et puis, qu'est-ce que ça fait de voir et d'emmagasiner tant de violence, de peur, de mort, de misère ? C'est ce que Camille, Julien, Arman, Jean et Karen racontent, avec sincérité et sans tabou. Ils dévoilent leur ressenti, leurs motivations profondes et la peur qu'il faut apprivoiser. Ils disent ce qui les anime et les pousse à aller toujours plus loin, pour informer le monde des tragédies en cours. Et puis aussi ce qui fait que parfois, on arrête ou qu'on change de façon de faire. Enregistrements avril 2023 à avril 2024 Prise de son et montage Tatiana Benhamou Réalisation Charlie Marcelet et Tatiana Benhamou Musique originale Charlie Marcelet Illustration Laure Guillebon Production ARTE Radio
De Lampedusa à Kiev Journaliste AFP, Arman Soldin est tragiquement décédé le 9 mai 2023 en Ukraine, près de Tchassiv Iar. De stagiaire à Lampedusa à reporter de guerre confirmé à Kiev, il raconte dans ce podcast son expérience dans les tranchées du Donbass, le quotidien en Ukraine. Il parle aussi de sa dépendance au terrain et des raisons qui l’ont toujours poussé à vouloir être là où l’histoire se déroule, pour informer au mieux et faire connaitre la souffrance des populations touchées par l’injustice. Remerciements : Merci à Martin Bacholle qui a imaginé ce projet et qui a tout fait pour qu’il existe. Merci à Camille, Julien, Arman, Jean et Karen de m’avoir fait confiance. Et un grand merci à ARTE Radio d’y avoir cru. Une pensée spéciale à la famille et aux proches d’Arman Soldin. Tatiana Benhamou est une autrice et réalisatrice de podcast indépendante. Ligne de fuite Les reporters sont des personnages à part, reporters de guerre et journalistes de terrain, ils sont la figure flamboyante et héroïque de la profession, une figure qui est aussi très complexe. Souvent inadaptés au quotidien une fois de retour, la plupart ne vivent que dans l'attente du prochain départ. Ils sont souvent sur le fil, prenant parfois trop de risques et trop isolés sur le terrain. Certains d'ailleurs y perdent la vie. Leur addiction au terrain les pousse dans une fuite en avant dont ils ont parfaitement conscience, mais décrocher reste pour eux encore plus difficile que de continuer à faire face à la misère et aux tragédies qu’ils nous rapportent. Alors que se passe-t-il dans la tête lorsqu’on décide de partir, caméra ou carnet à la main, pour traverser la Manche sur un zodiac avec des migrants ? Pour traverser Kaboul cachée sous une burqa afghane ? Franchir à découvert une ligne de front Bosniaque, ou se jeter dans les tranchées du Donbass ? Et puis, qu'est-ce que ça fait de voir et d'emmagasiner tant de violence, de peur, de mort, de misère ? C'est ce que Camille, Julien, Arman, Jean et Karen racontent, avec sincérité et sans tabou. Ils dévoilent leur ressenti, leurs motivations profondes et la peur qu'il faut apprivoiser. Ils disent ce qui les anime et les pousse à aller toujours plus loin, pour informer le monde des tragédies en cours. Et puis aussi ce qui fait que parfois, on arrête ou qu'on change de façon de faire. Enregistrements avril 2023 à avril 2024 Prise de son et montage Tatiana Benhamou Réalisation Charlie Marcelet et Tatiana Benhamou Musique originale Charlie Marcelet Illustration Laure Guillebon Production ARTE Radio
Ligne de fuite Dans cet épisode, Camille Toulmé et Julien Goudichaud, journalistes indépendants, nous dévoilent comment et pourquoi ils ont franchi un certain nombre de lignes rouges pour aller au bout de leur projet de reportage : faire monter Julien à bord d'un zodiac, caméra à la main, pour qu’il traverse la Manche aux côtés des migrants. Des mois à tourner dans Calais, à essuyer des refus, chercher des solutions, jusqu’à perdre la boussole, et mettre un pied dans la folie. Remerciements : Merci à Martin Bacholle qui a imaginé ce projet et qui a tout fait pour qu’il existe. Merci à Camille, Julien, Arman, Jean et Karen de m’avoir fait confiance. Et un grand merci à ARTE Radio d’y avoir cru. Une pensée spéciale à la famille et aux proches d’Arman Soldin. Tatiana Benhamou est une autrice et réalisatrice de podcast indépendante. Ligne de fuite Les reporters sont des personnages à part, reporters de guerre et journalistes de terrain, ils sont la figure flamboyante et héroïque de la profession, une figure qui est aussi très complexe. Souvent inadaptés au quotidien une fois de retour, la plupart ne vivent que dans l'attente du prochain départ. Ils sont souvent sur le fil, prenant parfois trop de risques et trop isolés sur le terrain. Certains d'ailleurs y perdent la vie. Leur addiction au terrain les pousse dans une fuite en avant dont ils ont parfaitement conscience, mais décrocher reste pour eux encore plus difficile que de continuer à faire face à la misère et aux tragédies qu’ils nous rapportent. Alors que se passe-t-il dans la tête lorsqu’on décide de partir, caméra ou carnet à la main, pour traverser la Manche sur un zodiac avec des migrants ? Pour traverser Kaboul cachée sous une burqa afghane ? Franchir à découvert une ligne de front Bosniaque, ou se jeter dans les tranchées du Donbass ? Et puis, qu'est-ce que ça fait de voir et d'emmagasiner tant de violence, de peur, de mort, de misère ? C'est ce que Camille, Julien, Arman, Jean et Karen racontent, avec sincérité et sans tabou. Ils dévoilent leur ressenti, leurs motivations profondes et la peur qu'il faut apprivoiser. Ils disent ce qui les anime et les pousse à aller toujours plus loin, pour informer le monde des tragédies en cours. Et puis aussi ce qui fait que parfois, on arrête ou qu'on change de façon de faire. Enregistrements avril 2023 à avril 2024 Prise de son et montage Tatiana Benhamou Réalisation Charlie Marcelet et Tatiana Benhamou Musique originale Charlie Marcelet Illustration Laure Guillebon Production ARTE Radio
Dans une Égypte ultraconfidentielle Depuis la révolution de 2011, et le tumulte des printemps arabes, les battements de la ville du Caire en Égypte sont brisés. Devenue autoritaire, surveillée, ultra-pauvre, l'âme et les sons de la ville se meurent. L'Égypte, plongée au milieu d'une crise économique sans précédent, à quelques encablures de la guerre qui sévit à Gaza, ne parvient pas à se relever. Scindée en deux, tel un cœur brisé, Le Caire se bétonise à outrance. Le régime militaire rase ses arbres et construit en plein désert une nouvelle capitale réservée aux ultra-riches, à l'image d'un Las-Vegas ou d'un Dubaï qui sent la corruption. Les habitants les plus pauvres, eux, survivent dans des quartiers insalubres qui s'étendent à perte de vue et que le régime militaire d'Abdel Fattah al-Sissi tente d'éradiquer. Les sons de la ville ne sont plus les mêmes, Le Caire ne se reconnaît plus. Pour réaliser ce podcast et capter les sons de la ville, il a fallu tourner en micro caché, car le régime autoritaire pratique une censure terrible, les journalistes ne sont pas autorisés à tourner. Milena Peillon est journaliste et productrice de documentaires pour la télévision et autrice et réalisatrice de podcast. Elle travaille sur le Moyen-Orient depuis plusieurs années. Enregistrements novembre 2023 Réalisation Annabelle Brouard Illustration Clarisse Derenne Production ARTE Radio
Sur les traces de la date de naissance de mon père À la maison, on n’a jamais fêté l’anniversaire de mon père, on n’avait pas de date pour souffler les bougies. Mon père est ce qu’on appelle un « 01 ». Il fait partie de ces immigrés qui ne connaissaient pas leur date de naissance exacte et auxquels la préfecture en a donné une d’office. Souvent, c'était le 1er janvier. Seulement, mon père ne connait pas non plus son année de naissance. Sur ses papiers marocains et français, on lit 1953. Mais il n'y croit pas. D’après le récit de sa mère Yamna, il serait né en été et elle se souvenait aussi qu’elle était enceinte de lui lorsqu'elle a vu le roi du Maroc passer par son village pour annoncer l'indépendance du pays. Mais moi, je crois surtout que l’âge venant, mon père espère qu’il est plus jeune que prévu et qu’il lui reste de longues années devant lui… bref, il a peur de vieillir. Alors, en bonne fille et en bonne journaliste, je décide de mener l’enquête avec lui. Mais entre la France et le Maroc, 70 ans plus tard, pas si facile de trouver des traces du passé. Pas facile non plus de se retrouver embarquée avec ses parents et toute sa famille dans une enquête qui piétine et qui met les nerfs à vif. Entre les archives et les récits familiaux, les retournements inattendus et les secrets de famille, allons-nous trouver sa date de naissance ? Et surtout comment rester fidèle à la mémoire de ses parents quand elle est douloureuse et traumatique ? Remerciements à mes parents, Ahmed et Brigitte Rami, aux membres de ma famille, à mon amie et doctorante, Zineb El Gharbi, aux archives de l'INA, et à l'état civil de M'haya. Anissa Rami est journaliste indépendante société et culture. Enregistrement octobre-décembre 2023 Prise de son, montage Anissa Rami Réalisation Samuel Hirsch et Anissa Rami Musique originale et mixage Samuel Hirsch Illustration Yasmine Gateau Production ARTE Radio
Des thérapeutes à l'écoute des pédocriminels Ils sont six hommes et femmes. Six thérapeutes : psychiatres, psychologues, sexologues, assistant sociaux, et criminologues. Ils ont entre 30 et 60 ans et toutes les semaines, ils se retrouvent pour parler de leurs patients. Des patients bien particuliers puisqu’il s’agit en grande majorité de pédocriminels. Lors de ces réunions hebdomadaires, les thérapeutes évoquent ensemble leurs cas, le chemin thérapeutique qui se fait ou pas, les difficultés personnelles qu’ils peuvent rencontrer. Ils discutent, échangent, ne sont pas toujours d’accord et rient aussi, contre toute attente. Ces thérapeutes travaillent au sein d'une structure spécialisée dans la prise en charge des auteurs d’infractions à caractère sexuel. Ce centre a été mis en place suite aux manquements révélés par l’affaire Dutroux – une affaire qui a laissé une trace indélébile en Belgique. Désormais, la sanction judiciaire pour les auteurs d’infractions à caractère sexuel s’accompagne d’un suivi thérapeutique sous contrainte. Ce ne sont pas des « Dutroux » qui sont pris en charge dans cet établissement, ceux-là sont plus rares qu’on ne le pense, ce sont des gens de toutes les catégories sociales, de tous les milieux, des adolescents jusqu’aux personnes âgées. Nos six thérapeutes, Marie-Hélène, Jessica, Ludivine, Dorothée, Jean-Marc, Bertrand et Luca ainsi que leurs collègues Dorothée, Gauthier et Justine, se retrouvent dans la maison de Tournai en Wallonie. C’est là qu’ils font leurs consultations ou s’occupent d’une ligne téléphonique anonyme à destination de personnes qui se questionnent sur des comportements sexuels potentiellement inadéquats. C’est aussi là que se tient leur réunion hebdomadaire. Ils sont passionnés par leur métier, par la conviction de sa nécessité, car prendre en charge des auteurs de violences sexuelles, c'est indispensable pour éviter de nouvelles victimes. « En septembre 2021 est sorti Le loup, un livre pour enfants de Mai Lan Chapiron qui évoque l’inceste afin d’en briser le tabou et s’inspire de celui qu’elle a subi. En découvrant le livre, je suis sidérée. Je connais Mai Lan depuis toujours, nous ne sommes pas proches, mais nos familles sont liées depuis trois générations. Et il m’a toujours semblé impossible, inconcevable, inimaginable que dans mon entourage, il puisse y avoir des violences quelconques faites aux enfants. En découvrant le livre je suis aussi impressionnée par la réflexion et la maturité de Mai Lan car elle dit à propos du loup – et donc de son agresseur - que « pour apprendre à être moins sauvage et à ne plus attaquer les gens » lui aussi peut avoir de l’aide. Et je me demande : qui sont ces gens qui soignent les loups ? » Enregistrements Septembre, octobre 2023 Mixage Charlie Marcelet Illustration Yasmine Gateau Production ARTE Radio
Un drame post mortem en 4 actes Suite à la disparition de son père, Leslie s’interroge sur son appréhension de la mort. Sa quête va l’amener à la rencontre joyeuse de quatre personnages qui la fréquentent au quotidien : Mathieu thanatopracteur, son frère Julien conseiller funéraire et maître de cérémonie, Eddy responsable de chambre mortuaire, André photographe de tombes et passionné de cimetières. À travers des questionnements intimes sur leur pratique et leur propre rapport à la mort, surgiront des scènes de préparation de corps. Des écoutes de musiques mortuaires inattendues. Des découvertes de rituels. Des partages de poèmes, d’objets ou de lettres laissées auprès des défunts. Des balades au Père Lachaise. De l’humour noir. Du rire, des larmes et des actes d’amour. Entre conversations téléphoniques lunaires avec sa mère, et enquête sur un sujet tabou et effrayant, Leslie tente de se familiariser avec ce qui lui fait peur, tout en essayant de faire son deuil. Scénariste et réalisatrice radio, Leslie Menahem écrit des fictions diffusées sur France Culture et France Inter. Elle réalise également plusieurs podcasts documentaires avec ARTE Radio, la RTBF, la RTS, et Audible. Elle est également dramaturge au théâtre et à l’opéra. À la télévision, elle écrit pour Karambolage sur ARTE, et développe sa série « Motel », produite par La Belle Affaire Productions et Laïdak Films. Au cinéma, elle développe son long métrage « Les autonautes de la cosmoroute » avec Ikki Films. Enregistrements Septembre 2023 Texte et narration Leslie Menahem Réalisation Leslie Menahem et Annabelle Brouard Musique originale et mixage Annabelle Brouard Illustration Donatien Mary Production ARTE Radio
Le grand jeu de la lutte des classes C’est quoi les différences entre le bridge et la belote ? « Tout » répondent à l'unisson les aficionados. Pas si évident, à priori, pour Romain Cavallin et Matthieu Cauchy, qui ne pensent pas que l’écart entre 32 et 54 cartes soit insurmontable pour jouer ensemble. Pourtant, entre une partie de belote au fin fond de la Picardie et un match de bridge à 200 mètres du château de Versailles, lorsque les cartes sont distribuées, tout le monde n’a pas les mêmes atouts dans son jeu. Entre la meringue et le flan, entre le rosé et le crémant, embarquez avec nous dans le match bridge vs. belote. Et vous alors, vous êtes plutôt bridge et mocassin à glands ou belote et toile cirée ? Romain Cavallin et Matthieu Cauchy sont photographes. Ils travaillent régulièrement en duo avec le projet Obscura Machine. Bridge vs Belote est leur second podcast après Le répondeur du maire. Enregistrements mai, octobre 2023 Prises de son et montage Romain Cavallin et Matthieu Cauchy Mix Charlie Marcelet Illustration Laurianne de Lepine Production ARTE Radio
Mon père, une vie d’ouvrier Christian est le père de Nicolas, il a 68 ans et il passe sa retraite à se soigner. Les hanches, les genoux, le dos, il est tout cassé. Christian était menuisier pendant 38 ans à la cité universitaire d’Antony, la plus grande d’Europe. Pendant longtemps, il a fait son job : construire, réparer et poser des meubles, pour les étudiants. Il travaillait le bois, se sentait utile et il adorait son métier. Évidemment, cet artisan magicien capable de fabriquer des meubles, mais aussi des jouets faisait l’admiration de son fils, qu’on peut entendre grâce à des conversations enregistrées il y a 30 ans sur le magnétophone familial. Mais le métier de Christian a changé. On a externalisé, réduit les effectifs et on a commandé les meubles plutôt que de les fabriquer. Peu à peu, on lui a confié d’autres tâches, souvent plus pénibles, il était seul, il faisait beaucoup de manutention et de moins en moins de menuiserie. Alors, il a voulu se reconvertir, mais une cheffe l’a pris en grippe et ses projets ont été bloqués. Il a dû se contenter de ces taches qui n’avaient plus de sens, son corps a pris des coups et a fini par lâcher. Finalement, il est parti écœuré et usé, sa retraite n’est pas une récompense, elle est une épreuve. Nicolas enrage de voir son père dans cet état. Alors il a voulu le faire témoigner, dans ce podcast qui est autant un hommage à son père qu’à la classe ouvrière. Nicolas Lansalot est journaliste et réalisateur de documentaires pour RMC Sport. C’est son premier podcast. Enregistrements mai-juin 2023 Réalisation Arnaud Forest Illustration Chez Gertrud Production ARTE Radio
Comment un lycée du 93 se débrouille avec la laïcité "Enlève ton voile ! " Chaque matin, à l'entrée du lycée, le rituel des surveillants qui interpellent les élèves traduit un malaise qui est devenu un débat de société. Mais alors comment parler tranquillement et faire retomber la pression ? Au lycée Paul-Éluard de Saint-Denis, dans le cadre d'un atelier radio, des élèves, surtout des filles qui portent le voile, débattent avec leurs enseignants et leurs pairs d’un sujet sensible : la relation entre laïcité et religion et la manière dont chacun la vit, parfois au plus intime, sous le régime de la loi de 2004. “Et vous, vous vous débrouillez comment avec la laïcité ?” À partir de cette simple question posée tout au long d’une année scolaire, la parole, libre, se déploie en d’étonnantes nuances devant le micro : si certaines lycéennes vivent l'application de la loi comme une violence et une négation de ce qu'elles sont, d'autres la vivent avec plus de sérénité parce que “C’est chacun sa croyance !” Avec, en fond sonore, le train-train de la vie lycéenne, les rires, les doutes et les chansons, les sorties au musée, les cours, l'atelier théâtre et l'exercice de la photo de classe. Une réalité quotidienne pas facile, mais loin de tout catéchisme religieux… ou républicain. Merci pour leur accueil à la direction, à l'ensemble du personnel et aux élèves du lycée Paul-Eluard de Saint-Denis. Merci en particulier à Andréa, Bassim, Binta, Brizio, Carla, Deborah, Havir, Leïla, Marianne, Maeva, Sadia, Lucie-Rose, Yasmine et leurs camarades des classes de première HGGSP et terminale de l'année scolaire 2022-23 ; et à Camille Taillefer, professeure d’histoire-géographie, ainsi qu'à Jean-Pierre Aurières, professeur d'histoire-géographie, Fanny Capel, professeure de français, Hassina Ouacif, agente d’entretien, Gilles Petel, professeur de philosophie, Julie Rual, professeure d’art plastiques, Mona Railhes, conseillère principale d’éducation, Loïc Vidal, professeur de français et de théâtre, Thierry Blotin, atelier musique, Jonathan Navarre, professeur d'EPS, Pierre Gandolfi, professeur de physique. Enregistrements novembre 2022 à mai 2023 Prises de son, entretiens et montage Marina Julienne et Irène Berelowitch Réalisation Annabelle Brouard Illustration Laurianne de Lépine Production ARTE Radio
Gagnant du concours de podcasts 2023 Afin d’arrondir ses fins de mois, S. lance des paquets par-dessus le mur d’une prison. Drogues, cartes SIM ou dürüms, les colis sont empaquetés dans des balles de tennis cellophanées. Une opération dangereuse régie par des consignes strictes imposées par « son grand ». Inspirée d’une rencontre avec un lanceur de colis, l’écriture de cette fiction se base principalement sur l’enregistrement de son témoignage. Par souci de protection et de préservation de l'anonymat, Noé a décidé, en accord avec son témoin, de remplacer sa voix par celle d’un comédien. Noé Béal travaille dans le monde de la radio depuis quelques années. Il commence à faire ses armes en tant qu’animateur socio-culturel et réalisateur chez Comme un Lundi, une association de réalisation et de production sonore et visuelle qui accompagne et valorise l’expression de publics précarisés par la parole. 1er prix du concours de podcasts 2023 "Un été tout neuf" : Le jury a été emballé par ce podcast dans lequel la fiction se met au service du travail documentaire, pour faire entendre un témoignage fort sur un aspect peu connu de la vie en prison. Un récit tendu et maîtrisé, porté par une mise en ondes d'une grande justesse. Enregistrements été 2023 Réalisation Noé Béal Aide à la conception Virgile Guillaud, Naïm Bakhtiar, Zana Mix Charlie Marcelet Production ARTE Radio
Avec son nouveau coeur mon père se libère d'un lourd secret « Il y a trois ans, mon père Jean attend la greffe d’un nouveau cœur. Au même moment, j’entends pour la première fois battre dans mon ventre le cœur de ma fille Aglaé. En parallèle, le cœur de ma grand-mère paternelle, Geneviève, est à bout de souffle. C’est donc un moment où, sur quatre générations, il se passe quelque chose d’intense dans nos corps et dans nos cœurs. Mon père est greffé avec succès. Après la transplantation, je lui demande comment il se sent. Il me répond : “Tu sais, j’ai l’habitude de me dissocier : d’un côté ma tête et de l’autre mon corps”. Et là, je sais de quoi il veut me parler. » (Léa Chatauret) Léa Chatauret Après des études de sociologie et de Sciences politiques à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales, Léa Chatauret est monteuse de films documentaires montrés dans de nombreux festivals (Berlinale, Visions du Réel, Cinéma du Réel, IDFA...). Elle intervient régulièrement à la Cinéfabrique, pour le GREC, au DEMC de l'Université Paris-Cité, et participe à plusieurs commissions d'aides sélectives. Remerciements Jean Chatauret, Catherine Mabille, Elise et Noémie Chatauret, Marie Baget, Franck Thomas et Aglaé Chatauret Thomas, ainsi que les nombreuses oreilles attentives et amicales. Ressources : - Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (CIIVISE) - Service National d'Accueil Téléphonique de l'Enfance en Danger Prix Europa 2023 du meilleur documentaire audio. Mention pour la qualité chirurgicale de la réalisation à Longueurs d'Ondes 2023. Ce documentaire est également disponible en version allemande sur le site de la SWR et de l'audiothèque de l'ARD - This documentary is also available in German version on the SWR and ARD websites. Enregistrements septembre 19-mai 23 Musique originale (piano) Arno Ledoux Prises de son, entretiens et montage Léa Chatauret Réalisation Léa Chatauret & Samuel Hirsch Mixage Samuel Hirsch Illustration Laure Guillebon Production ARTE Radio
Grande taille, petits problèmes Jeanne, 31 ans, mesure 1m85. Soit 21 cm de plus que la Française moyenne et 9 cm de plus que le Français moyen. Depuis qu’elle est petite, elle est grande : dès son enfance, celle qui est déjà perçue comme hors norme doit faire avec les “Tu n’auras jamais de petits copains” ou “Il fait beau, là-haut ?”. Conséquences : le sentiment d’encombrer en permanence, une maladresse récurrente et des tentatives grotesques de compenser sa taille, dans la rue, en soirée et même au lit. La très grande taille pour les femmes n’est pas un handicap, mais c’est quelque chose qui dérange la norme du genre. Et en effet, comment ne pas angoisser quand les statistiques prouvent que les femmes très grandes ont moins d'enfants et sont moins souvent en couple que les femmes de taille « normale » ? Comment dédramatiser ? Comment le vivent ces 2% de femmes dont la tête dépasse la foule ? Dans ce premier podcast, Jeanne Paravert est allée à la rencontre de nombreuses femmes à la taille « hors norme », âgées de 24 à 80 ans : la sociologue Marie Buscatto, 1m88, (La TRÈS grande taille au féminin, CNRS Editions), Aïsha, 1m80 (1m90 avec les talons qu’elle arbore fièrement), ainsi que Léa, une comédienne-danseuse, la musicienne Blumi (Emma Broughton) qui a composé la musique de ce podcast et la comédienne Sandrine Kiberlain (1m74). Enregistrements octobre 2022-mars 2023 Réalisation et mixage Samuel Hirsch Musique originale Blumi Saxophone et trompette Mattia Feliciani Mixage musique originale Yann Arnaud Illustration Charles Berberian Production ARTE Radio
Comment se disputer quand on vit à deux Depuis que Clara a emménagé avec son copain il y a six mois, ils ont de nouveaux sujets de conversation : de quelle manière range-t-on les casseroles ? Est-ce que l’on passe la raclette après la douche ? Doit-on replacer le joint du lave-vaisselle avant de le lancer ? Clara avait souvent entendu dire que « le plus important dans un couple, c'est la communication ». Elle n’avait pas imaginé que les échanges seraient aussi romantiques. Mais après tout, pourquoi pas ? Ce projet a été initié lors de la formation «Initiation artistique et technique à la réalisation sonore » de Phonurgia Nova. Enregistrement mars et mai 2023 Réalisation Arnaud Forest Illustration Fany Ava Production ARTE Radio
L’enfance volée des Amérindiens de Guyane Leurs voix ont longtemps été tues. Entre 1930 et 1980, environ 2000 enfants amérindiens et bushinengués de Guyane ont été arrachés de force à leurs familles et placés dans des pensionnats tenus par l'église catholique. Si on connaît l'histoire des pensionnats autochtones au Canada et en Australie, on sait moins que ce procédé d'assimilation coloniale a également été mis en place par la France, sur ce territoire d'Amérique du sud. Gérés par des religieux et financés par l'État, ces "homes indiens" furent le passage obligé de plusieurs générations d'enfants sacrifiés sur l'autel de la République une et indivisible. Là-bas, loin de leurs villages et de leurs proches, il fallait se lever tôt, prier, ne pas parler sa langue. Ce quotidien fait de maltraitances et d'interdictions voulait leur faire oublier leur culture, leur spiritualité ; les transformer en "bons petits Français". Depuis peu, d'anciens et anciennes pensionnaires prennent la parole. Documentaire choral, Comme des oiseaux écoute le récit de trois d'entre eux. Leurs voix sont rares et puissantes, elles nous invitent à relire l'Histoire. Comment ces enfants ont-ils grandi ? Comment ont-ils choisi de se reconstruire ? Aujourd’hui, les Amérindiens de Guyane se mobilisent pour obtenir la création d’une Commission Vérité et Réconciliation sur le modèle du Canada. En 2023, un “home“ est toujours en activité à Saint-Georges de l'Oyapock. Il accueille une soixantaine d’enfants. Publié en septembre 2022, le travail précieux de la journaliste Hélène Ferrarini "Allons enfants de la Guyane " (Editions Anarchasis) a permis de prendre conscience de l'ampleur du phénomène et de la façon dont l'État français et l'église catholique ont travaillé main dans la main pour évangéliser et "civiliser" les enfants autochtones de Guyane. Remerciements : Hélène Ferrarini, Kadina Johannès, Alexis Tiouka, Tawakele Kouyouri, Marie Renault - Journaliste et réalisateur radio indépendant, Clément Baudet travaille le documentaire pour différents médias (France Culture, le CNRS, Le Monde). Il a un tropisme prononcé pour les sciences, l’environnement et les sujets de société. Attaché aux voix humaines et aux ambiances, il aime raconter des histoires avec ou sans paroles et fait partie du collectif Phaune Radio. - Alice Lefilleul est chercheuse indépendante en littérature comparée et en anthropologie. Autrice et réalisatrice sonore, elle travaille à faire circuler les imaginaires et mettre en avant les récits silenciés par l’histoire. Elle a collaboré à de nombreux médias et fait partie du collectif Making Waves. Références : - « La légende de Kalali » d'Eléonore Kadi Johannes, à paraître en août aux éditions Mahury. - « Allons enfants de la Guyane », d'Hélène Ferrarini, aux éditions Anarchasis. - « Petit guerrier pour la paix », d'Alexis Tiouka et Hélène Ferrarini, aux éditions de l'Ibis rouge. - L'Espaces Autochtones de Radio Canada. Enregistrements novembre 22 Entretiens et prises de son Clément Baudet et Alice Lefilleul Tambour et chants Alexis Tiouka Musique additionnelle Charlie Marcelet Réalisation & mixage Charlie Marcelet Illustration Xavier Lissillour Production ARTE Radio
Une psychologue raconte la violence du système carcéral Claire, 30 ans, est psychologue dans une prison pour hommes. En théorie, son travail consiste à accompagner les détenus, à prévenir les passages à l’acte, à les aider à préparer leur réinsertion. Mais dans un milieu pénitentiaire dysfonctionnel, violent, abandonné par les pouvoirs publics, c'est carrément "mission impossible". Pour la première fois, Claire témoigne sur la réalité de la vie en détention, loin des regards de la République. Car comment effectuer un travail thérapeutique avec des hommes qui ne reçoivent pas à manger tous les jours ? N’ont droit qu’à trois douches par semaine ? Sont forcés de vivre parmi les cafards ? À la violence des conditions de détention s’ajoute celle subie par les soignants. Celle de l’institution, dont le manque de moyens humains et matériels ouvre la voie aux pires drames. Avec humour et fraîcheur, malgré tout, Claire s'interroge : son travail a-t-il encore un sens dans des conditions aussi dégradées que dégradantes ? Daphné Turpin est journaliste et cadreuse de documentaires. Elle travaille notamment pour ARTE et France Télévisions. C’est son premier podcast. Enregistrements janvier 23 Réalisation et mixage Charlie Marcelet Musique originale Charlie Marcelet et Vincent Tuân Lépinaux Illustration Joseph Delhomme Production ARTE Radio
Une double vie à 78 ans Josiane, la grand-mère de Diane, est mordue des Sims. Un célèbre jeu de simulation sur ordinateur qui permet de créer des personnages et d’organiser leur quotidien dans les moindres détails. « S’ils ne sont pas gérés, ils font des bêtises… » , explique-t-elle. Une à deux heures par jour depuis 2007, tandis que son mari Bernard vaque à ses occupations, Josiane rejoint ainsi sa tribu numérique, présidant aux repas, aux parties de "crac-crac" (comme on dit dans le jargon Sims) ou aux naissances qui s’ensuivent. Un monde virtuel où la mort rôde, mais où les petits bobos et autres assauts redoutés de la vieillesse n’existent pas... En dix minutes aussi drôles que touchantes, le récit d’une addiction refuge, rythmé par les confidences d’une attachante gameuse de 78 ans. Enregistrements janvier 23 Réalisation et mixage Charlie Marcelet Illustration Electronic Arts Production ARTE Radio
Pourquoi le tube de Rachid Taha raconte l'histoire de France "Viens danser, c’est ta chanson !" : c’est ce qu'entendent Hassen et Mehdi à chaque fois que résonne en soirée l'intro de "Ya Rayah", le tube de Rachid Taha. C'est le point de départ d'une enquête documentaire et décontractée sur cette chanson qui fut deux fois un succès. Créée par le chanteur algérien Dahmane El Harrachi en 1971, “Ya Rayah” raconte la douleur de l’exil en France et le regret du pays natal. Sa reprise par Rachid Taha en 1998 triomphe sur les dancefloors du monde entier et unit la France lors du concert "1, 2, 3 Soleil" à Bercy. Dans les deux cas, ce tube chanté en arabe est aussi une chanson française, car produite et enregistrée en France. Elle appartient désormais à notre patrimoine commun. C'est l'une des mille histoires racontées à deux grands documentaristes, Hassen Ferhani (143, rue du Désert) et Mehdi Ahoudig (Poudreuse dans la Meuse). On les suit dans les bars de Noailles (Marseille) et de Barbès (Paris) ; chez l'historienne et musicologue Naïma Huber-Yahi ; chez le musicien Hakim Hamadouche dont la mandole porte la version de Taha ; avec le musicien Sofiane Saïdi ; avec les coiffeurs et les vendeurs de Marlboro. À l'aide d'analyses brillantes et de punchlines, de témoignages et de confidences, ce documentaire questionne ce que la chanson "Ya Rayah" dit de l'histoire des Français d'origine maghrébine et de leurs exils intimes. Avec Naïma Huber-Yahi (historienne et musicologue), Hakim Hamadouche (musicien et mandoliste de Rachid Taha), Slimane Dazi (comédien et ami de Rachid), Sofiane Saïdi (chanteur, musicien), Rafik (coiffeur à Barbès), Toufik Baalache (ami de Rachid), Farid Diaz (rappeur), Mohamed Kably (musicien), Tahar Kessi (cinéaste), Sofiane Allaoua (musicien), des voix diverses de Noailles et de Barbès. Hassen Ferhani Réalisateur, chef-opérateur et photographe né en 1986 à Alger, Hassen Ferhani a nourri sa passion au ciné-club Chrysalide dont il est co-animateur de 2003 à 2008. Les Baies d’Alger (2006), court-métrage de fiction, est repéré dans plusieurs compétitions internationales. S’ensuivent Le vol du 140 (2008, Fémis d’été), Afric Hotel (2010, coréalisation) et Tarzan, Don Quichotte et nous (2013). Il forge ainsi sa démarche – un travail sur le réel imprégné de fiction – dont il donne la pleine mesure avec ses deux longs-métrages multi-primés. Dans ma tête un rond-point (2015) est, entre autres, lauréat du Grand Prix FID et du McMillan-Stewart Fellowship (Harvard) et devient le premier film à recevoir deux Tanit d’Or au Festival de Carthage. Parmi une vingtaine de distinctions (Alger, Nantes, Séoul, Toronto, Turin, Valdivia…), 143 rue du Désert (2019) lui vaut le Léopard du meilleur réalisateur émergent au Festival de Locarno. Mehdi Ahoudig Mehdi Ahoudig est un réalisateur sonore et audiovisuel multi-primé, né à Pantin en 1967. Il réalise des bandes-son pour le spectacle vivant de 1995 à 2015. Depuis 2004, il réalise des podcasts documentaires pour ARTE Radio dont « Wilfried », « Poudreuse dans la Meuse » (Prix Europa 2015, Prix grandes ondes 2016), « Qui a connu Lolita ? » (Prix Europa 2010), ainsi que pour France Culture. Il réalise aussi des documentaires pour le web, dont « A l’abri de rien » (Prix Europa 2011). Il a réalisé plusieurs films documentaires dont « Une caravane en hiver » produit par Squawk (prix de la diffusion Raï au Primed en 2020). Le film « La parade » co-réalisé avec Samuel Bollendorff, reçoit une étoile de la SCAM en 2018. En 2022, tous deux ont proposé le film "Il était une fois dans l'Est" et une exposition multimédia, « Frontaliers, des vies en stéréo », pour la capitale européenne de la culture Esch-Sur-Alzette au Luxembourg. Entretiens et prises de son Hassen Ferhani, Mehdi Ahoudig Réalisation Mehdi Ahoudig et Samuel Hirsch Guitare basse et mix Samuel Hirsch Illustration Zaven Najjar Production ARTE Radio
Comment des milliers de femmes ont trouvé un emploi, une autonomie et un langage codé Des années 1920 à la fin des années 70, de très nombreuses femmes accèdent aux emplois de bureau à travers la sténographie. Une technique d'écriture rapide qui permet d’écrire à la vitesse de la parole pour pouvoir ensuite taper le texte à la machine. Elles deviennent ainsi des sténo-dactylos, comme les fameuses secrétaires que l’on voit dans les films. Des milliers de jeunes femmes trouvent là un emploi et une autonomie nouvelle. Janine, Françoise et Hélène racontent ce qu’a été ce métier très particulier, quasi-exclusivement féminin, entre don de soi et manque de reconnaissance. Elles dévoilent aussi comment, le soir venu, elles utilisent parfois la sténo comme une écriture secrète pour tenir leur journal intime... Pour son premier podcast, Clara Blein-Renaudot mêle des témoignages inédits, un entretien avec la sociologue Delphine Gardey ("La dactylographe et l’expéditionnaire. Histoire des employés de bureau (1890-1930)", Belin, 2001) et des archives sonores croquignolesques. Ancienne étudiante aux Beaux-Arts, elle documente aussi au fil du documentaire son propre apprentissage de la sténo. Ce documentaire a bénéficié de l'aide à l'écriture de podcasts du ministère de la Culture. Enregistrements novembre 21-septembre 22 Prises de son, montage, texte et voix Clara Blein-Renaudot Réalisation et mix Anna Buy Illustration Lise Iris Production ARTE Radio
Gagnant du concours de podcasts 2022 "Un été en liberté" Dans le cimetière d'un petit village d'Ariège se trouve la tombe de mes parents. Heureusement, ils ne sont pas encore dedans. 1er prix du concours de podcasts 2022 "Un été en liberté" : Le jury a été touché par cette histoire de famille cocasse et tendre, tournée en mode documentaire. Comme quoi le podcast, parfois, se passe très bien de voix off et de narration... Le concours de podcasts des Audioblogs d'ARTE Radio a lieu chaque été. Le concours 2022 était animé par Thomas Guillaud-Bataille, coordoinateur des Audioblogs. Il était proposé par ARTE Radio en partenariat avec Télérama et Sennheiser. La gagnante Anne Defraiteur-Nicoleau pour "Rien ne presse" gagne un mix par Samuel Hirsch + une diffusion rémunérée sur ARTE Radio + une diffusion sur le site de Télérama + un abonnement papier d'un an à Télérama + un micro de reportage Sennheiser + un casque audio Sennheiser. Les 2ème et 3ème prix ainsi que l'ensemble des envois au concours sont là. Enregistrements été 22 Réalisation Anne Defraiteur-Nicoleau Mix Samuel Hirsch Production ARTE Radio
Etienne héberge son frère accro à l'héroïne Après avoir découvert que son petit frère Antoine, âgé de 32 ans, fumait de l’héroïne depuis plusieurs années, Étienne décide de l’accueillir chez lui à Paris pour l’aider à vaincre son addiction. Durant près de 3 ans de vie commune, Étienne enregistre leurs discussions et raconte leur combat quotidien pour la réinsertion. Entre espoir et désillusion, moments de complicité, de fête et de disputes, les deux frères se rapprochent jusqu'à s’interroger sur leur relation. Que peut faire Étienne pour accompagner son frère ? Quelles sont les limites de l'aide que l'on peut apporter aux autres ? Confronté aux difficultés de la réinsertion dans un monde en déclin, ainsi qu’aux nombreuses tentations du nord-est parisien, Antoine va pourtant peu à peu sortir la tête de l’eau avant de connaître une fin tragique. Etienne Karlen est coordinateur de parcours pédagogique à Paris. Il travaille sur un programme de recherche destiné aux personnes éloignées de l’emploi. C’est son premier podcast. L'auteur remercie : Mes parents Albert et Sylvia, ma sœur Bérénice, mon beau-frère Thomas et leurs enfants, les amis, Jérôme Pecout, François de Riedmatten, Frédéric Udry, Nicolas Peillon, Pierre Chartier, Inès Bedrani (Les Enfants du Canal), Pierre Hecart, Essie Assibu, Antoine Migzer, Caroline Barkhou, Françoise Lebas, Michael Pawlak, Véronika Abraham, Johann Pons, Julie Bluma, Frédéric Evequoz, Margherita Massafra, Ryadh Roublev, Véronique, Elysa et Tarik. Aux amis d'Antoine et à toutes les personnes qui ont été là pour lui quand il en avait besoin. Enregistrements novembre 18-septembre 21 Texte, voix, prises de son et montage Etienne Karlen Réalisation, musique originale et mix Samuel Hirsch Illustration Ophélie Legrand Production ARTE Radio
Une histoire du Liban racontée par les sons Rana Eid est sound designer et réalisatrice. Depuis près de 40 ans, elle enregistre les ambiances de Beyrouth, sa ville natale. Elle enregistre donc les sons de la guerre civile (1975-1990), la reconstruction, la guerre de 2006, la révolution civile de 2019, l’explosion du port le 4 août 2020 et enfin l’effondrement actuel du Liban. Aujourd'hui, elle commente ses propres archives sonores qui racontent son pays meurtri et une ville qui retient son souffle. Marine Vlahovic (Carnets de correspondante) a rencontré Rana Eid une première fois en 2014 avant de la retrouver quelques années plus tard. Un manifeste sensible sur l’importance du son dans nos mémoires. Ce documentaire est lauréat de l'appel à projets 2021 du ministère de la Culture. Enregistrements juillet 2014, octobre 2021 Entretiens et montage Marine Vlahovic Réalisation Marine Vlahovic et Samuel Hirsch Mixage Samuel Hirsch Illustration Raphaelle Macaron Production ARTE Radio
La vie d'un village en direct live Qui appelle t-on quand on a un souci dans une petite commune rurale de 200 habitants ? Le maire. Et quand le maire est occupé sur son tracteur, on lui laisse un message. Pour dire ses doutes, ses questions, ses angoisses et parfois ses joies. Le soir, Laurent et son épouse Laure, présidente du comité des fêtes, écoutent et commentent ces messages comme des archives vivantes de la vie du village. Un chien qui chasse le gibier, une panne de l'éclairage public, un nouvel arrivant qui demande à ce qu'on lui transporte ses tonnes de livres... Toutes ces petites choses qui font la vie, et qui rendent celles de Laure et Laurent fatigante, palpitante mais surtout essentielle. Vous vous posez des questions sur la vraie vie des maires d’une petite commune rurale ? La réponse après le bip. Romain Cavallin et Matthieu Cauchy sont photographes. Ils travaillent régulièrement en duo et beaucoup en milieu rural. Le répondeur du maire est leur premier podcast. Enregistrements 2021 Prises de son et montage Romain Cavallin et Matthieu Cauchy Mixage Charlie Marcelet Illustration Malijo Production ARTE Radio
Un message au-delà du temps et des frontières Pendant des décennies, les personnes analphabètes de ma famille se sont enregistrées sur des cassettes afin de communiquer avec leurs proches en France. Ma mère et moi venons de retrouver une K7 audio datant de 2004, glissée dans une enveloppe qui n’a jamais été ouverte. Elle l’écoute pour la première fois, dix-sept ans plus tard. Nous étions persuadées qu’elle contenait un message de ma grand-mère. Mais la cassette renferme en réalité un message de la première femme de mon grand-père, yaye Elisa ou "maman Elisa", aujourd’hui décédée. Ma mère semble bien plus émue que s’il s’agissait de la voix de sa “vraie” maman. Cette découverte surprenante me pousse à échanger avec elle sur la polygamie, mais aussi sur l'importance de l'oralité et de la transmission dans notre famille partagée entre France et Sénégal. Ma mère, comme beaucoup d'immigrés, a mené une double vie entre deux continents. L’écoute de cette cassette réactive une mémoire de l’immigration : une arrivée en France douloureuse et l’amour des siens laissés au pays. (Emilie) Ce documentaire a été soutenu par l'appel à projets 2021 du ministère de la Culture. Emilie Mendy est auteure de podcasts et journaliste. En 2021, elle coécrit avec Annabelle Martella la fiction "Game Lover" produite par ARTE Radio, et classée parmi les 10 podcasts les plus marquants de l’année par Les Inrocks. Elle aide les auteurs débutants à lancer leur podcast sur sa plateforme Emilie Podcast. Depuis 2020, elle tient également la chronique mode “Dress code : street” sur Mouv’. Ses sujets de prédilection sont les contre-cultures et les populations marginalisées. Enregistrements 2021-22 Texte, voix, prise de son, montage Emilie Mendy Réalisation et musique originale Samuel Hirsch Illustration Maïc Baxane Production ARTE Radio Remerciements Clarisse Mendy, Elisa Mendy, Jeanette Gomis
Dans la famille communiste, demandez le secret "Je suis né en 1991, l’année de la chute de l’URSS. Avec un grand-père résistant et un père militant, chez moi le communisme est une affaire de famille. J’ai fait mes premières manifs en poussette et mes premiers concerts à la fête de l’Huma. Des années plus tard, j’apprends que mon grand-père a dissimulé une lettre sous une pile d'assiettes. Un témoignage bouleversant qui dénonce la répression du printemps de Prague par les troupes soviétiques en août 1968. Et qui anticipe fortement les réactions à l'actuelle invasion de l'Ukraine par la Russie. Pourquoi mon grand-père, que je vénérais pour son intégrité, a-t-il choisi de cacher cette lettre ? C'est l'occasion de questionner une génération contrainte de se positionner suite à l'invasion de la Tchécoslovaquie. C'est aussi le point de départ d'une enquête intime et politique qui me plonge dans l’histoire du Parti Communiste Français, avec ses dirigeants comme Pierre Laurent comme avec la grande famille des militants de base." (Paul Bertiaux) Réalisateur sonore et technicien du son, Paul Bertiaux a gagné le concours de l'été 2021 des Audioblogs ARTE Radio avec L'été de Prague. Il a également travaillé trois ans dans l'agronomie et a réalisé un documentaire audio pour la Confédération paysanne autour des alternatives naturelles aux pesticides. Il est compositeur de musique électronique depuis une dizaine d'années sous le nom de Polbee. Enregistrements novembre 21, janvier 22 Texte, voix, prises de son, montage Paul Bertiaux Voix David Sitbon (les coelacanthes), Bénédicte Huberson (la lettre), Jérôme Pigeon (Georges Palluy) Mise en ondes & mix Charlie Marcelet Illustration Xavier Lissillour Production ARTE Radio
« Antisocial » en zonzon, sans perdre son sang-froid 24 janvier 1980 : Franck Balandier, jeune éducateur pénitentiaire à Fleury-Mérogis, jubile. Le groupe Trust, héros du hard-rock hexagonal portés par le succès d’« Antisocial » sorti moins d’un an plus tôt, vient de passer les portes de la prison. Dans leurs pantalons en cuir, les quatre musiciens chevelus – auteurs d’une autre chanson subversive, « Le mitard », qui sample une cassette testamentaire de Jacques Mesrine – sont invités par Franck pour offrir un concert à 350 détenus. La tension monte derrière « les barreaux fleuris ». Mais personne ne perd son sang-froid et le show, généreux et émouvant, confirme qu’une voie vient de s’ouvrir en France pour la musique live en milieu carcéral. In Trust we trust ! Quarante ans plus tard et presque autant de temps passé dans l’administration pénitentiaire, Franck Balandier, 68 ans, est devenu écrivain. En février 2021, ce passionné de rock et d’Apollinaire aurait dû avoir le plaisir de voir paraître son dernier livre, « Sing Sing – musiques rebelles sous les verrous », épais recueil de portraits de musiciens ayant passé quelques heures ou plusieurs années en zonzon : de Johnny Cash à Daniel Darc, de Chuck Berry à Booba (éditions Le Castor Astral). Hélas, un cancer incurable l’emporta en décembre 2020, moins d’un mois après l’enregistrement de cette histoire dans les studios d’ARTE Radio. Nos pensées vont à ses proches. Richard Gaitet est écrivain et journaliste pour ARTE Radio (« Bookmakers ») et Radio Nova (« Le roman noir des radios libres ! »). Enregistrement novembre 20 Mise en ligne mars 22 Entretien, découpage Richard Gaitet Prise de son, montage, réalisation, mixage Arnaud Forest Illustration Bouqé Remerciements Delphine Arnould-Balandier Production ARTE Radio
Mathilde a le syndrome de Gilles de la Tourette et elle vit très bien avec Mathilde habite à Quimper avec son fils Léon et son compagnon Corentin. Entre deux services au restaurant, elle aime profiter de la vie, comme tout le monde. Mais Mathilde ne ressemble pas vraiment à tout le monde. Elle a des tics, sonores et gestuels. Et le responsable, c’est Gilles. Ou plutôt Gilles de la Tourette. Camille, sa petite sœur, a décidé de mener l'enquête sur cet intrus qui a débarqué dans la famille sans prévenir. Qui est-il vraiment ? Comment s'est-il incrusté ? Et comment Mathilde a-t-elle appris à vivre aussi bien avec lui ? Le long des côtes du Finistère, à table autour du poulet dominical ou en balade à la mer, du Booba dans les oreilles, Mathilde et Camille partent ensemble à la découverte de Gilles, celui qui a bouleversé leur quotidien. Un récit familial qui interroge notre rapport au handicap et à la « normalité ». Prix Italia 2022 : Spécial mention, catégorie documentaire. Camille Descroix est journaliste. Elle travaille pour la presse écrite et la radio, notamment avec Vice, Slate ou encore franceinfo. C’est son premier podcast. Remerciements Aux docteur(e)s Marie Mailly, Fernanda Maciel et Andreas Hartmann. À Jean-Francois Mittaine, vice-président de l’association Française de Gilles de la Tourette. Le Syndrome de Gilles de la Tourette (SGT) est une maladie neurologique dont la cause est encore méconnue. Elle est caractérisée par des tics moteurs (mouvements involontaires plus ou moins complexes) et par des tics vocaux (vocalisations, cris, raclements de gorge….). Pour plus d'informations : https://www.france-tourette.org/. Enregistrements février 2021 Entretiens, prises de son et montage Camille Descroix Réalisation, mixage et musique Charlie Marcelet Illustration Calixte Bernard Production ARTE Radio et Tavie Prod, avec le soutien de l’Association française du syndrome de Gilles de la Tourette (AFSGT)
ACAB sauf papa ? Sacha est anarchiste. À 22 ans, elle traîne son drapeau noir entre manifs et squats. Mais la police est partout, y compris à la maison, avec son père flic qui travaille aux renseignements territoriaux. Entre la fille pour laquelle "ACAB = All cops are bastards, tous les flics sont des salauds", et le père aux idées d'extrême droite, l’ambiance est électrique et les débats impossibles. Pourtant, la situation a quelques avantages. Si Sacha n’assume pas le métier de son père dans le milieu militant, son papa flic lui transmet parfois des infos utiles sur la surveillance dont elle et ses amis font l’objet... Mais Sacha voudrait pouvoir dépasser ce conflit. Comment conserver une relation père-fille quand on n’est pas du même côté de la barricade ? Enregistrements juin 21 Entretien et prise de son Hélène Assekour Réalisation & mix Charlie Marcelet Production ARTE Radio
L'éjaculation précoce ou "rapide" touche un homme sur quatre et personne n'en parle 5 minutes et 40 secondes : c'est la durée moyenne d'un rapport sexuel selon les chercheurs. Parfois c'est plus, et parfois... c'est moins. Beaucoup moins. Près d'un homme sur 4 ou 5 éjacule en quelques secondes, juste après le début de la pénétration. Si certains n'y attachent aucune importance, la plupart en souffre énormément. Perte de confiance en soi. Baisse de libido. Peur de décevoir leur partenaire. Et surtout, surtout... silence absolu. L'éjaculation précoce, ou "rapide" comme disent les sexologues, est totalement taboue dans une société qui prône la réussite et la performance. Après 6 mois de recherches, un seul homme a accepté de témoigner au micro de Louise Régent. De raconter sans pudeur ce qui se passe sous la couette et dans sa tête. "De moi-même, dit Benjamin, je ne vais pas aller voir une fille qui va me plaire. Parce que je sais pertinemment que je ne serai peut-être pas à la hauteur de ce qu'elle attend d'un rapport". Son récit intime est éclairé par l'analyse du médecin sexologue Gilbert Bou Jaoudé, directeur du Centre d'études et de traitements des dysfonctions sexuelles et du couple, et co-fondateur de la plateforme de télé-consultation Charles.co. Enregistrements 8 février, 12 avril 21 Mise en ondes & mix Charlie Marcelet Réalisation Louise Régent Production ARTE Radio
Être jeune agricultrice, c'est pas si facile Coralie, 18 ans, prépare un BTS agricole au lycée de Coutances dans la Manche. Son rêve : reprendre la ferme que son père destinait au fils qu’il n’a pas eu. Un regret et une amertume que, malgré son grand amour pour ses deux filles, ce cultivateur "conventionnel" ne parvient pas à masquer. Une souffrance pour Coralie qui travaille d’arrache-pied sur l’exploitation familiale pour prouver qu’elle peut faire autant, voire plus et mieux qu’un homme. Mais à ses yeux comme à ceux de son père, le résultat n’est jamais à la hauteur de la représentation que l’une et l’autre se font des garçons du même âge. En particulier de son cousin Pierre-François, élève de la même classe de BTSA et futur repreneur de l’exploitation de ses parents, voisine de celle de Coralie. Ce documentaire en immersion suit l’apprentie agricultrice le temps d’une année scolaire en plein cœur du bocage normand. Une vie de jeune fille d'aujourd'hui, entre fêtes le week-end, bains de mer entre copines, cours au lycée ou stage dans une ferme de la Hague. À des années-lumière des préjugés sur la jeune génération, Coralie s’interroge sur la transmission de l'exploitation, sur son avenir en couple et en famille, et sur la question du genre dans son milieu. Pas simple pour elle de « prouver qu’une fille peut être agricultrice » comme elle le formule, surtout sous le regard d’un père omniprésent, partagé entre une réelle tendresse à l’égard de sa fille et la frustration de ne pas avoir son « gars ». Merci à Coralie et sa famille - aux élèves et à l’équipe pédagogique de la classe de première année de BTS ACSE du lycée agricole "Coutances, métiers, nature", en particulier à Marine Pizzala, professeure d’agronomie - à l’équipe de l’atelier Podcasts d’Émergence et à sa directrice Nathalie Bessis, où ce podcast a été initié. Devenu journaliste et écrivain après une reconversion professionnelle radicale, Yves Deloison collabore à de nombreux titres de presse. Bien avant la révolution #metoo, il a écrit "Pourquoi les femmes se font toujours avoir ?" et "L’homme, le nouveau sexe faible" (First Document) sur les questions de genre et le poids des stéréotypes. Dans son dernier livre "Il était une bergère" (Le Rouergue, 2020), il aborde les enjeux agricoles majeurs à travers l’histoire d’une néo-paysanne, prémices de cette plongée documentaire qui croise agriculture, genre et transmission. "La Jeune Fille et la ferme" est son premier podcast. Enregistrements octobre 20-juin 21 Prises de son, entretiens, montage Yves Deloison Réalisation Arnaud Forest Musique originale Clément Simounet (guitare) et Arnaud Forest Illustration Malijo Production ARTE Radio
Mes années collège et ma transition de genre C’était le début des années 90 au collège Maurice-Ravel, dans une petite ville des Yvelines. Nous étions 4 amies inséparables : Claudia, Audrey, Vanessa et moi. On formait le quatuor de Ravel mais les profs nous surnommaient "le quatuor bavard". En classe, on papotait beaucoup, on était un peu rebelles (mais pas trop). En 4ème, mes trois copines ont commencé à sacrément s’intéresser à Vanessa Paradis et aux garçons. Pas moi. Au sein du quatuor, il était évident pour moi que je ne ressemblais pas à mes copines, parce que je n’étais pas doué pour rentrer dans la case fille. Cette question m’a poursuivi toute ma vie jusqu’à ce que j’y apporte une réponse concrète. A quarante ans passés, je suis devenu un garçon transgenre. Mon processus de transition de genre m’a amené à me poser pleins de questions, comme on peut l'imaginer. J’ai notamment eu envie de comprendre comment on m’a façonné comme fille au moment de l’adolescence alors que je me suis toujours senti garçon. Pour y répondre, je suis allé retrouver mes copines du collège pour engager une conversation intime avec chacune d’entre elles. J’ai voulu trouver les morceaux manquants de mon histoire en convoquant leurs souvenirs d’adolescentes, et leur perception de notre amitié à quatre au fil de ces trente années passées. Sur ce montage photo de g. à d e 1997 : Audrey, Adam, Vanessa et Claudia. Adam.M Adam.M est un artiste-activiste féministe transgenre qui concentre son travail sur l’image des femmes et des identités hors-normes. En art visuel, Adam a notamment réalisé en 2014 le court-métrage « Thérèse(s) et Simone(s) » sélectionné dans plus d’une vingtaine de festivals en France et à l’international. Il mène actuellement les projets photographiques « 107 Lesbiennes », série de portraits sur la visibilité lesbienne et « ECCE HOMO », autoportraits de pratiques transgenres. En tant que performeur, il a participé au feuilleton d’Avignon 2018 « Mesdames, messieurs et le reste du monde », mis en scène par David Bobée, et à la création théâtrale 2018 de Rébecca Chaillon « Où la chèvre est attachée, il faut qu’elle broute ». Depuis 2019, Adam est interprète et co-créateur avec le collectif NU.E.S (Montréal) de « Quand la neige fond entre mes cuisses », spectacle sur les érotismes queer et féministes. Parallèlement à ses activités artistiques, Adam.M est également maraîcher dans une ferme urbaine permacole et agroécologique à Poitiers. Enregistrements février-juin 21 Prises de son, entretiens, voix & montage Adam.M Réalisation & mix Arnaud Forest Production ARTE Radio
Grandir dans l'ombre d'un frère délinquant Elevée dans une famille turque à la fois ouverte et traditionnelle, Derya arrive au collège en petite fille sage au look « col Claudine ». Pourtant, elle s’aperçoit vite que tout le monde la respecte. A la récré, elle a même le droit de s’installer à la table de ping-pong réservée au « gratin » de la cour. Elle comprend vite que son frère, Cem, est un caïd du quartier, craint et respecté. Pour elle, au début, c’est trop stylé d'avoir un grand frère qui corrige celles qui t'embêtent... Et puis un matin, les flics font irruption dans l’appartement familial, lampe torche au poing et chiens en laisse. Ils perquisitionnent les lieux et embarquent Cem menottes aux poignets. C’est le début de la dégringolade. De délinquances en addictions, le grand frère s'abîme dans les marges. Il conserve pourtant toute l'affection et la tolérance de sa famille, quand la "petite soeur" se voit toujours autant surveillée. Vingt ans plus tard, Derya revisite le passé, les tensions, les secrets, à travers ses souvenirs et les lettres qu’elle a échangé des années durant avec son frère. Elle raconte pour la première fois la délinquance vue par une « petite sœur » et se confronte avec son aîné. Karine Le Loët est journaliste et autrice pour ARTE Radio (« Mon enfant Terrible ») et Les Pieds sur Terre sur France Culture. Derya en turc signifie Océan. Ses sœurs s’appellent Devrim et Deniz, des noms de révolutionnaires. « Dans ma famille, on a un lien fort avec l’engagement, la révolte, la liberté », raconte celle qui est née il y a 36 ans dans un quartier sensible de Strasbourg. Ses parents ont quitté l’Anatolie pour émigrer en France en 1973. Derya a grandi avec son frère et ses deux sœurs dans le 91, à Saint-Michel sur Orge. Dans son entourage turc, elle est celle qui est libre, « qui vit comme les Français ». Après avoir enchainé les petits boulots, elle décroche à 19 ans son premier contrat de médiatrice socio-culturelle dans l’association Assemblée citoyenne des originaires de Turquie. Toujours en quête de sens, elle intègre en 2016 W, l’école où l’on apprend à raconter des histoires… Aujourd’hui encore, elle aime y côtoyer des élèves et des professionnels de tous les horizons. De quoi rassasier sa soif de connaissances, son envie de créer des liens et de mener des projets. Comme ce court-métrage sur la génération Hirak, en pleine élection présidentielle en Algérie, qu’elle a présenté au Nikon Film Festival, ou ce podcast « Petite sœur » qui la raconte elle-même. Sans filtre. Enregistrements printemps 21 Prises de son et montage Karine Le Loët Mise en ondes et mix Charlie Marcelet Production ARTE Radio
Que nous raconte l'appli préférée des ados ? A 13 ans, la nièce de Judith Duportail, qu’on appellera ici Little Miss TikTok, passe au moins deux heures par jour sur les réseaux sociaux. Elle a eu déjà jusqu'à 1800 abonnés sur TikTok. Réseau social ultra-populaire chez les moins de 15 ans, TikTok est aujourd’hui LE média de la culture jeune. Les ados y partagent de courtes vidéos où ils y racontent leur contrôle de math surprise, font des playback sur leurs tubes préférés et s’échangent des recettes de cookies au m&m's nutella-coco. Hélas, il ne s'échangent pas que cela. Qu’est-ce que ça fait de grandir immergé dans le flux vidéo infini de Tiktok, de se construire avec un smartphone greffé à l’âme ? Sur la planète TikTok, on s’habitue sans s’en rendre compte à composer avec la menace d’un harcèlement au moindre faux pas. Et l’idéologie matérialiste martelée dans chaque vidéo d’influenceur s’imprime au fer rouge dans leurs cerveaux fringants. Bienvenue dans le monde de Little Miss TikTok. Judith Duportail est journaliste et autrice (Qui est Miss Paddle, Dating Fatigue, L’amour sous algorithmes). Elle étudie les impacts des nouvelles technologies sur nos subjectivités. Enregistrements mars, avril, mai 21 Entretiens et montage Judith Duportail Réalisation et mixage Charlie Marcelet Musique Arnaud Forest, Charlie Marcelet Illustration Quentin Zuttion Production ARTE Radio
Du 113 aux Daft Punk, le génie d'une comète Musicien éclectique à la personnalité chaleureuse, DJ Mehdi aura illuminé l’âge d’or du rap français des années 90-2000. Il a donné un « son » aux quartiers populaires avec le tube du groupe 113 « Tonton du bled » et bien d'autres. Mais il a aussi fait des excursions électroniques dans la « french touch » avec Justice ou Daft Punk. Il a donc réconcilié le hip hop et l'électro à une époque où c'était mal vu, voire impossible ! Éditeur du magazine Rockyrama, Johan Chiaramonte s’attache au parcours de Mehdi Faveris Essadi, plus connu sous le nom de DJ Mehdi, trop tôt disparu (à 34 ans !) le 13 septembre 2011. Le podcast va à la rencontre de ceux avec qui il a travaillé, de ses débuts en banlieue à l'âge de 14 ans (Manu Key de Mafia K'1 Fry) à ses complices à Paris : Pedro Winter du label Ed Banger, Romain Gavras de Kourtrajmé, Xavier de Rosnay du groupe Justice, le journaliste rap Arnaud Fraisse, le compositeur et chef d'orchestre Thomas Roussel. Tous participent à remettre son oeuvre en contexte, et surtout donnent à entendre l'originalité du son de DJ Mehdi. Johan Chiaramonte grandit dans les années 80, ce qui lui permet plus tard, après avoir longuement étudié Pif Gadget et Strange, de créer les revues de cinéma Rockyrama et Otomo. En parallèle il réalise une trentaine de documentaires pour la télévision, toujours sur le cinéma qui semble être son obsession. Amoureux de radio, dès son plus jeune âge il s’endort la radio allumée, de préférence avec des gens qui parlent doucement, et se lance pour la première fois dans le documentaire audio. L'épilogue est extrait d'un entretien avec DJ Mehdi par Silvain Gire en octobre 2002. Enregistrements mai-juin 21 Entretiens Johan Chiaramonte Réalisation & mix Samuel Hirsch Illustration Alexandre Philipps Production ARTE Radio
Une star de la musique africaine en exil Un jour, pour son anniversaire, le réalisateur et musicien Jérémi Nureni Banafunzi s'offre un disque vinyle titré "Festival". Le groupe ? Super Mama Djombo, 12 musiciens africains de la Guinée-Bissau. Un chant créole-lusophone proche des sons du Cap-Vert. Les deux pays sont cousins, ils formaient une seule et même colonie portugaise. Le même jour et par hasard, Jérémi reçoit des mains de son pianiste "Les Grands", un roman de Sylvain Prudhomme. Le livre raconte justement en détails le Super Mama Djombo. Un groupe de légende, adulé par tout un pays, acclamé à travers le monde. Un pilier de la Guinée-Bissau post-coloniale. Un disque, un livre, un même frisson : l'alchimie est parfaite. Une part de la légende du Mama Djombo vit toujours, ici même en France : Malan Mané, le chanteur principal du groupe. Ce musicien oublié par son pays vit désormais isolé en banlieue parisienne loin de la gloire que son micro lui offrait il y a 35 ans. Au pays, beaucoup le croit même décédé. Pourtant, dans les rues de Bissau, aujourd'hui encore la voix de Malan retentit dans les enceintes à chaque événement national. C'est lui qui chante le morceau devenu le second hymne national du pays, la chanson de cœur des Bissau-Guinéens : « Sol Maior Para Commandante ». Avec ses camarades, Malan a été la voix d'une révolution. Le cri d'un peuple qui se libérait. Dans son petit studio à Montreuil, le chanteur retrouve le micro et raconte sa vie en exil, le destin du Super Mama Djombo, l'histoire d'un groupe et la sienne. Et à travers elles on entend l'histoire de la Guinée post-coloniale, celle de milliers de musiciens africains et de millions d'exilés. Ressources : - Extraits du livre "Les grands" de Sylvain Prudhomme (éditions Gallimard). - Extraits de l'émission "Néo Géo" sur Radio Nova (nov. 2014). Merci à Bintou Simporé et Benoît Thuault. - Musiques : Super Mama Djombo, José Carlos Schwartz. Enregistrements juin 20 Texte, voix, réalisation Jérémi Nuréni Banafunzi Mise en ondes & mix Samuel Hirsch Production ARTE Radio
Dans le lotissement où j'ai grandi, comment vivent les ados d'aujourd'hui ? Le temps d'un été, Jeanne retourne vivre dans le décor de son adolescence : un lotissement dans les Bouches du Rhône, au pied des collines de Pagnol et d'une ancienne mine de charbon. Ni en ville, ni tout-à-fait à la campagne, dans la France des rond-points, des tondeuses à gazons et des sardines à la plancha. Jeanne se replonge dans ses années 90, ado perdue au sein d'un hameau tout neuf, à l'époque un peu prolo, avec les jeunes du coin assis sur leurs scooters à l'arrêt de bus, alors que son éducation très ouverte la pousse à voyager loin. Aujourd'hui, les arbres et les piscines ont poussé, les enfants de cadres ont remplacé les fils et filles d'ouvriers, mais le théâtre des opérations des ados n'a pas tellement changé : vingt-deux maisons collées à vingt-deux garages, la placette pour les petits, le terril comme terrain de jeux, l'arrêt du car comme spot de rendez-vous. Alors à quoi rêvent-ils, ces adolescents qui vivent dans le lotissement aujourd'hui ? Où sont leurs frontières, leurs espaces de liberté ? La garrigue est-elle plus verte ailleurs ? Jeanne Robet Née en 1979, Jeanne Robet écrit et réalise des documentaires, des audio-guides et des créations sonores pour la radio et les musées. Après une formation en audiovisuel en France et à Londres, elle s'oriente vers la création et le documentaire sonores en intégrant l'équipe d'ARTE Radio en 2003, où elle se forge une solide expérience en production de podcasts. A partir de 2010, elle poursuit son travail d’auteure et de réalisatrice sonore en indépendante. Plutôt connue pour ses montages excentriques et sa recherche de personnages interlopes qui tendent vers la fiction ("Violent femmes", "Crackopolis"), "Le Terril jeune", est le second documentaire où elle livre des bribes de son histoire personnelle, après la comédie familiale "Quelque chose en nous de Tunisie". Enregistrements 18-20 Prises de son, texte et voix Jeanne Robet Mise en ondes & mix Arnaud Forest Guitare Jules Benveniste Illustration Matthias Picard Production ARTE Radio
Norman Lasker aka Paraisy, un champion de MMA fin et sensible Norman Lasker, mieux connu sous le nom de Norman Paraisy, est né le 7 janvier 1986 à Paris. Fils d’une professeure de latin-grec d’origine polonaise et d’un ouvrier d’origine haïtienne, il grandit élevé par sa mère dans le quartier de Strasbourg-Saint-Denis à Paris. À 16 ans Norman découvre le MMA (art martial mixte ou free fight) et tombe amoureux de ce sport sulfureux, alors interdit en France, qu’il va pratiquer aux quatre coins du monde pendant 17 ans. Le résultat ? 22 combats, 15 victoires, un joli palmarès et un statut de pionnier d’une discipline longtemps méconnue. Parfaitement lucide sur ce sport, son image parfois choquante et sur la rudesse des préparations qu’il réclame, Norman revient sans fard sur son parcours. Donc sur la peur, les douleurs et les sacrifices qui mènent à la cage où a lieu ce défi de puissance entre deux hommes, qui rappelle sur bien des points l’époque des gladiateurs. Loin du cliché du bad boy, parlant 4 langues, amoureux des livres et des voyages, Norman a connu les beaux hôtels, les grandes victoires, un milieu parfois inquiétant, l’argent, les blessures et les lendemains de défaites. À 34 ans, il tourne la page sur sa vie de boxeur et change de nom pour porter celui de sa mère. Aujourd’hui, il a pour la première fois de sa vie un statut. Norman est acteur et retrouve sur les plateaux l'adrénaline qu'il aime tant, loin de la cage et des coups. Il a pu participer à la saison 8 de la célèbre série "Engrenages" et sera à l’affiche de La Fracture, nouveau film de la réalisatrice Catherine Corsini. MMA : 22 combats, 15 victoires, 4 défaites, 2 nuls, 1 no-contest. Palmarès : Champion - 84 kg du Strength & Honor Championship (SHC) - Champion - 84 kg du Fighting Marcou Challenge (FMC) - Champion - 84 kg du Pancrace Fighting Championship (PFC) - Contender pour la ceinture des - 84 kg du Cage Warriors Fighting Championship (CWFC) Enregistrements 2020 Entretien et montage Antoine Molkhou, Julien Veniel Réalisation, musique originale et mix Charlie Marcelet Jingle Sable émouvant par Vadim Svoboda Sons additionnels "Dans les gants" par A. Mognol Illustration Capucine Mattiussi Production ARTE Radio
Ma mère africaine immigrée m'a appris l'indépendance et le féminisme Comment une femme de ménage analphabète née en Guinée-Bissau, immigrée en France dans une cité de banlieue, a pu transmettre à ses enfants des valeurs d’indépendance et de féminisme. En parvenant à travailler contre l'avis de son mari, en élevant cinq enfants avec fierté et rigueur, la mère de Liz Gomis a fait éclore chez sa fille des valeurs d’accomplissement personnel et de féminisme sans en connaître la théorie. Récits croisés et échange entre mère et fille autour d'un parcours remarquable. "Je m’appelle Liz Gomis. J’ai grandi dans les années 90 aux Mureaux dans les Yvelines. Je suis journaliste. J’ai travaillé chez Canal + et France 4, beaucoup pour Radio Nova, et aujourd’hui j’ai lancé mon propre magazine dédié aux villes africaines. J’ai un parcours assez atypique. J’ai toujours suivi mon instinct. J’ai pu fouler les planches de l’Apollo Theater à New York comme je me suis retrouvée en voyage officiel dans l’avion présidentiel de Macron. Mais je ne suis pas là pour raconter une histoire d’ascension sociale comme on les aime à la télé, genre « de la cité à l’Elysée », non. Parce ce que c’est beaucoup plus nuancé. En vérité, je crois que mon parcours je le dois à ma mère : Emilie Gomis en VF, Amilia pour la version immigrée. Une femme pauvre si on parle sociologie. Une combattante, une femme indépendante et courageuse, une féministe qui s’ignorait et qui m’a transmis les bonnes clés pour avancer sereinement. Je lui dois beaucoup et c’est de cela dont je veux parler aujourd’hui." Liz Gomis travaille pour la radio (Nova) et la télévision. Elle a réalisé la série "Africa Riding" sur le skate et les sports de glisse en Afrique pour ARTE Web et prépare une nouvelle série sur les personnes LGBT en Afrique. Cet hommage à sa mère est son premier podcast personnel. Vidéo : entretien avec Liz Gomis à la Maison de la Poésie Enregistrements 2017-2020 Prises de son Liz Gomis, Sara Monimart Entretien Silvain Gire Musique originale & mix Charlie Marcelet Réalisation Sara Monimart, Silvain Gire Illustration Julien Pacaud Production ARTE Radio
Mon père souffre de délires de persécution Un fils doit gérer les délires de persécution dont souffre son père de 55 ans. De la confrontation de leurs réalités naît une relation complexe et délicate, tour à tour conflictuelle, drôle ou émouvante. Ce documentaire nous plonge dans leur intimité, ponctuée de coups de téléphones, de témoignages de psys et d'entretiens avec une association de proches aidants. Un cheminement qui interroge notre rapport à la souffrance mentale d'un proche, avec une très grande délicatesse dans la prise de son et le montage de différents plans sonores. Et qui évoque au passage les questions de marginalité, de mal logement, de confinement (un tout petit peu), de la misère des hôpitaux psychiatriques, de Jésus Christ, de Marine Le Pen et des musiques d'attentes. Un documentaire réalisé dans le cadre de la résidence radio Si Loin Si Proche animée par Mehdi Ahoudig. Remerciements : Mehdi Ahoudig, Radi'Olive, RadioLà, Radio Saint Ferréol, l'UNAFAM26, le (psy)trialogue, Agnès et Guillaume de l'hôpital Sainte Marie Drôme Ardèche. Enregistrements avril-septembre 20 Réalisation Théo Fortunato Mise en ondes & mix Charlie Marcelet Musique Oöphoi "Space Forest", Superfishmann "P'tit père" Illustration Lucie Albrecht Production ARTE Radio
Dialogue rare entre un père immigré et sa fille Juliette grandit dans une petite ville du Nord de la France entre un père Marocain musulman et une mère française athée. Après sa classe préparatoire à Paris, elle prend ses distances avec une éducation parfois rigoureuse. Alexandrie, New York, Dakar : entre son père et elle, les kilomètres ont scellé le silence. Mais lorsqu'il lui a dit : "Reviens et je te raconterai ma vie", Juliette est rentrée. Au fil de ses questions, le prof retraité déroule pour elle sa jeunesse marocaine : l’école coranique au village, les moqueries essuyées au collège, les bières sifflées au lycée pour "braver les interdits". Mais aussi les idéaux révolutionnaires de l’étudiant de gauche qu’il a été avant de se rapprocher de son identité religieuse (“Ce n’est pas parce que je suis musulman que je ne suis pas dans la lutte des classes"). Dans ce dialogue empli d’amour, de non-dits et de conflits réprimés, un père "déraciné" (“Je suis déraciné, donc je peux vivre dans un pot !”) invite sa fille à visiter son passé. Juliette Jabkhiro est journaliste et productrice de podcasts. Enregistrements juillet, août et septembre 20 Texte, voix, prises de son Juliette Jabkhiro Mise en ondes, musique originale et mix Samuel Hirsch Chanson "Inas Inas" de Mohamed Rouicha Illustration Elliot Raimbeau Production ARTE Radio
Drogues, sexe et animaux exotiques Pendant trois ans, Charly* a travaillé dans une conciergerie de luxe non loin des Champs-Élysées. Son job : exaucer les moindres désirs de ses clients, parmi lesquels des dignitaires de la famille royale saoudienne. 24/24h, sept jours sur sept. Traverser tout Paris pour amener des petites culottes à la princesse ? Sitôt dit, sitôt fait. Dénicher des animaux exotiques pour amuser un prince fantasque ? Oui, votre Altesse ! Dépenser des milliers d'euros pour assouvir les fantasmes sexuels de ses riches employeurs ? Tout de suite, votre Magnificence ! Pendu jour et nuit à son téléphone, Charly satisfait des caprices de plus en plus insolites. Il découvre aussi les vices d'un monde très fermé où l'argent abolit tout : la loi, la morale et même l'humanité. *Le prénom a été modifié François Oulac est journaliste et créateur de podcasts (Le tchip). Enregistrement 16 septembre 2020 Réalisation François Oulac, Charlie Marcelet Mise en onde & mix Charlie Marcelet Illustration Chez Gertrud Production ARTE Radio
Paroles d'un surveillant enfermé Alexandre est surveillant pénitentiaire depuis 20 ans. Fils de maton, la prison est sa maison, son repaire, son jardin bien gardé. Il la raconte de son point de vue : entrez dans la tête d’un maton. Je m’appelle Alexandre et je vis en prison (« On sait quand on rentre, on sait pas quand on ressort »). Petit, j’ai vu mon père (« Mon père a gardé Mesrine ») puis mon frère habiter ces couloirs et ces cours de promenade. Alors, en dépit de mon passé de commercial (« Je voulais pas le faire, ce métier » ), me voici à mon tour surveillant pour l'administration pénitentiaire (« Comme chez les flics, on a un taux de suicide assez important »). Après des années enfermé, ma vision de la vie a changé et j'ai pas mal de choses à raconter : sur les détenus (« Je vais pas mettre une personne qui fait partie des gens du voyage avec un Maghrébin »). Sur leurs peines (« Y’en a un qui a carrément mis le feu à sa cellule pour rigoler, il en est mort »). Sur le cannabis (« Demain y’a plus de shit en prison, t’es mort. Le mec quand il fume son bordel, derrière il est calme et il te casse pas les bonbons »). Sur les conditions de détention (« On dispose de 5-6 douches pour 50 personnes »). A force de vivre devant des barreaux d'acier, mon caractère a changé. À l’instar des bandits que je surveille, la prison m’a rendu sec. Et pourtant, « La prison, ça doit être le dernier moyen de contrainte ». Enregistrements 11 juillet 20 Entretien & montage Basil Burté et Killian Bonamy Réalisation et musique originale Arnaud Forest Illustration Jeeraf- Production
Rions un peu avec la ménopause À l’arrivée de tes premières règles, à 13 ans en moyenne, te voilà devenue femme, ma fille… Et cela jusqu’à ta ménopause - en grec dans le texte, « arrêt des règles » - qui te tombera dessus autour de la cinquantaine. Un mini-évènement intime que Valérie découvre accompagné de bouffées de chaleur à répétition. Pourquoi ne lui en a-t-on jamais parlé ? Pourtant 14 millions de Françaises sont ménopausées. Environ un quart de ces femmes vivent ou ont vécu des effets secondaires physiques gênants, voire handicapants, ou même flippants. Le sujet n’est plus si tabou : les réseaux sociaux regorgent de conseils pour bien vivre sa ménopause, de forums et de blogs de ménopausées épanouies… Les laboratoires pharmaceutiques vendent des hormones se substituant à celles que nos corps ne fabriquent plus. Comme ça ne lui suffit pas, Valérie mène sa petite enquête : au théâtre de la Madeleine pour une comédie musicale intitulée « Ménopause », puis auprès de sa famille, de ses amies, d’une gynécologue spécialisée. Elle croisera quelques baleines, l'autre animal ménopausé, mais aussi des Japonaises qui la vivent mieux, et comprendra que la ménopause n’est que la pointe émergée de l’iceberg. Derrière ce phénomène naturel se cache un phénomène social : la manière pas toujours joyeuse dont nous considérons l’entrée des femmes dans la vieillesse. Vous l’aurez compris, Valérie Ganne est récemment ménopausée. Journaliste, elle a longtemps travaillé pour la presse cinéma, papier et internet. Elle a réalisé un documentaire et un web-documentaire, a co-écrit des livres sur le féminisme et sur le cinéma d’animation français. "Bouffées de chaleur" est son premier podcast. Avec la participation de Christine Khandjian, Dominique Magloire, Marianne Viguès, Marion Posta, comédiennes ; de Danielle Hassoun, gynécologue obstétricienne ; des douze amies du Women Forum ; de Chantal et Robert, Victor, Isabelle, Sedef, Gladys. Merci à Stella Pire, à Benoît, et à l’atelier Podcasts d’Émergence où ce podcast a été initié. Biblio : - Françoise Héritier, "Masculin Féminin", Éditions Odile Jacob - Daniel Delanoë, "Sexe, croyances et ménopause", Hachette Littératures - Cécile Charlap, "La fabrique de la ménopause", CNRS Editions Enregistrements juin, octobre, 16 novembre 2020 Réalisation Arnaud Forest Texte et voix Valérie Ganne Illustration Virginie Berthemet Musique Victor Bertin Production ARTE Radio
Lettre énervée pour chanteur énervant Klaire fait Grr a un chanteur préféré. Il est un peu en colère, un peu populaire, un peu picon-bière. Ou plutôt, il l’a été, et puis quelque chose a foiré. Alors elle lui écrit une lettre d’amour au vitriol. Faut dire, peut-être qu’être adulte, c’est brûler ses idoles, mais Renaud était pas obligé de fournir les allumettes et d’avaler un shot de pétrole. Chansons de Renaud : Morgane de toi, Marchand de cailloux, Hexagone, Société, Le petit chat est mort, Fatigué, La médaille, Chanson pour Pierrot, Il pleut, Où c’est qu’j’ai mis mon flingue, C’est quand qu’on va où, J’ai raté Télé-foot, Tu vas au bal et... Corona Song. Autres chansons : Mon vieux (Daniel Guichard), Pour que tu m’aimes encore (Céline Dion), Quand on a que l’amour (Jacques Brel), Avec le temps (Léo Ferré), Dis, quand reviendras-tu (Barbara), Symphonie nᵒ 40 en sol mineur (Mozart), My heart will go on (Céline Dion) et L’hymne des femmes. Enregistrement 4 décembre Texte, voix, réalisation Klaire fait Grr Mix Charlie Marcelet Voix Guillaume Meurice (le vieux con), Sabine Zovighian (la mère) Illustration Pauline Aubry Production ARTE Radio
Sexe et torture, les belles comptines de notre enfance Savez-vous que « Une souris verte » et « Jean Petit qui danse » racontent, sur un rythme joyeux, des tortures ? Tandis qu’ « Au clair de la Lune » et « Gentil coquelicot » sont des métaphores à peine voilées de rapports sexuels ? Transmises de génération en génération depuis des siècles, les comptines pour enfants font partie de notre patrimoine culturel et sont profondément ancrées dans notre imaginaire collectif. On les connaît par coeur, et on ne s'attarde pas sur leurs paroles parfois étranges. Sabrina Seddiki, réalisatrice TV, s’est interrogée sur le sens de ce qu’elle chante tous les soirs à ses deux enfants. Marie-Claire Bruley, psychologue et auteure de plusieurs ouvrages sur la littérature jeunesse, décrypte ici le sens caché de ces comptines, en dévoile les origines, et apporte un éclairage sur ces vers mystérieux. Qu’il faut, malgré leur sens équivoque, continuer à chanter aux enfants pour les faire bien grandir... Enregistrements septembre 2020 Entretien Sabrina Seddiki Réalisation Samuel Hirsch Production ARTE Radio
Comment le massacre du 13-novembre témoigne de notre rapport au son Cinq ans après les attentats du 13 novembre, des rescapés du Bataclan ont raconté comment leur rapport au son fut blessé ce soir-là. De leur amour de la musique live au traumatisme subi, du vécu post-traumatique à la reconstruction personnelle, leurs récits résonnent avec les plus récentes recherches en matière de son et de musique. Dans L'écho du Bataclan, plusieurs survivants racontent ce qu’ils ont vu... mais surtout entendu. Car le traumatisme fut aussi sonore, attisé par les déflagrations, les cris, les râles, un indescriptible chaos assourdissant qui a pulvérisé tous leurs repères. Par la suite, le stress post-traumatique a pu altérer leur écoute et leur rapport au son – et donc au monde. Le moindre bruit soudain, intense ou percussif, les faisait replonger dans un état de stress aigu et incontrôlable. Dans ce bouleversement profond de leurs émotions, de leur rapport aux autres et à eux-mêmes, la musique est restée pour beaucoup un repère, voire un dérivatif vital à leurs angoisses. Leur parcours tend à nous révéler le rôle essentiel du sonore dans nos vies. Recueillis par Jérémy Leroux et mis en forme avec Samuel Hirsch, ces témoignages essentiels sont commentés par des chercheurs et experts du son. En faisant dialoguer ces récits intimes avec les éclairages de musicothérapeutes, ethnomusicologues, acousticiens ou philosophes de la musique, ce podcast propose une réflexion sur le rôle du son dans nos sociétés ainsi qu'un voyage dans l’univers du sonore qui permet de retrouver un peu de lumière. De la grotte préhistorique à l'enfer du Bataclan, le chant et la musique sont d'éternels témoins de notre humanité. Ce documentaire a reçu le Prix Premios Ondas du meilleur podcast international en 2022. -> Vidéo avec ST français -> Video with English subs Les rescapés : Franck (41 ans), Virginie (43 ans), Gabrielle (35 ans) et Jean-Camille (34 ans). Tous sont adhérents de l'association Life for Paris. Les chercheurs : - Arnaud Norena, chercheur en neuroscience au CNRS, spécialiste de l'hyperacousie et des acouphènes - Anthony Brault, psychologue clinicien et musicothérapeute - Dana Rappoport, ethnomusicologue au CNRS, centre Asie du Sud-Est (CNRS, EHESS, Inalco) - Iégor Reznikoff, professeur émérite de philosophie à l'université Paris X, spécialiste du chant antique, auteur de « La dimension sonore des grottes paléolithiques et des rochers à peintures » - Francis Wolff, professeur émérite de philosophie à l'Ecole normale supérieure de la rue d'Ulm, auteur de « Pourquoi la musique ? » Penser l’impensable, par Jérémy Leroux Life for Paris, une des associations constituées après le 13 novembre, m’a donné la possibilité de présenter ma démarche à ses adhérents. Rapidement plusieurs personnes m’ont contacté, qui toutes étaient présentes au Bataclan. Les échanges que j’ai pu avoir avec chacune d’elles ont apporté un véritable ancrage à mes réflexions. Oui, l’expérience du trauma donnait une part importante au sonore. Certaines victimes n’ont d’ailleurs quasiment rien vu. Oui, le traumatisme s’exprime presque avant tout par une altération de l’écoute. N’importe quel bruit soudain, intense et percussif, fait replonger la victime dans un état de stress aigu et incontrôlable. Leur écoute du monde a changé. Et oui, la musique agit pour eux comme une fragile continuité d'existence, contenant souvenirs et émotions, et se révèle parfois aussi nécessaire que l’amour d’un proche. Mais comment retrouver l'esprit de fête associé aux Eagles of Death Metal ? Au gré de mes recherches et de mon écriture, j’ai pu rencontrer des chercheurs explorant différents champs du sonore. Ils sont musicothérapeute, philosophe, chercheur en neuroscience, ethnomusicologue. J'ai pu constater une démarche commune à celle des victimes : le besoin de comprendre. Explorer les domaines liés au son semble répondre à une nécessité intime, à une part d'eux-mêmes enfouie mais qui vibre très fortement. Mon ambition n'est pas simplement de transmettre leur pensée, mais le besoin sourd qu'ils expriment à travers elle. Dans mon esprit, un curieux dialogue s'est peu à peu instauré entre les chercheurs et les victimes, chacun éclairant la problématique de l'autre. Voilà pourquoi j'ai souhaité mettre en sons un récit choral, où chaque rencontre s'enrichit de la précédente. L'objectif du podcast est d'appréhender un événement surréaliste, de représenter l'irreprésentable. Travailler sur le sonore permet d'aborder et d’absorber le choc. Le sonore, c'est du concret qui rencontre également l'invisible : ce qui nous donne vie, ce qui nous lie, ce qui fait sens. Ce projet m'a appris la fragilité de l'écoute, et toute son importance. Enregistrements octobre 2017, septembre 20 Entretiens et montage Jérémy Leroux Réalisation, musique originale et mix Samuel Hirsch Illustration Zaven Najjar Production ARTE Radio
Les hommes qui chantent à l'oreille des oiseaux Le Picolette ou pikolèt en créole, c'est un petit passereau d'Amérique du Sud réputé pour son chant. Les Brésiliens en sont fous, les Français de Guyane aussi. Dans les rues de Cayenne ou de Saint-Laurent du Maroni, il est courant de voir des hommes, souvent jeunes, une cage sous le bras, promener leur pikolèt. C'est une passion presque exclusivement masculine, un genre de tuning pour amateurs de petits oiseaux... Car les Picolettes sont l'objet de beaucoup de soins : leurs maîtres leur achètent des cages coûteuses, les bichonnent, et surtout leur enseignent des mélodies, soit en les chantant, soit en leur passant de la musique dans un caisson étanche de "programmation". En effet, le Picolette adulte pourra chanter les mélodies qu'il a entendues bébé. Régulièrement, on organise des concours de chant, et les passionnés s'affrontent chaque année pendant la coupe de Guyane. Avec la participation d'Eddy, Melvin, Yoan, Jocelyn et leurs pilokèt. Enregistrements décembre 19, janvier 20 Prises de son, entretiens et montage Nina Almberg Mixage Arnaud Forest Remerciements Valentine et Arthur Alt Production ARTE Radio
Et Dieu créa son podcast Que faire quand on est Dieu, et qu’on a un peu cramé son image de marque ? Lancer son podcast, évidemment. Rien de mieux pour reconquérir sa fanbase et réussir son comeback auprès de la commu. Le problème, c’est que Dieu n’a jamais bien compris la définition du podcast. D’un autre côté, personne n’a jamais bien compris la définition de Dieu. Ça leur fait déjà un point commun. Alleluia. Avec le soutien de Beaumarchais-SACD et de la copie privée. Ce podcast a remporté le Prix Europa 2021 de la fiction radio, et la mention du jury du Prix Fiction sonore Phonurgia Awards 2021. Enregistrements mars, juillet 2020 Texte Klaire fait Grr Editorial Silvain Gire, Sabine Zovighian Voix Klaire fait Grr (Dieu), Damien Zanoly (Gabriel), Philippe de Monts (pub, jingles) Illustration Julien Pacaud Réalisation et musique originale Arnaud Forest Production ARTE Radio
L'été 95 et la guerre Oasis vs Blur : le podcast gagnant du concours "Cet été là..." 2020 Aout 1995. Birkenhead, banlieue populaire de Liverpool. Roisin et son grand frère Ciaran, livrés à eux-mêmes pendant les vacances, n’attendent qu’une chose : savoir qui d’Oasis ou Blur gagnera ce soir la bataille de la britpop. Lorsque Roisin a le malheur de casser le téléviseur juste avant l’annonce des gagnants, et est obligée de fuir les coups de son ainé, les paroles de sa chanson préférée d’Oasis, "Roll with it", prennent pour elle une résonance nouvelle. Car Roll With it, cela veut dire qu’il faut encaisser les coups sans jamais se laisser abattre… "You gotta roll with it / You gotta take your time / You gotta say what you say / Don't let any fucker get in your way / Cause it's all too much for me to take..." Aout 2020. Rétrospectivement, il est facile d’avancer que la bataille de la britpop n’était qu’un coup marketing inventé par les maisons des disques, de mèche avec la presse britannique, pour vendre un maximum de disques et de journaux pendant un été relativement calme. Mais pour nous à l’époque, c’était tout sauf une blague. Prenant les proportions épiques d'une lutte des classes, du Nord vs le Sud, pour une fois on avait l’impression de faire partie des vainqueurs. Avec leur swag et leur accent du nord, les frères Gallagher étaient à nos yeux deux rois prolétaires. Même si Blur a fini par gagner le duel des singles, Oasis allait remporter les titres de « meilleur groupe » et « meilleur album » de l’année 1995. Si l’été de mes 8 ans reste si gravé en moi, c’est qu’il ne faut jamais sous-estimer le réconfort que peut apporter la poésie noire du rock dans les vies noires des jeunes vivant dans des banlieues grises et pluvieuses. (Roisin Burns) Photo : les enfants de Plumer Street, Birkenhead. Roisin est tout à gauche. Pourquoi elle a gagné : Le jury a été emballé par ce souvenir d'enfance, porté par une écriture précise, délicate, et par une réalisation remarquable. Roisin y raconte l'été de ses 8 ans dans une banlieue populaire de Liverpool, sur fonds de rivalité entre les groupes Blur et Oasis. Drôle et touchant, "Roll with it" opère un flash-back radiophonique réussi vers l'Angleterre des nineties, vers les pensées d'une fillette qui vénère Liam Gallagher, et qui a des histoires de pirates plein la tête. Le concours de podcasts des Audioblogs d'ARTE Radio a lieu chaque été. Le concours 2020 était animé par Thomas Guillaud-Bataille, en partenariat avec Télérama et Sennheiser. La gagnante Roisin Burns gagne un mix + une diffusion rémunérée sur ARTE Radio + une diffusion sur le site de Télérama + un abonnement papier d'un an à Télérama + un micro de reportage Sennheiser + un casque audio Sennheiser. Les 2ème et 3ème prix ainsi que l'ensemble des envois au concours sont là : https://audioblog.arteradio.com/blog/150431/concours-arte-radio-2020 Enregistrements août 20 Texte, voix, réalisation Roisin Burns Prise de son et montage Lucas Salvador Mix Samuel Hirsch Production ARTE Radio
Quand un test ADN révèle le secret de ma famille Suite à un test ADN, Leslie découvre que son père n’est pas son père. Son père biologique est en fait son parrain, qui fut autrefois l’amant de sa mère. Leslie se confronte à son histoire et à ses deux familles. Alors que le père raccompagne sa fille à la gare en voiture, ils croisent une caravane qui interpelle la fille. Cette caravane la renvoie à des vacances qu’elle a passé, petite, avec son frère, sa mère et …son parrain. Les souvenirs remontent. Ce parrain, que tout le monde appelait « Parrain » dans la famille, et qui est aujourd'hui décédé, qui était-il vraiment ? Pourquoi prenait-il tant de place dans leur vie ? Sur la route, le père et la fille plaisantent : c’est vrai qu’ils ne se ressemblent pas trop physiquement. Et s’ils faisaient un test ADN pour en avoir le cœur net ? Et ça resterait leur secret... Un documentaire à la première personne qui circule joyeusement entre passé et présent, amour libre et test ADN, trophées de chasse et chamanisme, quête d'identité et histoires d’amour. Enregistrements septembre 2019 Texte, voix, réalisation Leslie Menahem Mise en ondes, mixage et musique originale Samuel Hirsch Illustration Julie Joseph Production ARTE Radio
La Martinique en musique « Un sauvage peut-il être sophistiqué ? » interroge Christophe Chassol à propos de la musique d’Eugene Mona. « En tant que Martiniquais, je suis fier de Mona de la même façon dont je suis fier de Glissant et Fanon. » Chantre de la Créolité, ami d’Aimé Césaire, Mona est l’un des plus fascinants artistes antillais du siècle dernier. Tambours bêlés et flûtes en bambou suffisent à transcender sa « musique racine ». Sa voix puissante chante le quotidien miséreux des paysans de son île, les traditions festives du carnaval, ou l’histoire de l’ancienne capitale martiniquaise intégralement rasée par la nuée ardente du volcan. Celui que l’on surnommait « Le nègre debout » se sera dressé toute sa vie contre le colonialisme et l’injustice sociale, jusqu’à sa disparition tragique en 1991, à l’âge de 48 ans. David Commeillas a parcouru la Martinique de long en large pour recueillir anecdotes et témoignages inédits à propos de Mona. Entre deux chants de colibris, on écoute les récits de ses retraites spirituelles dans les montagnes, de ses engagements politiques avec Césaire, et de ses séances d’enregistrements ésotériques jusqu’à l’aube. Liens sur Eugène Mona : - Documentaire « Sur les traces de Mona » (52 min) de Nathalie Glaudon - Rares images d’ Eugene Mona en enregistrement au studio Hibiscus Musiques : - 00'00 : Chassol « Birds Pt.1 » (Tricatel) - 02’30 : Eugene Mona « Energie Vibrations Positive » (3A Prod) - 03’40 : Extrait du documentaire de Nathalie Glaudon « Sur les traces de Mona » (R.F.O.) - 05’20 : Eugene Mona « Oui je finirais » (3A Prod) - 08’40 : Eugene Mona et son groupe du Marigot « Ti' Mouton » (Hit Parade) - 11’48 : Eddie Palmieri « Bilongo » (Tico Rec) - 13’25 : Eugene Mona « Bwa Brillé » (Hit Parade) - 18’00 : Eugene Mona « Yo le ou Touni en Tet » (3A Prod) - 21’50 : Eugene Mona « 1700 » (Hit Parade) - 24’40 : Eugene Mona « Doudou Menard » (3A Prod) - 27’45 : Eugene Mona « Mi Mwen Mi Ou » (3A Prod) - 30’00 : Extrait du film de Euzhan Palcy « Rue Cases-Nègres » (Présence Africaine) - 33’15 : Max Cilla « La Flûte des Mornes » (Bongo Joe) - 35’00 : La Perfecta « La Divinité » (Disques Vacances) - 37’20 : Eugene Mona « Tambou Serie » (3A Prod) - 41’17 : Eugene Mona « Ouverture » (Hibiscus Rec) - 42’20 : Eugene Mona « Bégui Bégui Bang » (Hit Parade) - 44’35 : Eugene Mona « Bidon Dachine » (3A Prod) - 48’00 : Eugene Mona « An Goulouss Cé Lan Mo » (3A Prod) - 48’50 : Eugene Mona « Face à Face » (Hibiscus) - 53’10 : Eugene Mona « Roi Nigo » (3A Prod) Enregistrement août 2019 Mixage Samuel Hirsch Illustration Laura Ollivier Production ARTE Radio
Des policiers racistes, fascistes et suprémacistes blancs se lâchent sur leur collègue noir Membre d'une unité de police d’escorte à Rouen, Alex découvre l'existence d'un groupe privé d’échanges audio sur WhatsApp, dont font partie une dizaine de ses co-équipiers. Certains sont encore stagiaires en école de police, d'autres, comme lui, sont policiers titulaires depuis plus de 20 ans. Intrigué par la présence de son prénom dans les messages, Alex, qui est noir, découvre des propos orduriers, ouvertement racistes, misogynes et antisémites. Certains de ses collègues se revendiquent du fascisme et du suprémacisme blanc. Dans leurs échanges, ces soi-disant "gardiens de la paix" se vantent d'acheter des armes en prévision de la "guerre civile et raciale" qu'ils appellent de leurs voeux. Sur les conseils de son avocate, M° Yaël Godefroy, Alex dépose plainte et déclenche une enquête interne. Après son audition, la hiérarchie décide de muter Alex dans une autre unité. Ses collègues titulaires ont finalement été révoqués. Leur procès est attendu pour septembre 2021. Ilham Maad a réuni le policier et son avocate pour commenter des extraits de ces enregistrements. Une enquête sur cette affaire menée par Camille Polloni est à lire dans Mediapart. Enregistrement 13 février 2020 Entretien et montage Ilham Maad Mixage Charlie Marcelet Illustration originale Zaven Najjar Production ARTE Radio
L'amour d'un père pour son fils Cette histoire est une histoire vraie. C’est autour de la couveuse de Roman, né prématurément, que se tisse ce récit bouleversant d’une famille mise à l’épreuve 13 jours durant. Au micro, Gaël Leiblang nous plonge dans le journal de bord d’un père qui se bat pour trouver le chemin de la résilience. Écrite avec pudeur, réalisée par Sabine Zovighian et Samuel Hirsch, cette autofiction sonore est racontée en éclats fragmentés à travers l’allégorie du sport. Une manière pour l'auteur, ancien journaliste sportif, de nous arracher à la réalité désincarnée de l’hôpital. Le sport pour affronter ses peurs et mener cet inconcevable combat que représente la perte de l’enfant. On ne sort pas indemne de ce témoignage, mais plus vivant que jamais. Prix SACD du Podcast de Fiction 2020 au Paris Podcast Festival - Prix Italia de la Fiction Radio 2021 Gaël Leiblang est producteur de documentaires chez Eléphant et auteur d’un seul-en-scène pour le théâtre, "Tu seras un homme papa", joué 116 fois du festival d’Avignon à Hong-Kong. Il a été journaliste sportif puis réalisateur pour la télévision. Enregistrements décembre 2019, janvier 2020 Texte et narration Gaël Leiblang Réalisation Sabine Zovighian et Samuel Hirsch Musique originale Samuel Hirsch Photo Véronique Fel Voix Sabine Zovighian, Thibault Amorfini, Blandine Soguet, Philippe Pécoul, Alain Leiblang, Michèle Mallay, Lola Cavallo, Anne-Sophie Bailly, Marjolaine Humbert, Ariane Brousse, Christophe Truchi, Samuel Hirsch, Sasha, Ava et Gabrielle Leiblang Sacksick Production ARTE Radio
Des voies du Seigneur à l'autoroute du vice Mon copain Corentin est royaliste, militaire et d'extrème-droite. On n'a rien en commun sauf nos souvenirs de bringues. Il me raconte sa foi, ses opinions politiques, son engagement dans l'armée sur les traces d'un père dont la figure brutale le hante. De l'amour du Roi à celui des drogues, de la foi chrétienne à une virée dans un bordel de Djibouti, confessions d'un jeune homme pas si catholique. Enregistrements février 20 Entretien, musique originale et réalisation Aurèle Jacquot Mise en ondes et mix Samuel Hirsch Production ARTE Radio
Trois secondes qui valent des milliards Journaliste financier pour l'agence Reuters, Tassilo travaille pendant des mois confiné dans un bureau avec des alertes qui sonnent en permanence. Selon ces alertes, qui signalent des infos politiques ou économiques, il doit réagir et publier en quelques secondes une dépêche d’information, si possible avant la concurrence. De ces quelques secondes dépendent des milliards de dollars : le trading à haute fréquence utilise en effet des robots et des algorithmes qui scannent les dépêches et agissent en conséquence pour acheter ou vendre. Des milliards sont en jeu, mais aussi parfois la survie des entreprises clientes… Récit rare d’une économie et d'une info accélérées devenues folles. Enregistrements janvier 20 Musique originale et réalisation Samuel Hirsch Texte & voix Tassilo Hummel Production ARTE Radio
Peut-on rester queer en étant en couple ? Mathilde est née en Vendée dans les années 80, dans un milieu où l’homosexualité n’existe pas. Elle a dû se battre pour pouvoir accepter et vivre la sienne. A force de lectures et de militantisme, elle a enfin pu trouver son identité de gouine au sein de la communauté queer. Enfin, elle croyait savoir qui elle était. Et puis un jour elle s’est mise en couple. Elle a réalisé qu'elle ne savait pas allumer un poêle à bois. Et tout s’est écroulé. Un regard personnel et drôle sur le couple, l'identité LGBT et le pouvoir des normes... Remerciements : - Maya, Marion et mes parents pour leurs témoignages. - Olivier Minot, Myriam Prévost, Florence Bruny, Margot Mignot et Céline Gascoin pour leur écoute, leurs voix et leur bienveillance. Enregistrements juin-juillet 19 Texte, voix, réalisation Mathilde Billaud Musique, mise en onde, mixage Arnaud Forest Illustration Astrid Amadieu Production ARTE Radio
De l'usage du téléphone portable en prison Internet s’est faufilé jusque dans les prisons. Officiellement interdits, les téléphones portables sont pourtant omniprésents en détention. Comme une lucarne sur l’extérieur, ils permettent de garder le lien avec les proches et de tuer le temps. On drague, on regarde des séries, et surtout on utilise Snapchat, le réseau social préféré des détenus. Pendant quatre ans, dont deux au centre pénitentiaire de Fresnes, Lamal El Pistolero a snapé son quotidien derrière les barreaux. Dégaine à la Paul Pogba et dernier iPhone en main, il raconte sa trajectoire d'ancien vendeur de stups devenu phénomène d’Internet depuis sa cellule de 9m2. Enregistrement 28 janvier 20 Montage Colas Zibaut Mixage Samuel Hirsch Production ARTE Radio
Quelle musique d’attente quand on a mal tout seul au milieu de l’océan ? À Toulouse, le Centre de consultation médicale maritime, rattaché au SAMU 31, reçoit les appels des navires français en détresse. À Pornichet, le docteur Jean-Yves Chauve veille sur les skippers des courses de voile en solitaire. À travers ces témoignages de médecins qui les écoutent et les soignent par téléphone, se dessine la vie des blessées ou malades en mer. Quand on ne peut ni se toucher ni se voir, comment se fabrique une relation patient-médecin ? Et au fait, quelle est la meilleure musique d’attente pour patienter au téléphone quand on est très mal, tout seul, au milieu de l’océan ? Avec les docteurs Amalric, Dehours, Pauron et Saccavini du Centre de consultation médicale maritime de l’hôpital Purpan de Toulouse. Et le docteur Chauve, médecin attaché au Vendée Globe, à la route du Rhum, à la transat Jacques Vabre, etc. Merci au docteur Roux pour son accompagnement. Enregistrements octobre 2019 Prise de son et montage Pauline Lecerf Mise en ondes & mix Samuel Hirsch Illustration Pauline Lecerf Production ARTE Radio
Du Larzac à la ZAD, des voix de France en lutte Un certain nombre de films ont documenté dans les années 70 les luttes paysannes, ouvrières et étudiantes (avec l’idée qu’il n’y a qu’une seule lutte), et dans ces documents, il y a surtout (j’y ai surtout entendu) des voix : des personnes qui parlent, témoignent, haranguent la foule, hurlent, slogantent et parfois même pleurent. Ces voix, individuelles ou collectives, nues ou au mégaphone, possèdent une émotion, une tension, une charge, qui nous parlent aujourd’hui. J’ai fait une composition avec quelques fragments de ces voix, en les isolant de leur contexte, en mélangeant les époques, les lieux, les situations, en créant entre elles des liens, des rebonds, des rythmes, des ruptures, des vides, pour un collage vocal, bruitiste, affectif et musical qui compose une figure suggestive et intemporelle de la lutte. J’ai toujours travaillé avec des voix que j’enregistre moi-même, des personnes que je connais ou rencontre, mais cette fois-ci - à la suite d’une commande de Guillaume Désanges et François Piron pour l’exposition Contre-vents au centre d’art Le Grand Café à Saint-Nazaire - je suis parti de voix que je ne connaissais pas, qui venaient d’un passé, loin de moi, mais qui me sont devenues proches par l’écoute, proches par ce que j’ai éprouvé en les écoutant. (Dominique Petitgand) Avec les extraits sonores des films de Soazig Chappedelaine & René Vautier (Quand les femmes ont pris la colère - 1978), Armand Gatti (Le baille le train la moëre - 1976), Daniele Jaeggi (C'est tout pour nous et vous - 1974), Nicole Le Garrec (Plogoff, des pierres contre des fusils - 1980), Nicole Le Garrec & René Vautier (Quand tu disais Valery - 1975), Jean-Louis Le Tacon (Bretonnerie pour Kodakrome - 1974, Marche au Larzac - 1973, Voici la colère bretonne - 1976), Carole Roussopoulos (Les Travailleuses de la mer - 1985), René Vautier (Marée noire et colère rouge - 1978), et d'un enregistrement de Bruno Serralongue (Notre-Dame-des-Landes, 2016) Remerciements et gratitude aux cinéastes et artistes pour leurs enregistrements, à François Piron, Guillaume Désanges et Clément Raveu. Composition, montage et musique Dominique Petitgand Ondes Martenot Christine Ott Photo Martin Barzilai / Haytham Pictures
Un mariage d'amour à plus de 90 ans À l’EHPAD de Luc-sur-mer, en Normandie, c’est le coup de foudre entre Raymond et Jeanine. À 90 ans, l’EHPAD est devenu le lieu de leur vie de couple. Les portes de leurs chambres se font face. Chaque jour, Raymond pousse le fauteuil de Jeanine pour aller se promener, déjeuner, chanter, goûter... Ils s’aiment, ils sont heureux ensemble, et un jour Raymond se lance : « et si on se mariait ? ». La belle histoire vraie d'un amour sans âge. Enregistrements mars 2019 Mise en ondes & mix Arnaud Forest Réalisation Nina Pareja Production ARTE Radio
Le cri des mandibules au fond du bois mort « Retourner les vieux troncs morts, voilà le travail du biologiste » nous dit Nicolas, en train d'extraire un nid d’Odontomachus. Des fourmis dont les mâchoires se referment 2 000 fois plus vite qu'un battement de cils. Nicolas Châline est enseignant-chercheur au laboratoire d’Éthologie, écologie et évolution des insectes sociaux, du département de Psychologie expérimentale de l’Université de São Paulo au Brésil (« USP » ou « Ousspi « pour les intimes). En bref, il étudie les fourmis et ça tombe bien, il y a en a plein sur le gigantesque campus de la fac. Rodolphe Alexis est allé lui rendre une petite visite sur le terrain. Après le repérage des insectes, voici pour la première fois au micro, des enregistrements de leur langage. Entre cliquetis de mandibules et stridulations de gastres hypertrophiés. Enregistrements Juillet 18 Mise en ondes & mix Samuel Hirsch Réalisation Rodolphe Alexis
"How much for me ?" : couples mixtes en Thaïlande Ils ont trouvé l'amour auprès de jeunes femmes. Pierre (78 ans), Philippe, (69) et Maurice (64) coulent des jours heureux à Pattaya, en Thaïlande. Située à une centaine de kilomètres de Bangkok, cette ville balnéaire a d’abord été choisie par les militaires américains pour venir s’y délasser en pleine guerre du Vietnam. Elle accueille aujourd’hui un nombre croissant d’expatriés français, majoritairement des hommes de plus de 60 ans. Béatrice, la soixantaine, s’y est quant à elle installée avec son mari français depuis une dizaine d’années. Elle voit se multiplier autour d’elle les histoires amoureuses unissant de jeunes femmes thaïlandaises à des retraités français, à l’instar de Pierre, Philippe et Maurice. Histoires d’un soir, concubinages, mariages ou déconvenues, ils racontent sans tabou le quotidien de ces relations qui dessinent des rapports de force inattendus. Comme dit l'un des intervenants, c'est "Plateforme" de Michel Houellebecq, mais en vrai. Enregistrements décembre 2018 Réalisation Manon Prigent Mise en ondes & mix Arnaud Forest Photographie Jonathan Llense Production ARTE Radio
Bullshit jobs et quête de sens Aurore conçoit des publicités sur le web pour des banques ou des marques de luxe. Au début, les paillettes du CDI et des tickets restos lui suffisent. Mais très vite, elle se demande pourquoi, après avoir dépensé 30 000 euros dans une école de commerce avec l'espoir d'une bonne carrière , elle se pose autant de questions sur le sens de son travail. Et puis, un jour, elle découvre l'existence du "bullshit job" ou "job à la con". Un bullshit job, pour Jean-Laurent Cassely, journaliste et auteur du livre "La révolte des premiers de la classe", c'est un métier qu'on ne peut pas expliquer à sa grand-mère. Chef de projet, community manager, responsable marketing... Tous ces nouveaux boulots, valorisés socialement, mais dont l'impact sur la société est nul ou négatif. Et donnent à ceux qui les occupent un fort sentiment d'inutilité. Elle enquête sur ce phénomène et rencontre celles et ceux qui pensent être plus utiles à boire des cafés au bar du coin plutôt que de passer leur journée à "bullshiter". Pour aller plus loin : - David Graeber, Bullshit Jobs: A Theory, 2018 ; - Jean-Laurent Cassely, La révolte des premiers de la classe, Editions Arkhê, 2017. Enregistrements janvier, février, septembre 2018 Publication 17 septembre 2019 Réalisation Aurore Le Bihan Mise en ondes et mixage Arnaud Forest Illustration Pexels, ARTE Radio Production ARTE Radio
Rap ou électro, les femmes artistes du beatmaking "J’aurais voulu entendre plus de femmes dans la série « Beatmakers » sur ARTE Radio. Seulement voilà, aucune n’est aussi célèbre que Laurent Garnier et n’a composé un titre aussi bien vendu que « Sapé comme jamais ». Ça m’a rappelé que, dans ma jeunesse, j’avais le rêve secret d’être beatmakeuse. Alors je suis allée en rencontrer trois, pour qu’elles me parlent d’un morceau de leur répertoire qui fait figure de tube à leurs yeux. Et pour leur demander comment elles avaient fait, elles, pour un jour oser toucher un clavier. Voici Vicky R et son morceau afro hip hop « Plan B », Flore et son morceau bass music « Congo », Parveen aka The Marv et son morceau hip hop instrumental « Blind reminiscence ». La première a commencé à 12 ans et s'éclate sur l'afro rap entre Paris et Libreville. La deuxième est une geek qui dompte les machines et les rythmes énervés. La troisième jumelle avec respect le Sri-Lanka avec le 9-3." (Mia Ma) Le soundcloud de Vicky R, celui de Flore et celui de The Marv. Les beatmakeuses citées : Wondagurl, Sônge, Sudan Archives, Yami, Estère, Penelope Antena, Sadiva, Karami, Sarah, the !llstrumentalist, Cheetah, Rynea Soul, Beachulgi, Tālā, Handycat, Eevee, Emy Zaluzna, Deja Dom, Fishdoll, Emeraldia Ayakashi, Idhaz, AndieMar, Marie-Gold, Jillesque, London Elixir, Heddy Fur, Seneca B. Remerciements : David Phuong, Emmanuel Forlani, Denis Jelen, Daria, Jasmée, Haya, Tiali. Enregistrements février, mars 19 Auteure Mia Ma Réalisation Samuel Hirsch Crédits photos Majiim Doe (The Marv), Mr HoHo (Flore) Production ARTE Radio
Les astuces pour draguer après un cancer du sein Amélie a 40 ans. Les yeux noisette. Des fossettes. Plus de cheveux ni de sourcils et un seul sein. Pourtant, elle est belle, Amélie. Belle, sexy, et surtout en vie. Son cancer, elle l’a battu à plate couture. Une fois l’ennemi à terre, c’est un autre combat qui a commencé : celui du retour à la drague et au sexe. Au micro de Louise Régent, elle livre ses astuces d'été pour conclure à coup sûr, même après un cancer et des séances de chimiothérapie. Parce que fuck la mort et vive la vie. Cancerdusein.org Enregistrement novembre 18 Mise en ondes & mix Arnaud Forest Prise de son, montage, textes et voix Louise Régent Production ARTE Radio
Comment j'ai volé malgré la trouille « J’ai peur en avion. J’ai vraiment très peur en avion » : Agathe souffre d’aérodromophobie (la peur des transports aériens) à un niveau aigu. Le bruit de sa machine à laver lui rappelle celui d'un moteur d’Airbus. L’idée de mettre les pieds dans un aéroport, même pour acheter un Toblerone géant, lui cause des insomnies. Et la carlingue lui donne des sueurs froides malgré le jus de tomates. Pourtant, Agathe fait des efforts. Elle écoute poliment son pote scientifique expliquer que "l'avion est le moyen de transport le plus sûr au monde". Mais tout récemment, Agathe a rencontré Adrien, jeune journaliste comme elle et, comme elle, terrorisé par l'avion, au point de faire Marseille-Prague en car et en deux jours. Les néo-amoureux ont prévu un voyage en Tunisie, évidemment en bateau à l'aller, mais avec retour obligatoire... en avion. Agathe et Adrien vont-ils réussir à monter dans l'avion ? A-t-on vraiment envie qu'une hôtesse de l'air nous dise la vérité ? Quels sont les meilleurs épisodes de la série "Dangers dans le ciel" ? Un aller simple pour la névrose, entre la culpabilité écologique et le bonheur de savourer un gin-to’ en classe éco... Enregistrements décembre 18-janvier 19 Prises de son Agathe Charnet et Adrien Simorre Texte et voix Agathe Charnet Mix et réalisation Arnaud Forest Illustrations Agathe Charnet et Adrien Simorre Production ARTE Radio
Enfant de pied-noir et du paradis perdu "Mon truc à moi, c’est l’Algérie. Pas l’Algérie dont on parle aux infos, mais plutôt celle des livres d’histoire ou des chansons d’Enrico Macias. C’est le "paradis perdu" que ma famille pied-noire a quitté en 1962. De cette histoire je ne sais pratiquement rien. De la vie de ma famille là-bas, de la guerre civile et de leur exil, je n’ai que des bribes de récit, des anecdotes… et des photos de gens en maillot de bain ! En 2012, on a trouvé le journal de mon grand-père en vidant son bureau. Il y raconte l’année 1962, la guerre, les attentats, les derniers soubresauts de l’Algérie française. Ça nous a fait l’effet d’une claque. Ma mère a bien voulu me raconter : les bombes qui explosent dans la rue, ses terreurs d’enfant et ce qu’il en reste encore aujourd’hui. Et comme je voulais savoir si cette mémoire de la guerre d’Algérie était aussi compliquée pour tout le monde, je suis allée voir ma copine Saleha, fille de harki et de FLN, mais aussi Olivia, qui a une mère pied-noire comme moi." Marion Pillas est autrice et productrice de documentaires. Elle commence à interroger sa mémoire familiale en fac d’histoire avec la rédaction d’un mémoire sur le Centenaire de la conquête de l’Algérie en 1930. En 2012, elle co-signe pour France 3, avec Frédéric Biamonti, le film "L’amère patrie : le retour des français d’Algérie". Enregistrements février 2019 Mise en ondes & mixage Arnaud Forest Réalisation Marion Pillas Production ARTE Radio
Etre féministe et apprécier la soumission au lit Peut-on n'avoir besoin de personne (en Harley Davidson), mener sa barque en toute autonomie, déconstruire le patriarcat, tout en rêvant d'être attachée, dominée, voire insultée par un homme quand on se trouve entre les draps ? Claire Richard explore le tabou du fantasme de soumission chez les filles hétéros, et se demande ce qui se cache sous ces contradictions intimes. Un documentaire où il est question de trouble, de plaisir, de décolonisation intérieure, et surtout de droit à jouir envers et tout contre ses principes. Avec des femmes qui ont voulu rester anonymes et Manon Garcia, philosophe et auteure de On ne naît pas soumise on le devient. Enregistrements février 2017-juillet 2018 Narration et réalisation Claire Richard Mise en ondes et mixage Arnaud Forest Production ARTE Radio
Les bulletins nuls racontent de drôles de choses Faut-il comptabiliser les bulletins blancs dans les suffrages exprimés lors des élections ? Cette revendication prend chaque année de l'ampleur, jusqu'à être reprise par certains politiques. Mais qu'en est-il des bulletins nuls ? Y a t-il vraiment une différence entre blancs et nuls (non, ceci n'est pas une blague raciste ;) ? Conservés au Conseil consitutionnel, les bulletins nuls, invalidés parce que rayés, écrits, tachés, etc., recèlent des trésors d'humour, de poésie, et même de revendications politiques. On y retrouve par exemple des causes portées désormais au grand jour par les "gilets jaunes". Kristen Falc'hon est allé au Conseil dépouiller ces "voix des nuls" et en parler avec le sociologue Jérémie Moualek, spécialiste du sujet. Enregistrements 15 avril, 2 et 6 Mai 19 Voix François Pérache, Sabine Zovighian Mixage Charlie Marcelet Réalisation Kristen Falc’hon Production ARTE Radio
Ma consommation de stupéfiants en société Pendant la semaine, Adèle et ses amis étudient, travaillent et mangent cinq fruits et légumes par jour. Le week-end, ils se défoulent dans des soirées dansantes où la drogue est très répandue. Une consommation de cocaïne et MDMA festive, plus ou moins contrôlée, pas toujours assumée. Entre insouciance et peur de l'addiction, Adèle et ses potes, 25 ans, racontent les bonheurs et les doutes des amateurs de produits. Fêtards ou dépendants ? Ce podcast a été élaboré dans le cadre de la formation libre de narration radiophonique "Transmission", complété et finalisé à ARTE Radio. Enregistrements mai-août 2018, avril 2019 Mise en ondes & mix Arnaud Forest Réalisation Adèle Poisson Production ARTE Radio
Portrait de l'artiste en faussaire B.L. d’Otterzele a vingt ans quand un ami lui confie avoir fabriqué un faux dessin de James Ensor, qu’il a revendu en le faisant passer pour un vrai. B.L. d’Otterzele est joueur, c’est aussi un très bon dessinateur et un amateur d’art. Ce jour-là, il découvre une manière excitante, exigeante et élégante de gagner de l’argent. Alors il se met au travail, soutenu par une bande d’amis. Arpenter les salles de ventes, détailler l’état des cadres et des étiquettes, étudier les tableaux des grands maîtres... Et enfin, dessiner "à la manière de" (Delvaux, Permeke, Picasso, Le Corbusier, Ensor, Spilliaert, Frits van den Berghe) des croquis et esquisses, mais sans jamais les signer. A ce jeu-là, la mise en scène est aussi importante que l’objet d'art : B.L. d’Otterzele y excelle... jusqu’à la case prison. Avec humour et simplicité, cet honnête faussaire belge raconte un marché de l'art où les apparences comptent parfois plus que la qualité de l'oeuvre. Enregistrements juin et août 2018 Réalisation Fabienne Laumonier Mise en ondes & mixage Arnaud Forest Production ARTE Radio
Masques et désirs au carnaval de Guyane Goûtez aux bals parés-masqués du carnaval de Guyane : ambiance biguine et chaleur tropicale dans les dancings mythiques de Cayenne. On y retrouve chaque samedi soir de carnaval de drôles de créatures, les touloulous. Sous le costume se cachent des femmes qui dissimulent leur identité. Chacun connaît les codes : les touloulous disposent d’un droit éphémère, mais absolu, celui de choisir leurs cavaliers non déguisés. Là, au milieu de la foule, au rythme des instruments, elles se connectent à la musique, à leur partenaire, à elles-mêmes. Le costume est un doux complice pour se laisser porter par les mouvements de leur corps dans un anonymat rassurant. "Au royaume des touloulous" est une plongée dans les secrets d’une pratique qui fait la fierté de toute une communauté. Groupes de musique : Les Blue Star, Les Mécènes et Karnivor Ce documentaire a bénéficié d'une bourse d’aide à la création ‘Brouillon d'un rêve sonore’ de la SCAM en 2018. Enregistrements janvier-mars 16, janvier 18 Ecriture Laure Chatrefou et Anne Guillou Mise en ondes & mix Samuel Hirsch Réalisation Laure Chatrefou Production ARTE Radio
Ma fille, mon homme et les prostituées chinoises Depuis la naissance de notre fille, Rose, d'improbables bonnes fées veillent sur elle. Elles sont chinoises, travailleuses du sexe et font partie de notre vie. Car mon homme, Tim, bosse depuis dix ans avec elles à Médecins du Monde. Il y a quatre ans, j'étais enceinte quand elles ont créé leur propre association, Les Roses d'acier. Quelques mois plus tard, notre fille est née et on a décidé de l'appeler Rose. Notre Rose et les Roses d'acier ont en commun une chanson de pop chinoise, un goût prononcé pour les gâteaux d'anniversaire gonflés à la chantilly, et des histoires de résistance. Entre soirées de karaoké endiablées et manifs de travailleur.se.s du sexe, c'est le récit de cette rencontre miraculeuse et de combats communs. "Nous sommes les Roses d'acier, aux quatre coins du monde, notre sourire s'étend sans jamais rien céder." Anne-Sophie Lepicard a grandi à Rouen en écoutant la radio. Auteure de plusieurs courts métrages, elle travaille désormais comme formatrice et intervenante en audiovisuel tout en développant ses propres projets. Enregistrements avril-juin 17 Texte et voix Anne-Sophie Lepicard Prises de son Anne-Sophie Lepicard et Sara Monimart Réalisation et mixage Sara Monimart Illustration Rozenn Quéré Production ARTE Radio
Dialogue avec ma grand-mère en Limousin Pour Nénette, ma grand-mère, ça n’a pas toujours été facile de parler le français. Sa langue à elle, c’est le patois limousin. Mais aujourd’hui, de Limoges à Bordeaux, il ne reste plus grand monde avec qui échanger. La langue s’évapore en même temps que les gens qui la parlent. Alors, je reviens à la ferme lui rendre visite et enregistrer les mots, les graver, avant qu’ils ne disparaissent. Enregistrements octobre-novembre 18 Mise en ondes & mix Samuel Hirsch Réalisation & photo Cédric Calandraud Production ARTE Radio
Mathilde aime les filles et le judaïsme Mathilde veut devenir juive. Personne dans sa famille n’est juif. Mais depuis plusieurs années déjà, elle étudie la Torah et ses commandements, elle apprend l'hébreu et fréquente des rabbins. Car ce sont les rabbins du Consistoire qui, un jour, lui accorderont ou pas sa conversion. Elle apprend sa future religion et pratique avec passion : ne pas fumer le samedi, allumer les bougies de shabbat, réciter les prières... Mais il y a un problème. Mathilde est avec une fille, d’origine iranienne en plus. Une situation inadmissible pour les orthodoxes : "S’ils me chopent en train d’embrasser ma copine, je suis morte, quoi." Pourquoi, comment, peut-on se convertir à une religion qui refuse son identité sexuelle ? Enregistrements juillet, août, septembre 17 Mise en ondes & mix Samuel Hirsch Réalisation Tassilo Hummel Illustration Odélia Kammoun Production ARTE Radio
Toutes les voix dans ma tête Une femme se plante un micro dans le cerveau. Dans sa tête comme dans la nôtre, il y a mille radios branchées en permanence : doutes, angoisses, jugements, désirs, appétits, procrastination... Bienvenue sur Mental FM, la fréquence des voix dans nos têtes. Journaliste spécialiste des masculinités et des questions féministes, Victoire Tuaillon anime chez Binge Audio le podcast "Les couilles sur la table", prix du podcast de conversation au Paris Podcast Festival 2018. Elle signe là une (auto)fiction vive et drôle sur nos paniques intimes, superbement mise en voix par Charlotte Duran et en sons par Arnaud Forest. Inclus le tube : "Bébé dedans ! Bébé dedans ! Baiser !". Mental FM a remporté le Best Drama Argent au Grand Prix Nova 2019 de la fiction radio à Bucarest (Roumanie). Enregistrements 25 janvier 2018 Texte Victoire Tuaillon Voix Charlotte Duran Réalisation et musique originale Arnaud Forest Illustration Maïc Batmane Production ARTE Radio
Je parle d'amour et de sexe avec ma grand-mère Depuis mes 17 ans, je couche avec le même garçon : Léo, mon amoureux du lycée. Ca peut paraître curieux en 2018, mais à bientôt 25 ans, je n’ai connu qu’un seul partenaire sexuel. Comme ma grand-mère Colette ! Sauf que Colette a épousé un mari plutôt dominateur et volage, voire carrément abusif. A 90 ans, elle parle pour la première fois de son intimité et livre enfin tout ce qu’elle s’est retenue de dire durant toute sa vie : la vie sexuelle d’une femme dans les années 50. Une vie prisonnière des normes, de la religion, mais où brûle encore le regret d'un amour échappé. Enregistrements mars 2018 Prise de son, montage, textes et voix Inès Edel-Garcia Mise en ondes & mixage Arnaud Forest Illustration Tilixia-Summer, Pixabay Production ARTE Radio
Contre les tabous et l'oubli, ils racontent leur guerre sans nom A 20 ans, Rémi, Georges, Gilles et les autres se sont retrouvés soldats, appelés au cœur de la guerre d’Algérie. Une guerre sans nom et sans visage, avec son lot d’atrocités et de crimes. A leur retour en France, personne ne leur a posé de questions : ni leurs femmes, ni leurs parents. Comme beaucoup d'autres ils se sont tus. 50 ans plus tard, c’est le déclic quand ils reçoivent leur pension d’ancien combattant. Impossible pour eux d’accepter cet argent pour des crimes qu’ils ont commis là-bas. Alors Rémi et ses amis, une bande de vieux paysans retraités du Tarn, fondent la 4ACG, Association des Anciens Appelés d’Algérie Contre la Guerre. Par ce biais, ils reversent leur maigre pension à des associations humanitaires en Algérie. Mais surtout, ils permettent à tout nouvel adhérent de raconter pour la première fois son histoire de la guerre d'Algérie. Des témoignages émouvants et pas militants, qui font la part des horreurs. Des récits durs et d'autant plus nécessaires pour lever les tabous sur une guerre qui n'a jamais dit son nom. Enregistrements mai 18 Mise en ondes et mix Samuel Hirsch Réalisation Jane Birmant Production ARTE Radio
Sur la vie de ma mère (quand elle avait 20 ans) "Je n'ai pas vraiment connu ma mère qui est morte quand j'avais treize ans. Mais j'ai gardé pas mal d'affaires dont un petit agenda rouge de l’année 1966. C’est l’agenda de ses 20 ans, quand elle étudiait dans l'Espagne franquiste. Je suis curieuse de savoir ce qu’il contient, mais il est écrit en russe. Heureusement, je connais une traductrice qui va pouvoir m’aider à le déchiffrer pour découvrir la jeune fille qu’était ma mère. Mais, au fait, qu’est-ce que j'espère vraiment trouver là-dedans ?" Claire Latxague est enseignante-chercheuse et éditrice de bandes dessinées. Enregistrements février, avril, juin 18 Traductrice Elena Ourjoumtseva Réalisation Samuel Hirsch Texte & voix Claire Latxague Production ARTE Radio
Comment j'ai remplacé mon psy par mon portable Parce que son psy s’est endormi pendant leur séance, Benjamin décide de se venger. Il confie désormais ses états d'âme à son téléphone portable, sur lequel il commente ses diverses activités : croiser Eric Zemmour dans le métro, prendre des champignons hallucinogènes, faire l’amour avec sa compagne... Une autofiction hilarante et virtuose sur la psychanalyse - et comment s'en débarrasser - face aux pouvoirs du récit. A noter, il s'agit aussi de la première fiction radio entièrement enregistrée au téléphone portable. Deuxième prix Europa 2019 dans la catégorie "Fiction radio unitaire", La dernière séance est écrite par Benjamin Abitan, qui réalise d'habitude des fictions pour France Culture. Sa série "La préhistoire du futur" a reçu le prix Europa en 2017. Il est un des auteurs de la fiction quotidienne d'ARTE Radio La Chute de Lapinville. Enregistrement 2018 Texte et voix Benjamin Abitan Réalisation Benjamin Abitan et Samuel Hirsch Illustration Quentin Faucompré Production ARTE Radio
Je confronte un garçon qui s'est mal conduit envers moi À 19 ans, Anouk a connu le garçon idéal, beau, drôle et intelligent... Mais dans l'intimité, Damien avait tendance à mal traiter ses compagnes, à « forcer » les rapports sexuels. Six ans plus tard, Anouk retrouve Damien et le confronte sur leur relation. Entretemps il y a eu l’affaire Weinstein et le mouvement #MeToo, et le jeune homme a beaucoup réfléchi à son attitude envers les femmes... La confrontation devient un dialogue, rare, tendu, émouvant. Un moment de résilience, un podcast étonnant qui aborde avec franchise les enjeux majeurs de 2018. Enregistrements juin 2018 Réalisation Anouk Perry Mise en ondes & mix Samuel Hirsch Illustration Quentin Zuttion Production ARTE Radio
Andy, escort belge pour femmes seules Si vous voulez savoir « ce que veulent les femmes », demandez à un professionnel. Andy est flamand, vit à Anvers (Belgique) et parle plusieurs langues. Il rencontre des femmes pour leur donner de l’amour et du « plezier ». Escort-boy, il propose des moments de douceur, de sexe, de massage ou de sorties de 80€ à 1500€. Ce personnage tendre et truculent fait découvrir sa ville et son métier, et partage quelques réflexions sur l’amour. Alors que l'on questionne enfin les rites et les pratiques de la masculinité, sa parole révèle beaucoup sur les attentes des unes et les manques des autres. Andy, on lui dit oui ("Andy, vertelt ons ya"). Enregistrements janvier 2018 Réalisation Cécile Cozzolino Mixage et mise en ondes Samuel Hirsch Production ARTE Radio
Chanee sauve les grands singes en Indonésie Passionné depuis l'enfance par la nature et les grands singes, "Chanee" s'exile à 18 ans en Indonésie. Là le jeune Français vit une vie d'aventurier-écolo, se marie et adopte son nouveau pays. Devenu Indonésien, il créé le premier programme de sauvegarde des gibbons à Bornéo. Dans une magnifique balade sonore au milieu des grands singes, Chanee explique comment l'achat de terrains par l'association Kalaweit est devenu la seule façon efficace de protéger la forêt contre son exploitation abusive. Et pourquoi "l'huile de palme responsable" n'est qu'une illusion pour les ONG et les fabriquants de pâtes à tartiner... A l'instar d'Aliette Jamart avec les chimpanzés du Congo, ou d'Hélène Collongues avec les singes laineux du Pérou, l'engagement personnel de Chanee est devenu un moteur concret de conservation locale et de prise de conscience globale. Rodolphe Alexis l'a suivi à "Kalaweit Supayang" le deuxième site de l'association, à la fois réserve forestière et centre de conservation, sur l'île de Sumatra-est. Enregistrements juillet 2017 Réalisation Rodolphe Alexis Mise en ondes & mix Charlie Marcelet Photographie Jean-Marc Bouve
Deux copines parlent macs, crack et cambriole A 46 et 56 ans, Mélissa et Soraya ont vécu leur vie dans les marges : prostitution pour l'une, cambriolage pour l'autre, drogues pour les deux. Chez Soraya, le samedi à l'heure du thé, les vieilles copines racontent le bon vieux temps des braquages propres, des amours de voyous et de la coke plus pure. Portrait à deux voix d'une marginalité féminine féroce et assumée, qui questionne notre morale, nos certitudes et nos choix. Vous reprendrez bien une galette de crack avec votre tasse de thé ? Ce documentaire a bénéficié d'une aide à l'écriture Brouillon d'un rêve de la SCAM. Enregistrements janvier-mars 2018 Réalisation Géraldine Gacon Mise en ondes, musique originale et mix Arnaud Forest Production ARTE Radio
C'est arrivé près de chez moi En 2015, Zoé rêve d'un petit cocon au calme pour dormir allègrement. Elle trouve un studio au rez-de-chaussée dans le 15ème arrondissement de Paris, réputé le plus tranquille de la capitale. Les premiers mois, elle dort comme un bébé. Mais une nuit, des grosses basses et des cris de jaguar la tirent d'un sommeil profond. Qui est ce voisin foutraque qui balance du gros son à 3h du mat ? Une enquête de voisinage. Enregistrements 2016-2017 Réalisation Léa Minod Mise en ondes, musique et mix Arnaud Forest Production ARTE Radio
Un crime en banlieue Ancien caïd d’une cité de Villiers-le-Bel, en banlieue parisienne, Wilfried parle avec recul de son passé de délinquant, de son enfance, de son quartier… De son désir de s’en éloigner aussi, en achetant un pavillon pas trop loin des barres d’immeuble où il a grandi. C’est au moment où il pensait quitter sa cité que la cité l’a rattrapé. Wilfried Atonga a été tué le 17 mars 2016 dans un bar-tabac de Goussainville. Isabelle Coutant et Mehdi Ahoudig l’enregistraient depuis plus d’un an pour faire son portrait. De portrait, le documentaire se mue alors en enquête pour comprendre le drame. Les auteurs rencontrent son frère Jean, ex-champion du monde de boxe et animateur d’un club dans le quartier, son autre frère Yvon qui enregistre un rap à sa mémoire, sa femme et mère de ses enfants Sandrine, mais aussi l’avocate de la famille et la journaliste locale du Parisien. L’honneur, l’omerta, la vengeance, l’orgueil, les armes, tels semblent les ingrédients du destin de Wilfried, qui prend des allures de tragédie grecque… Décembre 2019 : le meurtrier de Wilfried est condamné à 18 ans de prison. Une enquête signée Isabelle Coutant, autrice du livre Les Migrants en bas de chez soi (Seuil), et Mehdi Ahoudig, réalisateur radio, Prix Europa pour Qui a connu Lolita ? et Poudreuse dans la Meuse. Ce podcast est à retrouver sur la chaîne YouTube ARTE Radio. Enregistrements 2015-2018 Narration Isabelle Coutant Réalisation Mehdi Ahoudig Mise en ondes, musique originale et mixage Samuel Hirsch Illustration Zaven Najjar Production ARTE Radio
Résistance poétique à La Réunion Judith et Babou sont des poètes, des fonnkézers comme on dit à la Réunion. Ils écrivent des poèmes que l'on nomme en créole des fonnkèrs, des fond'coeur. Cette forme de poésie a été créée dans les années 60 /70 pour lutter contre la politique assimilationniste que menait à l'époque l'état français dans les départements d'outre-mer. Ainsi, comme leur ont montré une génération de fonnkézers avant eux, ils inventent et déclament des fonnkèrs pour faire vivre leur langue créole aussi sensuelle que fragile. Une manière pour eux de revendiquer leur identité multiple, de rendre hommage à leurs ancêtres, de soigner leurs blessures cachées. Enregistrements septembre 16 Mise en onde & mix Samuel Hirsch Prise de son Sophie Louys Réalisation Laure Chatrefou Production ARTE Radio
Origine et signification des cris de joie des femmes du Maghreb Le youyou est un cri de joie emblématique des cultures du Maghreb et du Machrek. Souvent porté par les femmes lors des mariages, naissances et fêtes traditionnelles, il résonne lors des fêtes. Mais quelle est l’origine du youyou ? Que signifie-t-il et quelle est sa fonction sociale et culturelle ? Cette enquête sonore nous emmène au Maroc, entre Marrakech et la vallée de l’Ourika, au cœur du Haut-Atlas, dans les villages berbères de Setti Fatma et Aguelmouss. À travers témoignages et analyses d’un ethnomusicologue à Paris, ce podcast explore les racines, les usages et la puissance symbolique du youyou, entre tradition orale, musique et transmission culturelle. Avec : - Izza Genini, réalisatrice ; - Jean Lambert, ethnomusicologue ; - Jamila Samat et sa mère ; - Des femmes berbères du Haut-Atlas au travail dans les champs. Enregistrements 24-28 mai, 23 septembre 17 Réalisation Joachim Poutaraud Mise en ondes & mixage Charlie Marcelet Production ARTE Radio
Je suis de gauche et je ne me syndique pas CGT, FO, CFDT, SNJ... les syndicats peuplent ma mauvaise conscience. Comment se fait-il que je ne sois pas syndiquée, alors que je suis une jeune journaliste exploitée de gauche ? Et d'ailleurs, pourquoi y a t-il si peu de syndiqués en France ? Est-on à ce point allergique aux merguez et aux mégaphones ? Est-ce que le problème vient des syndicats ou de moi ? J’ai mené l’enquête dans ma tête et dans les cortèges de tête. J'ai rencontré des gens sérieux et des gens formidables pour vous raconter ce qu'on peut faire, ici et aujourd'hui, tous ensemble tous ensemble ouais. Enregistrements janvier-avril 18 Musique originale & réalisation Arnaud Forest Textes & voix Laura Raim Production ARTE Radio
Ce documentaire peut aussi servir de contraceptif Oscar, 2 ans et 8 mois, pique des grosses colères à toute heure du jour et de la nuit. Il tape, se roule par terre, devient rouge écarlate, mord… Ses parents sont perdus, ils ne dorment plus, culpabilisent, s’engueulent. Alors sa mère va trouver réconfort et conseils auprès de ses copines avec des enfants également "difficiles". Et quand vraiment ça devient ingérable, les parents d’Oscar vont voir une psy. Mais avant même d’appliquer ses conseils, il se passe un truc étrange… En racontant son histoire à la première personne, Karine Le Loët affronte avec humour les tabous sur les enfants difficiles, la culpabilité des mères, les tensions dans le couple, la difficulté à élever un enfant... tout en restant jusqu'au bout lucide et drôle. Un podcast d'utilité publique. Enregistrements octobre 2017-mars 2018 Mise en ondes, musique originale et mix Samuel Hirsch Réalisation Karine Le Loët Illustration Jennifer Bongibault Production ARTE Radio
Ma mère retrouve sa jeunesse Ma mère Catherine, 82 ans, vient de retrouver un compagnon, Antoine, 73 ans. Pas toujours facile de voir sa mère amoureuse... et de toucher aux tabous du désir chez ses vieux parents africains. Antoine avait 16 ans quand ils se fréquentaient au village, en Côte d’Ivoire. Après une vie en exil et 60 ans sans nouvelles, Antoine raconte ses retrouvailles inattendues avec son amour de jeunesse : ma mère. Enregistrements décembre 2017-février 2018 Réalisation Bintou Diarra Mise en ondes et mixage Arnaud Forest Production ARTE Radio
Haut fonctionnaire, bisexuel, SM et plus si affinités A 33 ans, Léo est fiancé et vit en couple. Haut fonctionnaire, il effectue diverses missions pour la diplomatie française. Mais surtout, Léo revendique une sexualité hors des sentiers battus : bisexuel, libertin, s'adonnant aux plaisirs SM... Léo nous livre, à voix nue, les moments déclencheurs qui l'ont poussé à explorer une sexualité différente. De ses entretiens d'embauche où il dévoile sa vie privé à ses premières expériences sado masochistes, de la violence dans le sexe à la confiance dans le couple, Léo parle sans filet et sans tabou. Enregistrements été 17 Mise en ondes & mix Arnaud Forest Réalisation Margaux Duquesne Production ARTE Radio
Comment j'ai arrêté les tampons Il y a plusieurs années, ma cousine Malou et mon amie Esther m'ont parlé du flux instinctif libre, une méthode qui consiste à retenir son sang dans son vagin lorsque l'on a ses règles. Plus besoin de serviettes, de tampons, ni même de coupe menstruelle : on contracte le périnée, puis le sang s'écoule de lui-même lorsqu'on va aux toilettes. Au bout de quelques mois, cela devient un automatisme. Je ne les ai pas crues. J'ai évité de penser à mes règles et au tabou fondateur qu'elles constituent pour notre société. J'en ai parlé avec Elise Thiébaut, auteure de "Ceci est mon sang" (La découverte). Et puis un jour, mes amies ont fini par me convaincre d'essayer... Extraits de pubs vintage et textes de : Pline l'Ancien, "Histoire naturelle", 77 après JC - Claude Levi-Strauss, "l'Origine des manières de table", 1968 - Coran, sourate II, verset 222, VIIème siècle après JC - Saint-Grégoire, "Homélie 29", Vème siècle après JC - Tardieu, "Manuel de pathologie et de clinique médicale", 1873 - Séverin Icard, "la Femme pendant la période menstruelle : étude de la psychologie morbide", 1890 - Sigmund Freud, "Nouvelle Conférence d'introduction à la psychanalyse", 1932. Enregistrements septembre 17 Lectures Raphael Almosni Musique et mixage Arnaud Forest Enregistrements et réalisation Nina Almberg Illustration Pauline Aubry Production ARTE Radio
Se reconstruire après le pire Enfant, Assetou a été excisée. A 32 ans, elle a décidé de subir une opération du clitoris pour retrouver le plaisir et l'estime de soi. A l'approche du passage au bloc, la jeune femme appréhende. Va t-elle franchir le pas ? Alexandra Vardi a rencontré Assetou avant et après l'opération. Enregistrements mars/septembre 17 Mise en ondes, musique et mix Samuel Hirsch Réalisation Alexandra Vardi Production ARTE Radio
50 ans d'épilation du maillot Yolande, 82 ans, est esthéticienne. Depuis 50 ans qu’elle arrache des bandes de poils, elle a vu les maillots s’échancrer et, avec eux, les corps se libérer. Mais s’épiler entièrement le sexe et la raie des fesses, est-ce vraiment une libération ? Et au fait, pourquoi on s'épile ? Ou pour qui ? Pauline Boulet a posé son micro entre les cuisses des clientes et la marmite de cire chaude. Enregistrements octobre 2017 Réalisation Pauline Boulet Mise en ondes & mixage Arnaud Forest Illustration Pexels Production ARTE Radio
Parisien vs village Dans la petite commune de Maconge, en Bourgogne, les cloches sonnent toutes les heures de nuit comme de jour. Un ancien enfant du pays, revenu de Paris dans son village pour ouvrir des chambres d’hôtes, ne l’entend pas de cette oreille. Hors de question que ses clients soient réveillés par des bruits nocturnes. La guerre est déclarée... Une comédie documentaire au son des cloches. Enregistrements 12 juin, 13 juillet 17 Mise en ondes & mix Arnaud Forest Réalisation Grégoire Molle Production ARTE Radio
La déprime des premiers mois J'ai toujours su qu'un jour, j'aurai un babyphone. Mais je n'avais pas prévu que je le vivrais si mal. Entre les petites nuits, les réveils en sursaut et les rares moments de silence et de solitude, j'ai craqué. Difficile de s'avouer à soi-même, et aux autres, que l'on est malheureuse quand on vit ce moment extraordinaire. Ça ne se fait pas. Surtout ça ne se dit pas. A retrouver sur la chaîne Youtube ARTE Radio. Enregistrements juin 17 Mise en ondes & mix Samuel Hirsch Réalisation Louise Régent Production ARTE Radio
Ma semaine de boulimique-anorexique Pour Caroline, la nourriture, c’est compliqué. Manger lui procure un mélange de peur et de plaisir, d'angoisse et d'apaisement. Comme une toxico, elle alterne boulimie et privation, sport et orgie de gras. Elle raconte sans rien cacher sa semaine de désordre alimentaire. Un document coup de poing, superbement écrit et mis en sons, qui lève un pan du voile sur les problèmes de boulimie, d'anorexie, de rapport à la nourriture. Enregistrements mai-juillet 2017 Musique et réalisation Arnaud Forest Texte et voix Caroline Arrouet Illustration Jennifer Bongibault Production ARTE Radio
La mort sera leur métier Feriez-vous un bon croque-mort ? A l’Ecole nationale des métiers du funéraire, une dizaine « d’élèves », pour la plupart en reconversion professionnelle, suivent une formation pour devenir conseillers funéraires. Rédaction d’hommages, interro « cimetières et concessions », psychologie du deuil : le programme est dense et les gaffes se multiplient. Aujourd’hui, séance d’impro : on reçoit et on joue des familles endeuillées. Si l’ambiance est bon enfant et l'humour forcément noir, force est de reconnaître que la mort est un métier. Enregistrements 4-6 avril 17 Mise en ondes & mix Samuel Hirsch Réalisation Mélanie van Kempen Production ARTE Radio
Un écran dans l'écran : le son des ordis au cinéma "Wargames", "2001", "Alien", "Blackhat"... il y a toujours un écran dans l'écran et un ordinateur dans le film. Guillaume Bouchateau est monteur son depuis vingt ans. Il commente les bruitages bizarres que ses collègues imaginent pour donner une voix aux machines. Enregistrements juin 17 Mise en ondes & mix Arnaud Forest Réalisation Laetita Druart Production ARTE Radio
Ma mère parle aux esprits mais c'est cool Gaspard a 12 ans et une maman chamane (ou shamane, si tu préfères). Ils racontent leur quotidien pas banal, avec du tambour derrière la cloison, des esprits dans le salon et des chips à la cuisine. Maman a quitté un poste de cadre pour s'épanouir dans la thérapie parallèle. Ado est partagé entre l'envie de croire à ses pouvoirs et celle de jouer à l'ordi sans odeurs de sauge. Enregistrements juin 17 Mise en ondes & mix Arnaud Forest Réalisation Maud de Carpentier Production ARTE Radio
J'adopte mon enfant Mathilde doit adopter l'enfant qu'elle a eu avec sa compagne. Depuis le mariage pour tous, c'est la seule solution dans une famille homoparentale pour que "l'autre mère", la pas-biologique, puisse avoir un statut auprès de l'enfant qu'elle a voulu, bercé, soigné... Mais à l'automne 2013, tout le monde tâtonne autour de cette démarche. Entre tracas administratifs, visite des flics et tensions dans le couple, ce parcours à la fois intime et politique révèle des inquiétudes enfouies autour du statut de parent. Prix "Grandes ondes" de la meilleure création documentaire au festival de Brest Longueur d'ondes 2018, ce podcast et son script sont disponibles sur la chaîne YouTube ARTE Radio. Enregistrements août 2012-juin 2017 Texte, voix, réalisation Mathilde Guermonprez Mise en ondes, musique & mix Samuel Hirsch Coaching voix Sabine Zovighian Production ARTE Radio
Mon père est un cosmonaute soviétique "Mon père était un cosmonaute soviétique. Enfin, presque : il entraînait les cosmonautes sur la base secrète de Soyouz en URSS. Depuis qu'on est arrivés en France, il dépérit. J'ai voulu faire son portrait avec des synthés vintage. "Cosmic Dad" est un documentaire intime qui s'écoute comme une fiction rétrofuturiste. Le héros, Vadim Demine Vladimirovich, était ingénieur militaire dans la recherche spatiale soviétique. Nous avons quitté l'URSS quand j'étais enfant. Aujourd'hui, à 74 ans, mon père vit de sa maigre retraite en banlieue parisienne. Il est resté un monsieur fantasque, obsédé par les sonnets de Shakespeare, la bidouille de circuits électriques et ses souvenirs hallucinés de la conquête spatiale. Nous ne sommes pas très proches. Hommage à un homme étrange et obsessionnel, comme je les aime." Artiste et performeuse, Regina Demina aime les vieux synthés et chanter quelquefois. Enregistrements juin 2017 Réalisation Samuel Hirsch Texte, voix, musique Regina Demina Production ARTE Radio
Anosmique, ma vie sans odeurs Nicolas a perdu l’odorat pendant son enfance. Il est atteint d’anosmie, une maladie rare qui le prive des odeurs. On peut s’imaginer ne pas voir, ne pas entendre... mais que veut dire de ne pas sentir ? Plongé dans une bulle de vide, il mène une vie en partie coupée des souvenirs et du plaisir. Un témoignage fort, à la fois lucide, drôle et terrible, et qui invite à fourrer son nez partout. A retrouver sur la chaîne Youtube ARTE Radio Enregistrements 9 avril 17 Mise en ondes, musique & mix Samuel Hirsch Réalisation Mélanie van Kempen Illustration Jennifer Bongibault Production ARTE Radio
Comment j'ai été adoptée (ma vie hors du cadre) "Mon album de photos, c’est une famille française blanche typique des années 80. La petite métisse avec la coupe afro, c’est moi. Mes parents m’ont adoptée en toute illégalité, en court-circuitant la procédure imposée par la DDASS. 36 ans plus tard, je réunis ma petite famille, biologique ou pas, pour éclaircir cette histoire…" Auteure et performeuse, Cécile Cozzolino fait le récit choral de son adoption rocambolesque. Une histoire qui se révèle pleine d'humour, d'amour et de complicité. L'écho d'une époque, pas si lointaine, où l'on pouvait encore ruser avec la loi pour sortir du cadre. Avec la complicité de Dimitri Merchie et Sarah Jacobs. Ce projet a bénéficié d'une aide à la production Gulliver (SACD Belgique). Enregistrements janvier, mars 2017 Texte, voix, prises de son Cécile Cozzolino Réalisation & mixage Samuel Hirsch Production ARTE Radio
Rupture sur les ondes Que sont devenu les radios libres ? A Radio Saint-Affrique, dans l'Aveyron, comme dans de nombreuses radios locales associatives, on vient travailler par passion. Passion du micro, de la musique, de l'engagement dans la vie locale. Mais, de plus en plus, la recherche de subventions et de financements occupe les salariés à plein temps. Jusqu'à prendre le pas sur le plaisir de la radio. Pour Elsa comme pour d'autres, c'est l'heure de la rupture. L'heure d'écrire, avec tendresse, humour sonore et amertume, une lettre d'amour déçu. Enregistrements février, avril 17 Mise en ondes et mix Arnaud Forest Texte, voix, prises de son Elsa Souchay Production ARTE Radio
Petites traces de mon été à Berlin Aurore a passé son été à Berlin. Son enregistreur la suit avec ses amis Ben et Flavio, entre clubbing et petits matins, amours fugaces et traces de c. Le récit honnête et cru d'un bon weekend berlinois au XXIème siècle. Enregistrements juillet-août 16, octobre 17 Musique et réalisation Arnaud Forest Texte, prises de son et voix Aurore Legrand Production ARTE Radio
Comment j'ai recruté des djihadistes en prison Dans les années 90, Mohamed se radicalise en prison au contact de musulmans salafistes qu'il appelle les "frères muz". Devenu imam autoproclamé, il exhorte à son tour des détenus à s'entraîner pour le djihad. A 40 ans, après 20 ans à l'ombre, celui que les surveillants surnommaient "Oussama Ben Laden" a aujourd'hui décroché et est sur la voie de la réinsertion. Il raconte le processus d'embrigadement derrière les barreaux, favorisé par la tension et le racisme à l'œuvre en détention. Entre "frères muz" et matons se multiplient les violences, la provoc' et les coups de pression... Ce podcast a été réalisé en partenariat avec Libération. Enregistrements décembre 2016, 6 et 8 février 2017 Réalisation Claire Robiche Mise en ondes & mixage Arnaud Forest Illustration Zaven Najjar Production ARTE Radio
Apprendre à parler comme une femme Pascale est une femme trans de 49 ans. Elle trouve que sa voix sonne encore trop masculine. Depuis plus d'un an, elle fait des exercices de diction et d'intonation chez une orthophoniste toulousaine sensibilisée aux personnes trans. Une thérapie sonore qui interroge tous et toutes : au fait, ça veut dire quoi d'avoir "une voix de femme" ? Enregistrements 21 février 17 Mise en ondes et mix Samuel Hirsch Réalisation Judith Chetrit Production ARTE Radio
Comment je me suis acceptée Visiblement, la terre entière le savait avant elle : Elodie est homo. Encore aujourd'hui, on lui demande comment s'est déroulé son coming-out. Alors que le plus dur n'est pas forcément de le dire aux autres. Ca peut être surtout de se le dire à soi. A travers des extraits de son journal intime, les témoignages de ses proches et des sons rigolos, Elodie raconte un changement progressif de regard. Un chemin vers soi qui passe par le déni, la peur, les idées noires, et mène à l'acceptation. Hymne à l'acceptation de soi et à l'homosexualité, Coming in a obtenu le Prix de la visibilité LGBTI : Out d'or 2018 du meilleur documentaire. Il est à retrouver avec son script sur la chaîne YouTube d'ARTE Radio et a été adapté en roman graphique aux éditions Payot en partenariat avec ARTE Editions, écrit par Elodie Font et dessiné par Carole Maurel Enregistrements Février-mars 2017 Réalisation Elodie Font Mise en ondes & mix Arnaud Forest Production ARTE Radio
L'an dernier je suis tombée amoureuse « Je m’appelle Sophie, j’ai 20 ans et j’aime bien écrire des trucs. Dans mon école, on nous a demandé de raconter une histoire, quelque chose qui nous était arrivé à nous et à personne d’autre. Puis de la dire devant tout le monde. J’ai décidé de raconter mon histoire d’amour. » Sophie Andry, 20 ans, est étudiante à l'école W. Elle a performé ce récit sur scène dans le cadre d'un workshop du Live Magazine. ARTE Radio a produit cette version audio. A retrouver sur la chaîne Youtube ARTE Radio. Enregistrement 30 mars 17 Réalisation Arnaud Forest Texte & voix Sophie Andry Production ARTE Radio
L'infirmier qui soigne les pires détenus Comment être aux petits soins pour de grands criminels ? Ce jeune infirmier travaille dans un service qui accueille des détenus très surveillés, assassins, terroristes ou pédocriminels. Le soignant se pose des questions sur son métier et son quotidien hors du commun. Peut-on faire du bien à ceux qui ont fait du mal ? De Hannah Arendt au sentiment religieux, petit précis de bienveillance à l’usage de tous. Enregistrements 26-27 janvier 17 Mise en ondes &mix Samuel Hirsch Réalisation Mélanie van Kempen Production ARTE Radio
Pourquoi les journalistes ont tous cet accent ridicule Mais pourquoi les journalistes parlent-ils tous de la même façon ? Que le journal télévisé annonce un accident nucléaire ou l'arrivée du beau temps, les voix off des reportages se ressemblent toutes. Exagération, articulation excessive, pauses artificielles, formules toutes faites... L'auteure, ancienne apprentie-journaliste au JT, a elle aussi dû se plier aux lois de "la bonne voix". Elle raconte le formatage avec humour et pose la question à un expert : Pascal Doucet-Bon, ex-rédacteur en chef du 20h de France 2. Et là, c'est le drame ! Enregistrement 24 février, 4 avril 17 Mise en ondes & mix Arnaud Forest Réalisation Victoire Tuaillon Production ARTE Radio




